Pierre Bertrand et Bernard Lauriol cosignent Au-delà du paysage, livre conjuguant érudition géologique et poésie photographique.

Une histoire géologique à révéler

Amateurs d’histoire géologique et de beautés minérales, ce livre est pour vous. À pied, sillonnant l’Outaouais à la recherche des vestiges miniers, Bernard Lauriol et Pierre Bertrand ont uni leurs compétences pour réaliser l’ouvrage Au-delà du paysage - Des Laurentides aux basses-terres du Saint-Laurent.

Le premier a été professeur de géographie à l’Université d’Ottawa. Le second est photographe et graphiste de métier. Ensemble, ils publient aux Éditions Vents d’Ouest une fascinante exploration historique et photographique de la région. Visite guidée en terrain trop méconnu.

Ils ont chaussé leurs bottes de randonnée, arpenté des kilomètres après avoir exploré les cavernes en hiver dans une précédente publication Eaux, glaces et cavernes. Comment l’un a-t-il suivi l’autre ? « Je suis très attaché à ma région. Je voulais mieux la comprendre, savoir à quoi correspondaient les lignes que l’on voit dans la pierre, » illustre Pierre Bertrand. Un jour, à l’université d’Ottawa, planchant sur l’illustration de livres scientifiques, il décide de suivre le professeur Lauriol dans ses explorations de terrain. Histoire de prendre l’air, sourit-il. 

« Une montagne aussi grande que l’Himalaya était érigée là, il y a un milliard d’années. Elle s’est érodée puis une mer a recouvert le paysage il y a environ 450 millions d’années. Encore une fois, les sédiments se sont érodés, sauf à Ottawa et dans la région où les roches calcaires sont très présentes », résume au lance-pierre temporel Bernard Lauriol.

Au-delà du paysage, par Pierre Bertrand et Bernard Lauriol

Stromatolite, pyroclaste et syénite n’ont désormais plus de secret pour le photographe, devenu incollable sur l’histoire géologique de l’Outaouais. Le livre a le mérite d’expliquer en détail les affleurements de marbre et de gneiss qui font partie du paysage quotidien, les blocs rocheux que l’on traverse en voiture ou ces reliefs constitués sur des millions d’années que l’on ne remarque plus.

Nombre de paysages dévoilés dans le livre, d’une beauté minérale inépuisable, demeurent malheureusement inaccessibles. 

Un patrimoine délaissé

À l’instar des anciennes mines souvent laissées à l’abandon ou interdites d’accès, le patrimoine minier disparaît, regrette le géographe. « L’industrie minière s’est développée entre les années 1850 et 1930, mais, trop modeste, elle a fini par être abandonnée ».

Les anciens sites ont été recouverts de végétation ou disparaissent complètement sous les inondations. 

La mine Wallingford-Back, par exemple, offre des puits de lumière et un paysage à couper le souffle, comme le révèlent les superbes photographies de Pierre Bertrand. « Il faudrait la rendre accessible, mais les municipalités s’y opposent, déplore M. Lauriol. Aucun effort n’est fait pour mettre en valeur ces trésors d’histoire. » La coupe géologique serait-elle pleine ?

Pourtant, l’engouement des visiteurs autour des sites naturels comme la caverne Lusk du lac Philippe, confirme un attrait touristique indéniable.

La démarche éditoriale de ces deux amateurs de plein air était aussi de réhabiliter, à leur façon, un paysage immémorial d’une richesse insoupçonnée. Et tant pis pour les difficultés d’accès, grillages à soulever ou autorisations à obtenir... Comme son titre l’indique, Au-delà du paysage méritait bien d’emprunter quelques chemins de traverse ; « la beauté se cache dans les détails », concluent malicieusement ces deux explorateurs contemporains. 

Les Éditions Vents d’Ouest organisent le lancement officiel du livre le 27 novembre, à 19 h, aux Brasseurs du Temps.