Inspiré du mouvement américain « Prends un livre ou donne un livre », les croque-livres permettent à tous les enfants de prendre (gratuitement) des livres ou d’en déposer.

Des livres à dévorer

Les croque-livres passent de moins en moins inaperçus depuis qu’ils ont fait leur apparition au Québec en 2014. Ces boîtes de partage de livres destinées aux enfants de 12 ans et moins sont néanmoins victimes de leur succès et ont besoin de nourriture littéraire.

Créés afin d’encourager la lecture tout en redonnant une seconde vie aux livres, ces petits monstres goulus d’histoires pour enfants en tout genre se vident plus rapidement qu’ils ne se remplissent.

C’est pourquoi Naître et grandir, instigateur du projet, lance de temps en temps un appel pour sustenter les croque-livres de la province. « Les enfants n’ont aucune obligation d’alimenter ces boîtes de partage, il arrive néanmoins qu’elles soient en manque de livres. Et comme c’est le temps des déménagements, des grands ménages et des ventes de garage, on en profite pour rappeler que les croque-livres ont faim. Et qu’il ne faut pas hésiter à les nourrir de livres », indique Geneviève Doray, directrice de Naître et grandir.


«  On en profite pour rappeler que les croque-livres ont faim. Et qu’il ne faut pas hésiter à les nourrir.  »
Geneviève Doray, directrice de Naître et grandir

Les croque-livres n’étant pas difficiles à rassasier, des livres neufs, mais aussi usagés feront le plaisir de leurs papilles littéraires. « L’idéal, c’est d’avoir des livres en bon état pour que les enfants aient du plaisir à le regarder. Mais, il y a de très vieux contes, qui sont encore très charmants », précise Mme Doray.

Et puisque les croque-livres visent à favoriser l’apprentissage de la lecture et la réussite scolaire, les livres qui s’adressent aux enfants de 0 à 12 ans sont la meilleure nourriture qu’ils peuvent avaler.

Inspiré du mouvement américain « Prends un livre ou donne un livre », les croque-livres permettent à tous les enfants de prendre (gratuitement) des livres ou d’en déposer. Pour mettre sur pied cette initiative, plusieurs partenaires, dont l’Association québécoise des CPE et la Fondation pour l’alphabétisation, ont été réunis il y a 4 ans par la Fondation Lucie et André Chagnon qui faisait une campagne de lecture. « On a vu cette initiative aux États-Unis. [...] Et on s’est tous mobilisés pour promouvoir le plaisir de la lecture », raconte la directrice de Naître et grandir.

C’est ainsi que des experts du domaine de la lecture, dont des bibliothécaires ont été consultés. « On ne voulait pas leur nuire. Mais il s’avère que les croque-livres et les bibliothèques sont complémentaires. Certains parents peuvent être intimidés par les bibliothèques ou les heures d’ouverture peuvent ne pas fonctionner, alors que les croque-livres sont sur leur parcours [et facile d’accès] », détaille Geneviève Doray. Pour cette dernière, en plus de faire découvrir le plaisir de la lecture, les croque-livres « renforcent également le sentiment d’appartenance à un quartier, en créant des liens, tout en améliorant le milieu de vie en embellissant les lieux publics ».

Devenir propriétaire d’un croque-livre 

« Tout le monde [que ce soit les organismes communautaires, les entreprises ou encore les citoyens] peut être propriétaire d’un croque-livres », précise Mme Doray.

Il existe trois façons d’adopter un croque-livres : soit en l’achetant en ligne (croquelivres.ca) moyennant 210 $, soit en téléchargeant gratuitement les plans pour en construire un. « D’ailleurs, de nombreux organismes impliquent les enfants, parfois même la communauté entière, dans la construction d’un croque-livres », souligne Mme Doray.

Et pour les plus créatifs, il est également possible de construire un croque-livres « à partir de plan sorti tout droit de son imagination ».

Et pour que ces monstres affamés de contes et légendes puissent développer leur personnalité, son propriétaire peut laisser libre cours à son imagination en la décorant et la renommant.

Avides de découvertes, les croque-livres sont heureux dans toute sorte d’environnement. Que ce soit au coin de la rue, devant un domicile, à l’entrée d’un centre communautaire, d’une école, dans un CPE ou dans un parc, ces petites créatures seront ravies de leur emplacement tant qu’ils encouragent la lecture.

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EN CHIFFRES

En quatre ans, pas moins de 1786 croque-livres – dont 952 sont enregistrés en ligne – ont surgi au Québec. L’Outaouais compte, pour sa part, pas moins de 74 croque-livres, dont 62 sont sur le territoire de Gatineau.