Malgré les efforts déployés, le coordonnateur des Éditions Vents d’Ouest, Michel Lavoie, affirme que la maison d’édition gatinoise ne parvient pas à renflouer ses coffres.

Les Éditions Vents d’Ouest appellent à l’aide

Les dernières années n’ont pas été tendres envers les Éditions Vents d’Ouest. Acculée par la chute de ses ventes et la diminution de ses subventions, la maison gatinoise se tourne vers le sociofinancement et appelle à la générosité du public pour retrouver l’équilibre.

La campagne L’édition en Outaouais, un défi de taille ! sera en ligne sous peu.

L’organisme sans but lucratif a vu son déficit se creuser dans les deux dernières années. Les subventions, qui représentent 60 % du budget total de l’organisme, ont fondu d’environ 40 % dans la même période. « À titre d’exemple, il y avait le Fonds du livre du Canada, qui finance des maisons d’édition. Comme le budget n’a pas augmenté depuis 10 ou 15 ans et qu’il y a davantage d’éditeurs, c’est sûr que les morceaux de tarte sont de plus en plus petits », illustre le coordonnateur des Éditions Vents d’Ouest, Michel Lavoie.

Du côté des ventes, celles-ci cheminaient déjà sur la pente descendante depuis près d’une décennie. Loin d’être un phénomène isolé, beaucoup de petites maisons québécoises subissent la même « crise du livre », souligne M. Lavoie.

Chez Vents d’Ouest, ces diminutions totalisent « entre 12 000 $ et 12 500 $ » en pertes par année. « Dans un budget d’environ 150 000 $, c’est quand même beaucoup. »

Ces difficultés financières ont contraint l’organisme à couper là où c’était possible. Alors que le nombre de publications pouvait grimper jusqu’à 22 ouvrages par an, ce total a chuté à 15, « le minimum » pour qu’une maison d’édition puisse recevoir des subventions. Les employés et les collaborateurs ont également accepté de revoir à la baisse leurs taux de rémunération — tous travaillent aujourd’hui pour moins que le salaire minimum. Vents d’Ouest emploie un travailleur à temps plein et un deuxième à temps partiel. Elle offre aussi des contrats à près d’une dizaine de pigistes.

« On a beau se serrer la ceinture et couper dans nos propres salaires », les coffres ne se renflouent pas, déplore l’enseignant à la retraite. « À force de couper, à un moment, il y a des limites. Il faut trouver d’autres solutions. C’est pour ça qu’on est rendu là. »

La campagne visera à amasser 10 000 $, soit le montant que l’organisme juge nécessaire pour rééquilibrer ses finances sans chercher à accumuler de profit. Chaque contributeur recevra des livres en retour.

À moins que le vent tourne, l’initiative sera répétée chaque année. « Si on peut rétablir un équilibre, tout ira bien pour de nombreuses années encore. Mais si, d’année en année, on continue d’avoir un déficit de 10 000 $, c’est bien de valeur, mais ça va être la fin. »

Les Éditions Vents d’Ouest ont été fondées en 1993. Ses publications s’adressent principalement aux jeunes lecteurs. « Je pense que Vents d’Ouest, sans prétention, c’est une maison importante pour l’Outaouais. Elle offre des avenues aux jeunes auteurs, et surtout aux nouveaux auteurs, parce qu’on en publie beaucoup. Et si Vents d’Ouest disparaît, je pense que ça va être nuisible pour l’Outaouais, du moins du point de vue de la littérature. »