Anique Granger

Anique Granger déroule son triptyque

La chanteuse fransaskoise Anique Granger lance ce jeudi, à Ottawa, «Le ruban de la cassette». Un album né en parallèle d’une série de balados du même nom, que l’artiste a lancée l’an passé. Un processus de création pour le moins original, mais dans l’air du temps.

« J’ai presque honte de l’avouer, mais j’écoute plus de radios parlées que de musique. [...] J’adore ça, j’adore les documentaires audio. J’ai toujours rêvé de faire quelque chose comme ça. Alors, c’était le moment de plonger là-dedans », confie l’artiste Anique Granger à l’autre bout du fil.

Outre son amour pour le balado, l’auteure-compositrice-interprète — dont le quatrième album sera disponible dès vendredi — avait aussi besoin d’un défi d’écriture. « Je voulais écrire au sujet des autres, tout en me donnant cette contrainte de trouver des histoires qui ne m’appartenaient pas. Ma coloc m’avait suggéré de faire une série web, mais je trouvais ça compliqué. Alors je me suis dit que je ferai un balado… je ne savais pas plus comment on faisait ça ! » lance-t-elle un brin amusée.

À l’ère du tout numérique, le titre de son projet multidisciplinaire Le Ruban de la cassette pourrait être perçu comme un clin d’œil au désuet support. Mais Anique Granger est surtout nostalgique d’une époque où les gens se parlaient face à face. « C’est un clin d’œil à une chanson sur mon premier album qui s’appelait Le ruban de la cassette. C’est l’histoire d’un road trip où pouvaient naître de grandes conversations. Tu mettais une cassette et elle tournait et ensuite elle changeait de bord, et elle tournait encore. Je trouvais que l’image était appropriée », indique Anique Granger.

C’est ainsi que la musicienne est partie à la rencontre des gens pour recueillir leur histoire, leurs mots. « Quand je me suis lancée, je ne savais pas ce qui allait arriver. Je leur demandais souvent de me raconter un événement qui a marqué ou changé leur vie. Dès fois, c’était une simple conversation », se rappelle-t-elle.

Indissociables

Écrire un balado et composer une chanson sont de prime abord très différents, tant dans la création que dans le rendu final. Pourtant, les deux sont intimement liés, pour Anique Granger. « Le podcast vient compléter la musique. Dans ce processus, je me suis souvent sentie comme si je ne faisais pas une chanson de 3 minutes, mais plutôt une œuvre de 20 minutes », explique l’artiste récipiendaire de trois Trille Or.

S’initier à la création du balado a modifié sa façon de composer la musique, d’écrire des chansons. « Mais ça me ressemble quand même. J’adore cette nouvelle façon de travailler. De regarder à l’extérieur de moi-même pour ensuite me recentrer », précise Anique Granger.

Au moment d’écrire le texte des neuf chansons de l’album — issues de huit épisodes du balado, un neuvième devrait sortir sous peu — Anique Granger s’est efforcée de conserver les voix et les mots de ses interlocuteurs. « Je vais vraiment chercher une petite section de leur histoire, une facette qui vient résonner chez moi. »

Voix, guitare acoustique et arrangements dépouillés, la musique folk teintée de pop et de country d’Anique Granger a été composée à même la conversation. « J’essayais de trouver une musicalité dans les mots, j’ai trouvé ça hyper plaisant et stimulant », confie l’artiste.

Triptyque 

Le projet Le ruban de la cassette est composé de trois volets : un balado, un album et un spectacle. Pour ce dernier volet, elle a travaillé avec la metteuse en scène ottavienne Anne-Marie White. « On a conçu un spectacle dans lequel mes interlocuteurs sont mis en valeur. Je voulais que le public entende leur voix, mais sans dévoiler le punch, pour inciter à écouter le balado », indique Anique Granger.

Jeudi, au lancement de son album, la musicienne donnera un aperçu de ce spectacle à venir : « quatre ou cinq chansons et quelques tableaux de la mise en scène, mais sans dévoiler tout le spectacle », décrit-elle. Une tournée est prévue dès le printemps.

S’étant découvert une nouvelle passion pour le balado, l’artiste ne compte pas abandonner cette nouvelle avenue créative. « C’est certain que je continue le format balado/chanson, j’ai trop aimé ça ! La deuxième saison sera tout de même un peu différente », conclut-elle.

POUR Y ALLER

Quand : Jeudi 24 octobre à 17 h

Où : Nouvelle scène Gilles-Desjardins (333, avenue King Edward, Ottawa)