Anne-Marie Trudel quitte la direction générale du Salon du livre de l’Outaouais.

La directrice générale du Salon du livre de l'Outaouais tire sa révérence

Un nouveau chapitre s’amorce pour le Salon du livre de l’Outaouais (SLO) : après dix ans comme directrice générale, Anne-Marie Trudel tire sa révérence. Celle qui a sorti le Salon d’une mauvaise posture quitte avec une grande fierté, celle « d’en avoir fait un événement reconnu à la fois par les visiteurs et le milieu du livre comme étant très innovateur, qui n’a pas peur des risques, et qui a su se transformer dans son approche événementielle avec une programmation solide. »

La poète et dramaturge Mélanie Rivet, qui a été directrice générale adjointe du SLO au cours de la dernière année, en reprend désormais les rênes, a-t-on annoncé mardi. Mme Rivet a été tour à tour gestionnaire de projets, responsable des communications, journaliste culturelle et traductrice. Elle a coordonné plusieurs événements artistiques dans des disciplines variées.

Renouveler le SLO

Avant de prendre la barre du troisième Salon du livre en importance au Québec, Anne-Marie Trudel a été directrice générale d’un organisme communautaire, puis responsable du développement économique, du tourisme et de l’emploi à la Conférence régionale des élus de l’Outaouais.

En 2009, une série de changements de direction en l’espace de quelques années avait malmené le Salon. L’équipe était en train de se renouveler, de A à Z. Et ces ballottements, en plus de la privatisation du Palais des congrès qui a fait grimper en flèche ses coûts de location, avaient creusé un fossé de 150 000 $ dans son budget — sur un total d’environ 900 000 $.

« Quand je suis arrivée en poste, on a failli ne pas faire la première édition, se souvient Mme Trudel. On a dû commencer à organiser le Salon au mois de décembre, alors qu’il faut normalement 10 mois pour le préparer. On l’a fait en dix semaines à l’époque. Les outils de communication étaient à rebâtir, la confiance avec plusieurs partenaires aussi... C’est ce qu’on a réussi à faire à travers les années. »

Moderniser l’organisation était également un besoin criant. En 2009, « on avait encore une timbreuse pour envoyer des lettres aux écoles ! illustre-t-elle en éclatant de rire. Le SLO était dans les années 2000, mais on travaillait à l’ancienne. On a transformé nos façons de travailler, ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est une machine d’organisation qui travaille avec beaucoup de rigueur et avec des outils qui nous rendent plus performants. »

En 2019, le personnel du SLO est toujours composé d’une employée permanente — la directrice générale — et de trois contractuels que l’on embauche pour six mois. L’équipe orchestre 175 activités en quatre jours. 

Depuis le SLO de 2018, cette même équipe s’est mise à livrer une série de rendez-vous « hors les murs », des événements tenus à longueur d’année. Questionnée à savoir si elle avait des regrets, Mme Trudel concède n’en avoir qu’un seul : que ce volet n’ait pas pris son envol plus vite. « Le défi de vraiment avoir une programmation à l’année reste quelque chose sur quoi il y a encore beaucoup de travail à faire, indique-t-elle. Ça commence finalement à être au rendez-vous. Mais ce virage-là fait que le SLO, qui était perçu comme un événement, est devenu un médiateur culturel, plus que jamais. »

Nouveaux défis

Officiellement, Mme Trudel a terminé son mandat jeudi dernier. Elle met actuellement sur pied sa propre boîte de consultation en stratégie en service-conseil et en accompagnement. Son premier client ? Un visage connu : le SLO, pour qui elle travaillera à bonifier et promouvoir son outil numérique du Carnet du visiteur.

« Je suis à un moment de ma vie où j’ai envie de nouveaux défis. Oui, le Salon en soi est un défi ; et le défi de le développer, c’est sain que quelqu’un d’autre le fasse, conclut-elle. En ce moment, il y a une effervescence culturelle dans la région, et j’ai envie de participer à ça. J’ai autant d’énergie qu’avant, et surtout autant d’enthousiasme ! Ça va simplement être utilisé autrement. J’ouvre la porte à tout. »