Désormais basée à Montréal, Mélissa Ouimet a toujours un pied-à-terre chez elle, à Saint-Albert.

Mélissa Ouimet, la vie à 100 à l’heure

Régulièrement conviée au Centre des arts Shenkman, la rockeuse originaire de l’Est ontarien Mélissa Ouimet montera pour la première fois sur la grande scène Harold-Shenkman, Vendredi 6 avril.

C’est là qu’elle profitera de son spectacle pour lancer un tout nouvel album – Amours jetables – qu’elle lancera ensuite à Montréal, le 11 avril, au Ministère.

« C’est mon premier lancement “chez nous”, avec le MIFO [Mouvement d’implication francophone d’Orléans], qui est derrière moi depuis le début. C’est la grande salle, il y a un petit stress, c’est certain, mais Je me sens vraiment choyée. »

De ce e.p. de cinq titres, elle a déjà tiré deux extraits, l’éponyme Amours jetables et Tant pis pour toi. La première chanson, elle l’a écrite en « clin d’œil » aux réseaux sociaux, avec un regard en biais, notamment pour rappeler aux jeunes oreilles l’importance de « trouver un équilibre » dans l’univers virtuel des relations sociales.

« J’ai été célibataire pendant deux ans. Wow ! Me semble que c’était plus simple, [les relations], quand j’avais 15 ans, qu’à notre époque. [...] Et puis on vit dans une société qui veut toujours la dernière bébelle. Je voulais me moquer un peu de tout ça... »

La seconde est quant à elle « un peu la petite sœur de Personne ne pourra m’arrêter », qui figurait sur son premier album, paru en 2016. « Le message de Tant pis pour toi, c’est de toujours rester positif, de continuer à avancer, de garder la tête haute », lance celle qui s’estime « persévérante », voire « tête de cochon ». « Je voulais que les paroles s’appliquent à n’importe quelle situation de la vie, que ce soit la sphère professionnelle, l’amour ou l’amitié », bien que cette pièce cache des éléments « autobiographiques », révèle-t-elle.

Mélissa Ouimet a lâché l’étiquette Musicor, préférant travailler de façon indépendante. Et sans s’encombrer d’étiquette, parce que « ce n’est pas très intéressant de fonder ton propre label si tu ne signes pas d’autres artistes », explique la chanteuse désormais basée à Montréal, mais qui a toujours un « pied-à-terre » à Saint-Albert.

Avec Bruno Labrie

« Mais c’est un changement positif : ça me permet de travailler avec de nouvelles personnes », enchérit Mélissa Ouimet, qui dit avoir toujours ce « côté entrepreneur » très ancré en elle.

« Il y a un véritable combat entre l’hémisphère artistique de mon cerveau et l’hémisphère business. Pour moi, c’est toujours un combat de laisser tomber le travail », de lâcher l’aspect « gestion » de carrière, afin de se remettre dans la peau du créateur, pour écrire et composer. « Je suis bonne en gestion, et je voudrais tout le temps que tout avance vite. Mais je suis consciente que je ne peux pas imposer cette rigueur aux autres. Des fois, il faudrait faire un peu de yoga. Je dois encore apprendre à travailler le lâcher-prise. »

Parmi ses nouveaux acolytes figure en bonne place son nouveau compagnon de vie, Bruno Labrie, qu’elle a rencontré voilà deux ans, sur le plateau de l’émission Les Simone. « On faisait de la figuration ; on a eu pas mal de temps pour jaser, mettons », sourit-elle. L’ex-Staracadémicien cosigne les cinq chansons – paroles et musiques – de ce minialbum.

Le son de ce nouveau matériel est « plus organique et plus percussif » que le précédent, aux sonorités nettement plus pop-rock, soutient-elle. Le disque a été réalisé au Studio Piccolo par Gautier Marinof (Marie-Chantale Toupin et Andrée Waters, entre autres), déjà à la barre du premier opus de Mélissa Ouimet.

Les deux complices se sont nourris de nouvelles influences, dont la chanteuse américaine ZZ Ward, la chanteuse de blues Cee Cee James et la gouailleuse country-rock Elle King, retrace la Franco-Ontarienne, pour qui la chanson Qui sait – une toune entièrement acoustique – se veut un clin d’œil musical à Alanis Morissette, et à sa façon de raconter de petites histoires.

À Orléans, Mélissa Ouimet sera entourée de deux vieux acolytes, le guitariste David Guertin Chauvrette et Maxime Lalanne à la batterie, et de deux nouvelles têtes : Gabriel Bertrand-Gagnon aux claviers et Marianne Arsenneault à la basse.

POUR Y ALLER

Quand ? Vendredi 6 avril, à 20 h

Où ? Centre des arts Shenkman

Renseignements : 613-580-2700 ; shenkman.ca

LES SESSIONS M

Le chum de Mélissa Ouimet, Bruno Labrie, est vidéaste – et patron des Productions Movik. C’est lui qu’on retrouve derrière les plus récents vidéoclips de la chanteuse. 

Dans la dernière année, Mélissa Ouimet a stratégiquement investi la Toile, histoire de « maximiser [s]a visibilité ». « Je mise plus sur le Web que sur les radios » pour rayonner. Elle a ainsi lancé Les Sessions M, une série de capsules vidéo au fil desquelles elle fait découvrir d’autres artistes.  Elle a ainsi interviewé Andréanne A. Malette, David Jalbert, Gabrielle Goulet, Laurence Castera et François Lachance. « Des amis de longue date. Sauf François, que j’avais juste croisé... mais depuis [notre] Session M, j’ai l’impression qu’on se connaît depuis 15 ans... »

Chaque session « est un peu un road trip : on est dans une voiture, on jase et on oublie les caméras », dit-elle à propos de ce concept à mi-chemin entre la série d’émissions La Balade à Toronto et les capsules de discussions conviviales en auto (on pense à Comedians in Cars Getting Coffee de Jerry Seinfeld et autre Sia Carpool Karaoke, avec Sia).

Depuis le siège du passager, ses invités doivent d’abord répondre à des questions à mesure qu’ils les pigent, au fil d’une conversation à bâtons rompus. Une séquence « défi » offre à l’animatrice l’occasion de piéger gentiment ses invités, en s’amusant à leur poser des « questions pas confortables ». 

« J’en profite pour faire découvrir un lieu, un petit café, en même temps qu’un cover », ajoute-t-elle. Car dans la séquence Vice-Versa, Mélissa et son invité(e) échangent leur répertoire, chacun reprenant une chanson de l’autre. 

En marge des Sessions M, la rockeuse égrène aussi des covers sur YouTube, en essayant de répondre aux demandes de fans – étonnamment, il y en aurait beaucoup en Amérique latine, dit-elle – qui ne manquent pas de lui envoyer leurs suggestions.