Margaret Atwood a dévoilé son «Testaments» à Londres, mardi.

«Les testaments»: Margaret Atwood révèle la suite de «La Servante écarlate» [VIDÉO]

LONDRES — L’écrivaine canadienne Margaret Atwood a présenté mardi à Londres «Les testaments», suite très attendue de «La Servante écarlate», une dystopie misogyne terrifiante qui s’est érigée en véritable manifeste féministe à l’ère du mouvement #MeToo.

«C’est le genre de choses qui s’échappent du livre pour entrer dans le monde réel. L’auteur a zéro contrôle dessus», a malicieusement commenté la romancière de 79 ans lors d’une conférence de presse, sans cacher ses opinions féministes.

Pour nombre de ses admirateurs, comme Melisa Kumas, Néerlandaise de 27 ans, son oeuvre est «un avertissement» sur les violences faites aux femmes.

Margaret Atwood «me pousse à devenir plus consciente de la politique qui m’entoure, à faire plus attention à l’actualité [...] pour m’assurer que le pire n’arrive pas», a confié la jeune femme à l’AFP lors du lancement du livre dans une librairie londonienne, tout de rouge vêtue pour rappeler l’uniforme des «Servantes écarlates».

Margaret Atwood aura mis près de 35 ans à imaginer cette suite, inspirée par les questions que lui posaient ses lecteurs. Des événements ont aussi alimenté sa réflexion.

«J’y pensais dans les années 90, puis le 11 septembre [2001] a changé» la société, dit-elle. «Vous ne vous souvenez peut-être pas, mais il était une fois [un monde] où il n’y avait pas de sécurité dans les aéroports... On est devenus plus craintifs», a relevé l’écrivaine, également influencée par la crise financière de 2008 ou la victoire du président américain Donald Trump en 2016.

Ce second tome, mis en vente mardi, s’annonce déjà comme un best-seller : il a été sélectionné pour le Booker Prize 2019, la plus prestigieuse récompense littéraire britannique, et son adaptation en série est déjà en cours.

Il devrait suivre la voie du premier tome, dont la série télé à succès diffusée en 2017 a relancé les ventes, avec huit millions de copies dans le monde pour l’édition anglaise. La traduction française des «Testaments» paraîtra le 10 octobre chez Robert Laffont.

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Des exemplaires des «Testaments» dévoilés à Londres mardi

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«Précieuse fleur»

Imaginez les États-Unis devenus «République de Gilead», un État totalitaire théocratique où les dirigeants, lors de cérémonies religieuses — et avec l’aide de leurs épouses —, violent les femmes qui peuvent procréer (les «servantes») pour ensuite garder leurs nouveau-nés.

Dans ce sombre tableau, une femme tente de rester en vie : June. Dans le premier tome, c’est elle qui fait découvrir, à travers un monologue angoissant, cette dictature misogyne, où on lui impose le rôle de Servante et lui retire celui de mère.

Car June a deux filles, mais aucun droit sur ces dernières. La première est placée dans une famille, tandis que la seconde sera finalement sauvée et envoyée au Canada.

«Les testaments» raconte leur histoire, 15 ans plus tard : à Gilead, chez Agnes, «précieuse fleur» éduquée dans la culpabilisation, entre cours de broderie et mariages forcés; au Canada, chez Daisy, ado qui va vite regretter d’avoir trouvé sa vie trop ordinaire.

Tante Lydia

Mais c’est surtout la voix d’une troisième narratrice qui tient en haleine le lecteur : Tante Lydia, cheffe machiavélique des «Tantes», ce groupe de femmes chargées d’asservir leurs concitoyennes fertiles, torture à l’appui.

Au fil des chapitres, le lecteur découvre son passé de femme libre et les étapes de sa transformation en monstre, construit par instinct de survie face à des hommes tyrans, mais aussi par aspiration au pouvoir... Jusqu’à devenir assez puissante pour faire trembler, à son tour, ceux qui la dominent.

Dans ce récit à trois voix, Margaret Atwood révèle les entrailles et les failles de Gilead, offrant de l’espoir au lecteur. «Il y a de quoi être optimiste, car ces régimes ont tendance à ne pas durer», a justifié l’auteure aux cheveux argent et à l’oeil rieur.

«Tactique de protestation»

«La Servante écarlate», déjà un gros succès à sa sortie en 1985, s’est érigé en véritable manifeste féministe des temps modernes après son adaptation en série en 2017 qui lui a permis de toucher un nouveau public.

États-Unis, Argentine, Irlande, Pologne, Hongrie... Les «Servantes écarlates», vêtues de capes rouges et bonnets blancs, sont devenues un symbole dans les combats féministes, comme lors des manifestations pour défendre le droit à l’avortement.

«La vague a commencé au Texas [États-Unis], comme une tactique de protestation», rappelle Margaret Atwood.

Ainsi vêtue, «vous ne dérangez pas, vous êtes assise là modestement, et vous ne pouvez pas être chassée, car vous êtes couverte, vous n’avez pas les épaules nues», a-t-elle expliqué. Avant d’ajouter au sujet de l’avortement : «Seules les femmes devraient pouvoir voter sur ces questions».

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CINQ CHOSES À SAVOIR SUR «LA SERVANTE ÉCARLATE»

On les a découvertes dans un roman, puis redécouvertes au petit écran, et on les croise désormais dans de nombreuses manifestations... Dépassant la sphère de la fiction, les «Servantes écarlates» sont devenues un symbole féministe à l’ère du mouvement  #MeToo.

Le livre éponyme, publié en 1985 par Margaret Atwood, s’est ancré dans l’actualité après son adaptation en série en 2017. «Les testaments», la suite très attendue, est paru mardi au Royaume-Uni (le 10 octobre en France). Cinq choses à savoir sur ce phénomène mondial :

Orwell...

Margaret Atwood a commencé à écrire «La Servante écarlate» à Berlin-Ouest en 1984, inspirée par l’écrivain britannique «George Orwell [qui] regardait par-dessus [son] épaule». «Le Mur était tout autour de nous. De l’autre côté, il y avait Berlin-Est», raconte-t-elle dans la préface inédite d’une réédition française de «La Servante écarlate», qui paraîtra prochainement.

Une époque de silences, de dangers... «Les États-Unis se vendaient comme une alternative, une terre de liberté, de démocratie, d’égalité», a souligné mardi la romancière lors d’une conférence de presse à Londres. Mais Margaret Atwood s’inspire des «ombres» à ce tableau, dissimulées en pleine guerre froide.

Résultat : «La Servante écarlate» décrit la vie aux États-Unis devenus «la République de Gilead», un État totalitaire où les femmes fertiles sont réduites à l’esclavage sexuel. Ce sont des «Servantes», reconnaissables à leurs uniformes rouges.

... et Trump

La parution de la série télé en 2017, après l’investiture du président américain Donald Trump, a été fortuite. Mais les fans y ont vu un signe et l’ont érigée en symbole anti-Trump.

