L’auteure Marie-Ève Bourassa, qui sera au Salon du livre de l’Outaouais samedi, est aussi rédactrice pour différentes publications et anime une chronique sur les cocktails à la télévision de Radio-Canada.

Le Red Light de Marie-Ève Bourassa

L’ancien détective privé Eugène Duchamp reprend du service. Cette fois-ci, c’est pour disculper son acolyte Herb Parker qui est la dernière personne vue en compagnie de la danseuse Carole Morgan trouvée morte.

L’auteure de romans policiers originaire de Valcourt, Marie-Ève Bourassa, termine ainsi sa trilogie Red Light, qui fait référence à un quartier chaud de Montréal à une certaine époque, avec son dernier tome intitulé Le sentier des bêtes.

Alors que l’intrigue d’Adieu mignonne et Frères d’infortune, les deux premiers livres de la série Red Light, se déroulaient dans les années 20, la plus récente se campe en 1933.

« Cette époque me fascine surtout par son côté paradoxal et assez complexe. Il y a tout ce clinquant, cette beauté et cette liberté qui se confrontent à la détresse qui caractérise cette ère teintée par la Grande Guerre. Le paradoxe est un sujet très riche de thèmes à exploiter », affirme Marie-Ève Bourassa, que l’on peut croiser ces jours-ci au Salon du livre de l’Outaouais.

Ce samedi 3 mars, elle participera, entre autres, au jeu-questionnaire « Crimes au salon » (le public pourra tester ses connaissances en matière de polars) et discutera de roman policier avec Simon Lafrance (Comment j’ai appris à tuer). L’activité est animée par Richard Migneault, à 15 h (Bar à mots Radio-Canada).

« Sans tomber dans la nostalgie, je voulais rendre hommage à la ville de Montréal à l’époque où les gens sortaient encore et fraternisaient. Selon moi, c’était très beau, très romantique », ajoute-t-elle.

L’écrivaine désirait créer un roman policier avec un détective fort comme il en existe ailleurs dans le monde, mais le faire évoluer ici au Québec et plus précisément à Montréal. « Eugène Duchamp est dans chacun des romans de la trilogie. Toutefois, chaque tome a sa propre enquête qui se conclut à la fin du livre. Dans Le sentier des bêtes, le faux détective privé converti dans la contrebande d’alcool avec son ami Herb Parker, devra reprendre son chapeau de détective à contrecœur pour aider son compagnon dans une affaire de meurtre », précise celle qui a remporté le Prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier en 2017 et le Prix Jacques-Mayer 2016 de la Société du roman policier de Saint-Pacôme avec Adieu, mignonne.

« Le polar est une bonne occasion de se questionner sur la nature humaine, sur la raison qui amène quelqu’un à agir illégalement. Rien n’est ni noir ni blanc. Pour comprendre l’être humain, il faut s’attarder à cette zone grise », ajoute Marie-Ève Bourassa.

Un quartier, 300 bordels

Marie-Ève Bourassa a vécu, étudié et travaillé dans l’ancien quartier Red Light. Sa trilogie du même nom a pour trame de fond le quartier montréalais qui accueillait près de 300 bordels. « Je ne savais pas qu’il y en avait autant. C’est en faisant mes recherches que j’ai réalisé l’ampleur de la présence de bordels dans cet endroit. D’écrire ces romans m’a aussi permis d’exploiter le sujet de la corruption, aussi très présente dans cette partie de la ville. La musique jazz est omniprésente à cette époque et dans ce lieu », explique la romancière.