Musique

Luc De Larochellière et Twin Flames enflamment les prix Folk

Luc De Larochellière a remporté le prix de l’auteur-compositeur francophone de l’année pour son album Autre monde, lors de la remise des Prix de musique folk 2017. Ce concours fondé par des professionnels de l’industrie folk récompense l’excellence du genre musical dans tout le Canada. Pour sa 13e édition, il s’est tenu au Centre Bronson d’Ottawa samedi et dimanche derniers.

Animée par les musiciens Jean Hewson et Benoît Bourque de la Bottine Souriante, cette édition a reconnu le travail de plusieurs artistes lauréats : outre Luc De Larochellière, le Québec s’est démarqué grâce à André Brunet (La grosse maison rouge) dans la catégorie instrumentiste solo de l’année et au duo montréalais Coco Méliès (The Riddle) pour le groupe vocal de l’année. 

Danny Michel a été récompensé pour son plus récent opus Khlebnikov dans deux catégories avec le Prix Innovation musicale Oliver-Schroer et celui du Réalisateur de l’année en tandem avec son collaborateur Rob Carli. L’album comprend une collaboration avec l’astronaute vedette Chris Hadfield. 

Stephen Fearing a été couronné Chanteur contemporain de l’année pour Every Soul’s A Sailor alors que le duo ottavien Twin Flames s’est vu remettre le prix d’Auteurs-compositeurs autochtones de l’année pour Signal Fire. 

Leeroy Stagger a reçu le prix de l’Artiste solo de l’année pour Love Versus. Fred Penner a raflé le prix de l’Album jeunesse de l’année pour Hear The Music. 

Celui de l’Auteur-compositeur anglophone de l’année a été remis à Ken Yates pour Huntsville. Kobo Town a décroché le prix du Groupe de musique du monde de l’année pour son album When The Galleon Sank. Enfin, le Prix Slaight Music du Travailleur de l’ombre a été octroyé au Terre-neuvien Gerry Strong en reconnaissance de sa contribution à la scène folk. La prochaine édition aura lieu à Calgary en 2018.

Musique

L'escalade, par Édouard Landry ***

Délaissant les grooves et gratte-ciels urbains qui inspirèrent ses deux premiers albums, Edouard Landry arpente à présent les grands espaces, toujours sur le mode intimiste des réflexions poétiques, mais cette fois dans un style plus country-folk.

L’exploration de sonorités plus conventionnelles devrait aider le jeune Sudburois à se faire apprécier d’un plus large public.

Le grimpeur (L’Escalier qu’il gravit au fil des morceaux renvoie à l’ascension métaphorique des collines de l’existence) retrouve Shawn Sasyniuk, complice à la réalisation des deux précédents opus.

En duo ou en harmonies, Amélie Lefebvre (des Singes Bleus) et Dayv Poulin (Le Paysagiste) étoffent vocalement l’ensemble. La pedal steel et les cordes donnent un relief bienvenu à un disque globalement trop homogène, malgré ses variations (teintes aériennes, lancinantes, ensoleillées, etc.).

On retiendra surtout les punchs mélodiques de L’effet-miroir et Tous les jours.

Edouard Landry lancera L’Escalier au Record Centre d’Ottawa ce 18 novembre, à 15h.

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Blitz, par Étienne Daho ****

Tombé du ciel un peu comme un miracle, quatre ans après L’innocence retrouvée, Blitz s’épanouit dans les ténèbres en éclats pop et rock du plus bel effet.

Écrit et composé à Londres, l’album a traversé quelques périodes sombres collectives (attentats) et personnelles (maladie).

Les orchestrations amples et luxuriantes contrastent avec la voix vaporeuse de Daho. Sous couvert d’une bulle vocale imperturbable, l’interprète de La notte, joue de contorsions textuelles pour parler sexe, amour et mort.

L’ensemble possède un charme ténébreux, autant que térébrant, butinant aussi bien «au paradis rouge sang du fond de la nuit» (Les filles du canyon) que dans le milieu du spiritisme (les transes de The deep end).

Guitares et synthés excités, fragilité du chant renfermant une force qui ne tient qu’à un souffle.. ce 11e album le met en scène à grandes lampées d’orchestrations épiques. Comme une invitation à jouir haut et fort pour exorciser le mal.

Blitz, remède aux blisters du temps ?

