Lectures d'été

Notre sélection de livres pour vos lectures estivales.

1 - Les Gratitudes

Delphine de Vigan

JC Lattès, 173 pages

Rien ne vaut l’humour pour traiter un sujet grave. Dans ce magnifique roman drôle et émouvant à la fois, Delphine de Vigan retrace la fin de vie de Michka, une dame âgée placée en maison de retraite parce qu’elle perd progressivement mémoire et langage.

Les gratitudes

À son chevet se relaient Marie, une voisine bienveillante devenue sa fille d’adoption et le sympathique Jérôme, l’orthophoniste du centre. Sous l’écriture lucide et fine de Delphine de Vigan, défilent les cruautés ordinaires des maisons de retraite, milieux déshumanisants soumis à la rentabilité. Pourtant nul misérabilisme ici. En choisissant le récit choral de trois destins féminins entrelacés, l’auteure rend un hommage poignant aux familles d’adoption que l’on se recréé, aux solidarités qui se tissent entre les êtres, pas si mystérieuses in fine. À lire absolument, les mouchoirs à proximité.

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Les imposteurs

2 - Les imposteurs

John Grisham

JC Lattès, 427 pages

Qui sont les imposteurs en titre du maître du thriller judiciaire? Les écoles de droit américaines, aux frais d’inscription faramineux pour des diplômes bidon? Ou les trois protagonistes qui se sont fait prendre au piège du surendettement, pensant décrocher une carrière en or, à la hauteur de leurs dettes étudiantes? Mark, Todd et Zola décident de ne plus se laisser faire lorsque l’un des leurs, étudiant surendetté, se suicide. Si leur école de droit, la bien nommée Foggy Bottom, est une arnaque financière honteusement organisée, pourquoi ne pas commettre à leur tour quelques petits arrangements avec la réalité? John Grisham persévère dans la dénonciation des inégalités en s’attaquant à celles qui frappent le système universitaire américain. En parallèle, il aborde également la gestion tumultueuse de l’immigration avec ses expulsions accélérées aux États-Unis. Effet Trump? On dévore ce roman-fleuve sur la place que l’individu tente de se frayer dans la société américaine, société qui la lui refuse. Le cauchemar américain, en somme.

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Lectures d'été: bandes dessinées

Personne n'a peur des gens qui sourient

3 - Personne n’a peur des gens qui sourient

Véronique Ovaldé

Flammarion, 270 pages

Voici un roman d’été tout désigné. D’abord, parce qu’il se déroule pendant les vacances estivales. Mais surtout parce qu’il embarque son lecteur dans une saga familiale délocalisée en Alsace, où la maison de villégiature deviendra l’un des personnages principaux du récit. Une mère y disparaît avec ses deux filles en prenant soin que l’on ne puisse les y retrouver. Autour d’elles, les ingrédients sont réunis pour faire monter la tension. Un père décédé. Un oncle paranoïaque. Un ami corse peu recommandable. Un passé à enfouir. Véronique Ovaldé trouve surtout les mots justes pour décrire la relation mère-filles. On lui pardonnera volontiers certains temps morts du récit qu’elle semble assumer comme prétexte à une exploration très féminine des rapports familiaux.

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Félix et la source invisible

4 - Félix et la source invisible

Éric-Emmanuel Schmitt

Albin Michel, 234 pages

À lire comme une fable spirituelle, le nouveau roman d’Éric-Emmanuel Schmitt s’inscrit dans la lignée de La nuit de feu ou encore de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Fatou déprime dans le petit café qu’elle tient à Belleville. Son fils la voit dépérir sans trop savoir comment agir. Un oncle débarque pour tenter de la sauver. Le meilleur remède ne serait-il pas de retourner sur la terre de ses ancêtres, au Sénégal? Le romancier évoque avec simplicité, mais efficacité le déracinement et le retour aux sources. Un petit livre à savourer pour un voyage à travers l’animisme africain.