La romancière Johanne Seymour

Johanne Seymour publie Le goût de l'élégance

Avant même de se mettre à l’écriture de son nouveau roman, Johanne Seymour avait déjà le titre en tête : Le goût de l’élégance. Le contenu lui était encore inconnu, mais l’intention était claire. L’auteure avait envie de beauté et de lumière.

« Ça vient toujours de quelque chose dans ma vie, quelque chose qui me ‘‘grignote’’ l’arrière du cerveau. C’était il y a trois ans. J’avais envie d’élégance. Probablement parce que j’ai beaucoup affaire aux réseaux sociaux et aux médias. Même dans la rue, les gens sont écoeurés, on dirait. Il se passe quelque chose dans notre société. Il y a trop de misère et de noirceur », fait remarquer celle qui a fait sa marque en littérature policière.

D’où son envie d’allumer des bougies dans le coeur de ses lecteurs.

Il s’est pourtant passé un bon moment avant de trouver le chemin entre l’intention et le contenu.

« Je savais que ce ne serait pas un polar. Mais honnêtement, je ne savais pas vraiment ce que ce serait. L’objet qui en est sorti m’a surpris. J’ai été surtout surprise de me rendre compte que j’avais écrit l’histoire d’une fille qui voulait mourir. Ça m’a fait quelque chose. Mais il fallait ce mal de vivre pour construire l’histoire », affirme la résidante de Lac-Brome.

Paradoxal ? Pas lorsqu’on traverse la centaine de pages de l’oeuvre publiée chez Libre Expression. Pas non plus lorsqu’on apprend à connaître Simone, célibataire perméable aux petites violences du quotidien, qui traîne le poids de son existence sur ses épaules cintrées dans un tailleur jaune serin, et qui rêve « d’une vie autrement ».

Car tout est figé dans l’univers de Simone. Entre son train-train, son emploi au rayon des livres d’une grande surface, sa solitude et son mal-être, la place est mince pour un rayon de clarté.

Il faudra un événement fortuit pour changer sa trajectoire et la faire entrer dans une librairie pas comme les autres où sa mélancolie, telle une nappe de brouillard, s’évaporera tout doucement.

Avec candeur, Johanne Seymour confie que sa Simone contient une part d’elle.

« J’ai eu des périodes sombres dans ma vie. Je sais ce que c’est que de contempler l’idée de la mort. Mais on peut avoir ces idées sans passer à l’acte. Les gens ont peur d’exprimer les noirceurs de leur vie. Ça n’aide personne ! C’est positif de regarder une émotion négative. Il faut faire confiance en la vie et avoir une ouverture à ce que ça aille mieux. »

Il était d’ailleurs essentiel pour elle que l’espoir pointe en finale de son livre.

« Des gens me disent que ça leur met un sourire au visage. Je voulais que les gens comprennent la douleur de Simone et des êtres qui la côtoient, mais encore plus qu’ils sachent qu’il y a plein de portes de sortie. Je pense qu’on n’est jamais vraiment seul. »

Johanne Seymour décrit sa plus récente oeuvre de « fable réjouissante et surtout de baume pour les âmes écorchées »

Une fable

Ce n’est pas pour rien qu’elle décrit sa plus récente oeuvre de « fable réjouissante et surtout de baume pour les âmes écorchées ».

Une fable — écrite au je, soit dit en passant — parce que Le goût de l’élégance contient de la magie, estime Johanne Seymour. Fantaisiste, elle s’est notamment amusée à affubler les employés de la librairie de noms aux références amusantes.

« En fait, je raconte une réalité pas tout à fait réelle. »

Pour déposer son histoire, le choix d’une librairie — inspirée de la réelle Librairie Verdun — n’est pas non plus un hasard. À travers Simone et son quotidien, la Bromoise espérait redonner collectivement le goût de fréquenter ces endroits essentiels, selon elle, au tissu social.

Changement de cap ou trêve temporaire que ce neuvième roman ?

« Je n’ai certainement pas dit mon dernier mot dans ce genre-là. Ça ne veut pas dire que j’abandonne la littérature policière non plus. Dans la vie, je me laisse porter par ce que mon coeur me dicte. J’ai toujours été comme ça. »

Pour l’instant, elle compte laisser vivre Le goût de l’élégance avant de s’attaquer à un nouveau projet littéraire. La comédienne-romancière-réalisatrice-scénariste travaille en script-édition de séries, et deux projets sont en attente pour la télévision... mais on n’en saura pas plus.

Le goût de l’élégance est disponible en librairie depuis mercredi. Un lancement aura lieu le vendredi 20 mars à 17 h 30 à la Bibliothèque commémorative Pettes de Lac-Brome.