Martine St-Clair et son pianiste accompagnateur, François Dubé.

Martine St-Clair, à livre ouvert

Après avoir plusieurs années à se produire de façon intimiste, accompagnée essentiellement au piano — par le Gatinois François Dubé — Martine St-Clair a eu envie de revenir à une emphase plus rock.

Elle a donc retouché son spectacle Juste des Hits, pour le présenter en formule full band. Elle est donc entourée de 5 musiciens. Francois Dubé, l’« ami » avec qui elle travaille depuis une dizaine d’années, a été promu directeur musical de la bande. « Il me connaît bien. Il me devine. Ensemble, on crée des silences et des paliers d’intensité dans mes chansons. »

Leur premier arrêt : le Casino du Lac-Leamy, où Martine St-Clair montera sur scène vendredi 25 octobre. Une tournée plus conséquente suivra, l’an prochain. Un nouvel album est aussi en branle, avec cette gang.

La chanteuse conçoit son spectacle, comme un « voyage au fil de [ses] 40 ans de carrière ». Et elle s’y fait livre ouvert. Après tout, « la scène, c’est se mettre à nu. Je m’abandonne complètement. » « Le show est un “livre musical” sur mes inspirations, et ce qui m’a donné le goût de chanter, de parfaire ma voix, d’aimer la musique. C’est comme une aventure [qui débute] dans le salon de mes parents à Rosemont, à mon adolescence ». Née « la 6e de huit enfants », ses frères se gargarisaient de rock ; ses sœurs, de musique classique.

Aux sources de ce goût pour la musique : la frangine Lyne – « grande pianiste classique », auprès de qui Martine a découvert Bach, Chaikovski et « la grande musique » — et son « papa, qui avait une oreille absolue et pouvait jouer n’importe quelle mélodie au piano », explique-t-elle.

Une nouvelle compo, Un père et sa fille, parle d’ailleurs de ce père mélomane, qui « entendait des chansons dans ma voix. J’avais 12 ou 13 ans, [quand] il m’a donné les partitions de Je n’aurais pas le temps de Michel Fugain. Puis il m’a amené du Nana Mouskouri, du Jean-Pierre Ferland... et j’apprenais la musique comme ça. » Rapidement, ces découvertes « ont donné lieu à des sortes de juke box à la maison. Ça me donnait le gout de développer ma voix, qui était à l’époque un simple filet de jeune fille », se souvient-elle.

Sur scène, d’anecdote en anecdote, entre composition tirée de son répertoire et reprise d’indémodables classiques, elle déroule le récit de sa vie. Et, surtout, de son exposition à la musique, qu’elle soit rock ou classique. « À travers ces chansons, je raconte comment je suis arrivé à Starmania et Bécaud, puis à Marc Lavoine, Luc Plamondon, Fabienne Thibault, Diana Ross, etc. »

Pour rappel, Martine St-Clair a connu une gloire quasi-instantanée. Elle fut la Cristal de la première mouture québécoise de Starmania, en 1980 ; un an plus tard, en France, elle enregistra L’Amour est mort en duo avec Gilbert Bécaud. « Luc Plamondon m’a “offert” mon premier album. [...] Il n’avait fait ça auparavant que pour Diane Dufresne. »

La chanteuse évoque en spectacle « l’immense privilège » qu’aura constitué le mentorat de cette garde rapprochée, et de leurs musiciens. Elle en profite pour parler de son métier : « comment on réchauffe sa voix et comment on apprend à recevoir l’amour du public ». Ou de l’émotion qu’elle a ressenti en entendant la voix de Gerry Boulet faire trembler les murs d’un aréna. « C’est avec cette intensité là que je veux chanter », s’était-elle promis.

Sa bande s’évertue à « retrouver la signature de chaque chanson, avec ces échos des années 80, tout en conservant une énergie contemporaine. On ne fait pas du copier coller — les musiciens me donnent leur son et leur talent — mais on respecte leur intégrité », prévient l’interprète, qui vient de rééditer quatre des ses albums, en format CD.

« Pour moi, les chansons sont des clefs que les auteurs compositeurs nous prêtent », dira-t-elle. « Ces chansons ont changé la vie des fans, comme certaines ont changé la mienne. »

Son amour pour le chant, Martine St-Clair ne le partage qu’avec son autre passion, la peinture. Elle s’adonne à l’art abstrait depuis 15 ans, alternant entre les deux au gré de son inspiration. « C’est le canevas qui est maître. On s’abandonne aussi », dit-elle. « J’attends le filon, et vice versa. Mais quand je peins, je songe à une mélodie. Et quand je chante, il y a des couleurs qui s’imprègnent. »

POUR Y ALLER

Quand ? Le 25 octobre, à 20 h

Où ? Théâtre du Casino du Lac-Leamy

Renseignements : 1-877-977-7970 ; ticketmaster.ca