Mishka Lavigne

Mishka Lavigne décroche un prix du Gouverneur général

L’auteure d’Ottawa-Gatineau Mishka Lavigne décroche le prix littéraire du Gouverneur général 2019, dans la catégorie théâtre francophone.

La jeune dramaturge et traductrice littéraire mérite ce prix pour sa pièce Havre, publiée aux édtitions L’Interligne.

Le Conseil des arts du Canada (CAC) dévoile ce mardi les 14 livres gagnants des Prix littéraires du Gouverneur général (LivresGG).

La catégorie «romans et nouvelles» couronnera Céline Huyghebaert, pour Le drap blanc (Le Quartanier). Les cinq autres œuvres francophones de langue française récompensées cette année sont: Le tendon et l’os d’Anne-Marie Desmeules (catégorie Poésie); Le droit du plus fort : nos dommages, leurs intérêts d’Anne-Marie Voisard (Essais) ; L’albatros et la mésange de Dominique Demers (Littérature jeunesse – texte) ; Jack et le temps perdu de Stéphanie Lapointe et Delphie Côté-Lacroix (Littérature jeunesse – livres illustrés); et Nous qui n’étions rien de Catherine Leroux (Traduction de Do Not Say We Have Nothing de Madeleine Thien).

Pour la littérature en langue anglaise, les gagnants sont Joan Thomas, Holy Wild, Amanda Parris, Don Gillmor, Erin Bow, Sydney Smith et, pour Birds of a Kind, Linda Gaboriau, qui a traduit le texte de Wajdi Mouawad Tous des oiseaux.

« Je me réjouis de constater que les écrivaines, illustratrices et traductrices se sont tout particulièrement démarquées par leur excellence, cette année. Jamais dans l’histoire de ces prix nous n’avons compté autant de gagnantes. Je salue leur talent et leur importante contribution, qui ne manque pas de susciter la réflexion», a constaté le directeur et chef de la direction du CAC, Simon Brault.

Chacun de ces prix est doté d’une bourse de 25 000 $ destinée à l’auteur(e); le CAC remet en outre 3 000 $ à leur éditeur, pour organiser des activités de promotion du livre gagnant.

Les 11 et 12 décembre, le public est invité à rencontrer les lauréats des LivresGG, qui participeront à des séances de lectures publiques organisées à Ottawa. Une cérémonie en l’honneur des gagnantes et gagnants sera tenue à Rideau Hall le 12 décembre, en présence de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette.

Renseignements : livresgg.ca

Mishka Lavigne

Mishka Lavigne

« Je suis encore un peu sous le choc », concède Mishka Lavigne, qui se savait lauréate depuis quelques semaines, sans pouvoir l’annoncer à ses proches. « C’est un immense honneur qu’on me fait, surtout que c’était une très belle liste de finalistes. »
L’auteure s’avoue d’autant plus « contente » de cet honneur qu’il s’agit d’un « texte de théâtre, fait pour passer dans la bouche de comédiens, [en profitant de] tous les mécanismes de la scène. Je suis heureuse de voir qu’il résonne aussi “sur page”, qu’il ait pu toucher le jury sous sa forme de livre. De ça, je suis très fière ! »


Le choc était toutefois moindre que lorsqu’elle a vu son nom parmi les finalistes, dont la liste a été dévoilée le 2 octobre : « La vraie surprise c’était les nominations, ç’a été la folie furieuse toute la journée, lors de l’annonce ! »
Le montant de 25 000 $ constituera pour la jeune auteure un coup de pouce non négligeable. « Personne ne veut mettre l’accent là-dessus, l’argent, mais c’est sûr que ça vient contrer une certaine précarité financière que connaissent les artistes au Canada », se réjouit-elle, appuyée dans son analyse par « les chiffres de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois et de la Writers Guild of Canada ».


« La bourse, ça permet de se donner du temps et de se concentrer sur des projets qui nous passionnent. Et aussi de s’arrêter. C’est important de s’arrêter et de se ressourcer ; le travail créatif nécessite qu’on prenne le temps de faire le point... et de consommer de la culture, pour le nourrir »

Mishka Lavigne

Paru en janvier 2019, Havre relate la rencontre d’une femme en deuil de sa célèbre mère et d’un homme en quête de ses origines. Grâce à ce texte, Mishka Lavigne est aussi en lice au Prix du CALQ (ou «Œuvre de l’année») en Outaouais, dans le cadre des prochaines Culturiades, dont les trophées seront remis le 14 novembre. Mme Lavigne est aussi l’auteure des pièces Cinéma (2015), Vigile (2017) et, en anglais, de la pièce Albumen – pour laquelle elle remportait le mois dernier, le prix Rideau de la nouvelle création (Outstanding New Work award).

Copeaux
Sa prochaine pièce, Copeaux, sera présentée à La Nouvelle Scène en avril 2020. «Ça parle de relations amoureuses et de l’amour qui se termine sans grands éclats, sans casser d’assiettes, mais qui se désagrège petit à petit, au fil du temps», expose-t-elle.
«C’est un travail très poétique, avec un processus de travail d’écriture sur plateau que l’on a commencé il y a cinq ans avec deux comédiens, l’artiste visuel Stefan Thompson et un metteur en scène. C’est plus atmosphérique, on est dans l’univers du rêve, de la nature et de la forêt.»


Pour cette pièce, la «source d’inspiration première» est la démarche de l’artiste-peintre d’Ottawa Stefan Thompson, qui travaille avec des matériaux naturels. «Il fait ses propres pignments et ses propres papiers, en travaillant beaucoup le bois, la roche et l’argile. Les pigments s’oxydent et se transforment avec le temps», tout comme s’altère parfois l’amour, explique-t-elle.


Ce mois-ci, quatre expositions distinctes seront d’ailleurs consacrées aux plus œuvres récentes de M. Thompson, dans la régiond’Ottawa-Gatineau : à Wakefield (Vorlage Craft fair) les 1er et 2 novmbre; à Farrelton (Place des artistes) les 8 et 9; à Almonte (North Market Cafe) le 23; et à Ottawa (Idle Hands Craft and Vintage) le 24.