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Charlotte Gainsbourg: électro et introspective ***1/2

Charlotte Gainsbourg avait déjà démontré tout le sérieux de sa démarche musicale en s’associant à des artistes comme Beck, Air ou Jarvis Cocker.

Or elle n’avait pas vraiment laissé parler l’auteure en elle. C’est chose faite avec Rest. Qui plus est, en anglais, langue qu’elle avait privilégiée en studio, mais aussi en français. 

D’emblée, Gainsbourg opte pour une approche introspective, voire intime: elle s’adresse à son père sur le ton de la confidence (excellente Lying With You) ou encore à sa sœur disparue (touchante Kate). Si le contenu est personnel et sensible, Rest n’est pas un album uniquement feutré ou méditatif. 

Faisant équipe avec SebastiAn, Gainsbourg a opté pour un emballage électronique qui peut être dansant (groovy Songbird in A Cage, gracieuseté de Paul McCartney), dans lequel elle sait s’illustrer en chantant, en susurrant ou en récitant ses textes. Une collection de chansons partiellement impudiques, partiellement nimbées de mystère, à la fois simples et denses, au charme indéniable.

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Iskwé, femme et artiste métissée serré

Iskwé est artiste et autochtone. Ce qui ne veut pas dire qu’elle crée de l’art autochtone pour autant. Pour cette femme aux racines cries, métisses et irlandaises, la nuance est essentielle.

«Ma culture est une part de mon quotidien. Créer est aussi une partie importante de qui je suis. Ce sont deux facettes de ma personnalité qui s’expriment à travers ma musique, mais je refuse qu’on me limite à une seule dimension en me cantonnant au rôle d’artiste autochtone. Parce que quand je chante à propos de la terre et de l’eau menacées, je ne chante pas à propos d’enjeux touchant seulement les Premiers Peuples, mais bien d’une cause qui devrait tous nous rallier!» clame-t-elle.

L’auteure-compositrice-interprète se réjouit d’ailleurs, à ce chapitre, du Juno (dans la catégorie Producteur de l’année) remporté au printemps par les DJs d’Ottawa A Tribe Called Red. «C’est bien, de voir des artistes issus des Premières Nations gagner dans des catégories générales comme celle-là! Parce que nous sommes des artistes à part entière!»

Iskwé lançait, début novembre, The Fight Within, sur lequel elle ne s’empêche pas pour autant d’aborder des sujets tels le racisme, les épidémies de suicide au sein des communautés des Premiers Peuples et la disparition de milliers de femmes autochtones. Elle était d’ailleurs à Winnipeg lors de l’assassinat de Tina Fontaine, âgée de 15 ans.

Or, si elle le fait, c’est mue par l’espoir d’être partie prenante du dialogue «important et nécessaire» pour faire changer les choses.

«Lorsque j’ai entamé le processus de création de The Fight Within, j’ai réalisé que si je voulais que les choses changent autour de moi, je me devais d’être moi-même agente de changements.

«J’ai ressenti le besoin de prendre la parole pour engager la conversation. Avec les miens, bien sûr, mais avec les non autochtones aussi.»

Elle s’est elle-même mise à l’écoute du «changement de ton» qui résonne en Amérique du Nord, de ce retour à des chansons plus engagées.

«Il y a actuellement une vague de conscientisation par rapport à des sujets qui nous ramènent au final à notre nature humaine, à ce qui devrait nous unir au lieu de nous diviser. Ça explique pourquoi d’un premier disque plus introspectif, je suis passée à un album où il est beaucoup plus question de tout ce qui nous lie les uns aux autres. Nous sommes des individus qui avons un rôle à jouer au sein de nos communautés pour que nos communautés puissent à leur tour jouer leur rôle au sein de la société.» 

Quelle responsabilité se sent-elle, lorsqu’elle prend ainsi le micro publiquement? «Disons que j’ai une étrange relation avec le mot responsabilité…» répond-elle d’emblée, avant de marquer une pause.

La parole et l’écoute

«Quand on évoque notre responsabilité, souvent, c’est pour nous rappeler qu’il est de notre devoir de guérir et de passer par-dessus le sort qu’on a réservé aux Premières Nations, au fil des ans, reprend-elle. Or, je considère que la notion de responsabilité doit être renversée. Ça fait des années que nous nous racontons. Il est temps qu’on nous écoute, vraiment. Car pour avancer ensemble, il faut que les gens soient prêts à bouger de part et d’autre.»

