«C’est en quelque sorte un feel good show de 55 minutes, dans lequel on se ramène à l’essentiel avec pour seuls outils du papier, des crayons et de la rigolade», affirme Tristan Demers au sujet de On dessine!

Tristan Demers, le bédéiste entrepreneur

À 46 ans, Tristan Demers possède déjà 36 ans de carrière. À 10 ans, le bédéiste vendait ses premiers Gargouille, à 12 ans, il faisait ses premiers salons du livre, et à 15 ans, il avait 2200 abonnés à ses revues, un bureau et deux employés!

«J’ai développé très tôt ma fibre marketing et entrepreneuriale», souligne celui qui est également derrière Les Minimaniacs, Salto et Cosmos Café.

Aujourd’hui, il travaille dans 11 pays, il a écoulé près de 300 000 albums, et a vendu plus d’un million de produits dérivés, incluant ses BD sous licence des Shopkins, des Trash Pack et des Zelfs, ses six livres documentaires, et son récent Asterix chez les Québécois.

Comme si ce n’était pas suffisant, on a pu voir Tristan Demers dans trois émissions télé et web, et il est en spectacle un peu partout au Québec depuis un peu plus de deux ans avec sa première tournée On dessine!

«J’ai constamment besoin de me challenger, de sortir de ma zone de confort. Ça fait que je n’ai jamais l’impression d’avoir fait le tour de mon métier», répond-il pour expliquer son côté hyperactif et touche-à-tout.

Le bédéiste et entrepreneur se décrit comme un électron libre. «Je ne supporte pas de savoir où je m’en vais. J’ai une vraie âme de pigiste. Ça fait 36 ans que je ne sais pas où je m’en vais. J’ai toujours quelque chose sur le feu à court, moyen et long terme, et si certains projets arrivent à «cuire», il y en a plusieurs qui n’arriveront jamais même à bouillir», illustre-t-il.

Pour l’épauler dans tout ce qu’il entreprend, Tristan Demers a la chance de pouvoir compter sur toute une équipe. «Ce n’est même plus moi qui fais mon encrage et mes couleurs depuis un bon bout de temps», laisse-t-il savoir. «Ça me dégage du temps pour donner des conférences, faire des shows télé, etc.»

D’ailleurs, il se définit davantage aujourd’hui comme un communicateur. «J’aime faire connaître mon métier. J’aime transmettre la passion du dessin aux jeunes et moins jeunes. La créativité occupe encore une place importante dans ma vie, c’est la locomotive qui tire tout le reste, mais c’est avec les autres activités, les wagons, que je fais de l’argent et que je gagne en notoriété», illustre-t-il.

En spectacle

C’est d’ailleurs pour exploiter ses aptitudes de communication qu’il a eu l’idée de monter sur scène. Avec On dessine!, il invite les jeunes à partir de 7 ans — et leurs parents — à jouer les détectives pour capturer une étrange créature croqueuse de bandes dessinées. «Elle appartient à ma grand-mère, Super Mémé, et s’est échappée.»

À travers des prestations artistiques, un décor et des projections vidéo, Tristan Demers propose «un vrai spectacle théâtral, unique, interactif et hybride dans lequel j’insère beaucoup d’humour».

«C’est en quelque sorte un feel good show de 55 minutes, dans lequel on se ramène à l’essentiel avec pour seuls outils du papier, des crayons et de la rigolade», ajoute-t-il.

Il aurait pu, admet-il, utiliser un écran tactile, mais lui a préféré «les bons vieux outils». «Ils ont quelque chose de démocratique et éloignent de la tablette», note-t-il.

Le bédéiste se réjouit par le fait même que son spectacle inspire les enfants; ils sont plusieurs, affirme-t-il, à lui envoyer leurs oeuvres créées après la représentation.

«Je remarque qu’en général, les enfants d’aujourd’hui sont beaucoup moins créatifs qu’avant, car ils ont moins d’espace de jeu libre dans leur horaire. Ils sont constamment organisés, encadrés, comme si on ne supportait plus qu’ils s’ennuient. Pourtant, un enfant trouve toujours son espace de création si on lui en laisse l’occasion. Je compare souvent le «je ne sais pas quoi faire» au syndrome de la page blanche. Le moment est inconfortable, mais nécessaire; c’est celui qui rend tout possible», fait valoir celui qui a notamment publié L’imaginaire en déroute - quand nos enfants ne savent plus inventer.

Il est d’ailleurs à peaufiner la «suite» de ce dernier, dans laquelle il proposera 52 rendez-vous créatifs parents-enfants de 30 minutes, soit une activité par semaine. Le livre devrait sortir en octobre.

Tristan Demers travaille également sur un nouveau Gargouille, une quatrième émission télé, un éventuel podcast ainsi qu’un projet avec Disney. Et il n’est même pas essoufflé!

Envie d’y aller ?

Quoi : On dessine ! avec Tristan Demers

Quand : ce dimanche 10 mars à 14 h

Où : au Palace de Granby

Billets : www.ovation.qc.ca