Le costume des Servantes, capes rouges et coiffes blanches, s’est alors imposé comme un signe de ralliement: omniprésent à Washington pendant la bataille contre la confirmation à la Cour suprême du juge Brett Kavanaugh, accusé de tentative de viol quand il était lycéen, il est aussi apparu lors de manifestations pour les droits des femmes et à l’avortement dans le monde entier (Argentine, Pologne, Irlande).

«C’est très visuel et grâce à la série, tout le monde sait ce que ça signifie», se félicite Margaret Atwood.

Costumière bouleversée

Ce retentissement mondial a bouleversé la créatrice du costume pour la série. «Pendant les deux ans et demi où j’ai travaillé sur la série, je n’en ai pas vraiment mesuré l’impact», racontait à New York à l’AFP Ane Crabtree, la cinquantaine.

«Je voulais que les gens aient peur. Je voulais que ce soit à la fois normal et terrifiant», disait-elle en évoquant le vêtement qui fait penser à une tenue de nonne agrémenté d’oeillères.

Ane Crabtree a réussi son pari mais ne sort pas indemne de l’expérience : la série «remue trop de choses dans ma vie personnelle». Au point qu’elle a décidé de s’en aller avant le tournage de la troisième saison.

«Pseudo-féminisme»

La série a pris des libertés par rapport au premier roman de Margaret Atwood en inventant une suite.

Si elle a connu un succès mondial, elle a aussi été dénoncée pour ses nombreuses scènes de violence (lapidations, pendaisons, électrocutions...) alors que la romancière canadienne ne faisait que les suggérer. «La saison 2 de La Servante écarlate est brutale, et pas grand chose de plus», critiquait le New York Times en 2018.

«Pour contrebalancer cette violence gratuite, les créateurs ponctuent les épisodes de moments pseudo-féministes», comme «des grandes démonstrations de rébellion» peu crédibles au sein d’un État totalitaire, tançait aussi Slate en juillet dernier.

Scientologue et féministe

En interprétant le premier rôle de June, une Servante, Elizabeth Moss a définitivement bâti sa réputation d’actrice féministe.

«J’essaie toujours de faire en sorte que mes personnages deviennent des héroïnes et représentent le féminisme», confiait en août au Times l’Américaine de 37 ans, qui s’était déjà distinguée en jouant Peggy Olson dans la série «Mad Men».

Mais la vie personnelle de l’actrice fait jaser. «La Servante écarlate» dénonce une république dirigée par une secte religieuse, alors qu’Elisabeth Moss appartient elle-même à l’église de Scientologie. L’actrice a plusieurs fois rejeté la comparaison.

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Margaret Atwood accompagnée de deux «servantes», à Londres

Arts

Larry Tremblay lance Le deuxième mari

C’est le monde à l’envers, se dit-on en parcourant le nouveau roman de Larry Tremblay, Le deuxième mari. Dans un pays qui n’est pas mentionné, mais où sévit la mousson, un jeune homme qui rêvait d’un mariage d’amour, tout en souhaitant s’instruire, apprend que ses parents l’ont uni à une femme qui aurait pu être sa mère. Il devient sa chose, l’objet d’une attention qui doit beaucoup à son physique avantageux, tandis que ses aspirations aboutissent sur une voie d’évitement.

La mécanique derrière cette histoire est familière. Seul le sexe des personnes en cause suscite l’étonnement et justement, telle était l’intention de l’écrivain originaire de Chicoutimi. Il a inventé un pays de toutes pièces, un lieu où les femmes ne sont sujettes à aucun interdit. Elles fument et boivent de l’alcool, tout en ayant droit de vie ou de mort sur les hommes qui, de leur point de vue, ont dérogé à la norme sociale qui les confine au rang de subalternes.

Livres

Snowden a écrit son livre avec l'aide d'un romancier

PARIS — Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden a travaillé «pendant de longs mois» avec le romancier Joshua Cohen pour écrire son livre «Mémoires vives» qui vient de paraitre dans une vingtaine de pays, a-t-on appris jeudi auprès de l'éditeur français du romancier.

«Joshua Cohen, l'auteur de David King s'occupe de tout a travaillé pendant de longs mois dans le secret absolu avec Edward Snowden pour écrire son livre Mémoires vives», ont indiqué les éditions Grasset à l'AFP confirmant ainsi une information publiée par The New Republic.

Dans son dernier numéro, le bimensuel américain a révélé que l'ancien employé de l'agence américaine de renseignement NSA a écrit ses mémoires «avec l'aide d'un romancier». Selon le magazine, l'auteur de David King s'occupe de tout a voyagé en Russie «au cours des huit derniers mois pour aider Snowden à organiser et à améliorer son récit».

Au début de son livre, Edward Snowden remercie Joshua Cohen.

Il n'est pas rare que des personnalités fassent appel à des écrivains reconnus pour les aider à tenir leur plume. «Snowden et Cohen sont tous deux obsédés par la façon dont la technologie s'est transformée et a transformé la société», explique The New Republic.

Joshua Cohen, 39 ans, a publié onze livres depuis 2005 (dont trois traduits en français). D'origine ukrainienne et hongroise, pétri d'influences européennes (Joyce, Beckett, Kafka) et de littérature juive (Bellow, Agnon, Celan, Yoel Hoffmann), Joshua Cohen fait partie des meilleurs auteurs américains de la décennie selon le magazine littéraire américain Granta.

Dans un de ses livres (non traduit en français), Book of numbers, Joshua Cohen racontait l'histoire d'un écrivain nommé Joshua Cohen chargé d'écrire l'autobiographie d'un milliardaire des nouvelles technologies nommé... Joshua Cohen.

Son dernier roman publié en français, à l'occasion de la rentrée littéraire, David King s'occupe de tout s'intéresse à la crise des subprimes, la crise du logement, le recouvrement des dettes...

Publié en français au Seuil Mémoires vives raconte l'histoire d'Edward Snowden et les raisons qui l'ont poussé en 2013 à transmettre des dizaines de milliers de documents secrets à plusieurs médias, révélant au passage l'existence d'un système de surveillance mondiale des communications et d'internet opérée par la NSA.

Inculpé aux États-Unis pour espionnage et vols de secrets d'État, privé de passeport, Edward Snowden réside en Russie où son permis de séjour a été reconduit jusqu'en 2020.

Il a demandé la protection de plus de vingt pays, dont la France et l'Allemagne, refusée pour une raison ou une autre.

Livres

Les finalistes pour le Prix du livre d’Ottawa

La Ville d’Ottawa a dévoilé mardi les finalistes 2019 du Prix du livre d’Ottawa (PLO) et des Ottawa Book Awards (OBA).

Drame comédie, récit, biographie, essai ou poésie… les livres en lice reflètent un vaste éventail de genres littéraires. Dans la catégorie Création littéraire en français, les Finalistes du PLO sont Andrée Christensen (L’Isle aux abeilles noires; Éditions David), Michelle Deshaies (XieXie ; David); Daniel Groleau Landry (Fragments de ciels; L’Interligne), Lisa L’Heureux (Et si un soir ; Prise de parole) et Éric Mathieu (Le Goupil; La Mèche).

