Maude Landry participera au Gala d’humour du FMG le 4 septembre prochain. 
Maude Landry participera au Gala d’humour du FMG le 4 septembre prochain. 

Maude Landry: le goût du risque

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
N’eût été la COVID-19, 2020 aurait été l’année de tous les possibles pour Maude Landry.

Sortie du gala Les Olivier de 2018 les bras chargés de deux trophées, dont celui hautement prometteur de la découverte de l’année, l’humoriste de 28 ans avait le vent dans les voiles. L’ex-chroniqueuse aux côtés de Marc Labrèche dans Info, sexe et mensonges, qui s’est aussi fait remarquer à la radio à La soirée est (encore) jeune, commençait à sillonner le Québec pour terminer le rodage de son premier spectacle solo.

Puis, la pandémie.

« À la place, je suis restée chez moi, j’ai couru, et j’ai écrit. Je suis aussi allée faire une petite quarantaine dans la forêt, chez mes parents », qui viennent de Lac-Simon, s’est résolue l’artiste. Le parfait endroit pour se ressourcer, prendre du repos, et… pour observer les reptiles.

Car c’était ce que voulait faire l’humoriste jusqu’à la préadolescence : devenir herpétologiste – dans le langage commun, devenir une spécialiste des reptiles. Mais « j’allais être toute seule avec mes serpents chez nous, et ne pas avoir d’amis », laisse tomber la blonde.

Maude Landry a été sacrée découverte de l’année lors du gala <em>Les Olivier </em>de 2018.

Au final, l’amour de l’humour a été plus fort , mais sa Steve Irwin intérieure reste vivante. De là, l’entrevue dérive en discussion comico-zoologique sur les éléphants, les souris et les humains. Voilà : c’est Maude Landry. Observatrice stoïque et commentatrice absurde des faits les plus banals de la vie, qui leur cherche un sens caché en passant par bien plus que quatre chemins. Une auteure efficace de punchlines à prendre au deuxième degré, qui rappelle une version un brin acerbe de l’Américain Demetri Martin, guitare comprise.

Maude Landry a emprunté le chemin de l’humour il y a presque une décennie en traçant sa propre voie hors des sentiers battus. Son premier spectacle allait être l’aboutissement d’années passées à répéter ses numéros dans les bars et les salles de tout acabit, et à faire l’École de l’humour seulement à temps partiel, les soirs. Tout cela, en affrontant un milieu heureusement de moins en moins boys club, qui fait que même si aujourd’hui, elle s’estime aussi bien traitée que ses camarades masculins, celle qui en a eu marre de porter l’étiquette de « la fille du show » a accueilli à bras ouverts la nouvelle vague de dénonciations. « Tant mieux, en tout cas. »

Philisophe, pas fâchée

Malgré la COVID, Maude Landry refuse de laisser l’amertume s’installer. D’abord, parce qu’« on ne me trouverait pas drôle si j’étais fâchée », pointe-t-elle en riant avant d’ajouter, philosophe, que la pandémie a changé sa propre façon de faire rire et la relation du public avec l’humour. Les deux, pour le mieux.

Peut-être est-ce parce qu’elle a écrit dans le calme que l’artiste ira désormais plus loin dans ses idées et qu’elle parlera davantage de sa vie personnelle, sans se dénaturer. Les Gatinois pourront découvrir ses nouvelles couleurs au Gala d’humour du FMG le vendredi 4 septembre, lorsque Maude partagera la scène (virtuelle) avec Arnaud Soly, Mario Tessier, Simon Gouache, le trio gatinois Les Gars et le groupe Bleu Jeans Bleu, avec Patrice Bélanger à l’animation. « Je pense que plus que jamais, c’est le temps de faire des essais et erreurs, estime l’humoriste. On fait moins de spectacles, donc on prend des risques un peu plus grands. Je ressens que le public va nous pardonner d’avoir essayé quelque chose qui a moins marché. »

« Charlie Chaplin a connu son apogée à l’un des pires moments de l’histoire. Peut-être que les gens ont besoin de rire, plus que jamais. »

On a récemment pu voir Maude Landry jouer dans l’émission Les Fleuristes, dont les épisodes se trouvent sur le site web de TV5. En septembre, elle prendra pour la première fois un micro d’animatrice et partira explorer les scènes d’humour du Canada francophone pour la série Sens du punch, à TV5.

Elle reviendra à la Maison de la culture le 4 novembre pour présenter son spectacle en rodage.