Mathieu Lafontaine, alias Claude Cobra
Mathieu Lafontaine, alias Claude Cobra

2019 en mode Perfecto pour Bleu Jeans Bleu [VIDÉO]

L’année 2019 est indéniablement celle de Bleu Jeans Bleu. En 12 mois bien sonnés, le groupe qui avait jusqu’ici une belle carrière, mais dont le succès était plutôt confidentiel, a vu sa cote de popularité exploser. Littéralement.

Le quatuor sacré Groupe de l’année au dernier Gala de l’ADISQ parle des derniers mois comme d’une tornade (heureuse).

« C’est comme si on avait été happé par un ouragan de catégorie un et que celui-ci avait peu à peu gonflé pour atteindre la catégorie quatre », image Mathieu Lafontaine, alias Claude Cobra, chanteur et leader du groupe aux textes déjantés et aux horizons mélodiques éclatés.  

L’élément déclencheur de cette jolie tempête musicale et médiatique tient en deux mots : coton ouaté.  

L’hymne au chandail doudou qu’ils ont pondu sur leur troisième galette (Perfecto), propulsé par un vidéoclip drôlement chorégraphié, a fait son nid sur la vaste planète web où les visionnements ont dépassé les six millions sur YouTube. Avec son refrain rigolo et accrocheur, la chanson velcro s’est vite déposée dans l’oreille collective. 

« On sait que le vidéoclip a été le moment pivot de l’engouement, on a vu qu’il se passait quelque chose, mais on a réalisé l’ampleur de tout ça au fur et à mesure. C’est fou! Jamais on n’aurait pu prévoir ni même espérer une trajectoire pareille », souligne Mathieu, que je rencontre un des rares après-midis où son agenda n’affiche pas complet. 

Celui qui a emménagé à Sherbrooke cette année regarde encore son calendrier avec un peu d’incrédulité. Et un léger vertige. 

Des cases pleines

« Ce train-là, il faut en profiter quand il passe, on ne sait jamais combien de temps il va rouler à ce rythme. L’histoire nous indique que c’est habituellement plus court que long. Mais on est tous dans la trentaine, on a des vies de famille et on veut faire attention, parce que si la vague se déploie sur du plus long terme, on veut être capable de la surfer longtemps. On fait donc des choix. Ce n’est pas facile parce qu’il faut parfois dire non à des trucs qu’on attendait depuis des années. Mais disons que c’est un beau problème. Dans tout ça, on ne se prend pas au sérieux et on ne tient surtout rien pour acquis. »

Ce succès avec un grand S arrive après sept ans de métier et trois albums lancés. On peut dire que le groupe a mangé ses croûtes et fait ses classes. Mais s’il avait à réécrire le parcours, Mathieu Lafontaine ne changerait rien. « On a davantage d’expérience. On travaille ensemble tous les quatre depuis longtemps, la fondation du groupe est solide. On a fait notre chemin à notre façon, on a du fun. Quand on part en tournée, par exemple, on en profite pour découvrir de nouveaux coins du Québec et comme on aime la bonne bouffe et les bières de microbrasserie, on se tricote un circuit gourmand. »

Partout, les salles sont combles. Le bricoleur de mélodies contagieuses et rassembleuses voit sa musique faire son chemin jusque chez les juniors. 

« C’est drôle parce qu’on n’a jamais eu les enfants comme public cible, mais comme on ne fait rien de choquant, ça les touche autant que ça rejoint leurs parents. Ça fait que dans nos salles, il y a des gens de tous les âges, des familles complètes. »

Sur scène, les quatre copains se transforment. Claude Cobrrrrra roule ses r et n’a pas peur de rrrrrocker la place.

« Plus ça va, plus je suis à l’aise avec ce personnage-là. Je l’imagine vraiment comme quelqu’un d’autre. Lorsque je me costume, ma démarche est différente, mon énergie aussi. C’est vrai pour tous les membres du groupe. Je pense à François Lessard, qui est plutôt gêné dans la vie. Lorsqu’il grimpe sur planches, il devient Wayne Wrangler, un animal de scène avec de l’attitude, qui fait des mouvements dont il ne se serait pas cru capable. » 

Lee Lou (Mathieu Collette) et Jean Levis (Pierre-David Girard) complètent le quatuor à l’humour décalé qui commence à voir des portes s’ouvrir de l’autre côté de l’Atlantique. 

Ira, ira pas? 

« Pas dans l’immédiat. C’est agréable de sentir qu’il y a un intérêt pour ce qu’on fait en Europe. Mais on a tous des familles, ça joue dans la façon dont on gère les choses. On ne dit pas non, mais on veut d’abord se concentrer sur la carrière qu’on a ici et répondre à la demande au Québec. »

Parce que, heille, y fait peut-être frette au Québec, mais Bleu Jeans Bleu est bien dans ce cocon ouaté. 

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Bleu Jeans Bleu

Théâtre Granada

Samedi, 14 mars 2020, 20 h

Entrée : 30,50 $ (25,50 $ pour les 12 ans et moins)