Livres

Nouvel outil de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français

Dans le cadre de la campagne « Le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien », l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) a mis sur pied deux outils pour célébrer les oeuvres et les auteurs francophones de la province.

Avec la collaboration des libraires indépendants, l’AAOF a établi une série de petites capsules vidéos regroupées sous la bannière « Les choix franco-ontariens de nos libraires ». Ces vidéos se retrouvent sur YouTube.

Livres

Julie Huard, écrivaine en résidence 2019

Julie Huard sera la prochaine écrivaine en résidence de la Ville de Gatineau.

Le conseil municipal de Gatineau a entériné la décision mardi soir.

Le mandat de Mme Huard débutera en octobre 2019, durant la Semaine des bibliothèques publiques du Québec.

Elle réalisera un projet de création littéraire et participera à des activités en bibliothèque.

Une série de rencontres prévue les 19, 20 et 22 octobre lui permettra d’échanger avec le grand public.

Livres

David Goudreault plongé dans l’écri(tor)ture

Ta mort à moi aurait dû être le deuxième ouvrage romanesque de David Goudreault. Une histoire totalement différente, un univers complètement autre, qui était censé l’occuper dans les mois suivant la parution de La bête à sa mère, en 2015.

 Ta mort à moi aurait dû être le deuxième ouvrage romanesque de David Goudreault. Une histoire totalement différente, un univers complètement autre, qui était censé l’occuper dans les mois suivant la parution de La bête à sa mère, en 2015.

C’était évidemment sans savoir que son antihéros, petite crapule en quête de sa génitrice, conquerrait le cœur d’un nombre inattendu de lecteurs, suffisamment pour que ces derniers réclament une suite au Sherbrookois. L’éditeur s’est joint au concert. Mais c’est quand son amie Francine Ruel a apporté sa pierre que l’écrivain a compris que la Bête vivrait plus longtemps, sur deux tomes supplémentaires, tandis que la gestation de Marie-Maude Pranesh-Lopez, nouvelle héroïne, s’étendrait sur quelques années.

Mais l’autre (beau) côté de la médaille, c’est que l’auteur etc. (comme se décrit David Goudreault sur son site internet) a eu le temps de laisser mûrir, mijoter, macérer son histoire et ses nouveaux personnages.

« Ta mort à moi représente environ deux ans et demi de travail assidu, mais étalé sur une période de quatre à cinq ans. J’avais hâte de m’y plonger dès que mon premier roman serait publié. Mais j’ai été victime d’un beau succès, rappelle-t-il en souriant. Je me souviens de ma conversation téléphonique avec Francine, qui me demande si je suis en train d’écrire la suite de la Bête. Je lui réponds que non, ce sera autre chose. "Fais-moi confiance, ti-gars : écris la suite. Ton personnage est riche et on en veut encore." En même temps, j’avais aussi besoin de réfléchir à ce que je devenais comme écrivain et à ce qu’est la littérature pour moi. »

La bête et sa cage et Abattre la bête sont donc nés en même temps que, derrière la caboche de l’auteur, la foisonnante histoire de Ta mort à moi prenait forme, doublée de l’impatience d’y retourner. Mais une fois la trilogie complétée, le succès (toujours lui!) de son spectacle est encore venu brouiller les cartes.

« J’ai eu plusieurs semaines d’écriture à temps plein, mais il y a des phrases de ce livre qui sont nées à 19 h 57 dans les coulisses d’une scène », raconte-t-il.

Livres

Une auteure franco-ontarienne finaliste pour un important prix littéraire

L’auteure Aylmeroise Andrée Poulin finaliste du Prix TD de la littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse (TDLJ).

Elle se retrouve en lice au côté de quatre auteurs pour son roman «Qui va bercer Zoé?», publié par les éditions 400 coups. Ce prestigieux prix annuel s’accompagne d’une bourse de 50 000 $.

Andrée Poulin vient par ailleurs de faire paraître — chez Bayard Canada — mercredi le roman «J’avais tout prévu sauf les bélugas», qui est la suite de «La plus grosse poutine du monde», qui avait obtenu en 2014 le Prix TDLJ ainsi que le Prix littéraire Le Droit, avant de faire l’objet d’une adaptation théâtrale signée par les compagnies Vox et La Catapulte.

La suite de ce roman traite de bélugas, de chicanes de gars, de la puissance des câlins et de pitreries de babouins, en mettant en scène les mêmes personnages.

Il s’agit d’«un récit bourré de rebondissements, avec beaucoup de drame, quelques larmes et de beaux morceaux d’humour», promet Mme Poulin.

Livres

Margaret Atwood et Salman Rushdie sélectionnés pour le Booker Prize

LONDRES — Margaret Atwood et Salman Rushdie figurent parmi les écrivains sélectionnés pour le Booker Prize 2019, prestigieuse récompense littéraire britannique, selon la liste des six finalistes publiée mardi.

La romancière et poétesse canadienne est nominée pour «Les Testaments» («The Testaments»), la suite très attendue de «La Servante écarlate» («The Handmaid’s Tale»), qui doit sortir dans les prochains jours en Grande-Bretagne (en octobre en France).

Le président du jury, Peter Florence, a qualifié «Les Testaments» de «roman sauvage et magnifique qui nous parle aujourd’hui avec conviction et puissance». «Atwood a placé la barre exceptionnellement haut. Elle s’envole», a-t-il salué.

«La Servante écarlate», dystopie publiée en 1985, est devenue une série TV à succès en 2017 qui a relancé les ventes du roman, dont l’édition anglaise a atteint huit millions de copies dans le monde entier.

Souvent citée pour le prix Nobel de littérature, Margaret Atwood, 79 ans, a déjà remporté le Booker Prize en 2000 pour son roman historique «Le Tueur Aveugle».

Lauréat du Booker Prize lui aussi, en 1981 pour «Les Enfants de minuit», Salman Rushdie, 72 ans, est sélectionné pour «Quichotte», version moderne de l’épopée picaresque du héros de Cervantès transposée en Amérique.

Les autres finalistes

- Le Nigérian Chigozie Obioma pour «L’Orchestre des minorités» («An Orchestra of Minorities»). L’auteur avait déjà été nominé en 2015. À propos d’un éleveur de poulets dans une petite ville du Nigéria, il s’agit d’»un conte aux proportions odysséennes qui fait battre le coeur», selon la membre du jury Afua Hirsch.

- L’Anglo-Nigériane Bernardine Evaristo pour «Girl, Woman, Other» (non traduit en français), chronique de la vie de familles noires en Grande-Bretagne.

- L’Américaine Lucy Ellmann pour «Ducks, Newburyport», un roman-fleuve de 1.000 pages bâti autour du monologue d’une femme au foyer de l’Ohio.

- Elif Shafak, l’écrivaine la plus lue en Turquie, pour «10 Minutes 38 Seconds in This Strange World», sur les souvenirs d’une prostituée dans les bas-fonds d’Istanbul.

