Musique

L'hommage de Florence K à Harry Belafonte

Quelques mois à peine après avoir fait décoller «Estrellas», Florence K a rendu hommage à Harry Belafonte dans «We Love Belafonte», lancé en octobre dernier. La chanteuse et pianiste ainsi que ses collègues d’album retrouveront bientôt sur scène le plaisir qu’ils ont eu en studio lors de six arrêts au Québec et à Ottawa.

We love Belafonte : le titre est bien choisi. Chez les artisans de l’opus, on aime Belafonte, et on aime aimer Belafonte. À l’initiative de l’ingénieur du son Nick Petrowski, fils de deux mordus de l’enfant d’Harlem, lui et Florence K allaient réaliser un éloge mélodique au chanteur et acteur légendaire, mi-martiniquais et mi-jamaïcain ; au « King of Calypso », décoinceur des hanches de plusieurs générations et premier artiste à accomplir l’exploit de vendre un million d’albums (Calypso, 1955). Et le plaisir serait partagé. « Je me serais mal vue faire un album complet en hommage à Belafonte, parce que la musique de Belafonte, c’est d’abord et avant tout une musique rassembleuse. Et ce sentiment d’unité, on le sent dans ses chansons », a détaillé la musicienne, auteure et animatrice radio.

« On trouvait que ce serait intéressant de travailler avec des… ». Elle s’arrête une seconde. « Des anti-castings ? Des gens qui ne seraient pas les premiers auxquels on aurait pensé pour chanter du Belafonte. » Les deux ont extirpé de leur zone de confort Warren Spicer (Plants and Animals), habitué au rock alternatif, la chanteuse folk Katie Moore, le groovy Shane Philips, le chic et versatile David Myles et Alex Cuba, compositeur de pop latine. Le résultat a de quoi surprendre les fans de ces invités ; le timbre de chacun épouse naturellement les rythmes chaloupés de Day-O, Jump in the Line et autres Angelina. Le tout ayant été enregistré sur ruban magnétique plutôt que directement sur ordinateur, il s’en dégage une aura rétro bienvenue. Chaleureux à souhait.

Et parce que la bande aime faire les choses à l’ancienne, tout le monde, chanteurs et musiciens, a enregistré chaque titre tous en même temps, comme s’ils étaient en concert. « La plupart du temps, on enregistre chaque instrument séparément. Je peux faire ma voix ici pendant que quelqu’un fait la basse à Los Angeles ; avec la technologie, les possibilités sont immenses », a continué celle qui a cosigné les arrangements avec Nick Petrowski.

« On aurait pu le faire séparément ; les musiciens sont assez professionnels pour qu’on entende cette unicité dans le jeu, même si chacun joue sa partie seul. Mais quand on joue ensemble et que le chanteur chante avec nous, qu’on respire au même endroit, qu’on se regarde pour savoir où ralentir… C’est une magie. Je ne pourrais pas expliquer en termes définis ce que ça change de jouer ensemble. C’est plus comme une vibe, une aura qui plane sur la musique. Comme quand on sera sur scène, tous ensemble. »

L’homme derrière Belafonte

Même si l’album a reçu l’aval d’Harry Belafonte, le nonagénaire n’a jamais parlé de vive voix à la maestra derrière son album-hommage – c’est une secrétaire qui lui a transmis son feu vert. « J’aurais aimé le connaître, a confié Florence K. C’est un beau modèle pour moi ; c’est quelqu’un qui utilise son art pour faire avancer des causes, et des causes sociales plutôt que politiques. »

L’engagement d’Harry Belafonte envers plusieurs causes humanitaires et pacifiques, et particulièrement envers les droits civiques, dépasse en longévité sa carrière musicale. À l’époque où la télévision américaine était plutôt monochrome, l’ami de Martin Luther King a longtemps brisé des barrières. Il a notamment marqué l’histoire en 1968 en étant le premier Noir à avoir un contact physique avec une femme blanche au petit écran – Petula Clark lui a tenu l’avant-bras alors que les deux chantaient en duo, déclenchant un tollé général. En 2013, Amnistie internationale a remis, à lui et à Malala Yousafzai, le prix Ambassadeur de la conscience pour son engagement envers les droits de l’homme.

