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Le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance.
Le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance.

«Mission accomplie» pour le FEQ 2021

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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Recréer une ambiance de festival sans spectacle extérieur et avec une foule réduite : voilà quel était le plus grand défi du Festival d’été de Québec 2021, affirme Louis Bellavance, en entrevue au Soleil.

Pour le directeur de la programmation du FEQ, il s’agit donc d’une «mission accomplie». L’organisation a réussi, malgré toutes les restrictions, à redonner aux festivaliers la magie et l’effervescence du populaire événement en plein cœur de Québec, estime-t-il. 

Un bilan «positif» qui inclut les séries solaire et lunaire présentées au Manège militaire, mais aussi les webdiffusions. Sur les 22 performances en salle, une douzaine ont été diffusées en ligne dont celles de Ludovick Bourgeois, Cœur de pirate, Clay and friends ou encore Jonathan Roy. 

Louis Bellavance se dit d’ailleurs bien fier de la qualité du produit offert au public. Une nouvelle option qui s’est, en général, bien vendue et qui a surtout «rempli son rôle», c’est-à-dire «permettre à plus de monde de voir les artistes».

Dans les semaines et mois à venir, l’équipe du FEQ devra faire une analyse plus poussée de ce volet virtuel afin d’étudier sa nécessité lors de prochaines éditions. Si cette série a bel et bien réussi à atteindre quelques spectateurs au-delà de nos frontières, ces ventes demeurent modestes, souligne M. Bellavance. 

«Je ne peux pas dire que, pour nous, ça contribue à augmenter le rayonnement de notre marque. Peut-être que si on faisait virtuellement Lady Gaga, ce serait autre chose… À voir si c’est une option. […] Ça se fait de façon concluante partout dans le monde. Est-ce qu’un événement dans un marché comme le nôtre a accès à ce genre de rayonnement? Peut-être… », se demande-t-il, rappelant la complexité de ces webdiffusions qui comportent notamment plusieurs aspects légaux importants. 

Une année laboratoire

L’équipe du FEQ a profité de cette année pandémique pour effectuer quelques tests autour de son concept original. De nouvelles idées qui pourraient fort probablement demeurer dans l’avenir. 

Parmi celles-ci, on compte notamment la soirée d’humour portée, le 12 juillet dernier, par Alexandre Barrette et Mehdi Bousaidan. 

Les prochaines programmations pourraient ainsi comporter «une touche d’humour», note Louis Bellavance, qui ne désire toutefois pas nécessairement en faire un volet complet. 

Le lancement d’une collection de vêtements et l’expo photos Vues font également partie des belles réussites de l’édition 2021. Deux éléments qui ont permis à l’équipe de travailler avec bons nombres de partenaires et de tester de nouvelles technologies, affirme-t-il.

En ce qui a trait à la technique et aux opérations générales, il n’y aura toutefois pas eu de grandes surprises pour l’organisation. 

«On a eu une édition logistiquement facile. Évidemment, la COVID-19 a imposé des limitations importantes, mais on a travaillé avec un modèle élaboré très rapidement. […] On a monté une machine qui fonctionne dans ces conditions-là et elle était drôlement bien rodée. […] Ça nous demandait de gérer 500 personnes par soir alors qu’on est habitué d’en gérer 50 000.»

2022, «la suite de 2019»

Pour l’équipe du FEQ, 2021 est déjà loin derrière : «On est les deux pieds dans 2022!»

L’avenir, Louis Bellavance et ses collègues l’envisagent déjà comme étant «post-pandémie». Quoiqu’à l’affût et «sûre de rien», l’organisation admet être en train de «confirmer des spectacles à grand déploiement avec des artistes internationaux». 

Très avancée dans ses démarches, l’équipe du festival serait même capable de faire face à une quatrième vague… à condition que ce soit le dernier coup à donner avant «une sortie de crise définitive». 

«Il faudrait qu’on soit dans une situation où la vaccination a gagné la bataille contre les variants», espère Louis Bellavance. «Si ce n’est pas le cas, on va retomber dans du spéculatif de haut niveau et ça je ne veux même pas y penser pour l’instant».  

Selon lui, si on assiste bel et bien à la fin de la pandémie, il est juste de dire que le Festival d’été de Québec restera marqué par la dernière année. Négativement, mais aussi positivement : «Je crois qu’aujourd’hui, on est une organisation plus forte que ce qu’on était il y a deux ans. Mais, évidemment, il faut se sortir de la crise. Sinon, c’est toute notre industrie qui va être stigmatisée de façon permanente.» 

En ce qui a trait au passeport vaccinal, et à son éventuelle application en juillet prochain, dans la Capitale-Nationale, plusieurs questions demeurent. 

«Si c’est une solution pour faire un FEQ, c’est sûr que c’est intéressant parce que c’est concret, réaliste et gérable. Par contre, si on va là, ça va forcément nous imposer de revoir notre modèle d’affaires jusqu’à un certain point. […] Si seulement 60 ou 70% de la population est vaccinée deux doses, est-ce que ça coupe nos ventes de X%? Est-ce qu’on peut fonctionner de la même façon? Avec les mêmes budgets, la même façon d’opérer? On ouvre une boîte de Pandore. Mais s’il faut aller là, on va y aller. N’importe quoi pour faire des shows avec plein de gens», conclut Louis Bellavance, qui reste optimiste pour la suite des choses. 

L’édition 2021 du Festival d’été de Québec se clôturera officiellement dimanche soir avec les performances de Men I Trust et Geoffroy. L’expo photos Vues ainsi que la place publique FEQ demeureront quant à elles dans le secteur du Manège militaire jusqu’au 25 juillet.

La prochaine édition du FEQ aura lieu du 7 au 17 juillet 2022. L’organisation n’a pour l’instant qu’annoncé la venue de Rage Against the Machine. Si tout va comme prévu, le groupe rock américain devrait se produire le 16 juillet 2022 sur la scène Bell des plaines d’Abraham.