Le Booker Prize, qui consacre des oeuvres de fiction en anglais, sera attribué le 14 octobre.

Arts

L’auteur Yann Moix sème la polémique en se décrivant en enfant battu

PARIS — La sortie du nouveau livre de l'écrivain français Yann Moix, habitué aux esclandres, se double d'une polémique familiale et littéraire en France.

Dans son roman Orléans, qui sort mercredi en librairie, le romancier se décrit en enfant battu, victime de maltraitances. «Pure affabulation», répond son père José.

Orléans (Grasset), le 17e livre de l'écrivain récompensé par le prix Renaudot en 2013, est présenté par l'auteur, âgé de 51 ans, comme «un roman d'humiliation». L'écrivain y raconte son enfance malheureuse de la maternelle jusqu'à la fin du lycée.

Le livre est divisé en deux parties : «Dedans» où il décrit son enfer familial et «Dehors» où il revisite les mêmes années à l'école, avec ses amis et ses premiers amours.

La première partie est effroyable. Le lecteur apprend que la mère du très jeune Yann Moix le regardait avec de «la haine et du mépris dans le regard». Il prête à sa mère des intentions criminelles. «Elle luttait sans trêve contre l'idée de me noyer dans l'eau mousseuse du bain ou de m'étouffer sous l'oreiller de mon petit lit», écrit-il.

Le pire est encore à venir et l'écrivain n'occulte aucune des raclées et des humiliations que lui font subir ses parents, notamment son père, décrit comme un cruel bourreau d'enfant. Yann Moix se souvient du contenu d'une poubelle déversé sur lui, des coups donnés avec une rallonge électrique, de sa tête plongée dans la cuvette pleine des toilettes...

L'écrivain avait déjà évoqué cette enfance terrible dans Panthéon (2006).

Ancien kinésithérapeute, le père de l'écrivain, 75 ans, a catégoriquement contesté les souvenirs de son fils. «Notre fils n'a jamais été battu», a affirmé José Moix dans un entretien accordé au quotidien La République du Centre.

«La notion d'enfant battu a évolué entre les années 1970-80 et aujourd'hui. De nos jours, une simple tape sur les fesses d'un enfant est très mal perçue. Peut-être même risque-t-on gros», concède cependant José Moix.

Il reconnaît avoir donné une correction à son fils «comme cette fois où Yann a tenté de défenestrer son frère du premier étage [...] où quand il a mis la tête d'Alexandre [son frère] dans les WC et a tiré la chasse d'eau».

«Je ne le nie pas, il a alors ramassé une bonne paire de claques. Mais il était un ado dur. Et peut-être qu'au fond, si j'avais été moins sévère, il n'en serait pas là où il est aujourd'hui, vu ses fréquentations de l'époque», a ajouté José Moix.

Tout ce qui est raconté dans le livre «n'est que pure affabulation», a-t-il dit.

Livres

La directrice générale du Salon du livre de l'Outaouais tire sa révérence

Un nouveau chapitre s’amorce pour le Salon du livre de l’Outaouais (SLO) : après dix ans comme directrice générale, Anne-Marie Trudel tire sa révérence. Celle qui a sorti le Salon d’une mauvaise posture quitte avec une grande fierté, celle « d’en avoir fait un événement reconnu à la fois par les visiteurs et le milieu du livre comme étant très innovateur, qui n’a pas peur des risques, et qui a su se transformer dans son approche événementielle avec une programmation solide. »

La poète et dramaturge Mélanie Rivet, qui a été directrice générale adjointe du SLO au cours de la dernière année, en reprend désormais les rênes, a-t-on annoncé mardi. Mme Rivet a été tour à tour gestionnaire de projets, responsable des communications, journaliste culturelle et traductrice. Elle a coordonné plusieurs événements artistiques dans des disciplines variées.

Renouveler le SLO

Avant de prendre la barre du troisième Salon du livre en importance au Québec, Anne-Marie Trudel a été directrice générale d’un organisme communautaire, puis responsable du développement économique, du tourisme et de l’emploi à la Conférence régionale des élus de l’Outaouais.

En 2009, une série de changements de direction en l’espace de quelques années avait malmené le Salon. L’équipe était en train de se renouveler, de A à Z. Et ces ballottements, en plus de la privatisation du Palais des congrès qui a fait grimper en flèche ses coûts de location, avaient creusé un fossé de 150 000 $ dans son budget — sur un total d’environ 900 000 $.

« Quand je suis arrivée en poste, on a failli ne pas faire la première édition, se souvient Mme Trudel. On a dû commencer à organiser le Salon au mois de décembre, alors qu’il faut normalement 10 mois pour le préparer. On l’a fait en dix semaines à l’époque. Les outils de communication étaient à rebâtir, la confiance avec plusieurs partenaires aussi... C’est ce qu’on a réussi à faire à travers les années. »

Moderniser l’organisation était également un besoin criant. En 2009, « on avait encore une timbreuse pour envoyer des lettres aux écoles ! illustre-t-elle en éclatant de rire. Le SLO était dans les années 2000, mais on travaillait à l’ancienne. On a transformé nos façons de travailler, ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est une machine d’organisation qui travaille avec beaucoup de rigueur et avec des outils qui nous rendent plus performants. »

En 2019, le personnel du SLO est toujours composé d’une employée permanente — la directrice générale — et de trois contractuels que l’on embauche pour six mois. L’équipe orchestre 175 activités en quatre jours. 

Depuis le SLO de 2018, cette même équipe s’est mise à livrer une série de rendez-vous « hors les murs », des événements tenus à longueur d’année. Questionnée à savoir si elle avait des regrets, Mme Trudel concède n’en avoir qu’un seul : que ce volet n’ait pas pris son envol plus vite. « Le défi de vraiment avoir une programmation à l’année reste quelque chose sur quoi il y a encore beaucoup de travail à faire, indique-t-elle. Ça commence finalement à être au rendez-vous. Mais ce virage-là fait que le SLO, qui était perçu comme un événement, est devenu un médiateur culturel, plus que jamais. »

Nouveaux défis

Officiellement, Mme Trudel a terminé son mandat jeudi dernier. Elle met actuellement sur pied sa propre boîte de consultation en stratégie en service-conseil et en accompagnement. Son premier client ? Un visage connu : le SLO, pour qui elle travaillera à bonifier et promouvoir son outil numérique du Carnet du visiteur.

« Je suis à un moment de ma vie où j’ai envie de nouveaux défis. Oui, le Salon en soi est un défi ; et le défi de le développer, c’est sain que quelqu’un d’autre le fasse, conclut-elle. En ce moment, il y a une effervescence culturelle dans la région, et j’ai envie de participer à ça. J’ai autant d’énergie qu’avant, et surtout autant d’enthousiasme ! Ça va simplement être utilisé autrement. J’ouvre la porte à tout. »

Livres

Des esquisses du Petit Prince retrouvées dans une vieille maison en Suisse

GENÈVE — Des esquisses du Petit Prince réalisées par Antoine de Saint-Exupéry ont été retrouvées dans une vieille bâtisse du nord de la Suisse, où elles avaient été stockées par un magnat de l’immobilier au milieu de dizaines de milliers d’oeuvres d’art.