« C’est quelqu’un qui croit en l’être humain. Lui, ce qui est important, c’est la valeur humaine et l’importance de chaque personne, a souligné la chanteuse. C’est ça, pour moi, Belafonte ; c’est un être humain qui voulait le bien des autres humains. Et il n’y a rien de plus humain que la musique. »

Pour sa part, Florence K a fait de la santé mentale sa cause, sa raison de militer. Elle-même diagnostiquée avec un trouble bipolaire, celle qui a écrit sur sa descente aux enfers dans le livre Buena Vida continue de promouvoir le dialogue en la matière.

La belle, qui s’est mariée en novembre dernier, compte prendre une année au ralenti après la tournée de We Love Belafonte pour profiter de sa vie d’épouse et de mère. D’ici là, elle et sa bande magnétique s’amuseront à répandre à six endroits la parole calypso de l’artiste. « C’est important aussi pour la santé mentale de célébrer et de danser ! »

L’invitation est lancée.

Arts

Marie-Mai devient marraine de Leucan qui oeuvre auprès d'enfants cancéreux

MONTRÉAL — L'auteure, compositrice et interprète Marie-Mai devient marraine de Leucan, l'Association pour les enfants atteints de cancer et leur famille.

Dans ce rôle, Marie-Mai rencontrera au cours des trois prochaines années les enfants et les familles de Leucan aux quatre coins du Québec à travers différentes activités organisées à leur attention.

Pascale Bouchard, directrice générale de Leucan, affirme que l'organisme est grandement privilégié de pouvoir compter sur Marie-Mai à titre de marraine. Elle ajoute que sa générosité, son authenticité et sa proximité avec le public québécois font d'elle une ambassadrice exceptionnelle pour sensibiliser la population aux défis que doivent surmonter les familles dont un enfant est atteint de cancer.

L'artiste âgée de 34 ans avait entamé un engagement auprès des enfants atteints de cancer en 2017.

Dans un communiqué, elle affirme que lors de ses tournées, elle a rencontré plusieurs enfants atteints de cancer et leur famille, et avoir constaté le travail de terrain abattu par Leucan. Elle ajoute que lorsqu'elle a eu son premier enfant, il y a deux ans, elle a ressenti l'urgence de vouloir faire une différence non seulement en aidant avec sa musique et ses paroles, mais aussi avec ses actions.

Cette annonce survient alors que Marie-Mai présente une série de trois spectacles, de jeudi à samedi, au Centre Bell à Montréal. Elle se produira ensuite le 2 mars au Centre Vidéotron, à Québec.

Les prochains événements majeurs au calendrier de Leucan sont le Défi ski Leucan, les 16 et 30 mars prochains, le Défi têtes rasées et le Camp Vol d'été Leucan-CSN en juillet et 4 août.

Musique

Le chanteur R. Kelly de nouveau accusé de relation pédophile

NEW YORK — Un avocat américain a déclaré jeudi être en possession d’une nouvelle vidéo montrant la vedette du R&B R. Kelly, déjà accusé de pédophilie dans le passé, ayant une relation sexuelle avec une mineure.

Dans un communiqué publié sur son compte Twitter, le très médiatique avocat Michael Avenatti --qui défend notamment l’actrice porno Stormy Daniels dans son litige l’opposant au président Donald Trump-- explique avoir fait suivre «cette nouvelle preuve vidéo établissant la culpabilité» du chanteur à la procureure du comté de Cook à Chicago, où habite R. Kelly.

Musique

Les Rolling Stones joueront au Canada le 29 juin

TORONTO — Les Rolling Stones s’arrêteront au Canada dans le cadre de leur prochaine tournée nord-américaine.

