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L’auteure Ann Charron
L’auteure Ann Charron

Lucky Lady: faire vibrer la fibre des boomers

Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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Oubliez l’idée ringarde d’une génération qu’on dit souvent réticente au changement, selon les Z. Faites plutôt place à la liberté et la révolution sexuelle de la fin des années 1970. Remplacez le rock par le disco et vous voilà plongé dans la tête d’Angélique Paradis, cette jeune fille en quête identitaire qui ne souhaite que de rêver mieux.

Le premier roman d’Ann Charron, Lucky Lady : une histoire de sexe, drogue et disco, expose l’exil intérieur pour mieux comprendre l’identité d’origine. Sur fond de rêve américain, Angélique quitte Gatineau pour se rendre en Floride par ses propres moyens. Comme son nom, elle évoque l’innocence et la naïveté d’une jeunesse ébranlée par les drames.

« Angélique représente des hommes et des femmes de l’époque qui voulaient vivre le rêve américain, indique l’auteure originaire de Gatineau. Elle se retrouve sur la grande place où tout est plus glamour. Elle veut s’épanouir dans tout ça. C’est sûr que je la trouve très innocente, mais elle est aussi très curieuse. Je sais que plusieurs personnes de cette époque vont s’identifier à elle, même les hommes. »

Ce désir d’affranchissement et de rébellion se pose en rupture aux valeurs traditionnelles et fait place à la découverte de la Floride comme lieu de refuge et d’émancipation, surtout pour la communauté LGBT de la fin des années 1970.

À travers le glamour des boîtes de nuit branchées du Sunshine state comme le Hawaiian Isles, le Copa ou encore le Lime Light à Montréal et La Viva à Hull, Ann Charron fait revisiter les lieux fréquentés par une génération qui brise les chaînes des mœurs guidée par une circulation des drogues.

Mais les sensations de liberté portées par Angélique amènent aussi la découverte d’un monde de manipulation et des ravages des drogues et du sida.

« Je suis allée danser dans tous ces clubs, mentionne la romancière. Le sida est venu brimer toute cette belle euphorie. Il y a aussi le ravage des drogues. La cocaïne était présente partout, encore plus en Floride parce que c’était la porte d’entrée pour les États-Unis. »

Mélange des genres

Lucky Lady insiste d’abord sur l’historicité puis mélange romance, érotisme, espionnage et suspense. La musique et les événements agissent comme marqueurs de temps, une sorte d’éloge à une époque qui semble parfois révolue. Le texte rappelle l’étendue de cette période marquée par les changements révolutionnaires.

« Je voulais aborder tout ce qui s’est passait à ce moment-là et il s’en est passé des affaires dans ce temps-là, poursuit Ann Charron. On sortait de l’époque peace and love et on devait se refaire. Il y avait beaucoup de choses à dire. Tout ce que je mentionne aurait pu arriver. »

Si la génération des baby boomers peut facilement revivre leur jeune vingtaine, les générations suivantes ont la possibilité de côtoyer la nostalgie de leurs parents ou de leurs grands-parents à travers les hauts et les bas de l’ère du disco. 

« Je trouve que c’est une époque qu’on ne parle pas assez, croit l’auteure. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire et je me revoyais à cet âge danser dans les clubs. […] Je trouve tellement que c’est une belle époque. Tout était nouveau. »

La suite

Surprise par la réponse positive des lecteurs et des critiques, Ann Charron confirme qu’une suite est en préparation. Pour piquer la curiosité et attirer de nouveaux lecteurs, elle a choisi de reprendre l’histoire où elle l’a laissée la première fois. Cette fois, l’univers prendra forme dans les villes de Québec, Trois-Rivières et la Floride.

« Ça va recommencer où ça s’est terminé », indique-t-elle.