Acquis il y a plus de 30 ans dans une vente aux enchères en Suisse, les croquis étaient conservés dans un dossier cartonné et «sont dans un très bon état», a raconté jeudi à l’AFP Elisabeth Grossmann, conservatrice de la Fondation pour l’art, la culture et l’histoire de Winterthour (canton de Zürich).

«En revanche, beaucoup d’autres oeuvres sont en mauvais état», a-t-elle ajouté, précisant que la collection était entreposée dans plusieurs endroits de la ville.

Le carton renfermait trois dessins liés au Petit Prince — le buveur sur sa planète, le boa qui digère un éléphant accompagné d’annotations manuscrites, et le Petit Prince et le renard — ainsi qu’un poème illustré d’un petit dessin et une lettre d’amour adressée à sa femme Consuelo.

Comme l’a révélé jeudi le journal local Landbote, les esquisses, qui ne sont pas datées, ont été réalisées sur du papier de la poste aérienne à l’encre de Chine et à l’aquarelle.

Le collectionneur zurichois Bruno Stefanini, mort en décembre 2018 à 94 ans, les avait achetées à une vente aux enchères en 1986 à Bevaix (ouest). Propriétaire de l’une des plus grandes collections d’art de Suisse, il avait créé en 1980 cette Fondation à Winterthour afin qu’elle gère son patrimoine.

Le Petit Prince, écrit à New York par Antoine de Saint Exupéry pendant la guerre, et illustré avec ses propres aquarelles, a été publié en 1943 à New York, puis en 1946 en France, après la disparition de l’aviateur le 31 juillet 1944 au large de Marseille.

L’écrivain avait vécu deux ans en Suisse, de 1915 à 1917, dans un pensionnat religieux de Fribourg (centre).

Les illustrations originales de son livre sont conservées à la Morgan Library à New York.

Mme Grossmann a dit au journal Landbote que la Fondation allait prendre contact avec la Morgan Library pour les informer de cette «trouvaille».

Livres

Dany Laferrière fera paraître en novembre un nouveau «roman dessiné»

MONTRÉAL — Dany Laferrière fera paraître en novembre un nouveau «roman dessiné», après «Autoportrait de Paris avec chat», publié l'an dernier.

Dans Vers d'autres rives, l'écrivain poursuivra son «autobiographie américaine», selon les Éditions du Boréal.

L'académicien y racontera cette fois sa «période Miami», au début des années 1990, après son premier séjour montréalais. Installé dans le quartier de Little Havana, il laisse par contre «ses souvenirs le ramener à Petit-Goâve, où la cuisine de Da lui donne de précieuses leçons dont il tirera profit tout au long de sa carrière d'écrivain».

«J'ai toujours rêvé d'une biographie qui exclurait les dates et les lieux pour ne tenir compte que des émotions ou des sensations même fugaces, écrit Laferrière. La première fois que j'ai vu une libellule. La fois que je suis entré dans la mer en ignorant qu'il fallait savoir nager. La fois que j'ai assisté à l'exécution d'un prisonnier politique près du cimetière de Port-au-Prince. Le dernier regard de ma mère en me voyant partir en exil.»

Alors que dans Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière rendait hommage «aux artistes de tous les temps qui ont trouvé asile à Paris», avec texte et petits dessins de l'auteur, le nouveau roman dessiné sera cette fois «un hommage vibrant et coloré» aux poètes et aux peintres de son Haïti natal.

Vers d'autres rives doit sortir en librairie le 12 novembre.

Livres

Suggestions bouquines

Parce qu’on n’a jamais trop de suggestions bouquines, et parce que ce lundi, 12 août, c’est la journée J’achète un livre québécois, on a demandé à différentes personnalités quelles étaient leurs suggestions du moment au chapitre de la littérature québécoise. Leurs recommandations nous transportent dans différents univers et autant de genres littéraires. Une liste à apporter avec soi pour s’inspirer dans les rayons de la librairie le 12 août... et tout le reste de l’année!

MARYSE DUBUC
coauteure de la série de bande dessinée Les Nombrils 

« La série Les héros de ma classe, de Jocelyn Boisvert, un auteur originaire de Sherbrooke. C’est publié chez Fou lire et chaque tome s’arrête sur un des élèves, chaque épisode a une saveur différente. Comme quoi la diversité, c’est beau, et chacun a droit à son heure de gloire! »

Livres

Histoires de vin

Doux, amer, avec de la gueule ou du coffre ; au flair de l’auteur et vigneron Laurent Fadanni, la personnalité d’un vin est une personnalité, point. Vingt bouteilles et leurs caractères se transforment en vingt personnages dans Visages dionysiaques, son premier recueil de nouvelles récemment paru en librairie.

La maison d’édition ottavienne L’Interligne sert cette nouvelle cuvée de son « auteur maison », qui y a auparavant publié trois recueils de poésie.

Livres

La tueuse de rêves: un roman jeunesse sur les inondations à Gatineau

Mariette Théberge aurait souhaité que son troisième livre jeunesse colle moins à l’actualité. Mais le hasard fait parfois drôlement les choses. Alors que la région se remet d’un deuxième printemps d’inondations, les éditions Vents d’Ouest publient La tueuse de rêves, un roman pour adolescents sur la crue de 2017 qui illustre son dur impact sur la famille d’une jeune fille de Gatineau.

Tout a commencé pour Mariette Théberge par une fracture de l’humérus. En attente d’une opération, la professeure en éducation à l’Université d’Ottawa a dû ralentir ses activités professionnelles et s’est retrouvée avec plus de temps que prévu entre les mains. C’était au printemps 2017, au moment où des quartiers de Gatineau étaient submergés sous la rivière des Outaouais en crue. Des maisons, des comptes épargne, des projets y ont passé. Une catastrophe, qui a envoyé des pans de vie entiers droit vers le drain...

Livres

Lu pour vous: la Lune

Rod Pyle

Objectif Lune

Éditions Multimondes

180 pages

***1/2

Objectif Lune, «beau livre» du documentariste Rod Pyle – ex-rédacteur en chef de la revue Astronautics Journal – retrace «la grande aventure scientifique» du programme Apollo, 50 ans après l’alunissage de la fusée Saturn V (de la mission Apollo 11), le 20 juillet 1969.

Mais avant que ce voyage de 400 000 km ne se conclue par la phrase désormais célèbre de Neil Armstrong «un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité», la mission aura été «le fruit de prodiges scientifiques et technologiques tout aussi extraordinaires les uns que les autres».

Et c’est à cette succession de prodiges que s’intéresse Rod Pyle, qui, peut-être parce qu’il a été consultant sur plusieurs séries télé de SF comme Star Trek et Battle Star Galactica, sait vulgariser aussi bien qu’il sait construire des récits courts et punchés. Bel exploit, car l’information est souvent pointue.

