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Saint-Élie-de-fiertés

La série documentaire télévisée Saint-Élie-de-Légendes — qui met en scène les authentiques villageois de Caxton tout en tissant des liens avec les légendes dont Fred Pellerin s’est inspiré pour reconstruire ce village fantasmagorique — est repartie pour une deuxième saison à l’antenne de Radio-Canada (les lundis, 20 h, jusqu’au 11 décembre).

« Il y a 20 ans, ces histoires-là » – « étaient perçues comme aliénation, une sorte de folklorisation honteuse [à Saint-Élie]. C’était des trucs qu’on se racontait les soirs où mon père disait Venez, on va jouer aux cartes ! » alors qu’on a jamais eu de jeu de cartes chez nous. Mais les gens se rassemblaient pour se parler. Moi, toute mon enfance est remplie de souvenirs de ces soirées où tout le monde se parlait et se racontait les histoires du village. Ces soirées n’avaient aucune prétention conteuse ou poétique. Quand, à 16 ou 17 ans, j’allais questionner les vieux pour qu’ils me disent ou me redisent “Le canot volant”, ou “Le Diable beau danseur”, dès qu’ils comprenaient que je voulais utiliser cette matière-là et que j’allais peut-être les nommer, ils me disaient : Nonnonnon ! C’est pas vrai ! C’est des vieilles histoires ! Ça vient de gens qui savaient pas qu’on avait inventé l’avion ! » Jusqu’au jour où on a vu les retombées et les applaudissements. Là, on s’est rendu compte que c’était pas une pauvreté que d’avoir vu passer le canot. Qu’on était dans le merveilleux. Que ça avait une valeur. Que ces histoires, il fallait les dire et les redire et les dire encore. Maintenant, c’est devenu une source de fierté. Elles habitent la bouche et l’imaginaire des gens du village. »

Et on imagine mal ce qui pourrait faire plus plaisir à Fred Pellerin que cette source de fierté... collective.

Surtout que « l’affaire » a désormais pris « des proportions hallucinantes », à présent que ces villageois de chair, de sang et de fiction sont désormais connus, appréciés et réimaginés dans l’ensemble de la francophonie, depuis Paris jusqu’aux Antilles.

« Les gens reconnaissent Méo partout. Fâque, finalement, le barbier a peut-être sévi bien plus qu’on le pensait », lance Fred Pellerin sur un ton malicieux.

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Le livre de la semaine: Avec un grand A

Janette Bertrand, Avec un grand A, Libre Expression

L’histoire: Simon, la quarantaine, père de famille de banlieue ayant tout pour être heureux, fait la rencontre d’un homme dont il tombe follement amoureux. Étouffé par la culpabilité et les remords, il traverse une crise existentielle qui l’amène à découvrir sa bisexualité, au point de vouloir conserver à la fois femme, enfants et amant.

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Spider-Man a failli être tué dans l’œuf

TOKYO — Un des personnages de superhéros les plus populaires au monde, Spider-Man, a failli ne jamais voir le jour, a raconté jeudi à Tokyo son créateur Stan Lee, maintenant âgé de 94 ans.

L’idée lui était venue soudainement en regardant une mouche grimper sur un mur. Mais le nom du personnage lui a pris plus de temps : l’Homme mouche, l’Homme moustique ?

« Le nom de Flyman ne semblait pas assez spectaculaire. Alors peut-être Mosquito man ? Puis j’ai prononcé Spider-Man et là ça sonnait vraiment bien », se souvient le père de l’homme-araignée.

M. Lee voulait innover et son héros serait un adolescent avec « plein de problèmes personnels ». « Il n’aurait pas assez d’argent, vivrait avec sa tante malade qui a besoin de médicaments et dont il doit s’occuper. Et en plus, il lui faudra se battre contre les méchants ».

Il a présenté son idée à son éditeur. « Mais Stan, c’est la pire idée que j’ai jamais entendue », lui a répondu son supérieur, consterné. Un superhéros est évidemment un adulte qui ne peut se permettre d’avoir des problèmes, lui a-t-il expliqué. Et en plus, « les gens détestent les araignées : il est hors de question de l’appeler Spider-Man ! »

M. Lee a néanmoins été autorisé à glisser en 1962 son Homme-araignée dans le dernier numéro d’un périodique appelé à disparaître.

