Lieutenant-colonel à la retraite, Jean-François Lemoyne, a troqué l’uniforme pour la plume. Il a publié cette semaine Chroniques hu-militaires.

Jean-François Lemoyne: cœur de militaire

Après 37 ans à servir son pays dans les Forces armées canadiennes comme artificier, Jean-François Lemoyne a remisé son uniforme pour s’adonner à l’écriture. Dans «Chroniques hu-militaires», en librairie depuis mercredi, le lieutenant-colonel à la retraite raconte son parcours, dépeint ses missions en zone de conflit tout en partageant ses états d’âme.

Au cours de ses années de service dans l’armée de terre, le militaire a été déployé à différents endroits : Norvège, Allemagne, Royaume-Uni, Yougoslavie ou encore Irak. Ce sont ses trois derniers déploiements qu’il a choisi de partager dans son premier ouvrage sous forme de récit au ton personnel.

« Chaque fois, c’est en revenant au Canada que je me rendais compte que mon parcours à l’extérieur du pays, 12 années au total, était hors du commun », explique l’officier supérieur à la retraite, à l’autre bout du fil.

Des mots sur les émotions

M. Lemoyne s’accordera donc quatre hivers pour coucher sur papier ses trois expériences de terrain, peaufiner ses mots, trouver le ton adéquat pour parler d’un sujet aussi dur que la guerre, mais aussi de sa vie de militaire.

« Je me suis basé sur quelques notes que j’avais prises lors de ces missions. Mais l’essentiel du travail, je l’ai fait de mémoire. Je me rappelle des sentiments, je me rappelle des odeurs… je me rappelle de tout », affirme l’auteur qui réside à Clarence-Rockland.

Pour le titre de son ouvrage, Chroniques hu-militaires (Éditions L'Interligne), Jean-François Lemoyne s’est permis un calembour. « Parce que c’est évocateur d’humanitaire, d’humanité, d’humain, d’humilité. Ça résume ce qu’on trouve dans le livre, outre les péripéties militaires », précise l’officier supérieur retraité.

Dans son ouvrage, le militaire de carrière, époux et père de deux enfants, partage en effet ses émotions, ses états d’âme avant le départ en mission, mais aussi pendant et après. « La facette humaine que j’aborde montre une certaine humilité. On n’est pas toujours prêts à se battre, le couteau entre les dents », souligne M. Lemoyne.

Dans l’action

Dès les premières lignes de Chroniques hu-militaires, on plonge en 1986 dans la réalité d’un officier artificier en plein dans le conflit nord-irlandais. Un choix de carrière qui demande un certain amour du risque. « C’est toujours le goût de l’aventure qui a motivé mes choix, raconte M. Lemoyne. L’entraînement permet de se sentir maître de la profession, sans totalement éliminer la peur et l’adrénaline. »

En 1998, le militaire est déployé en Yougoslavie post-conflit, mais où le danger est encore présent. « Les belligérants sont toujours là, les mines n’ont pas toutes été désamorcées, le nettoyage ethnique a toujours lieu. »

« J’avais 150 personnes sous mon commandement. Il y a eu plusieurs péripéties militaires, mais en même des expériences humaines, humanitaires et, bien entendu, des expériences personnelles », se souvient le militaire de carrière qui a été décoré de cinq médailles.

Même si son travail ne lui permet pas de s’adonner à l’écriture, c’est après cette mission en ex-Yougoslavie que M. Lemoyne a senti le besoin d’écrire.

Si Jean-François Lemoyne a attendu d’être à la retraite pour se lancer dans l’écriture d’un premier ouvrage, il avait pourtant déjà couché sur papier des mots d’amour à son épouse Carole.

D’ailleurs, il partage un échantillon de ses lettres dans Chroniques hu-militaires. « Ces lettres expriment bien la solitude que l’on ressent lorsqu’on est loin des siens pendant une période de six mois », confie M. Lemoyne

Ce dernier souhaite montrer le côté sentimental du militaire. « J’apporte l’état d’âme du militaire. Je veux ouvrir la lecture à ceux qui aiment les essais militaires, mais aussi aux familles de militaires qui vont peut-être s’y retrouver », conclut Jean-François Lemoyne.

Chroniques hu-militaires sera lancé le vendredi 11 octobre, à 18 h, au Mess des officiers de la marine à Ottawa (78, rue Lisgar).

Rentrée littéraire de L’Interligne

Outre Chroniques hu-militaires, la rentrée littéraire de L’interligne compte trois autres ouvrages d’auteurs de la région.

Grève des anges, le premier recueil de nouvelles de Henri Lessard qui suit une jeune femme curieuse, vive et fantasque dans une série de non-aventures divertissantes en librairie le 16 octobre.

Rue des rêves brisés de Guy Bélizaire aborde l’adaptation, le déchirement, le racisme, la désillusion, mais aussi l’espoir vécu par des immigrants au Canada qui sera en librairie le 6 novembre.

Et enfin, Mordre jusqu’au sang dans le rouge à lèvres, un recueil de poésie de José Claer qui lève le voile sur la sexualité trans.