Les Grands Feux s’apprêtaient à souligner leur 25e anniversaire, cet été.
Les Grands Feux s’apprêtaient à souligner leur 25e anniversaire, cet été.

L’Outaouais en Fête et les Grands Feux se résignent à suivre les consignes

«On va être évidemment solidaires de la décision [...] et des consignes de M. Legault», a indiqué au Droit le président d’Impératif Français, Jean-Paul Perreault, dans la foulée de la demande du gouvernement québécois d’annuler les festival jusqu’à la fin août. 

«On avait une faible lueur d’espoir de maintenir notre événement. On va reporter ça en 2021», se résigne le patron de l’organisme qui organise L’Outaouais en Fête (OEF). «On n’a pas le choix. Oui, on pourrait reporter en septembre, mais ça va être une période trop achalandée, si tout le monde décide de reporter au même moment.» 

L’OEF tentera de «conserver si c’est possible la programmation, qui était toute prête.»

Il «espère» néanmoins que les trois paliers de gouvernements «adopteront des mesures responsables pour pallier aux effets désastreux que cette décision aura sur la création, sur le rayonnement culturel et sur le développement touristique». Car selon lui, elle «va faire un tort immense à la francophonie et [au sentiment d’attache à] l’identité québécoise».

Jean-Paul Perreault aimerait savoir «si la Ville de Gatineau va tout de même maintenir son programme de subventions aux festivals. Patrimoine canadien et Tourisme Québec ont déjà annoncé qu’ils maintiendraient leurs aides, mais pas la Ville. On voudrait savoir ce qu’elle compte faire.»

Le président d'Impératif Français, jean-Paul Perreault

«Le conseil municipal va se pencher [sur cette question-là] au cours des prochains jours», a assuré vendredi soir le directeur du service des communications de la Ville de Gatineau, Jean Boileau, lorsqu’on lui a rapporté la question de M. Perreault.

Grands Feux

Le président-directeur général des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy, Marc-Antoine Massicotte, s’avoue triste, tant pour son organisation que pour l’ensemble du milieu artistique, car «on connaît la valeur que représentent les festivités estivales pour les artistes», a-t-il d’abord confié au Droit

«On a le coeur lourd, mais on emboîte le pas», poursuit-il. «On comprend très bien les mesures du gouvernement. C’est important, avant tout, d’assurer la sécurité des gens, du public et de nos bénévoles. On est tristes, mais la décision s’imposait.»

Il est d’autant plus «déçu» que les Grands Feux s’apprêtaient à souligner leur 25e anniversaire, cet été. «On avait l’intention de livrer un beau gros party, justement en se disant qu’on allait être heureux de pouvoir à nouveau se rassembler et avoir du plaisir ensemble. Bon... c’est remis à 2021. Et on fera un party encore plus gros, avec un an de retard.»

Le gestionnaire accueille toutefois la mauvaise nouvelle avec philosophie : «Plus l’incertitude avançait, plus ça devenait lourd et difficile à gérer. Là, au moins, on a des réponses aux questions qu’on se pose depuis quatre semaines. Je salue donc le fait que cette décision soit prise plus tôt que tard. On peut être fiers de la gestion de nos autorité publiques.»

Festival de montgolfières

Le FMG (Festival de montgolfières de Gatineau) a annoncé vendredi qu’il «prendra le temps d’évaluer diverses options» avant de décider s’il opte lui aussi pour l’annulation pure et simple de l’événement. La tenue de la prochaine édition du FMG est prévue du 3 au 7 septembre, soit après la date indiquée par le gouvernement Legault.

Reste que la décision de Québec n’est pas sans conséquences sur certaines opérations logistiques, et notamment «le montage du site, qui débute normalement quelques semaines avant l’ouverture du festival», a rappelé le FMG par voie de communiqué.

La tenue de la prochaine édition du FMG est prévue du 3 au 7 septembre.

Le Festival d’Humour de Gatineau a indiqué en soirée qu’il reportait «avec grands regrets» son édition 2020, pour mieux préparer, l’an prochain, une édition «des plus sautées, histoire de compenser pour le rendez-vous manqué de cette année».

RÉMI

À l’échelon provincial, le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) a quant à lui «accueilli favorablement » la demande du gouvernement du Québec d’annuler les événements festifs prévus jusqu’au 31 août.

«Les organisateurs d’événements et festivals ne sont pas  [...] les mieux placés pour prendre, à la pièce, ce type de décisions lourdes de conséquences», a estimé le RÉMI, vendredi, dans la foulée de l’annonce.  

Pour l’organisme, «il était facile de convenir» que les festivals prévus dans les prochaines mois ne pouvaient pas être maintenus, mais il était «difficile de statuer sur la tenue des grands rendez-vous durant la deuxième moitié de l’été».

« Il était également de plus en plus risqué d’engager d’importantes dépenses sur des événements sans avoir la certitude de pouvoir les tenir», surtout après que la déclaration de François Legault au sujet de la « règle des 2 mètres» que le premier ministre s’est dit cette semaine prêt à étendre sur une plus longue période, poursuit le RÉMI, convaincu que la santé publique doit demeurer «la priorité».