Au final, il revient à chacun d’être au quotidien une meilleure personne que la veille. C’est là la seule responsabilité dont Iskwé se sent investie. 

Musique

Plonger dans la vie des autres

Avec «Marée Haute», deuxième opus de ses aventures mélodiques et scéniques, Émile Proulx-Cloutier l’auteur-compositeur (et non le comédien et réalisateur, bien qu’il s’agisse de la même personne) s’affine et s’affirme.

«Ce qui distingue cet album du précédent, c’est que je me mouille davantage, au sens propre comme au figuré. La portion d’éléments personnels qui me concernent est beaucoup plus grande. [...| Je me suis davantage laissé aller. Les digues se sont davantage ouvertes, peut-on dire, pour rester dans [le thème]», lance le pianiste, dont les nouvelles chansons sont imbibées par une même métaphore filée renvoyant à l’eau sous toutes ses formes. 

La pochette du disque participe au jeu en montrant Émile Proulx-Cloutier assis sur un banc de parc inondé. 

S’il reconnaît volontiers l’aspect «journal intime» qui se dégage de son nouveau bébé,  l’auteur-compositeur-comédien continue toutefois de donner vie et parole à une foule de personnages, installant ainsi une distance pudique entre eux et lui. «Je pourrais pointer plusieurs chansons qui sont clairement des fictions, des mises en scène, [écrites] dans le but de faire vivre quelque chose au spectateur, mais aussi pour sortir de moi», poursuit-il.

«Dans Joey, l’adolescent un peu désespéré qui court la nuit, c’est pas moi. Dans Les retrouvailles, cet homme un peu paumé, pas casé, qui n’a ni enfants ni travail, c’est vraiment pas moi», lance le trentenaire. Dans Les derniers mots, chanson évoquant les derniers instants d’un homme – jeune – qui cherche sans trouver un message final à laisser à son entourage ? Pas lui non plus: «je vous jure que je suis bien vivant et que c’est moi qui vous parle», pouffe-t-il.

Mais «peu importe» qui est à l’origine des cris du cœur ou des flèches acidulées égrenées au fil des chansons: «la fiction, pour moi, n’est ni une fuite ni un masque; c’est plutôt un cadre architectural, ample et solide, dans lequel on peut faire exister quelque chose de plus grand que soi – ou qui peut permettre d’aller beaucoup plus loin dans un propos ou un regard sur le monde», explique celui qui campe un architecte dans le film Nous sommes les autres, présentement à l’affiche.

Regard «documentaire»

Mais pour que l’exercice de création l’intéresse, il doit «garder un pied dans la réalité», précise-t-il: «La fiction n’est pas un maquillage. Ces vies-là existent!» tout autour de lui. Et méritent qu’il fasse l’«effort» de «rentrer dans les bottines» de ces autres et d’abolir la distance. «Je ne [veux] pas le prendre de haut, le juger. Alors je descends à sa hauteur, je rentre dans sa peau», dit-il en dressant un parallèle avec la démarche du comédien.

Et c’est aussi le regard du documentariste, poursuit-il. «Le documentaire, c’est l’art d’apprendre à trouver fascinante la vie de l’autre», expose celui qui a signé plusieurs documentaires avec sa conjointe, la cinéaste Anaïs barbeau-Lavalette.

 Émile Proulx-Cloutier adopte toujours «le même regard, en fait»: «J’ai autant de plaisir à scruter la vie des autres – pas de façon voyeuriste, mais pour en tirer de la beauté, une noblesse ou une grandeur – qu’à montrer mes travers à moi.» 

«J’aime regarder bouger les mains des gens, j’aime observer les paysages dans lesquels ils habitent. Souvent, le monde échappe sans le savoir des phrases qui sont d’une poésie hallucinante... Il suffit de mettre la phrase dans une chanson, dans un contexte, pour que cette poésie se révèle».

En filigrane, derrière les voix des personnages du disque, on ressent comme un grondement sourd, une sorte de ras-le-bol baigné d’amertume. «Il y a assurément un vertige et, oui, des remises en question, mais il n’y a pas d’amertume. En tous cas, j’ai pas envie» de donner cette impression. 