Le légendaire groupe rock britannique sera à Oro-Medonte, à environ 130 kilomètres au nord de Toronto, le 29 juin.

Le promoteur Republic Live attend quelque 70 000 personnes. Les billets seront en vente sur Ticketmaster à compter de vendredi. Les plus abordables se détailleront 119,50 $, mais des expériences VIP seront disponibles pour 329,50 $ et plus.

Plus de 90 000 personnes avaient vu les Stones sur les plaines d’Abraham, à Québec, en 2015.

Le groupe avait donné le coup d’envoi de sa première grande tournée nord-américaine à Montréal en 1965.

Musique

Sting amène sa comédie musicale à Oshawa en soutien aux travailleurs de GM

OSHAWA — Sting présentera sa comédie musicale sur les conflits de travail The Last Ship à Oshawa, pour montrer son soutien aux personnes touchées par la fermeture prévue de l’usine de General Motors.

Sting a écrit la musique et les paroles du spectacle en s’inspirant de ses propres expériences dans une ville anglaise en proie à l’effondrement de son industrie principale, la construction navale.

L’ancien membre de The Police joue dans la production en tant que leader d’un mouvement qui lutte pour la survie de la communauté en construisant un dernier navire.

Les membres du syndicat représentant les travailleurs de l’usine GM à l’est de Toronto bénéficieront d’un accès prioritaire au spectacle de jeudi.

Musique

Lady Gaga, Kacey Musgrave et Childish Gambino brillent aux Grammy

LOS ANGELES — Kacey Musgrave a remporté l’album de l’année au gala des prix Grammy, dimanche.

La chanteuse a reçu le plus grand honneur de la soirée pour l’album Golden Hour, qui a aussi été désigné meilleur album country.

This Is America a été choisie la chanson de l’année ainsi que l’enregistrement de l’année.

La chanson de Childish Gambino — le nom de scène de Donald Glover — parle de la violence des armes, du grand nombre de fusillades de masse aux États-Unis et de la discrimination contre les Afro-Américains. Glover l’a composée avec Ludwig Göransson et Jeffery Lamar Williams. Glover n’était pas présent pour venir chercher ses prix.

L’artiste torontois Drake a remporté le Grammy dans la catégorie meilleure chanson rap pour la pièce God’s Plan. Drake a gagné un Grammy pour la quatrième fois de sa carrière.

Le premier trophée de la soirée avait été remis au duo formé de Lady Gaga et de Bradley Cooper. La chanson Shallow extraite du film Une étoile est née a été récompensée dans la catégorie performance vocale pop par un duo/groupe. La chanteuse semblait très émue en montant sur la scène pour venir chercher son prix.

Dua Lipa a été nommée révélation de l’année et Cardi B est entrée dans l’histoire en tant que première femme à remporter le trophée du meilleur album de rap.

La rappeuse a gagné pour son album Invasion of Privacy.

Le gala était animé par Alicia Keys. D’entrée de jeu, elle a invité Lady Gaga, Jada Pinkett Smith, Jennifer Lopez et Michelle Obama à venir expliquer ce que la musique signifiait pour chacune d’elles.

L’arrivée de l’ancienne première dame a soulevé la foule, encore plus que les vedettes qui l’ont précédée. Mme Obama a raconté comment les albums de la maison Motown l’avaient aidée au cours de sa jeunesse à Chicago.

«La musique nous permet de nous entendre les uns et les autres [...] La musique nous montre que tout ça est important, chaque histoire et chaque voix, chaque note au sein de chaque chanson», a notamment lancé Mme Obama, alors que les prix Grammy ont régulièrement été accusés de privilégier les artistes blancs et masculins, au détriment des femmes et des minorités.

Camila Cabello a ensuite présenté le premier numéro musical, entonnant son succès Havana dans une scène voulant rappeler les rues cubaines. Plusieurs artistes sont venus la rejoindre : Young Thug, Ricky Martin et J Balvin.

