La directrice, expositions et expérience des visiteurs, Chantal Amyot, est responsable de la refonte du Musée canadien des enfants.

Musée canadien des enfants: renouveler l’expérience, développer les habiletés

Le Musée canadien des enfants accueille mercredi et jeudi – les 5 et 6 décembre – un grand symposium où des spécialistes viendront partager leurs connaissances autour de sujets reliés à l’apprentissage des enfants – qui passe de plus en plus par le jeu.

Ce Symposium sur l’apprentissage familial, l’inclusion et l’importance du jeu dans les musées aidera à enligner le projet de renouvellement du Musée canadien des enfants (MCE), prévu l’an prochain. Pas un simple changement cosmétique, mais une refonte quasi totale, annoncée l’an dernier par le Musée canadien de l’histoire, et par laquelle on cherche à renouveler « l’expérience » offerte aux visiteurs du MCE, tant dans son contenu que dans sa forme.

Car il est temps pour le MCE de répondre plus adéquatement « aux besoins et aux attentes [du] public, en proposant de nouvelles expériences stimulantes, accessibles et dynamiques », souligne le MCH.

Inauguré en 1989, le Musée des enfants du MCH a été agrandi cinq ans plus tard, mais « son contenu a à peine changé depuis. [Les différents ateliers qui le composent] sont, pour l’essentiel, des ‘décors’ imposants, qui se déplacent difficilement. Seule la programmation changeait », rappelle la directrice, expositions et expérience des visiteurs, Chantal Amyot.

C’est à elle qu’on a confié le dossier de la refonte du MCE. Une « transformation totale », plaide-t-elle. En connaissance de cause, puisque c’est elle que le musée fédéral avait mandatée pour superviser la transformation de sa Salle de l’histoire canadienne (SHC) – une opération majeure qui aura pris cinq ans de travail.

La fin du voyage

« La grande différence, c’est que pour la SHC, tout reposait sur le contenu et les nuances du contenu. Pour le Musée des enfants, tout doit reposer sur ‘l’expérience’ », avant même l’apprentissage d’un contenu, quel qu’il soit, précise-t-elle... sans toutefois dévoiler quelle nouvelle thématique viendra remplacer l’actuel « voyage autour du monde » proposé dans l’enceinte du MCE.

Seule certitude: ce voyage au milieu des cultures et des ethnies est voué à disparaître, car il proposait des visions trop stéréotypées du monde, si l’on se fie à ce qui s’est dégagé d’enquêtes menées auprès de la clientèle du Musée.

Pour l’instant, le travail repose plus sur la manière d’accrocher les jeunes. Il y aura par exemple des stations « adaptées à chaque tranche d’âge », afin de mieux « répondre aux habiletés » d’apprentissage caractéristique de chaque groupe, indique Mme Amyot.

Objectif: jeu libre

L’« offre mettra l’accent sur une expérience d’apprentissage via le jeu libre », par contraste avec « les activités très dirigées » qu’on propose aux enfants au quotidien, et notamment à l’école, illustre-t-elle. Paradoxalement, il sera moins aisé de « perdre » un jeune au milieu des modules, car on « ouvrira la ligne de vue », indique-t-elle.

« On a cherché à identifier ce qui marchait le mieux et à comprendre pourquoi. [En travaillant sur la future offre du MCE] on essaie de distiller les expériences les plus populaires, de les recréer d’une autre manière ».

Au-delà du contenu, l’architecture même de l’espace muséal sera revue afin d’« améliorer les services », explique-t-elle. Elle évoque à ce chapitre une meilleure accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, des toilettes plus spacieuses et un espace pratique pour allaiter les nourrissons.

« On a aussi beaucoup travaillé pour améliorer l’acoustique », annonce-t-elle. Des sondages effectués dans le cadre de ce projet auprès de visiteurs ont fait ressortir le problème de brouhaha que posait l’actuel MCE.

Ce désagrément sera corrigé grâce à l’installation d’un plancher acoustique, et d’une membrane collée sur le plafond du dôme, laisse-t-elle entendre. « Ça va être une offre pour [satisfaire] toute la famille, et pas seulement les enfants », ajoute Mme Amyot, en songeant à tous ces grands-parents, qui sont des accompagnateurs réguliers des jouvenceaux en visite au MCE.

Un comité a été mis sur pied pour superviser la transformation du MCE. Ce conseil de neuf personnes est composé d’« un bel éventail » de spécialistes n’ayant pas grand-chose à voir avec le milieu muséal. On y retrouve entre autres un directeur d’école, une ergothérapeute, un spécialiste du droit des enfants, un membre de l’Institut Vanier de la famille, etc.

Le symposium gatinois attend cette semaine quelque 200 invités, venus échanger sur l’art du jeu, l’apprentissage créatif et la famille au XXe siècle. Parmi eux, des représentants de l’École nationale de cirque et de la firme montréalaise Toboggan Design, ainsi que des délégués de la Cité des enfants, à Paris, du Children’s Museum of Indianapolis, et du Musée de la civilisation, à Québec. Les interventions serviront à faire avancer les prochaines étapes de la transformation du MCE, laquelle ne démarrera qu’en septembre 2020.

À partir d’octobre 2020 jusqu’à la fin des travaux, prévus en décembre 2021, le MCH aménagera un espace temporaire pour les gamins. Cet espace situé à l’extrémité du corridor des expositions temporaires, récupérera plusieurs modules de l’actuel MCE.