Mark E. Smith en juin 2016

Mort de Mark E. Smith, grande figure du post-punk

NEW YORK — Mark E. Smith, leader abrasif du groupe The Fall et figure incontournable du mouvement post-punk, qui a influencé nombre d’artistes, de Sonic Youth à Pulp, est mort mercredi à l’âge de 59 ans, a annoncé son entourage sur Twitter.

Aucun détail n’a été donné sur le lieu et la cause du décès. En août 2017, la tournée américaine de The Fall avait été annulée après l’hospitalisation de l’icône de Manchester. Sa gorge, sa bouche, ses dents et son système respiratoire étaient atteints d’un mal «à la fois étrange et rare», selon son agente Pam Vander.

Avec la mort de Mark E. Smith, une page importante du post-punk se tourne, même si The Fall, dont il a été le seul membre permanent et despotique (une soixantaine de musiciens ont été écumés), n’a jamais remporté un grand succès commercial en 32 albums sortis en 40 ans.

Sa gueule cassée d’ancien débardeur de Manchester, sa voix nasillarde irascible, qui déclamait plus qu’elle ne chantait, étaient reconnaissables entre mille. Ses mots empoisonnés, sa plume corrosive, sa poésie abstraite et crasse en faisaient un parolier complexe que ses fans aimaient décrypter.

Sa musique était à son image : abrasive, portée par des guitares criardes et des rythmes répétitifs et sous tension. Avec celle de Joy Division, elle a façonné le son post-punk de la fin des années 70 et influencé des groupes importants de la scène indépendante britannique comme Pulp, Franz Ferdinand, Elastica, Gorillaz, et américaine Sonic Youth, LCD Soundsystem, Pavement, Pixies.

Des 32 albums sortis par The Fall, This Nation’s Saving Grace (1985) est considéré comme le plus indispensable, trouvant le parfait équilibre entre guitares punk et électronique new wave.

Hommages

Depuis l’annonce de la mort de Smith, les hommages ont afflué, de Tim Burgess le leader des Charlatans, saluant «un génie», au comédien Paddy Considine évoquant «une légende», en passant par le poète Ian McMillan pour qui Smith était «le poète piquant de tous ces moments étranges que nous avons tous un jour vécu».