Tout était en place pour une expérience haute en couleurs pendant laquelle, en plus des mélodies d'Eric San, la voix éthérée et enveloppante de l'Islandaise Emiliana Torrini a occupé une place de choix.

Mise en orbite interactive pour Kid Koala et son public

Les tables tournantes étaient mises pour une fascinante soirée d'expérimentations sonores et visuelles avec Kid Koala, dans l'Arrière-Scène spécialement aménagée pour l'occasion, jeudi soir, au Centre national des arts.
La première des quatre représentations interactives avec le populaire DJ canadien affichait complet depuis longtemps. Dans la pièce : une centaine d'élèves aussi attentifs qu'enthousiastes, répartis autour de quelque 50 tables et autant de platines. Des 45 -tours aux faces A et B de différentes couleurs pour correspondre aux codes d'utilisation en cours de soirée. Une ampoule passant du vert, au jaune, au bleu, au rouge, au violet et au orange pour justement déterminer les pistes à faire tourner. Et un maître à ses consoles : Eric San, alias Kid Koala, venu pour développer avec les gens présents les ambiances planantes et texturées d'une demi-douzaine des pièces de son plus récent album, Music To Draw To : Satellite.
En guise d'introduction, une courte présentation des outils à la disposition des apprentis DJ - et des différents « pitons » pour triturer le son des vinyles fournis. Puis, une rapide démonstration du chef d'orchestre Félix Boisvert, jouant habilement de ses mains pour réclamer ici un glissando aérien, là une série de scratchs bien sentis.
« Il n'y a rien de plus ennuyant qu'un set de DJ dans une salle, alors que tout ce qu'il y a à voir, c'est quelqu'un qui manipule des vinyles et les boutons de ses consoles », a confié Kid Koala, suscitant quelques rires dans la pièce.
« C'est pour cette raison que je vais avoir besoin de vous tout au long de la soirée, a-t-il renchéri. Êtes-vous prêts ? C'est parti ! »
Dès lors, tout était en place pour une expérience haute en couleurs pendant laquelle, en plus des mélodies d'Eric San, la voix éthérée et enveloppante de l'Islandaise Emiliana Torrini a occupé une place de choix.
Qu'il mette le public à contribution sur The Observable Universe ou pendant The Hubble Constant ; qu'il tape en direct les paroles de ses chansons sur l'un des écrans ou qu'il joue des cartes magnétiques sur lesquelles sont enregistrées les pistes a cappella d'Emiliana Torrini, le DJ d'origine hong-kongaise prend un évident plaisir à partager sa musique avec la foule.
Et s'il s'amuse à livrer bataille avec les gens à grands coups de stabs (la version platine des bonnes vieilles chansons à répondre), il émeut tout le monde quand il raconte la genèse de la pièce écrite et composée en hommage à son cousin Ian, qui s'est enlevé la vie alors que personne dans la famille ne se doutait de sa détresse.
« La voix d'Emiliana me fait vraiment du bien, sur cette chanson... » a soufflé Kid Koala, d'un ton ému, avant d'entamer The Darkest Day.  
Tableaux oniriques
Si les mélodies du DJ s'avèrent oniriques à souhait, il en va de même pour les « tableaux » abstraits conçus sur place par sa complice Karina Bleau.
Sous l'oeil d'une caméra transmettant les images en direct sur des écrans géants, l'artiste visuelle crée des toiles (é) mouvantes sur une plaque où sable, gouttes d'eau colorée, peinture liquide (ou fond de teint ?), poudre de bébé et autres éléments sont mis à contribution pour dessiner des oeuvres évoquant aussi bien le cosmos que des fonds marins.
Or, on aura beau vouloir ralentir la vitesse à laquelle tourne le 45 -tours sur sa platine, rien n'y fera : entre anecdotes, confidences, musique et tableaux, les quelque 75 minutes de spectacle filent à (trop) vive allure...
POUR Y ALLER :
Les 17 (19 h 30) et 18 février (15 h et 19 h 30)
Centre national des arts
1-888-991-2787 ; ticketmaster.ca