« Juste pour m’amuser, pour me défouler, j’ai mis Spider-Man dans ce dernier numéro et je n’y ai plus pensé. Un mois plus tard, quand tous les chiffres des ventes étaient connus, mon chef est arrivé en courant dans mon bureau et a dit : “Tu te souviens de ce personnage que nous aimions tant tous les deux ? Faisons-en une série”. »

Ce nonagénaire plein d’énergie, qui a avoué avoir circulé dans Tokyo dans une petite voiture de course « Super Mario » la veille au soir, a expliqué en réponse à une question le secret de sa santé de fer : « Rester actif est le meilleur médicament qui soit. À condition de ne pas s’adonner à des activités malhonnêtes. »

M. Lee se trouvait à Tokyo en tant qu’invité d’honneur de la deuxième édition de la Tokyo Comic Convention, grand rassemblement de culture pop qui ouvre ses portes vendredi.

Livres

Au grand salon de la littérature

Le Salon du livre de l’Outaouais assume un rôle unique auprès de ses 35 000 visiteurs annuels : à la fois lieu de rencontres et immense librairie investissant le Palais des Congrès de Gatineau, il répond aux attentes des lecteurs assidus autant qu’il ouvre les portes de l’univers du livre aux plus jeunes publics. Illustration de ce rare équilibre ? Le dévoilement, mercredi, de ses invités d’honneur. Avec une furtive incursion dans la programmation.

La 39e édition, du 1er au 4 mars 2018, se déroulera sous la présidence d’honneur de Simon Boulerice, comédien, metteur en scène et auteur âgé de 35 ans, déjà signataire d’une trentaine d’ouvrages. « C’est la première fois qu’on m’offre une aussi belle et prestigieuse invitation, » s’est réjoui M. Boulerice, finaliste du Prix du Gouverneur général 2016 dans la catégorie littérature jeunesse de langue française.

En conférence de presse, il a évoqué son enfance « trempée dans la solitude » et l’importance de la littérature dans son émancipation.

L’auteur des Garçons courent plus vite et de Javotte sera secondé par l’invitée d’honneur de l’Outaouais, Marjolaine Beauchamp, auteure engagée, médaillée d’argent la coupe du monde de slam en 2010. « Je suis heureuse de voir la désacralisation de la littérature, heureuse de participer à son accessibilité. La littérature et la langue sont mouvantes » a-t-elle réaffirmé en discours de présentation.

L’invité d’honneur de l’Ontario français, Blaise Ndala, affiche lui aussi un parcours fulgurant : Prix du livre d’Ottawa 2015 pour son premier roman J’irai danser sur la tombe de Senghor, il s’illustre déjà sur la scène internationale en étant distribué en Europe. Il a récemment reçu une mention spéciale du jury au Prix Ivoire 2017 pour son dernier récit, Sans capote ni kalachnikov. M. Ndala, d’origine congolaise, n’a pas manqué de souligner avec émotion la richesse du monde littéraire, « ce lieu de convergence où nous célébrons notre humanité. »

L’identité des deux autres invités d’honneur sera dévoilée en février. Le SLO poursuit également son partenariat avec l’Ambassade de France au Canada en remettant le Prix du livre enrichi francophone, un incitatif à promouvoir l’expertise et l’innovation numériques francophones dans le monde de l’édition. Le lauréate a déjà été nommée : il s’agit d’Adèle Pedrola, sélectionnée parmi une vingtaine d’auteurs en compétition, pour son ouvrage Et si la nuit, aux éditions l’Apprimerie. 

Par ailleurs, un autre partenariat avec le Théâtre français du CNA offrira une mise en lecture du dernier roman de sa directrice artistique, Brigitte Haentjens, Un jour je te dirai tout. 

L’intégralité de la programmation adulte devrait être disponible sur le site Internet du salon dès la mi-janvier alors que les activités jeunesse seront connues d’ici la fin de l’année. 

Cette 39e édition du SLO, inspirée de Confucius et des trois singes de la sagesse, répond à la thématique « voir, entendre et dire ». Elle sera chapeautée par l’ancien président du SLO, Hugo Paquette, reconvoqué à l’organisation après le départ de Catherine Voyer-Léger en congé parental.