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Reconnecter l’humain avec la nature

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
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Le magazine semestriel BESIDE fête ses 5 ans, avec un nouveau numéro, le 10e, qui arrive en kiosques — et sur le web — le 10 juin.

Ce semestriel bilingue visant à rapprocher l’humain et la nature et versé dans le « journalisme narratif » a connu un essor des plus enviables, avec près de 100 000 exemplaires vendus. Il se décline en deux éditions, l’une entièrement en français, l’autre en anglais et une plateforme numérique bilingue qui rejoint désormais 200 000 personnes chaque mois, énonce le président et cofondateur de BESIDE, Jean-Daniel Petit.

Média « champ gauche » (d’où son nom), mais d’une rigueur journalistique irréprochable, BESIDE cumule les prix et distinctions, ainsi que les collaborations avec des médias de plus grande envergure. 

Ses partenariats avec Radio-Canada ont donné de beaux fruits, sous forme d’ambitieux dossiers numériques — dont plusieurs ont été récompensés. 

À commencer par Dénaturer la nature, dossier qui a séduit « un million de lecteurs », et qui fut « le plus lu de l’année sur le site de Radio-Canada, après celui sur [l’incendie de] la cathédrale de Notre-Dame de Paris », illustre M. Petit.

Jean-Daniel Petit, président et cofondateur du magazine <em>BESIDE</em>, offre un 10e numéro qui souligne, du coup, le cinquième anniversaire de la publication.

Ne jamais sacrifier « la rigueur et les faits et «remettre les choses en questions» : tel est le mandat que s’est donné le magazine, au fil des «enquêtes et récits» qu’il propose, rappelle M. Petit. «On veut être dans la nuance. On essaie de se questionner activement, mais pas d’apporter des réponses. [D’éviter toute approche] paternaliste ou stéréotypée. C’est pour ça qu’on travaille avec plein de collaborateurs sur un même sujet, [en prenant soin de refléter la multiplicité des] points de vue, origines et horizons. Pour que lecteurs puissent tirer leurs propres conclusions.»

Du journalisme actif, sans être activiste : «Notre approche, c’est de conter l’histoire, au lieu d’être seulement dans les faits et la neutralité. On essaie de la rentrer dans une structure narrative. Mais le fil d’Ariane de l’histoire, c’est le travail journalistique.» 

Des plumes de plus en plus réputées ont embarqué dans l’aventure du magazine. Le nouveau numéro comprend par exemple des essais de l’anthropologue Serge Bouchard et de la poétesse Marie-Élaine Guay.

On y trouvera aussi les portraits du chef ontarien Matty Matheson et des protectrices de l’eau mi’kmaq Grassroots Grandmothers, ou encore des entrevues avec la journaliste du New York Times Jenna Wortham, l’animatrice Vanessa Pilon et des spécialistes de la fermentation.


« Notre approche, c’est de conter l’histoire, au lieu d’être seulement dans les faits et la neutralité. »
Jean-Daniel Petit, président et cofondateur

Chercher l’équilibre

L’approche éditoriale de son semestriel, Jean-Daniel Petit la résume ainsi. 

«On veut reconnecter l’humain avec la nature, par le transfert de connaissances et d’expérience. On essaie toujours à la recherche de l’équilibre. L’équilibre entre la la ville et la campagne, entre l’innovation et les traditions, entre le développement et la conservation, entre les jeunes et les ‘vieux’. » Car son lectorat «va de 25 ans jusqu’à 80. BESIDE est un espace où se rencontrent « les vieux qui ‘savent et les jeunes qui questionnent», poursuit M. Petit.

«Et ce qui fait le pont entre l’humain et la nature, c’est toujours la culture. C’est notre langage universel. La culture, c’est ce qui nous permet d’aller chercher les gens là où ils sont et de les amener ailleurs.» Sur un chemin pas forcément «vert écolo», mais plus conscient de son environnement. 

Jean-Daniel Petit parle de «culture au sens large» : dans son esprit, le terme «inclut autant l’agriculture que les sciences [et les questions philosophiques] : comment on habite la terre, comment on vit en tant que société. Et ça [la culture] nous aide à développer une conscience plus grande». Plus qu’un lectorat, c’est «une communauté» qu’il pense avoir contribué à bâtir. 

Relier les gens et les savoirs

Une communauté d’idées qui s’est consolidée avec le festival BESIDE, où le volet musical — «écouter de la musique au bord du fleuve ou en pleine forêt» — n’est pas plus important à ses yeux que le «transfert de connaissances» qui s’y produit au fil d’ateliers et discussions portant sur les sujets les plus variés (cours de surf ou de mycologie, conférences sur l’autonomie alimentaire et la survie en forêt, etc.).

Sa véritable fonction de ce festival «très pluridisciplinaire», c’est de «mettre en relation des artisans avec les membres de notre communauté. […] Le festival n’est pas une finalité, mais un passage. L’idée, c’est de se voir et vivre physiquement ensemble. Amener les gens à la nature [et] montrer qu’on est capable de créer des lieux à notre image», éclaire M. Petit. 

Renseignements : beside.media/fr