Marie-Denise Pelletier a raison d’être fière de son nouvel album, Léveillée, entre Claude et moi. On y trouve des classiques tels Les vieux pianos, Elle tournera la Terre, Un regard, Soir d’hiver et Emmène-moi au bout du monde, livrés avec la complicité du pianiste Benoit Sarrasin.

Marie-Denise Pelletier revisite Claude Léveillé

Marie-Denise Pelletier vient de sortir un bien bel album, Léveillée entre Claude et moi. Elle a posé sa voix sur des chansons composées par un homme disparu il y a six ans et qui, malgré son immense catalogue comprenant son lot d’immortelles, risquait de tomber dans l’angle mort de notre mémoire collective.

Ce désir de jeter un peu de lumière sur l’oeuvre de ce géant était présent dans l’esprit de l’interprète, tout comme le bonheur qu’elle a ressenti en reprenant des pièces qui, dans certains cas, l’ont accompagnée toute sa vie. «Je suis née en 1960, en même temps que ces chansons. Dès l’âge de cinq ans, je chantais du Léveillée, alors que c’était plus vieux que mon âge», a confié l’artiste vendredi, en entrevue.

Le choix des dix titres figurant sur le disque a été balisé par l’impact qu’ils ont eu sur la chanteuse, davantage que sur leur notoriété. Elle et son partenaire de longue date, le pianiste Benoit Sarrasin, ont ensuite préparé les séances d’enregistrement auxquelles ont participé un batteur et un contrebassiste. Le terrain avait été si bien préparé qu’en l’espace de quatre jours, toutes les prises avaient été mises en boîte.

«Nous avons fait ce qu’on appelle un ‘live en studio’. Tout en respectant la structure originale des compositions, j’ai ajouté mon grain de sel», raconte Marie-Denise Pelletier. Un bon exemple est fourni par Avec nos yeux, avec nos mains, où filtrent des accents jazz. «On a un peu dérogé», reconnaît l’artiste en souriant.

Ce qui rend ce projet encore plus cher à son coeur, ce sont les dix années pendant lesquelles elle a côtoyé Claude Léveillée. Ils ont partagé la scène, livré quelques duos à la télévision et échangé maintes confidences. «Claude s’est montré généreux avec moi. Il s’est confié, entre autres, sur ses années passées avec Piaf», rapporte la chanteuse.

Eddy Marnay

Elle a vu un bout de son âme tourmentée, laquelle avait retrouvé un reste de sérénité après le suicide de son fils. Il avait recommencé à donner des spectacles, même si cet exercice ne lui venait plus aussi naturellement, jusqu’au jour où un AVC subi en 2004 l’a poussé prématurément à la retraite. 

Quelques mois plus tôt, lors de sa dernière séance d’enregistrement, Claude Léveillée avait interprété avec Marie-Denise Pelletier la chanson Le Premier Amour Du Monde, gravée sur le disque Les mots de Marnay, que la chanteuse a gravé en hommage à Eddy Marnay. 

«À la fin de sa carrière, Claude parlait plus qu’il ne chantait», se souvient sa consoeur, qui a voulu remettre à l’avant-plan ses qualités de mélodistes par le biais de l’album. Elle vante aussi le travail de Benoit Sarrasin, sans qui cet enregistrement n’aurait pas été possible. Son défi à lui fut de se confronter à l’œuvre d’un grand musicien.

Au fil de l’entrevue, Marie-Denise Pelletier révèle qu’une trentaine de démos ont été produits et que parmi eux, une vingtaine de titres prendront vie sur la scène. 

La première de son hommage à Claude Léveillée – mis en scène par Serge Postigo – aura lieu le 22 février, à l’Outremont. Suivra une tournée étalée sur deux ans, au cours de laquelle la chanteuse visitera la Maison de la culture de Gatineau, le 31 mai 2018.


POUR Y ALLER

Quand: le 31 mai 2018?

Où: Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525; www.salleodyssee.ca