Il convient qu’on y côtoie des personnages qui se sentent «enterrés ou submergés, un peu dans un trop-plein», mais ceux-ci ne doivent pas occulter la présence de toutes les autres voix du disque, qui se sentent elles aussi «à un tournant», mais qui trouvent «la force et l’énergie de réagir». «Il y a donc un appel au mouvement».

Lui-même s’avoue pourtant «souvent submergé», ces derniers temps, par «les diverses déferlantes» professionnelles, sociales ou familiales (il est père de trois enfants) «qui nous tombent dessus».  «L’image de la marée haute vient de là: c’est quelque chose qui peut nous submerger, mais qui peut nous soulever aussi», dit-il.

Nettement plus en confiance que pour son premier disque, quand il «cherchait [sa] couleur», Émile Proulx-Cloutier voulait cette fois entendre «de grandes progressions harmoniques». Il a donné plus de latitude à son réalisateur, Guiddo Del Fabbro, dont il loue le «grand vocabulaire musical». «Je lui donnais des indications visuelles, les textures que je voulais, puis je lui disais: ‘Fais-moi des surprises’. » 

Musique

Le duo Twin Flames a deux chances

La 13e édition des Prix de musique folk canadienne se déroulera à Ottawa, ces 18 et 19 novembre.

Diverses prestations d’artistes sont prévues dans différents bars de la ville. Elles seront suivies par un gala tenu dimanche 19 novembre, à 19 h 30, au Bronson Centre Theatre. 

Dix-neuf trophées seront remis dans le cadre de ces Canadian Folk Awards. Plusieurs artistes francophones mis en nomination, ainsi que quelques ottaviens, pourraient s’y distinguer.

Le jury doit départager à qui sera remise la statuette de l’auteur-compositeur de l’année, entre Luc De Larochellière (Autre monde), Philippe B (La grande nuit vidéo), Les Hay Babies (La 4e dimension [version longue]), Patrice Michaud (Almanach) et Catherine Durand (La pluie entre nous).

Twin Flames et Vollebekk

Le duo ottavien autochtone Twin Flames (composé de Chelsey June et Jaaji)  « affronte » entre autres le duo montréalais Coco Méliès (The Riddle) dans la catégorie Groupe de l’année. Toujours grâce à son disque Signal Fire, Twin Flames court en outre la chance de remporter le trophée du meilleur groupe en Musique du monde, si les Montréalais de MAZ (groupe qui fusionne trad, électro et jazz) ne le lui ravit pas.

Natif d’Ottawa, Leif Vollebekk, pourrait s’emparer du trophée Album contemporain de l’année pour son disque Twin Solitude.

Why You Wanna Leave, Runaway Queen? pourrait valoir à l’Acadienne Lisa LeBlanc la distinction de Chanteur(euse) contemporain(e) de l’année.

La Montréalaise BEYRIES est quant à elle en nomination à titre d’artiste (solo) de l’année, pour Landing.

Mélisande Gélinas-Fauteux, du groupe Mélisande [Électrotrad], en lice pour le prix du meilleur chanteur (traditionnel) ; leur album Les millésimes pourrait aussi emporter le prix Pushing the Boundaries (Repousser les limites).

La grosse maison rouge, d’André Brunet, se retrouve en compétition dans deux catégories : album traditionnel et artiste solo instrumental de l’année.

Manitoba

La chanteuse Kelly Bado, Afro-manitobaine bilingue (Entre deux) est en lice pour le trophée artiste solo (musique du monde), où elle se frottera à la violoniste québécoise d’origine polonaise Briga (Femme).

Zing-E-Zing !, signé Madame Diva et Micah le jeune voyageur (la Franco-Manitobaine Jocelyne Baribeau et son fils Micah), a une chance d’emporter le prix de l’album jeunesse de l’année.


Pour obtenir des billets : folkawards.ca/tickets

Musique

Tibz, toutes jeunesses unies

Sa chanson Nation est devenue un hymne fédérateur qui a transcendé les frontières de la France natale de Thibault Gaudillat, alias Tibz. À preuve, la pièce, qui a par ailleurs cartonné cet été sur les ondes des radios d’ici, a été récemment reprise par Alexandru, Chloé et Rose-Coralie de l’équipe de Marc Dupré lors des Duels de La Voix junior. Pas étonnant, dès lors, que l’auteur, compositeur et interprète de 24 ans soit l’un des invités de la grande finale de la deuxième saison de l’émission, présentée en direct, dimanche soir.

