À travers trois spectacles et autant d’émissions de télévision, Messmer a hypnotisé au-delà de 160 000 personnes en carrière, estime-t-il, et repoussé sans cesse les limites de l’hypnose.

Messmer: sur les traces de l’hypnose

L’hypnose a fasciné Éric Normandin bien avant qu’il ne devienne le grand Messmer sur les planches du Québec et de l’Europe. Dans son autobiographie Comment l’hypnose a changé ma vie, qui sort en librairie la semaine prochaine, il nous raconte son parcours pour le moins singulier et invite le lecteur à découvrir cette science dans laquelle il baigne depuis maintenant 47 ans.

L’idée d’écrire son histoire est née « de discussions autour d’une table », laisse savoir le fascinateur. « En tournée, je raconte toujours plein d’anecdotes à mon équipe, et ils sont plusieurs à me répéter ‘tu pourrais en faire un livre’ depuis longtemps. En même temps, je me suis dit que ça pourrait aider quelques personnes à comprendre le pouvoir de l’hypnose et l’importance de suivre les signes que nous envoient l’univers et notre petite voix intérieure. »

Un chemin tracé...

Depuis toujours, le cadet d’une famille de cinq enfants croit en la science de l’hypnose. Et il aime à penser que sa voie, bien que singulière, était prédestinée. « (...) je sais que le frère André a longtemps vécu à Saint-Césaire, dans la maison qui serait plus tard celle de mes parents (...) je ne pus m’empêcher de penser que l’esprit bienveillant du saint homme avait peut-être protégé la maison et veillé sur ses habitants, quand il ne leur avait pas transmis une partie de ses dons... », écrit-il d’ailleurs dans le premier chapitre traitant de son enfance.

C’est toutefois le grimoire de son grand-père Lucien, acquis dans le but de se protéger d’un certain Monsieur Lalancette qui avait le pouvoir de faire bouger des choses, qui sera l’élément déclencheur d’une passion dévorante, même enfant. « Dès l’instant où j’ai mis la main dessus, il ne s’est plus agi d’un simple livre. Il est devenu mon grimoire. (...) Le résultat fut bien au-delà de mes attentes, un peu comme une révélation dont on n’a pas conscience ou qu’on ne s’avoue pas. J’ai découvert un monde de possibilités, un univers dont j’ignorais jusqu’alors l’existence : celui de l’hypnose et de la puissance de l’esprit », décrit-il.

Au travers des quelque 230 pages publiées chez Michel Lafon, on apprend ensuite que Messmer possède encore ce grimoire, qu’il garde sous clef dans un coffre-fort, qu’il a d’abord hypnotisé le chien du voisin avant de tenter sa chance sur un copain de classe, qu’il a commencé sa carrière d’hypnotiseur en cabinet à Saint-Liboire, en Montérégie, en même temps qu’il menait de front une carrière de graphiste, et qu’il s’est tourné vers le divertissement dans le but de faire connaître son art.

« J’étais un peu tanné de recevoir en thérapie des gens qui ne venaient qu’en dernier recours, qui n’y croyaient pas vraiment, admet-il. Je me suis mis en tête de faire connaître davantage l’hypnose en atteignant le plus de gens possible. »

De la thérapie au divertissement

Par un concours de circonstances, c’est sur scène qu’il y est parvenu, et bien qu’un certain scepticisme demeure, celui qui se considère comme « la locomotive de l’hypnose » se réjouit de voir une acceptation grandissante de cette science auprès des professionnels et du grand public depuis plus d’une décennie. « J’ai assisté à toutes les phases d’évolution, témoigne-t-il. Au début, personne n’y croyait, les gens percevaient l’hypnose davantage comme de la magie ou un truc arrangé. Puis, on a cru à l’hypnose thérapeutique, mais pas à celle de spectacle. Puis, les deux ont été acceptées, mais on disait qu’il fallait faire attention, que ça pouvait être dangereux, qu’on pouvait même devenir fou — ce qui bien sûr n’est pas vrai. Maintenant, ça passe beaucoup mieux. »

À travers trois spectacles ainsi qu’autant d’émissions de télévision, Messmer a hypnotisé au-delà de 160 000 personnes en carrière, estime-t-il, et repoussé sans cesse les limites de l’hypnose. La suite logique des choses, au terme de son actuelle tournée Hypersensoriel, « dans quatre ou cinq ans », sera sans doute de ralentir la cadence de ses spectacles pour se consacrer, encore et toujours, mais d’une manière différente, à faire découvrir l’hypnose et la puissance de l’esprit. « J’envisage sérieusement de monter un séminaire sur la force de l’esprit, pour que les gens continuent de découvrir ses pouvoirs incroyables sur nos vies, sur la guérison, etc. », laisse-t-il savoir.

L’hypnotiseur collabore d’ailleurs actuellement avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) à une étude sur l’hypnose qui cherche à comprendre, entre autres, « pourquoi l’hypnose fonctionne, et pourquoi c’est plus difficile avec un sujet qu’un autre ».

Messmer : comment l’hypnose a changé ma vie sort en librairie le 7 février.

Messmer s’arrêtera au Palace de Granby pour une supplémentaire de son spectacle Hypersensoriel le 20 septembre.

LE DEUXIÈME «FAISEUR DE MIRACLES» DE SAINT-CÉSAIRE

Natif de Saint-Césaire et ayant grandi dans la région, Éric Normandin, alias Messmer, fait la part belle à son patelin d’enfance dans son autobiographie Comment l’hypnose a changé ma vie, qu’il ponctue d’anecdotes savoureuses.

Le premier chapitre s’intitule d’ailleurs Saint-Césaire et ses mystères. Il y parle non seulement de la maison où il aurait été conçu, selon ce que lui racontait sa mère et qui aurait également hébergé le frère André, l’autre ex-habitant de Saint-Césaire «à avoir acquis la réputation de faiseur de miracles», mais également du Village de Capitaine Bonhomme, transformé en Village du Far West et où il avait trouvé le moyen d’entrer sans payer. Le lieu et surtout le personnage de Michel Noël l’ont tant marqué que le fascinateur s’est plus tard servi de la célèbre phrase de celui-ci, «les sceptiques seront confondus», dans ses spectacles, raconte-t-il.

Il y est aussi question du fait que ses parents travaillaient à «la Ballin», l’ancienne manufacture de vêtements du village, et du chalet que louait la famille l’été sur les bords de la rivière Yamaska.

Un peu plus loin, on apprend qu’après avoir abandonné l’école secondaire, il a occupé plusieurs petits boulots, chez Meubles Gervais, entre autres, où il a rencontré René, qui deviendra plus tard Sinclair, son complice de scène. Qu’il a par la suite fait des études en graphisme à Cowansville. Et qu’un des tout premiers spectacles qu’il a donnés sous le nom de Messmer s’est fait à l’école secondaire J.-H.-Leclerc, en 1995, celle-là même qu’il avait quittée quelques années auparavant.

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POUR Y ALLER

Quand ? les 17 et 18 avril à 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : (819) 243-2525 ; salleodyssee.ca