Mel Gibson dans le film «The Professor And The Madman», sorti en 2019.

Mel Gibson en Outaouais pour le tournage de «Fatman»

Mel Gibson se balade à Cantley, depuis quelques jours.

L’acteur américain, vedette de nombreux films hollywoodiens (de Lethal Weapon à Mad Max en passant par Braveheart) participe à Cantley au tournage du film Fatman.

Le tournage a débuté ce week-end, sur un grand terrain privé jouxtant le chemin Homestead, a précisé mardi la mairesse de Cantley, Madeleine Brunette. Sur ce terrain situé pas très loin de la station-service Pétro-Canada de la Montée de la Source, se trouve une cabane en bois rond, précise-t-elle.

Le tournage doit se prolonger mercredi sur le chemin Taché, avant de se déplacer à Ottawa, avance la mairesse. 

Les résidents n’ont pas accès au plateau, mais une rumeur à l’effet que certains d’entre eux auraient déjà croisé Mel Gibson dans les rues de la municipalité avait commencé à circuler mardi matin. 

Des périmètres de sécurité ont été installés « mais, à ma connaissance, il n’y a pas eu d’entrave à la circulation ». Tout se passe sur des terrains privés, et aucune fermeture de voies publiques n’avait été envisagée.

« On nous a prévenus qu’il y aurait des détonations de fusils. On a donc demandé à la MRC des Collines de faire de la surveillance sur les routes adjacentes, en pensant que ça risquait d’attirer des curieux », signale Mme Brunette.

Fatman est une production américaine indépendante, dans laquelle Mel Gibson tient le rôle d’un père Noël « non orthodoxe ». Selon le média spécialisé Variety, ce personnage de père Noël tente de sauver le déclin de son entreprise... tout en évitant le tueur à gages qu’un enfant a envoyé à ses trousses après avoir reçu un vulgaire morceau de charbon en cadeau.

Présenté comme une comédie d’action au ton grinçant, le film est signé par les frères Ian et Eshom Nelms, coréalisateurs du long-métrage Small Town Crime, sorti en 2017.

Fatman mettra aussi en vedette Walton Goggins, l’un des deux proviseurs belliqueux de la populaire série télévisée Vice-Principals, diffusée sur HBO, et qui se démarque par son humour provocateur. 

Fatman est d’ailleurs coproduit par Brandon James, de Rough House Pictures, la boîte de production derrière Vice-Principals.

Lutins recherchés

Une fois la portion québécoise du tournage achevée, la production ira tourner des scènes à Ottawa. 

Au plan local, c’est le producteur local Robert Menzies, de Z Films, qui gère les opérations logistiques, a convenu la coordonnatrice du Bureau du cinéma d’Ottawa, Stephanie Davy. 

Le Bureau ne peut divulguer les lieux de tournage choisis par la production. 

Zed Filmworks, surtout connu pour faire des films de « série Z » dotés de budgets conséquents, est l’un des gros joueurs de la capitale fédérale. En 2016, Zed a produit pour Netflix le film d’épouvante gothique I Am the Pretty Thing That Lives in the House. Une agence de distribution ottavienne, Smyth Casting, a eu le mandat de trouver des comédiens prêts à se faire passer pour des lutins. 

Sans donner de détails sur les lieux de tournage, l’agence basée à Nepean a annoncé il y a trois semaines, via sa page Facebook, qu’elle cherchait des figurants —des adultes ne dépassant pas 1,60 mètre — pour incarner des « elfs ». Dans sa publication en ligne, Smyth Casting indiquait être en plein « préparatifs pour Fatman », tournage pour lequel elle « voulait prendre les devants ».

Discrétion

La production s’est faite très discrète sur ce tournage, vraisemblablement pour éviter la présence de curieux attirés par la présence de Mel Gibson. Selon le Cantléen Gilles Larose, qui a appris la nouvelle hier soir à la radio, la municipalité de Cantley n’a pas non plus averti les résidents qu’un tournage aurait lieu dans les parages. 

Une résidente dont la propriété jouxtait un des sites de tournage, Suzanne Legros, a confié au micro de Radio-Canada que des détonations ressemblant à des coups de feu avaient retenti, en provenance du site.

Beau potentiel

La mairesse de Cantley avouait mardi ne pas savoir précisément la nature du film et n’osait pas non plus se prononcer sur sa distribution. 

L’information lui est parvenue via le Service de sécurité incendie et premiers répondants de la Municipalité, auprès de qui avaient été déposées les demandes d’autorisation.

« On [la production] nous en dévoilera davantage d’infos à la fin du tournage et on pensait [émettre] un communiqué de presse » à l’issue du tournage, a déclaré Madeleine Brunette.

Ce qui ne l’empêchait pas de s’enthousiasmer : « J’avoue que c’est très flatteur de savoir qu’un gros film comme ça se passe sur notre territoire. Nous, ça fait longtemps qu’on avait identifié de très beaux sites dans l’ensemble de la MRC. C’est en pleine nature, c’est recherché pour la rivière et pour les collines. [Ce tournage] vient confirmer tout le potentiel qu’on avait identifié ».

Mme Brunette se réjouissait également des retombées économiques que représentait un tel tournage, « avec l’équipe qui a besoin de se loger et se nourrir et qui doit aussi louer de l’équipement à proximité ».