« C’est le but de cette chanson, de rassembler, de donner envie d’aller à la rencontre de l’autre, de communiquer et de partager. On vit dans un monde assez violent, en ce moment. Un monde dans lequel on a parfois l’impression qu’il est devenu particulièrement compliqué d’être bons. Certaines valeurs s’oublient… J’avais donc envie, avec mes potes, d’offrir quelque chose qui nous réunirait, mettrait l’accent ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise », soutient Tibz, rencontré dans un café d’Ottawa, lors d’une récente tournée de promotion de son album Nation.

Faire de la musique pour faire du bien

L’homme se défend bien de faire de la politique, et il ne se considère pas nécessairement comme un artiste engagé. 

« J’ai envie de légèreté, de faire du bien par ma musique, que les gens sourient en l’écoutant, tout simplement », fait-il valoir, entre deux gorgées de thé.

Ce désir de propager une dose d’optimisme doublée d’un souci de miser sur l’inclusion (et la mixité des genres folk et pop, dans ses compositions) lui vient de son éducation.

« Mon père a longtemps dirigé des centres sociaux dans les banlieues défavorisées, en Dordogne où je suis né. Et maintenant, il s’occupe d’un centre pour personnes handicapées. J’ai donc grandi avec ce modèle de quelqu’un qui aide les autres. »

C’est aussi son père qui, alors que le petit Thibault avait tout juste 10 ans, lui a donné sa vieille guitare électrique.

« C’était au moment de la séparation de mes parents, se souvient-il. Je suis alors devenu le mec à la guitare, à la maison, à l’école. Je jouais de la musique en classe et je voyais que ça rendait les gens heureux. »

De fil en aiguille, il met en ligne des vidéos de lui sur YouTube, où il est notamment remarqué par Louane, grâce à son simple On n’est pas bien là ? en 2015. Tibz partira d’ailleurs en tournée avec elle, assurant les premières parties de ses spectacles.

« Laisse parler la jeunesse »

À travers quelques-uns des 12 titres de son album, Tibz invite justement les gens à tendre l’oreille à ce que la nouvelle génération a à dire. Et à lui faire confiance.

Ainsi, dans Promesses, il rappelle au public : « Laisse parler la jeunesse (…) On tiendra nos promesses. »

Et quant à la Jeunesse oubliée à laquelle il fait référence, c’est aussi bien à celle qui a parfois l’impression de ne pas être prise au sérieux ou d’être tenue à l’écart des décisions, qu’à celle que les quadragénaires et les quinquagénaires impatients ou intransigeants qui ont oublié qu’ils ont déjà été jeunes eux aussi.

« La musique, c’est le seul truc que je sais faire bien, depuis tout petit », confie celui qui se réjouit aujourd’hui de pouvoir voyager grâce à elle.

Où se voit-il dans cinq ans ? « J’aimerais tourner dans les festivals avec mes amis, peut-être sortir deux autres albums au cours des trois à cinq prochaines années, écrire pour les autres et, pourquoi pas, avoir un studio à Paris… » énumère-t-il, ses yeux bleus pétillant d’espoir.

Celui qui mentionne qu’il aime [S]on sud au point d’aspirer à retourner y mourir ne détesterait pas non plus ouvrir un restaurant, « mais quand j’aurai 40 ou 50 ans », parce qu’il aime beaucoup cuisiner. 

D’ici là, il tient à demeurer un modèle pour ses « deux petits frères » de 20 et 18 ans, de donner au suivant en s’investissant auprès des jeunes dans sa région natale, entre autres.

« J’ai adoré être jeune et quand je peux aider, je le fais. Et si ça en inspire certains à être bons envers les autres à leur tour, à tendre la main et à s’unir pour faire des trucs positifs, et bien, j’en serai le premier heureux », conclut-il, tout sourire.

Musique

2Frères: la route comme chez soi

SHERBROOKE — Le nouvel album des 2Frères, paru vendredi, s’intitule La route, mais il aurait très bien pu s’appeler Encore nous autres. Érik et Sonny Caouette ont en effet conçu leur deuxième rondelle avec pratiquement la même équipe que pour leur opus 1, Nous autres (2015).

