Dans son 17e roman, «Orléans», Yann Moix raconte une enfance difficile. Une vision que son père nie complètement.

L’auteur Yann Moix sème la polémique en se décrivant en enfant battu

PARIS — La sortie du nouveau livre de l'écrivain français Yann Moix, habitué aux esclandres, se double d'une polémique familiale et littéraire en France.

Dans son roman Orléans, qui sort mercredi en librairie, le romancier se décrit en enfant battu, victime de maltraitances. «Pure affabulation», répond son père José.

Orléans (Grasset), le 17e livre de l'écrivain récompensé par le prix Renaudot en 2013, est présenté par l'auteur, âgé de 51 ans, comme «un roman d'humiliation». L'écrivain y raconte son enfance malheureuse de la maternelle jusqu'à la fin du lycée.

Le livre est divisé en deux parties : «Dedans» où il décrit son enfer familial et «Dehors» où il revisite les mêmes années à l'école, avec ses amis et ses premiers amours.

La première partie est effroyable. Le lecteur apprend que la mère du très jeune Yann Moix le regardait avec de «la haine et du mépris dans le regard». Il prête à sa mère des intentions criminelles. «Elle luttait sans trêve contre l'idée de me noyer dans l'eau mousseuse du bain ou de m'étouffer sous l'oreiller de mon petit lit», écrit-il.

Le pire est encore à venir et l'écrivain n'occulte aucune des raclées et des humiliations que lui font subir ses parents, notamment son père, décrit comme un cruel bourreau d'enfant. Yann Moix se souvient du contenu d'une poubelle déversé sur lui, des coups donnés avec une rallonge électrique, de sa tête plongée dans la cuvette pleine des toilettes...

L'écrivain avait déjà évoqué cette enfance terrible dans Panthéon (2006).

Ancien kinésithérapeute, le père de l'écrivain, 75 ans, a catégoriquement contesté les souvenirs de son fils. «Notre fils n'a jamais été battu», a affirmé José Moix dans un entretien accordé au quotidien La République du Centre.

«La notion d'enfant battu a évolué entre les années 1970-80 et aujourd'hui. De nos jours, une simple tape sur les fesses d'un enfant est très mal perçue. Peut-être même risque-t-on gros», concède cependant José Moix.

Il reconnaît avoir donné une correction à son fils «comme cette fois où Yann a tenté de défenestrer son frère du premier étage [...] où quand il a mis la tête d'Alexandre [son frère] dans les WC et a tiré la chasse d'eau».

«Je ne le nie pas, il a alors ramassé une bonne paire de claques. Mais il était un ado dur. Et peut-être qu'au fond, si j'avais été moins sévère, il n'en serait pas là où il est aujourd'hui, vu ses fréquentations de l'époque», a ajouté José Moix.

Tout ce qui est raconté dans le livre «n'est que pure affabulation», a-t-il dit.