Mario Jean présentera une pièce de théâtre l’été prochain, à Chicoutimi, une comédie intitulée Un souper d’adieu. Elle mettra aussi en vedette Marcel Leboeuf et Anne Casabonne.

Mario Jean, homme de théâtre

Alors qu’il se trouvait entre deux tournées, en 2017, Mario Jean a confié à son équipe qu’il désirait jouer au théâtre. L’idée de faire connaissance avec ce médium le séduisait et son voeu a été exaucé grâce à la pièce Je vous écoute. Cette production a tenu l’affiche au Théâtre de la Marjolaine, établi à Eastman depuis 1960. L’expérience fut si concluante que l’humoriste a récidivé avec Un souper d’adieu. Il a fait partie de la distribution aux côtés de Marcel Leboeuf et Anne Casabonne au Théâtre Hector-Charland de L’Assomption, ceux-là mêmes qui l’appuieront l’été prochain, lorsque ce spectacle migrera au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

La comédie écrite par Mathieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, adaptée par le metteur en scène Bernard Fortin, sera présentée du 16 juillet au 2 août, de concert avec Diffusion Saguenay. Son point d’ancrage est la décision d’un couple (Mario Jean, Anne Casabonne) soucieux de se donner du temps de qualité. Pour ce faire, il entreprend d’élaguer le cercle de ses amis en organisant des soupers d’adieu. Les gens sont invités sans se douter de ce qui les attend. Ils prévoient vivre un beau moment, ce qui est le cas du personnage incarné par Marcel Leboeuf. Or, il se pointe sans sa conjointe et à partir de là, tout se détraque.

« Il incarne un bonhomme un peu spécial, plutôt ésotérique. C’est un professeur d’université en thérapie depuis 40 ans », a relaté Mario Jean il y a quelques jours, lors d’une entrevue réalisée au journal. Comme on le devine, la stratégie du couple tourne à l’eau de vaisselle, ce qui provoque une cascade de rebondissements. Les rires fusent, affirme l’humoriste devenu comédien. Autre signe de l’intérêt que suscite Un souper d’adieu, le taux d’occupation au Théâtre Hector-Charland s’est élevé à 95 %, ce qui augure bien en vue du séjour à Chicoutimi.

« J’adore jouer au théâtre et il y a toujours un grain de folie quand Marcel fait partie de la distribution, fait observer Mario Jean. Par rapport à un spectacle d’humour, la principale différence tient à la rigueur qu’impose le fait de travailler avec d’autres interprètes. Si j’oublie une réplique, si je ne dis pas le bon mot, ça peut avoir des conséquences pour mes partenaires. Peut-être tout de suite. Peut-être un peu plus tard. En plus, on n’a pas la même marge de manoeuvre pour jouer avec le texte. C’est impossible parce qu’il est tellement bien structuré. »

Un monde différent

Tout en posant un défi à l’humoriste, Je vous écoute et Un souper d’adieu lui ont permis de découvrir un univers professionnel stimulant. Après une longue traversée du désert, le théâtre d’été surfe sur une belle vague, en effet. Les occasions d’en voir à Montréal sont très limitées, mais tout autour, des organisations tiennent bien haut le flambeau. « Comme dans plusieurs volets des arts de la scène, ce ne sont pas les gens de la métropole qui font vivre les productions estivales. Ça se passe dans les régions voisines », énonce Mario Jean.

Pour que le succès soit au rendez-vous, toutefois, il importe que les pièces soient de qualité. Le contexte n’est plus celui des années 1980, où des productions médiocres attiraient les foules en raison de l’effet de mode. C’est dans cet esprit que le Chicoutimien a pondu son premier texte, intitulé Kilimandjaro. Il s’agit d’une comédie que défendront les comédiens Pierre Verville, Marie Turgeon, Mario Tessier et Valérie Blais l’été prochain, au Théâtre de la Marjolaine. Elle a été inspirée par une idée soumise par le directeur de cette institution, Marc-André Coallier.

« Comme moi il y a six ans, Marc-André a fait le Kilimandjaro. Un jour, il a soumis une idée qui m’a trotté dans ma tête, une idée en lien avec cette montagne. Ça tourne autour de trois couples qui en font l’escalade et même si le contexte est celui d’une comédie, on brasse des vérités. Ce n’est pas le principe d’une ligne, un punch, comme en humour », souligne l’auteur. La présentation de la pièce, si tôt après le travail d’écriture, lui apparaît comme un cadeau. Et si elle fait son chemin sur d’autres scènes, sa joie sera encore plus grande.

« J’aime l’idée qu’un texte que j’ai écrit vive par lui-même, qu’il puisse durer », commente Mario Jean. Dans l’immédiat, cependant, c’est le séjour de trois semaines dans la région qui l’a vu naître, par le truchement d’Un souper d’adieu, qui lui apparaît comme la plus belle retombée générée par le théâtre. Parti de Chicoutimi-Nord à l’âge de 20 ans afin de compléter un baccalauréat en récréologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, il n’a jamais eu l’occasion de vivre aussi longtemps parmi les siens. Ce sera le moment de remettre au goût du jour la conciliation travail-famille.

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L'HUMOUR, UN MARCHÉ SATURÉ

Bientôt, Mario Jean franchira le cap des 30 ans de carrière en humour. Il a eu le temps de voir évoluer ce marché, d’assister à l’émergence de collègues aujourd’hui tombés dans l’oubli, alors que d’autres réduisent leurs voiles afin de poursuivre leur parcours. Lui, par contre, est toujours là, comme le confirme son nouveau spectacle intitulé Aller de l’avant.

 «À mes débuts, nous étions neuf à vivre de ce métier et déjà, on disait qu’il y avait trop d’humour. Maintenant, on dénombre 60 humoristes et je ne voudrais pas être dans la peau de mes jeunes collègues. Il y a une saturation, mais je suis chanceux. Mes salles sont pleines», affirme le Chicoutimien en donnant l’exemple de sa dernière visite à Sherbrooke. La Salle Maurice O’Bready était pleine. Ses 2000 sièges avaient trouvé preneurs, si bien que le diffuseur l’a remis à l’affiche en novembre 2020.

Les choses vont bien, sans toutefois que le succès atteigne des proportions équivalentes à celles de la période faste. Ainsi, la tournée actuelle prendra fin après deux ans et lorsqu’on s’en étonne, l’humoriste répond du tac au tac: «Trois ans, c’était les belles années». Il croit que ça va s’écrémer, suivant la loi de l’offre et de la demande, et se montre déterminé à préserver sa place au sein de la confrérie.

«Il existe un public jeune, mais moi, je ne le suis pas et je ne ferai pas semblant de l’être. Par contre, je veux garder mon public et pour y arriver, je dois le respecter et ne pas rabâcher les mêmes patentes. C’est pour cette raison qu’à la fin d’une tournée, je ne m’enferme pas à la maison, en attendant de ressortir dans trois ans. Je vais voir des spectacles. Je me tiens à jour», fait observer Mario Jean.

En parallèle, il s’ouvre à d’autres possibilités, notamment comme comédien. Ainsi est-il associé aux séries télévisées Les pays d’en haut, dont la sixième saison sera tournée l’été prochain, ainsi que Léo, écrite par Fabien Cloutier. On le voit aussi au théâtre depuis deux ans, ce qui pourrait apparaître comme un choix stratégique, une forme de diversification. «Ça y ressemble, mais je ne vois pas les choses de cette façon. Je fonctionne par trip», répond l’humoriste.

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POUR Y ALLER (GATINEAU)

Quand ? le 14 janvier 2020

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : ovation.qc.ca