L’auteure française de roman noir, Isabelle Amonou a investi depuis le 4 novembre, la Maison Fairview.

Isabelle Amonou écrit au meurtre

L’auteure française de roman noir, Isabelle Amonou a investi depuis le 4 novembre, la Maison Fairview. Celle à qui l’on doit huit romans, dont «Morts fines à Morlaix», a été choisie parmi une vingtaine d’auteurs français pour participer à la première édition de la Résidence Fantastique. Une résidence de création littéraire autour de l’univers du polar. Discussion autour du polar.

Le Droit : Comment occupez-vous votre résidence de création à la Maison Fairview ?

Isabelle Amonou : Je poursuis l’écriture d’un roman que j’ai commencé en France. Je travaille également avec l’auteur Raymond Ouimet, spécialiste d’histoire [à qui elle a été jumelée dans le cadre de la résidence, NDLR]. On discute beaucoup et il me donne des pistes d’écriture. Tout ça aboutira à l’écriture d’une nouvelle fondée sur des faits qui se sont déroulés à Gatineau.

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LD : Quels avantages tirez-vous de votre jumelage à Raymond Ouimet (Tuxedo Kid) ?

I.A. : Raymond Ouimet est une mine de renseignements incroyable sur la région. Seule, il m’aurait fallu des mois pour y avoir accès. On a aussi deux écritures très différentes. Raymond est dans la narration de faits divers. Alors que je suis dans la fiction. Mais on aime tous les deux travailler autour du crime, autour de tout ce qu’il y a de noir dans la société. C’est très intéressant de confronter deux écritures, deux façons de penser, pour essayer de faire quelque chose en commun.

LD : Quels avantages tirez-vous de cette initiative ?

I.A. : En France, j’ai peu de temps pour écrire : je travaille et j’ai des enfants. Alors, le fait d’être loin de chez moi pendant un mois, c’est précieux. Mais aussi, de me retrouver dans un cadre complètement différent, de rencontrer des gens d’une culture différente; c’est une source d’idées de création extrêmement profitable. Je n’étais jamais venue dans la région d’Ottawa-Gatineau. Ces deux villes qui se font face, ses deux langues, ses deux cultures, séparées ou rejointes par des ponts, une rivière, pour moi, c’est captivant.

LD : Est-ce que vous transposerez cette réalité dans votre prochain roman ?

I.A. : Oui, une partie de l’histoire de mon roman sera située dans la région. Mon personnage travaillera à Ottawa et vivra à Gatineau. Comme beaucoup de gens, si j’ai bien compris !

LD : Votre genre de prédilection est le roman noir. Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre ?

I.A. : J’aime mettre de l’avant le crime dans la société : les effets de la société sur le crime et ceux du crime sur la société. Pour moi, le roman noir c’est un outil d’étude de la société.

LD : Vous participerez, ce samedi, à La Nuit du polar. Qu’allez-vous proposer ?

I.A. : Le temps fort de La Nuit du Polar, c’est une déambulation dans la Maison Fairview. Chacune des cinq personnes invitées [les quatre auteurs Patrick Sénécal, Johanne Seymour, Raymond Ouimet et Isabelle Amonou et un expert en scène de crime François Julien), vont être disséminé dans une pièce de la maison. Et chacun devra animer une performance d’une vingtaine de minutes. Je pense que je vais lire Joker, une nouvelle très noire que j’ai écrite et qui se prête bien à une lecture. Je pense l’accompagner de projections d’images.

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L’auteure française Isabelle Amonou partage cinq conseils pour se lancer dans l’écriture d’un bon polar : 

  1. Lire beaucoup de livre du genre.
  2. Commencer par une nouvelle. «Un roman c’est plus difficile, parce que ça prend plusieurs mois d’écriture. Une nouvelle, ça peut être court, cinq ou six pages, et percutant avec juste un crime, une enquête et une chute», souligne-t-elle. 
  3. Faire des concours de nouvelles. «Quand on débute, c’est plus facile d’avoir un sujet imposé, ça évite de partir dans tous les sens», estime l’auteure.
  4. S’inscrire dans un groupe ou atelier d’écriture. «Ça permet de libérer l’écriture et d’apprendre à la maîtriser et à ne pas avoir peur d’écrire», précise Isabelle Amonou. 
  5. Lire autre chose que du roman policier. «Pour sortir du cadre et voir qu’il y a autre chose qui existe, afin d’être plus à l’aise de jouer avec les codes», suggère-t-elle.