Joseph Edgar a participé à Contact Ontarois en 2016 et revient avec plaisir le 17 janvier prochain.

Maritimes: Joseph Edgar, retour au b.a.-ba du Face A/Face B

Des artistes francophones des quatre coins du pays, de la musique émergente ou confirmée, des concerts éclair d’une vingtaine de minutes. Contact Ontarois revient pour sa 37e édition du 16 au 20 janvier. Les vitrines grand public seront présentées au Centre des Arts Shenkman, à Orléans. Cartographie par portraits choisis.

En 1994, il fait paraître un recueil de poésie sous son vrai nom, Marc Joseph Edgar Poirier. Deux décennies plus tard, il a beau avoir produit six albums solo, Joseph Edgar nous étourdit de nouveau avec ses projets protéiformes. L’Acadien dessine, écrit, chante et poétise à tout vent, tout en gardant un regard ultra-lucide sur l’industrie musicale. « Ne jamais s’asseoir sur ses lauriers en restant satisfait de ce que l’on entreprend, » conseille-t-il. 

Comme musicien, il a donc eu plusieurs vies qu’il résume par cette phrase : « je me lasse assez vite des choses. »

Le créateur d’Espionne russe, qu’il dessinait de ses propres mains en 2014 dans un clip aux 3,5 millions de vues, conserve Contact Ontarois précieusement dans son radar. « Cet événement lie les francophonies ensemble et cela me tient à cœur. »

Il y a participé en 2016 et revient avec plaisir le 17 janvier, attiré par les rencontres que l’on y fait et par la précieuse visibilité de ses vitrines musicales.

Joseph Edgar est peut-être l’un des vétérans de l’affiche 2018, mais il lui reste encore des territoires ontariens à explorer. « Je ne me suis jamais produit à Sudbury, par exemple, et j’ai donné mon premier concert à Toronto seulement l’été dernier. »

L’auteur-compositeur-interprète natif de Moncton a pourtant eu le temps d’explorer différentes facettes de son métier, naviguant au gré des périodes entre blues, rock, musique folk et même pop. Il expérimente désormais de nouvelles mises en marché numériques pour ses plus récentes compositions. Et préfère essaimer une ou deux chansons sur les plateformes de partage musical en ligne plutôt que de sortir d’un bloc un disque complet. 

Fini, le traditionnel album long jeu ? « Les façons de consommer la musique ont changé, analyse-t-il. On écoute davantage des chansons que des albums entiers. J’ai donc décidé d’adopter une autre approche en lançant mes morceaux au compte-gouttes sur Internet. Ça m’apporte aussi une plus grande liberté, car je n’ai plus besoin d’embaucher un réalisateur ou de travailler sur une pochette de disque. Chaque pièce est considérée comme une œuvre en soi, un peu comme pour un peintre. »

Sa démarche n’a rien de novateur, tient toutefois à rappeler l’Acadien. « En leur temps, les Beatles sortaient bien des 45 tours avec deux chansons seulement pour les tester ».  

Pour l’anecdote, sa carrière musicale s’est dessinée par hasard, à la faveur d’un spectacle de poésie scolaire auquel il participait : « Des musiciens nous accompagnaient et j’ai commencé à fredonner mes textes, à les chanter. » Comme emporté par la houle qui le porte encore aujourd’hui.

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À l’affiche des Vitrines #3 et #4 - Grand public, le 17 janvier, de 20 h 30 à 23 h 30 : Joseph Edgar, Cherry Chérie, Julie Kim, Ariko, Règlement 17, Dans l’Shed et Lydia Képinski.