Sans Ariana Grande

La controverse n’aura pas attendu le début de la fête pour entrer dans la danse. Certaines super­stars ont décliné, parfois avec fracas, l’invitation de la Recording Academy, forte de 13 000 professionnels de l’industrie musicale, qui organise l’événement.

C’est le cas de l’idole des jeunes Ariana Grande, qui a sorti son nouvel album Thank U juste avant les Grammys. Initialement prévue sur scène, elle a accusé le producteur de la soirée, Ken Ehrlich, d’être à l’origine de son retrait et d’avoir «menti» sur ses motivations.

Elle a néanmoins reçu la récompense du meilleur album vocal pop.

Les Grammy en images

Musique

«Radio Batata»: le couscous musical de Mehdi Cayenne

Autant son disque précédent, « Aube », conçu dans la foulée d’une douloureuse rupture amoureuse, semblait bleu monochrome, autant « Radio Batata » (à paraître le 22 février) vibre de couleurs éclatantes. Et les nouvelles compos de Mehdi Cayenne — un « couscous » où s’enchevêtrent des ingrédients hip-hop, des épices post-punk, des rondelles de folk et de funk, et des carrés électro pop — s’avère à l’image du gugusse qu’on connaît sur scène : coloré, survolté, joyeusement décomplexé. Radieux et irradiant.

Le musicien algéro-franco-canado-nomade est dans une période faste d’écriture. En deux ans, « j’ai écrit et enregistré 80 chansons au moins. Ce qui ne veut pas dire qu’elle sont toutes bonnes, loin de là, mais j’ai beaucoup écrit [et fait] énormément de recherche sonore ».

Musique

Dead Obies à l'heure des remises en question [VIDÉO]

Ils étaient six, voilà qu’ils ne sont plus que cinq. Mais ce n’est pas tout ce qui a changé chez Dead Obies entre le conceptuel «Gesamtkunstwerk» (2016) et «DEAD.», qui nous arrivera le 15 février. Sur son troisième album, le populaire groupe de hip-hop revient avec des priorités réaffirmées, un intérêt mélodique de plus en plus affiné et une volonté de sortir de son langage crypté.

Alors que nous joignons Greg Beaudin, alias Snail Kid, sur son cellulaire, la communication est coupée après un tout petit moment, juste après que la question du départ de Jean-François Ruel eut été soulevée. Le rappeur rappellera au Soleil quelques instants plus tard : «Ouais, j’ai vraiment l’air de ne pas vouloir parler de J.-F.!» s’excuse en rigolant celui qui n’esquivera aucune question.

Musique

Webster : explorer et transmettre

Avec un quart de siècle de rap derrière la cravate, Aly Ndiaye, alias Webster, peut sans gêne revendiquer le statut de vétéran. Mais il ne tourne pas le dos à l’action pour autant. Dans un souci de transmission de son expertise, le rappeur historien signe ces jours-ci un manuel d’écriture hip-hop dans lequel il revisite son propre parcours. Les yeux tournés vers l’avenir, il lance du même coup un album trempé dans le jazz qui lui a permis de replonger dans l’écriture en sortant de sa zone de confort.

Attablé dans un café de Limoilou, Webster utilisera à quelques reprises le mot «vieux» au fil de notre entretien. «Dans le rap, on vieillit en années de chien. Ça fait 25 ans que je fais ça, j’ai 40 ans. C’est comme si j’avais 100 ans dans l’univers hip-hop!» imagera-t-il à un moment. «Je me sens vraiment privilégié de toujours être là», ajoutera-t-il aussi. Vrai qu’il en a vu d’autres depuis les années 90. Vrai aussi que son cheminement a forcément été jalonné de hauts et de bas. C’est justement dans un creux de vague qu’il a trouvé l’élan pour lancer le double projet présenté ces jours-ci.