Maxime, par Sarah-Maude Beauchesne, Hurtubise, 248 pages

Maxime, par Sarah-Maude Beauchesne ***

CRITIQUE / Le prénom et le sucre d'orge en forme de coeur sur la page couverture ont beau vendre un brin la mèche, il serait dommage de bouder son plaisir à lire la conclusion (juste assez «hollywoodienne» pour qu'on y croit quand même) de la quête amoureuse - et existentielle - de Billie.
Dans ce troisième et dernier tome de ses tribulations sentimentales, la jeune femme de 18 ans fera donc la rencontre d'un certain Maxime, comédien de profession, qu'elle rencontre au resto où elle travaille. Après ses précédentes (més)aventures avec Pierre (Coeur de slush) et Erik (Lèche-vitrine), Billie cherche à mieux contrôler ses emballements. D'autant que sa soeur aînée est toujours empêtrée dans une relation malsaine (ce qui lui donne envie de lui secouer le pommier); que ses parents séparés refont lentement mais sûrement leur vie (ce qu'elle a un peu de difficulté à accepter); et qu'un chanteur au tempérament aussi trouble que son regard est troublant viendra lui chambouler les sens (ce qui lui vaudra une chanson). Mais, prête, pas prête, Billie est plutôt du genre à vouloir mordre dans la vie. Et Maxime pourrait bien être celui qui lui fera battre le coeur pour les bonnes raisons (et non parce qu'elle est en train de développer un pattern dans ses relations). 
Personnages attachants, situations crédibles, dialogues sonnant vrai, références socio-culturelles passant de Marie-Jo Thério à Instagram: Sarah-Maude Beauchesne manie une plume vive, aussi drôle que tendre, et gorgée d'une bonne dose de réalisme. Les questionnements de Billie sur l'amour, notamment dans ses déclinaisons physiques parfois déstabilisantes quand on découvre sa sexualité, sont soulevés avec tact et lucidité, et dans le but de permettre aux lectrices (et lecteurs) de réaliser qu'il est normal de se sentir parfois dépassé par les événements, leurs conséquences et les émotions impliquées (ou pas).