Avec toujours Steve Marin à la réalisation, à l’écriture et à la composition, Amélie Larocque et Alexandre Poulin qui leur offrent encore des titres, Mario Pelchat qui continue de superviser comme producteur exécutif, les deux frangins ont tout fait pour dépayser le moins possible leurs admirateurs et admiratrices, comme l’explique Érik Caouette en entrevue.

«C’est nous qui avons demandé de ne pas changer d’équipe, et nous avons été chanceux : tout le monde a accepté de retravailler avec nous. Nous voulions garder la même vibe, rester le plus fidèles possible à notre son. La route est la suite logique de Nous autres. L’album est même plus homogène, car il y a un seul réalisateur plutôt que deux [le Respectables Stéphan Dussault avait en effet mis sa griffe sur le disque d’avant]. Je le trouve aussi plus abouti», dit-il.

«Steve Marin a compris l’essence de 2Frères, poursuit-il. On se reconnaît dans ses textes, surtout avec ce deuxième album, parce qu’il est allé dans des sujets encore plus personnels. Je pense, par exemple, à Mom, la chanson qui parle de notre mère. Il faut vraiment bien nous connaître pour écrire ça. Son talent d’auteur est indéniable. Rien n’est laissé au hasard quand on travaille avec lui.»

Érik Caouette qualifie quand même La route d’un peu plus rock. «Surtout à cause des solos de guitare, qui ont été créés par Sonny. Il s’est beaucoup amusé en studio. Mais le côté pop et folk est resté sur les autres chansons. Un peu de toi tire même sur le country.»

Sinon, même le graphisme du disque est sensiblement pareil… sauf, évidemment, les deux couvertures, sur laquelle Éric et Sonny n’arrivaient pas à s’entendre. Les deux photos ont donc été utilisées pour le premier tirage de l’album, sans que l’on sache laquelle était la préférée de chacun. Les amateurs seront prochainement invités à voter pour leur favorite. Après quoi, la gagnante sera conservée pour les réimpressions, alors que la perdante… deviendra malgré tout un objet de collection.

«Mais ce n’est pas parce qu’on n’était pas d’accord sur la couverture qu’on était en chicane. La période des disputes entre frères est derrière nous depuis longtemps. C’était à l’époque où on commençait, où il fallait habiter ensemble, quand on avait une seule voiture et qu’on occupait le même emploi. Ça fait plus de 10 ans de ça. Aujourd’hui, ça n’a jamais été aussi bien entre Sonny et moi, même si on est presque toujours ensemble.»

Séances bout à bout

On peut se demander toutefois à quel moment La route a été réalisée, la tournée du premier spectacle des 2Frères (50 000 billets vendus) s’étant terminée il y a moins d’un mois. Érik Caouette explique que ce sont d’intensives séances d’écriture et de studio (environ trois ou quatre jours chaque fois), intercalées entre les spectacles et mises bout à bout, qui ont permis d’arriver à ce résultat.

«Chacune de ces séances-là a donné au moins une chanson. Il faut dire que Steve travaillait beaucoup seul chez lui. On s’isolait ensuite deux ou trois jours pour discuter de nos idées et on mettait tout ça ensemble», dit Érik, précisant que le tandem a contribué à 3 des 12 plages.

«Mais c’est vrai qu’il n’y aura pas véritablement eu de pause entre les deux tournées», ajoute-t-il. En effet, la tournée de La route s’ébranlera dès janvier.

«On fera même quelques spectacles avant Noël, parce qu’on a aussi participé à l’album de Noël des Prêtres.»

POUR Y ALLER

13 avril 2018, 20h

Maison de la culture de Gatineau

819-243-2525; www.salleodyssee.ca

Musique

Le Rockfest «libère» la Saint-Jean

La 13e édition du Rockfest de Montebello se tiendra du 14 au 16 juin 2018.

L’organisation a confirmé mercredi que le festival, désormais condensé sur « 3 jours de programmation internationale », n’empiétera pas cette année sur la Saint-Jean-Baptiste, fêtée le 24 juin.

« À la demande générale », le Rockest programmera « un moins grand nombre de bands », mais les formations resteront sur scène plus longtemps que dans le passé, où leur « set » était limité (sauf rares exceptions) à une heure. 

Également « à la demande générale », le Rockfest a acquiescé à réduire le prix des billets. Les détails concernant leur pré-vente seront annoncés ultérieurement.