Entre 68 et 72, la NASA a envoyé neuf vaisseaux à la conquête de la lune (seulement six sont parvenus à destination). Les 180 pages d’Objectif Lune sont agrémentées de quelque 150 photos et documents d’archives, tels cet authentique rapport de mission, ces carnets de vol manuscrits datant d’Apollo 13, considéré comme un «fructueux échec», ces coupures de presse de La Pravda ou encore ces mémos «récemment déclassifiés» indiquant qu’on envisageait sérieusement, en 1959, de faire de la surface lunaire une zone de combat.

Un livre abordant la course aux étoiles ne pouvait passer sous silence la compétition entre les États-Unis et l’ex-Union soviétique, ni les efforts contemporains de la Chine, du Japon et de l’Inde pour explorer la lune. On remonte aux débuts d’une aventure qui débute plusieurs siècles plus tôt, avec les fantasmes scientifico-littéraires de Johannes Kepler, Jules Verne, Georges Meliès, H.G. Wells, et les plans de la fusée de Konstantine Tsiolkovski, publiés en 1883. Un chapitre se penche sur l’héritage du programme Apollo.

Entre autres retombées: le teflon et la navette spatiale qui remplacera les fusées. L’ouvrage, bizarrement, ne s’aventure pratiquement pas du côté de l’héritage cinématographique hollywoodien.

Le livre est préfacé par l’astrophysicien québécois Robert Lamontagne, qui explique en quoi l’exploit des moonwalkers lui a été l’étincelle d’une carrière passée à se rapprocher des étoiles, tout comme il a vraisemblablement donné la «piqûre des sciences» et donné des ailes à de nombreux enfants de son âge.

L’expérience de lecture peut être « augmentée » via l’application pour téléphones intelligents «Missions sur la lune» (disponible pour appareils Android et Apple).

Certaines pages comportent des icones interactives qu’il suffit de scanner pour accéder à de la réalité augmentée, des modèles en 3D, des vidéos de la NASA, des récits audio, et divers documents.

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Actualités

Louise Lacoursière plagiée en France?

Trois-Rivières — Le roman La Saline de l’écrivaine bien connue dans la région Louise Lacoursière a-t-il été plagié en France? C’est la question que l’écrivaine se pose sérieusement, ces jours-ci, après avoir constaté d’étranges similitudes avec un autre roman publié en France, La mélancolie du kangourou de l’auteure Laure Manel.

Dans une publication sur sa page Facebook professionnelle, Louise Lacoursière a indiqué, au cours des derniers jours, qu’elle trouvait troublantes les similitudes entre les deux histoires, des similitudes qui lui ont été rapportées par une lectrice assidue, qui est par hasard tombée sur le résumé de cet autre roman. Mme Lacoursière a par la suite pris le temps de lire le roman en question, afin d’y soulever les ressemblances et les différences, qu’elle relate en détail sur sa page Facebook.

Livres

Suggestions de lecture pour l'été

Le Droit vous suggère quelques bouquins à lire durant vos vacances d'été.

LA VIE SECRÈTE DES ÉCRIVAINS

Guillaume Musso

Calmann-Lévy, 352 pages

Guillaume Musso entremêle avec brio thriller et observations sur le monde de l’écrivain tout en tenant son lecteur en haleine, et ce jusqu’à la dernière page. 

Le récit se dévore comme un labyrinthe à tiroirs où l’on suit les pérégrinations d’un jeune auteur bien décidé à retrouver son écrivain fétiche retranché sur une île mystérieuse. Et quand il le déniche, le constat de l’ermite sur la vie secrète des écrivains est sans appel : « tu mènes une vie de zombie, solitaire et coupée des autres. Tu restes toute la journée en pyjama à t’abîmer les yeux devant un écran en bouffant de la pizza froide et en parlant à des personnages imaginaires qui finissent par te rendre fou. » 

Livres

Lectures d'été

Notre sélection de livres pour vos lectures estivales.

1 - Les Gratitudes

Delphine de Vigan

JC Lattès, 173 pages

Rien ne vaut l’humour pour traiter un sujet grave. Dans ce magnifique roman drôle et émouvant à la fois, Delphine de Vigan retrace la fin de vie de Michka, une dame âgée placée en maison de retraite parce qu’elle perd progressivement mémoire et langage.

Livres

Lectures d'été: bandes dessinées

Notre sélection de bandes dessinées pour vos lectures estivales.

1 - Sous la surface, Tome 1  ***1/2

Michaud; Dominici; Gihef

Éditions Kennes, 56 pages

L’éditeur de BD belge Kennes a réuni un tandem — Gihef au scénario ; Marco Dominici au dessins — pour travailler avec le Québécois Martin Michaud (auteur de la série de polars Les enquêtes de Victor Lessard) à l’adaptation de son roman Sous la surface, paru en 2013. Ce thriller de politique fiction a pour toile de fond la campagne électorale d’un jeune politicien américain en pleine gloire, Patrick Adams. En politique, ça joue dur, et tous les coups sont permis, sans qu’on sache nécessairement s’ils viennent du camp adverse ou des « amis » démocrates, potentiels rivaux. La course du sénateur Adams au leadership démocrate pourrait bien être compromise par des révélations concernant un incident de jeunesse... auquel est aussi indirectement mêlée son épouse, Léah — dont le petit ami de l’époque, Chase, a d’ailleurs disparu de la circulation, la nuit de cette tragédie.

Livres

Amin Maalouf et les naufragés du XXIe siècle

L’auteur et Académicien français Amin Maalouf était de passage dans la capitale fédérale, cette semaine, à l’invitation de l’Université d’Ottawa qui lui a remis un doctorat honorifique.

Le Droit en a profité pour s’entretenir avec l’écrivain franco-libanais et lauréat du prix Goncourt 1993 (pour Le rocher de Tanios), au sujet de son plus récent livre, Le naufrage des civilisations (Grasset).

Littérature

Une 18e aventure pour la détective Graham

Après plus de trente ans, l’histoire d’amour entre Maud Graham et les lecteurs ne faiblit pas. Chrystine Brouillet vient de lancer Dans son ombre, le dix-huitième roman mettant en vedette cette détective qui sillonne les rues de Québec.

Maud Graham vieillit avec son public. Cette femme ordinaire à qui Chrystine Brouillet fait faire des choses hors de l’ordinaire n’échappe pas aux différentes étapes de la vie. En entrevue, Chrystine Brouillet évoque même la retraite de ce célèbre personnage, qui arrivera bien un jour ou l’autre.

Actualités

La Librairie Réflexion ferme ses portes

Véritable institution depuis les années 80 dans dans la région, la Librairie Réflexion n’est plus. Le commerce a fermé ses portes de manière définitive lundi.

La directrice générale et vice-présidente de la librairie, Lynne Leach, a confirmé la nouvelle au Droit, sans fournir plus de détails. 

Une affiche d’un syndic de faillite a été installée sur la porte d’entrée du commerce. 

