La sexologue Maryse Peyskens signe aux éditions Dominique et compagnie deux livres sur la sexualité pour les ados.

Briser le tabou de la sexualité chez les ados

L’actualité des derniers mois a été marquée, tant à l’international qu’au pays, par les dénonciations d’agressions et de harcèlements sexuels ; pourtant la sexualité reste un sujet difficile à aborder avec les adolescents. À leur intention, la sexologue et auteure Maryse Peyskens tente, dans ses romans de fiction Tout pour plaire et La première fois, d’aborder des thèmes importants liés à la sexualité.

Maryse Peyskens a constaté il y a quelques années, lors de tournées dans les écoles, que les jeunes étaient de moins en moins informés sur la sexualité. « Je me suis dit que j’allais écrire une série pour les ados, pour les sensibiliser à l’hypersexualisation, au partage de photos intimes sur les réseaux sociaux, et sur tout ce qu’ils peuvent voir sur Internet », explique la sexologue qui exerce depuis près de 20 ans.

Romans destinés aux jeunes, Mme Peyskens les a également pensés comme un support aux professeurs et aux parents. « Je les ai écrits en espérant qu’ils s’inscrivent dans le programme d’éducation sexuelle et qu’ils deviennent des outils », confie-t-elle.

Si sa série de livres suit deux filles, Maïka et Chloé, c’est parce que la sexologue a réalisé que les adolescentes étaient plus vulnérables. « C’est triste, mais ce sont elles qui sont encore le plus victimes de harcèlement, d’intimidation. Bien sûr, les garçons peuvent l’être aussi », déplore Maryse Peyskens.

Consentement
Les affaires Harvey Weinstein, Gilbert Rozon ou encore Éric Salvail ont fait les manchettes à la fin 2017 et avec, des mouvements comme #Moiaussi ont vu le jour pour encourager les victimes d’agressions à dénoncer ces actes. Pourtant chez les jeunes, la notion de consentement semble être encore floue. « Quand je pose la question : Qui doit demander le consentement dans un échange sexuel ?, les jeunes ne savent pas quoi répondre », fait remarquer Maryse Peyskens.

Afin de les sensibiliser à la problématique du consentement, l’auteure suggère d’abord de travailler sur l’estime de soi. « Il faut qu’ils soient capables de se respecter, de connaître leur limite et de l’exprimer. Souvent, quand on leur pose la question : ‘Que seriez-vous prêts à faire et à ne pas faire ?’, ils ne savent pas quoi répondre. Leur permettre de se situer et d’amener cette réflexion, c’est déjà un gros travail », souligne Mme Peyskens. Elle insiste également sur l’importance de les sensibiliser à ce qui est acceptable ou non. « Internet a nuit à la sexualité, parce qu’il banalise des comportements qui ne devraient pas l’être. Alors, il faut revoir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas ».

L’adolescence a toujours été une période difficile à gérer pour un jeune, mais les nouvelles générations sont en plus confrontées à la gestion des réseaux sociaux, qui propagent à vive allure rumeurs, photos ou encore vidéos. Et les dommages peuvent parfois avoir un triste dénouement. « Ça va tellement vite, c’est un clic, rappelle l’auteure qui ne voit pas la situation s’améliorer. Les intervenants ne savent pas toujours comment composer avec cette réalité. »

Pour la spécialiste, la sexualité devrait être abordée dès la maternelle. « Pour les sensibiliser, les préparer plus tard à se questionner et à mettre leurs limites », explique-t-elle en précisant que cela doit être adapté au niveau de langage de l’enfant.

À l’occasion du Salon du livre de l’Outaouais, Maryse Peyskens sera en séance de dédicace du jeudi au dimanche.

POUR Y ALLER :

Quand : Salon du livre de l’Outaouais

Où : Du 1er au 4 mars

Renseignements : slo.qc.ca