Saviez-vous que la paume de votre main abrite 150 espèces différentes de bactéries ? Ou encore que votre corps abrite plus de microbes qu’il n’y a d’étoiles dans la Voie lactée ? Voici le genre d’informations que Mes microbes et moi – le zoo humain présentée au Musée canadien de la nature révèle.

Microbes, mes amours

Saviez-vous que la paume de votre main abrite 150 espèces différentes de bactéries ? Ou encore que votre corps abrite plus de microbes qu’il n’y a d’étoiles dans la Voie lactée ? Voici le genre d’informations que Mes microbes et moi – le zoo humain présentée au Musée canadien de la nature révèle.

L’exposition, dont l’ouverture ce vendredi coïncide avec l’arrivée de la saison propice aux virus hivernaux, met en vedette les microbes, ces milliards d’organismes qui vivent en nous et autour de nous.

« L’objectif est de sensibiliser la population au fait qu’on a cent fois plus de gènes bactériens qu’on a de gènes humains. C’est aussi l’occasion de faire comprendre que le bon fonctionnement de notre population microbienne est essentiel pour maintenir notre bien-être, et qu’un dérèglement peut être néfaste », explique André Buret, professeur en microbiologie du microbiome intestinal et de l’inflammation et vice-président de recherche à l’Université de Calgary avec qui le Musée a collaboré.

Bactéries, virus, champignons ou parasites, tous ces micro-organismes jouent, en effet, un rôle important dans la digestion, la résistance aux maladies, mais aussi sur l’humeur, le sommeil, l’anxiété, la dépression, la mémoire ou encore l’obésité.

« Toutes les populations de microbes se parlent. Et selon la nourriture qu’on ingère, le langage [des microbes] change. Ce dernier est constitué de produits chimiques qui sont relâchés et atteignent d’autres microbes pour influencer leur fonctionnement. Mais, ils arrivent aussi à passer dans tout le corps. C’est pour ça que l’on constate des effets du microbiome sur le cerveau, sur les allergies cutanées, sur les arthrites par exemple », indique M. Buret.

André Buret, Ph. D., scientifiques spécialisés en microbiologie de l’Université de Calgary.

Des microbes partout

Microbiote, microbiome, microbes, l’exposition, mise sur pied par l’American Museum of Natural History, fait également la lumière sur ces termes scientifiques qui ont fait leur apparition dans les dernières années et leur importance sur la santé.

« Le microbiote fait référence aux populations de microbes. Quant au microbiome, il est utilisé pour faire référence aux gènes qui se trouvent dans toutes ces populations de microbes », éclaire le spécialiste.

D’ailleurs, il ne manque pas de souligner que bien souvent le microbiote et le microbiome sont associés au système gastro-intestinal. Certes, 99 % des microbes du corps y fourmillent « mais l’exposition montre que ça n’en reste pas là. On a des populations microbiennes dans tout le corps, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, qui jouent un rôle important », développe André Buret.

Mes microbes et moi - le zoo humain, la nouvelle exposition à se tenir au Musée canadien de la nature.

Mes microbes et moi, présentée pour la première fois au pays, se veut accessible au grand public : plusieurs tables ludiques sont proposées pour initier les plus jeunes aux bactéries vivant par exemple dans la bouche ou sur les pieds – il est même possible de comparer l’odeur de pieds puants à celle d’un fromage.

Un écran tactile de 4 m invite également les visiteurs à découvrir les différentes zones microbiennes ou encore une table interactive permet de construire un microbiote. Et un coin lecture avec de gentils microbes à câliner a également été aménagé pour les tout-petits.

POUR Y ALLER

Quand : du 20 décembre au 29 mars 2020

Où : Musée canadien de la nature

Renseignements : nature.ca

+

Les matières fécales, l’avenir des probiotiques

Les probiotiques sont souvent recommandés en cas de virus pour recréer la flore intestinale, mais André Buret indique qu’ils ont des effets limités au niveau clinique. 

«On ne sait pas jusqu’à combien de temps ces bonnes bactéries vont rester dans le système intestinal pour le coloniser, souligne-t-il. Et, aucune étude clinique n’a établi une relation de cause à effet dans le traitement de la maladie en prenant simplement un probiotique», poursuit l’expert. 

Toutefois, le futur des probiotiques réside peut-être en nous. «La greffe de microbiotes fécaux, c’est une approche qui fonctionne pour traiter les infections à Clostridium difficile [connu sous l’abréviation C. difficile]. Cette capsule de transfert microbien traite, avec succès, 9 patients sur 10. C’est miraculeux», lance M. Buret.

Quelques chiffres qu’on trouve à l’exposition :

- 2 millions de microbes fourmillent sur un morceau de peau du front de la taille d’une pièce de cinq cents. 

- Environ 1179 bactéries vivent dans la bouche. 

- 1,2 million de bactéries par cm2 grouillent sous les aisselles des individus qui ne mettent pas d’antisudorifique. 

- Près de 500 millions de neurones sont présents dans l’intestin.