Il y a un an, la Librairie Réflexion avait quitté les Galeries de Hull, où elle logeait depuis 1994, entre autres en raison d’un loyer jugé trop élevé et d’une baisse d’achalandage. 

Le commerce de livres, de papeterie, de jeux et de magazines avait déménagé ses pénates sur le boulevard Saint-Joseph, à proximité des concessionnaires automobiles. 

Sur le site web de l’entreprise, on indiquait que selon les saisons, l’équipe comptait entre 40 et 60 employés. 

À noter que le fondateur de la Librairie Réflexion, Roger Vaillant, est décédé le 3 juin à l’âge de 65 ans. 

L’autre succursale, située au 405, boulevard Maloney Est, avait fermé ses portes récemment. 

Livres

Visite de l’auteur et académicien français Amin Maalouf

L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf a reçu un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa, lundi matin.

M. Maalouf a ensuite été reçu à l’ambassade de France au Canada, où il a donné une conférence de présentation son nouvel ouvrage, Le naufrage des civilisations (Grasset). 

Ce livre paru en mars en France est disponible en librairie au Québec depuis la semaine dernière. 

L’éminent écrivain, qui a été reçu à l’Académie française en 2011, a publié une quinzaine de romans et d’essais, dont Le rocher de Tanios, décoré du prix Goncourt en 1993. 

M Maalouf, un ancien journaliste, est loué non seulement pour sa maîtrise de la langue, mais aussi pour la prescience de ses analyses sur la société. 

Une entrevue avec l’auteur sera publiée samedi. 

Livres

Un nouveau roman de la série «Hunger Games» en chantier

NEW YORK — Une décennie après avoir apparemment terminé sa série «The Hunger Games», Suzanne Collins s’apprête à ramener les lecteurs à Panem. Un roman se déroulant 64 ans avant le début des événements de sa trilogie, vendue à plusieurs millions d’exemplaires, sera en librairies l’an prochain.

Le roman, actuellement sans titre, devrait sortir le 19 mai 2020. Suzanne Collins a déclaré dans un communiqué lundi qu’elle remonterait aux années qui ont suivi les soi-disant Jours sombres, l’échec de la rébellion de Panem. L’écrivaine a mis en scène sa série dans une dystopie post-apocalyptique où les jeunes doivent se battre et se tuer, en direct à la télévision.

«Avec ce livre, je voulais explorer l’état de la nature, qui nous sommes et ce que nous voyons comme nécessaire à notre survie», a-t-elle déclaré. «La période de reconstruction, dix ans après la guerre, communément appelée les Jours sombres [...] permettra aux personnages de s’attaquer à ces questions et de définir ainsi leur vision de l’humanité.»

Le livre se situe bien avant la naissance de l’héroïne de Hunger Games, Katniss Everdeen, interprétée par Jennifer Lawrence dans la franchise cinématographique ayant généré des milliards de dollars. La porte-parole des éditions Scholastic, Tracy van Straaten, a refusé de commenter le contenu du nouveau livre au-delà de ce qui a été décrit dans l’annonce de lundi.

Livres

Jean-Marc Rochette promis aux cimes, rattrapé par la BD

BRUXELLES — Aspirant guide dans sa jeunesse, stoppé net par un terrible accident de montagne, Jean-Marc Rochette, dessinateur culte du «Transperceneige», qui publie deux nouveaux albums, est devenu sur le tard une vedette de la bande dessinée.

Avec son regard bleu glacier, ses profondes pattes d’oie et sa barbe argentée, Jean-Marc Rochette, 63 ans, a de faux airs de guide de haute montagne. Mais ce destin, auquel il a voué sa jeunesse dans la région de Grenoble, s’est un jour heurté à un rocher, qui a atterri sur son visage en pleine ascension d’un sommet alpin.

Grièvement blessé, choqué, il abandonne ses rêves de montagne. Il deviendra artiste, dessinateur, auteur, comme il le raconte dans le poignant Ailefroide, album autobiographique sorti il y a un an chez Casterman.

Son franc-parler montagnard, lui, est toujours là. Une parole assurée, brute comme ses dessins. Par exemple, quand il raconte à l’AFP, lors d’une tournée de promotion à Bruxelles, la genèse de Loup, sa nouvelle BD qui décrit la lutte pour un territoire entre l’animal et un berger qui lui ressemble étrangement.

À l’origine, une rencontre dans sa vallée avec un berger victime d’une attaque de loup, qui lui décrit «les brebis agonisantes», «la charogne en putréfaction».

«Le type a dû tuer lui-même ses bêtes. C’était apocalyptique. Je me suis dit “C’est incroyable, c’est du Jack London!”» poursuit-il.

Classique immédiat

L’homme contre le loup : Rochette s’efforce d’éviter tout jugement sur ce sujet explosif. À peine concède-t-il être «plus pour la gestion du conflit que pour l’éradication» de l’animal.

Il met en avant sa «fibre écologique», dont son œuvre est empreinte.

Dans le Transperceneige, la saga qui le fait connaître au début des années 80, c’est un cataclysme climatique qui conduit pendant des décennies les passagers d’un train — toute l’humanité survivante — à un voyage sans but à travers les étendues gelées d’une terre ravagée. La lutte pour la survie y est impitoyable.

Scénarisée par Jacques Lob, l’œuvre éditée par Casterman, tout comme Loup, devient un classique immédiat de la BD d’anticipation.

La suite est plus rude. Ses albums se vendent peu. Au tournant des années 90, c’est L’Équipe, où il dessine le plus beau but et le plus bel essai de la semaine, qui le fait vivre.

Faute de succès dans la BD, il se décide, la cinquantaine approchant, «sans attaches familiales», à quitter la France dans les années 2000, pour tenter «l’aventure» à Berlin et se consacrer à la peinture.

Mais le destin le rattrape : à des milliers de kilomètres de là, dans une minuscule librairie de Séoul, le réalisateur coréen Bong Joon-ho, passionné de BD, tombe par hasard sur le Transperceneige.

Série Netflix

«J’ai tout lu d’une traite, debout dans la boutique. J’étais très jeune, mais je me suis dit: “Un jour, je l’adapterai au cinéma”», racontait le Coréen lors de la sortie du film en 2013.

La critique encense le long-métrage, tourné en anglais avec Chris Evans. Le film cartonne en Corée — 9 millions d’entrées — et relance dans le monde entier l’intérêt pour l’œuvre d’origine.

«Ça m’a sauvé», affirme Jean-Marc Rochette, ravi de le Palme d’or tout juste remportée par Bong Joon-ho pour son nouveau film Parasite.

«Sans lui, Le Transperceneige aurait été enterré. Ça a mis de la lumière sur moi et m’a permis de faire Ailefroide», déjà vendu à près de 60 000 exemplaires, un excellent chiffre pour une BD d’auteur.

Rochette partage désormais sa vie entre Paris l’hiver, où il dessine, et la région alpine de l’Oisans l’été, celle de son enfance, où il écrit. «On voit les Écrins de mon potager», sourit-il.

