Retour sur 2019: notre meilleur des livres

Un condensé de nos lectures marquantes de l'année.

1- BUZZKILL, Bruno Massé

«Buzzkill» de Bruno Massé

Les univers dystopiques ont tenu le haut du pavé littéraire en 2019. Avec BUZZKILL, Bruno Massé plonge dans un futur vraiment pas si lointain, juste un peu décalé de notre réalité, où trois jeunes adultes, le téléphone vissé à leur main, tentent de faire leur place au soleil pendant que la colère gronde dans les rues. Une lente descente aux enfers un brin psychédélique, juste assez grinçante. Isabelle Houde

2- Les retranchées, Fanny Britt

«Les retranchées» de Fanny Britt

La toujours pertinente Fanny Britt a repris le sillon creusé avec Les tranchées, son premier essai sur la maternité publié il y a six ans. Charge mentale, maternité parfaite sur Instagram, avortement, sexisme; tous des sujets abordés avec une bonne dose de doute, d’humilité, de remise en question, dans une forme polymorphe. Une réflexion essentielle à l’époque de la performance à outrance. Isabelle Houde

3- Vers d’autres rives, Dany Laferrière

«Vers d'autres rives» de Dany Laferrière

Le nouveau Dany Laferrière manuscrit est différent d’Autoportrait de Paris avec Chat : plus petit, moins touffu, plus touchant. Les relents de l’enfance à Haïti y sont distillés avec douceur et couleurs vives, alors que la période Miami avec ses réflexions sur la famille et le métier d’écrivain nous permettent de renouer avec le génie de Laferrière. En bonus, une introduction toute personnelle à la peinture et à la poésie de son pays d’origine. Isabelle Houde

4- Le deuxième mari, Larry Tremblay

«Le deuxième mari» de Larry Tremblay

Larry Tremblay est passé maître dans l’art de la fable moderne. Son offrande automnale, Le deuxième mari, le confirme. Poussant jusqu’au bout l’idée du renversement des rôles, il y aborde l’histoire de Samuel, un jeune homme forcé d’épouser et de satisfaire les besoins d’une femme choisie par sa mère, sur une île où des vigiles armés veillent au grain. Une œuvre troublante qui nous montre à quel point le sexisme est toujours bien ancré dans notre inconscient collectif. Isabelle Houde

5- Manam, Rima Elkouri

«Manam» de Rima Elkouri

Rima Elkouri démontre autant de courage que de sensibilité dans ce premier roman fort réussi. Son alter ego Léa est une institutrice qui cherche à connaître l’impact du génocide en Arménie (1915-1916) sur sa grand-mère adorée, à la suite de son décès. Devoir de mémoire, Manam égrène au fil des pages un récit aussi captivant que bouleversant. Éric Moreault

6- Mademoiselle Samedi soir, Heather O’Neill

«Mademoiselle Samedi soir» de Heather O'Neill

Il aura fallu attendre cinq ans pour la traduction du deuxième roman d’Heather O’Neill. Son truculent tableau d’un Québec ouvrier à l’aube du tumultueux référendum de 1995 se lit d’une traite. La Montréalaise sait puncher ses fins de chapitre, a une plume agile, du souffle, une tendresse infinie pour ses personnages et un talent fou pour les images fortes. Il y a quelque chose d’envoûtant dans ce roman, à la fois très personnel et, par le fait même, universel. Éric Moreault

7- Ombres sur la Tamise, Michael Ondaatje

«Ombres sur la Tamise» de Michael Ondaatje

Le célèbre auteur canadien remonte la piste des traumas de l’enfance sous la plume de Nathaniel. L’homme va consacrer une partie de sa vie d’adulte à enquêter sur les raisons qui ont poussé sa mère à l’abandonner, ainsi que sa sœur, pendant la Seconde Guerre mondiale. Identité, filiation, trahison, amour sont conviés dans ce récit finement écrit et extrêmement documenté, mélange de drame familial et de suspense, qui se révèle petit à petit dans un arc dramatique bien tendu. Ça se dévore tout seul. Éric Moreault

8- Khalil, Yasmina Khadra

«Khalil» de Yasmina Khadra

Dans son incessante quête visant à pourfendre l’extrémisme religieux, Yasmina Khadra persiste et signe avec cette plongée dans les attentats de Paris de novembre 2015. À travers l’un de ses auteurs fictifs, Khalil, l’écrivain algérien analyse les rouages malsains qui poussent de jeunes musulmans, souvent privés de repères, à s’embrigader au nom d’une cause qu’ils croient noble. Un roman porté par un puissant souffle d’humanisme. Normand Provencher

9- Paul à la maison, Michel Rabagliati

«Paul à la maison» de Michel Rabagliati

Dans ce neuvième tome consacré à Paul, son personnage fétiche, le bédéiste Michel Rabagliati touchera certainement des cordes sensibles chez ses lecteurs. La vie bat de l’aile. Sa femme l’a quittée, sa mère file vers la fin et sa fille unique s’en va vivre à Londres. Seul dans sa maison, Paul se débat dans un quotidien où la nostalgie est omniprésente. Ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’humour et d’autodérision. On dévore ce livre en souhaitant, une fois terminé, que Paul trouve le chemin du bonheur et de la sérénité. Normand Provencher

10- Une partie de badminton, Olivier Adam

«Une partie de badminton» de Olivier Adam

Le romancier français Olivier Adam ramène son alter ego fictif, Paul Lerner, un journaliste écrivain sur le retour, empêtré dans une vie pas possible après un déménagement en Bretagne, avec femme et enfants. La «loi de l’emmerdement maximum» lui colle à la peau, avec un boulot qui ne lui dit rien, la fugue de sa fille, sa douce-moitié qui fait des galipettes avec une copine, et cette mystérieuse femme qui lui rôde autour. Un roman drôle et émouvant, qui respire bien l’air du temps. Normand Provencher