C’est dans son atelier situé au grenier de sa maison ancestrale de Saint-Andre-Avellin que le bédéiste Christian Quesnel crée ses oeuvres.
C’est dans son atelier situé au grenier de sa maison ancestrale de Saint-Andre-Avellin que le bédéiste Christian Quesnel crée ses oeuvres.

Christian Quesnel : La lumière dans la noirceur [VIDÉO]

Christian Quesnel l’avoue d’emblée, il n’a jamais été un fan d’Astérix ou de Tintin. Mais si on lui parle de Goldorak, alors là il s’enflamme.

La réputation du bédéiste originaire de l’Outaouais n’est plus à faire. 

Avec la publication de nombreuses bandes dessinées et de récits graphiques dont un album sur Félix Leclerc en 2019 et un projet multimédia sur Beethoven avec l’Orchestre symphonique de Gatineau en 2013, Quesnel s’est révélé auprès des amateurs du genre à travers le monde. Son style narratif et onirique ainsi que son coup de pinceau qui baigne dans l’aquarelle décrivent bien son art.

Loin des bédéistes traditionnels, celui qui est aussi enseignant au programme de Bande dessinée de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) installe ses dessins comme une série d’accidents programmés.

« Lorsque je dessine, je provoque des accidents, dit l’artiste pour décrire son travail. Et c’est la somme de tous ces accidents qui mène au résultat final. »

Christian Quesnel utilise l'aquarelle.

La technique à l’aquarelle utilisée par Quesnel est unique. Il peint sur une table à dessin inclinée, ce qui fait couler l’encre sur la planche, donnant ainsi le style qu’il a perfectionné au fil des ans. 

Après un moment de séchage, il reprend sa planche pour affiner les détails et donner la perspective voulue. 

La dernière étape se passe devant l’écran d’ordinateur alors que l’artiste numérise sa planche pour ensuite ajouter la touche finale à son dessin.

« Je fais les dernières retouches à l’ordi, ajoute Quesnel. Ce sont souvent des détails fins ou des retouches de couleur. C’est sans doute mon côté perfectionniste qui m’impose cette dernière démarche. »

Ses projets

Lors de la visite du Droit à son atelier — perché au grenier de sa maison ancestrale dans le village de Saint-André-Avellin —, Quesnel prenait de front plusieurs projets. 

Il travaille la mise en images du drame de Lac-Mégantic, basé sur l’essai de Anne-Marie Saint-Cerny, tout en tablant sur des planches pour un projet sur l’écrivant H.P. Lovecraft.


« Je n’ai pas toujours travaillé comme ça. Je ne me définis pas comme un aquarelliste, mais plutôt comme un auteur de récits graphiques qui utilise l’aquarelle comme médium. »
Christian Quesnel, bédéiste

D’ici quelques semaines, il publiera un livre à caractère scientifique sur le suicide et intitulé Vous avez détruit la beauté du monde, dont le titre a été inspiré par les dernières paroles dites par la poétesse Huguette Gaulin avant de s’immoler par le feu en 1972.

« Ce ne sont pas les projets qui manquent ces temps-ci, confie-t-il. Dans mon métier, on ne sait jamais ce qui peut arriver d’une année à l’autre. Par contre, je ne dis pas que je prends tout ce qui passe, je choisis quand même les projets sur lesquels je veux travailler. »

En plus de ses obligations professionnelles et l’enseignement, Christian Quesnel est à terminer un doctorat sur mesure aux beaux-arts (arts et patrimoine) à l’UQO.

C'est dans le grenier de sa maison de Saint-André-Avellin que Christian Quesnel a installé son atelier.

Son inspiration

Quesnel voue un grand respect aux maîtres du Manga, dont Go Nagaï, de là sa passion pour le personnage de Goldorak. Le bédéiste italien Hugo Pratt est aussi dans sa courte liste d’illustrateurs qui ont influencé son travail. 

Son rapport avec le temps est aussi une signature de l’artiste. On remarque très souvent que ses personnages passent d’une époque à l’autre, parfois sur le même dessin. Sans être spécifiquement de l’anachronisme, cette particularité dans l’œuvre de Quesnel fait partie intégrante de sa démarche artistique.

L’histoire, le patrimoine et les légendes définissent de plus en plus les œuvres de Quesnel. Il a déjà mis en images la légende du loup-garou de Duhamel écrite par Louvigny de Montigny (Vengeance primitive) et paru en 2018. Et il commence à peine à jeter les bases d’une collaboration avec le designer Jean-Claude Poitras et la danseuse Geneviève Duong pour la réalisation d’un projet multimédia sur l’œuvre d’Honoré Beaugrand, Anita.

Malgré tout, l’artiste contraste avec la noirceur de ses œuvres. Comme dans la vie, son regard sur la société et sur son métier est empreint de simplicité et teinté d’humour. 

Et quand on lui demande de décrire son travail, il répond simplement : « je fais des comics ! »

Pour en savoir plus sur l'oeuvre de Quesnel, on peut consulter sa page Facebook.