Et après 30 ans d’arrêt, il grimpe à nouveau, d’abord «des voies faciles», puis l’été dernier la Meije, une montagne du massif des Écrins.

Il profite aussi de cette renaissance pour sortir de nouveaux albums du Transperceneige, dont Extinctions, premier tome d’un antépisode en trois volumes, qui paraît parallèlement au Loup.

Un nouveau coup de projecteur se profile : une série adaptée de ses BD d’anticipation, avec Jennifer Connelly, est annoncée sur Netflix pour 2020.

Livres

Martin Michaud: sous la surface

Les affaires vont rondement pour l’auteur Martin Michaud. Le créateur de la populaire télésérie policière «Victor Lessard» vient de voir un autre de ses romans renaître, cette fois sous forme de bande dessinée, une première pour lui. Son éditeur européen, le Belge Dimitri Kennes, issu de l’univers de la bédé, a eu «un coup de coeur» pour «Sous la surface», paru en 2013.

«Je suis très excité par ce projet, mais je ne veux pas m’attribuer le mérite qui ne me revient pas», lance l’auteur originaire de Québec, en référence à la précieuse collaboration du dessinateur Marco Dominici et du scénariste Gihef. «J’ai eu un travail plus effacé. J’étais là comme une espèce de chien de garde.»

Livres

Légère baisse globale des ventes de livres en 2018 au Québec

MONTRÉAL — Les librairies du Québec ont maintenu leurs ventes de livres l’an dernier, mais globalement, les recettes de bouquins ont encore un peu reculé, révèle l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ).

Ce résultat s’inscrit d’ailleurs dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années, note l’ISQ.

Les librairies québécoises se sont toutefois démarquées en 2018: leurs ventes de livres neufs ont totalisé 397 millions $, ce qui représente même une légère hausse (près de 1 % ou 3,1 millions $ de plus) par rapport à l’année précédente, a calculé l’organisme.

Ce n’est par contre pas le cas des autres vendeurs de livres, qui ont connu une baisse en 2018.

Bref, en tenant compte de tous les points de vente, les recettes pour ventes de romans, de biographies, d’essais et de livres de recettes et de référence ont baissé de 1 % durant cette période, passant de 620 millions $ en 2017 à 614 millions $ en 2018.

Car outre les librairies, il existe une diversité de points de vente pour les livres.

Les détaillants de grande diffusion - notamment les grandes surfaces à rabais, les grands magasins, les kiosques à journaux et les pharmacies - ont vendu pour 76 millions $ de livres neufs en 2018, soit une baisse de 9,8 millions $ par rapport à l’année précédente.

Les éditeurs qui ont vendu directement aux consommateurs ont encaissé 2 millions de moins en 2018 qu’en 2017.

L’ISQ cite différentes hypothèses pour expliquer cette baisse des ventes: les Québécois dépenseraient moins qu’il y a cinq ans pour acheter des livres, ils s’en procurent une partie auprès de détaillants web situés hors Québec, comme Amazon.ca, et aussi, le prix des livres au Québec aurait baissé en moyenne.

Ces statistiques proviennent d’une enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications. L’enquête mesure la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques.

Livres

70 ans plus tard, «1984» fascine toujours

LONDRES — Soixante-dix ans après sa parution, «1984», le roman glaçant du Britannique George Orwell fascine toujours les lecteurs, en particulier les plus jeunes, férus de dystopies et immergés dans les réseaux sociaux.

«Certains étudiants sont toujours choqués par le livre [...], d’autres le trouvent fascinant», souligne Michael Callanan, professeur d’anglais au collège Parmiter à Watford, au nord-ouest de Londres. «C’est le paradoxe de ce livre, bien qu’il ait 70 ans, il a gardé sa fraîcheur», ajoute cet enseignant qui participe à l’organisation du prix Orwell de la jeunesse, destiné à inciter les jeunes à exprimer leurs opinions politiques.

Écrit en 1948 — d’où son titre inversant les deux chiffres de la décennie — et publié le 8 juin 1949, «1984» décrit un futur où le Parti règne dans un pays totalitaire sous l’œil inquisiteur de «Big Brother». Le passé a été réécrit et une nouvelle langue empêche toute pensée critique.

Pour Jean Seaton, directrice de la fondation George Orwell, qui perpétue la mémoire et les réalisations de l’écrivain, mort en 1950 à 46 ans, son chef d’œuvre était «incroyablement prescient».

Comment ne pas voir dans les «Deux minutes de la haine», rituel lors duquel la population d’Océania est incitée à détester l’Ennemi du Peuple, les «gens déversant leur haine sur les réseaux sociaux», déclare à l’AFP cette professeure d’histoire des médias à l’Université de Westminster.

Boom grâce à Trump

En sept décennies, le livre n’a jamais vraiment disparu du paysage et a même connu des hausses des ventes.

En 2017, l’utilisation par une conseillère de Donald Trump, de l’expression «faits alternatifs», terme employé dans 1984, lui avait ainsi fait une énorme publicité, provoquant de nouvelles réimpressions de l’ouvrage, qui s’était déjà écoulé à 30 millions d’exemplaires aux États-Unis depuis sa parution.

Au Royaume-Uni, le livre a connu deux récents pics de vente : en 2013, après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance étatique et en 2017 après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Cette année-là, les ventes ont grimpé de 165 % par rapport à l’année précédente, affirme la maison d’édition Penguin Books à l’AFP.

Pour Michael Callanan, qui enseigne depuis 30 ans, «ces deux dernières années, avec la montée de Trump, il y a une partie non négligeable d’étudiants qui s’inquiète beaucoup de la direction que prend le monde».

Culture populaire

Jean Seaton souligne de son côté que le livre a marqué les esprits «même de ceux qui ne l’ont pas lu» tant il a influencé la culture populaire, des films à la musique en passant par les jeux vidéos.

Les termes de «Big Brother», de «novlangue» sont entrés dans le langage courant au point qu’une nouvelle traduction de l’œuvre parue l’an dernier chez Gallimard et remplaçant certains termes et slogans — «novlangue» devenant ainsi «néoparler» — a fait sourciller certains.

Quand ils ouvrent le livre pour la première fois, les élèves de M. Callanan «reconnaissent immédiatement certaines choses comme la “doublepensée” ou la “police de la pensée”, des formules d’Orwell qui sont dans l’air du temps et que les gamins ont entendues», explique l’enseignant.

Le livre séduit d’autant plus qu’il s’inscrit dans un intérêt plus vaste du public pour les dystopies, ces fictions qui imaginent un avenir cauchemardesque, à l’image des séries à succès La servante écarlate ou Black Mirror, des films Hunger Games, et des romans Divergente ou U4.

M. Callanan a l’habitude de dire à ses élèves que George Orwell est le «grand-père» de ces œuvres plus récentes.

1984 reste un classique que «les gens lisent quand ils sont jeunes puis relisent quand ils sont plus âgés, accédant à une compréhension différente des choses», observe Jean Seaton. «Les gens le lisent à la recherche d’indices sur ce qu’ils devraient redouter aujourd’hui.»