En raison de la tempête et de la grève des enseignants en Ontario, l’affluence prévue en cette journée d’ouverture du Salon du livre n’a pas été à la hauteur des éditions précédentes.

Ouverture du Salon du livre de l'Outaouais [VIDÉO]

La Salon du livre de l’Outaouais (SLO) a officiellement ouvert ses portes jeudi aux lecteurs et aux lectrices de la région et promet une 41e édition chaleureuse pour lutter contre la saison froide.

C’est sous le thème De quel livre tu te chauffes ? que l’édition 2020 de l’événement a été lancée jeudi soir au palais des congrès de Gatineau.

Le ministre fédéral du patrimoine, Steven Guilbeault, est d’avis qu’un Salon du livre permet de créer un lien de rapprochement entre le créateur de l’œuvre et ses lecteurs.

« Par dessus tout, ce qui me touche dans les Salons, c’est la rencontre entre les autrices, les auteurs et ceux qui les lisent. C’est vraiment par ce contact privilégié que la magie s’opère. Rangez votre timidité dans votre poche, allez voir les écrivains et dites-leur comment vous avez aimé leurs livres », a proposé M. Guilbeault.

Place aux Premières Nations

Le ministre Guilbeault a tenu à souligner le rôle que joue la littérature autochtone sur la culture canadienne.

« Je salue les auteurs des Premières Nations qui sont avec nous et qui peuvent nous ouvrir à la sagesse et à la compréhension mutuelle. Vos écrits sont précieux, ils nous aident à nous comprendre les uns et les autres et sont aussi des atouts dans la pleine compréhension de nos traditions et de nos identités ».

Dans la foulée de l’importante crise ferroviaire qui touche le pays depuis quelques semaines, l’autrice autochtone et présidente d’honneur de la 41e édition du SLO, Naomi Fontaine, a profité de sa tribune pour se prononcer sur cette crise pancanadienne.

« J’ai beaucoup réfléchi aux mots que j’allais vous adresser ce soir. Il y a beaucoup de choses que j’aimerais dire et il y a beaucoup d’idées qui se bousculent dans ma tête », a lancé Mme Fontaine d’entrée de jeu. « Je trouve que c’est un drôle de hasard que la fois où on nomme une écrivaine innue comme présidente d’honneur au Salon du livre, au même moment où le pays est au cœur d’une crise ferroviaire dans laquelle les Premières Nations et les gouvernements se barricadent. C’est le hasard ou c’est le destin ? »

Mme Fontaine a aussi pris le temps de réfléchir sur la place de l’écrivain dans les enjeux sociaux et politiques.

« Je me pose une question. C’est quoi le rôle de l’écrivain. Est-ce qu’on fait de la politique ? Est-ce qu’on défend des causes ? Est-ce qu’on doit chercher à changer le monde ? Est-ce qu’un livre peut changer le monde ? Je pense à la première auteure de ma nation. Elle a choisi d’écrire pour défendre sa culture et elle a défendu une idée fondamentale. L’idée de l’anticolonialisme ou, dans mes mots à moi, l’idée de la fierté d’être soi. Est-ce que c’est pas un peu ça aussi, écrire ? Faire entendre sa voix. »

« Je souhaite que nos dirigeants d’une part et d’autre, puissent rendre possible un réel dialogue dans l’affirmation de nos cultures », a-t-elle poursuivi.

Tempête

L’important cocktail météorologique qui s’est abattu sur la région jeudi aura eu pour effet de ralentir l’achalandage au SLO, surtout chez les jeunes.

Si les organisateurs s’attendaient déjà à une baisse d’achalandage en raison de la grève dans les écoles ontariennes, la fermeture des écoles de l’Outaouais, en raison de la tempête, aura forcé l'annulation de plusieurs sorties scolaires prévues.

Pour contrer cette baisse attendue d’achalandage scolaire, le SLO a ouvert ses portes gratuitement aux familles entre 9h et 14h jeudi.

Le SLO se poursuivra tout au long du week-end au palais des congrès de Gatineau.