Livres

Des esquisses du Petit Prince retrouvées dans une vieille maison en Suisse

GENÈVE — Des esquisses du Petit Prince réalisées par Antoine de Saint-Exupéry ont été retrouvées dans une vieille bâtisse du nord de la Suisse, où elles avaient été stockées par un magnat de l’immobilier au milieu de dizaines de milliers d’oeuvres d’art.

Acquis il y a plus de 30 ans dans une vente aux enchères en Suisse, les croquis étaient conservés dans un dossier cartonné et «sont dans un très bon état», a raconté jeudi à l’AFP Elisabeth Grossmann, conservatrice de la Fondation pour l’art, la culture et l’histoire de Winterthour (canton de Zürich).

«En revanche, beaucoup d’autres oeuvres sont en mauvais état», a-t-elle ajouté, précisant que la collection était entreposée dans plusieurs endroits de la ville.

Le carton renfermait trois dessins liés au Petit Prince — le buveur sur sa planète, le boa qui digère un éléphant accompagné d’annotations manuscrites, et le Petit Prince et le renard — ainsi qu’un poème illustré d’un petit dessin et une lettre d’amour adressée à sa femme Consuelo.

Comme l’a révélé jeudi le journal local Landbote, les esquisses, qui ne sont pas datées, ont été réalisées sur du papier de la poste aérienne à l’encre de Chine et à l’aquarelle.

Le collectionneur zurichois Bruno Stefanini, mort en décembre 2018 à 94 ans, les avait achetées à une vente aux enchères en 1986 à Bevaix (ouest). Propriétaire de l’une des plus grandes collections d’art de Suisse, il avait créé en 1980 cette Fondation à Winterthour afin qu’elle gère son patrimoine.

Le Petit Prince, écrit à New York par Antoine de Saint Exupéry pendant la guerre, et illustré avec ses propres aquarelles, a été publié en 1943 à New York, puis en 1946 en France, après la disparition de l’aviateur le 31 juillet 1944 au large de Marseille.

L’écrivain avait vécu deux ans en Suisse, de 1915 à 1917, dans un pensionnat religieux de Fribourg (centre).

Les illustrations originales de son livre sont conservées à la Morgan Library à New York.

Mme Grossmann a dit au journal Landbote que la Fondation allait prendre contact avec la Morgan Library pour les informer de cette «trouvaille».

Livres

Dany Laferrière fera paraître en novembre un nouveau «roman dessiné»

MONTRÉAL — Dany Laferrière fera paraître en novembre un nouveau «roman dessiné», après «Autoportrait de Paris avec chat», publié l'an dernier.

Dans Vers d'autres rives, l'écrivain poursuivra son «autobiographie américaine», selon les Éditions du Boréal.

L'académicien y racontera cette fois sa «période Miami», au début des années 1990, après son premier séjour montréalais. Installé dans le quartier de Little Havana, il laisse par contre «ses souvenirs le ramener à Petit-Goâve, où la cuisine de Da lui donne de précieuses leçons dont il tirera profit tout au long de sa carrière d'écrivain».

«J'ai toujours rêvé d'une biographie qui exclurait les dates et les lieux pour ne tenir compte que des émotions ou des sensations même fugaces, écrit Laferrière. La première fois que j'ai vu une libellule. La fois que je suis entré dans la mer en ignorant qu'il fallait savoir nager. La fois que j'ai assisté à l'exécution d'un prisonnier politique près du cimetière de Port-au-Prince. Le dernier regard de ma mère en me voyant partir en exil.»

Alors que dans Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière rendait hommage «aux artistes de tous les temps qui ont trouvé asile à Paris», avec texte et petits dessins de l'auteur, le nouveau roman dessiné sera cette fois «un hommage vibrant et coloré» aux poètes et aux peintres de son Haïti natal.

Vers d'autres rives doit sortir en librairie le 12 novembre.

Livres

Suggestions bouquines

Parce qu’on n’a jamais trop de suggestions bouquines, et parce que ce lundi, 12 août, c’est la journée J’achète un livre québécois, on a demandé à différentes personnalités quelles étaient leurs suggestions du moment au chapitre de la littérature québécoise. Leurs recommandations nous transportent dans différents univers et autant de genres littéraires. Une liste à apporter avec soi pour s’inspirer dans les rayons de la librairie le 12 août... et tout le reste de l’année!

MARYSE DUBUC
coauteure de la série de bande dessinée Les Nombrils 

« La série Les héros de ma classe, de Jocelyn Boisvert, un auteur originaire de Sherbrooke. C’est publié chez Fou lire et chaque tome s’arrête sur un des élèves, chaque épisode a une saveur différente. Comme quoi la diversité, c’est beau, et chacun a droit à son heure de gloire! »

Livres

Histoires de vin

Doux, amer, avec de la gueule ou du coffre ; au flair de l’auteur et vigneron Laurent Fadanni, la personnalité d’un vin est une personnalité, point. Vingt bouteilles et leurs caractères se transforment en vingt personnages dans Visages dionysiaques, son premier recueil de nouvelles récemment paru en librairie.

La maison d’édition ottavienne L’Interligne sert cette nouvelle cuvée de son « auteur maison », qui y a auparavant publié trois recueils de poésie.

Livres

La tueuse de rêves: un roman jeunesse sur les inondations à Gatineau

Mariette Théberge aurait souhaité que son troisième livre jeunesse colle moins à l’actualité. Mais le hasard fait parfois drôlement les choses. Alors que la région se remet d’un deuxième printemps d’inondations, les éditions Vents d’Ouest publient La tueuse de rêves, un roman pour adolescents sur la crue de 2017 qui illustre son dur impact sur la famille d’une jeune fille de Gatineau.

Tout a commencé pour Mariette Théberge par une fracture de l’humérus. En attente d’une opération, la professeure en éducation à l’Université d’Ottawa a dû ralentir ses activités professionnelles et s’est retrouvée avec plus de temps que prévu entre les mains. C’était au printemps 2017, au moment où des quartiers de Gatineau étaient submergés sous la rivière des Outaouais en crue. Des maisons, des comptes épargne, des projets y ont passé. Une catastrophe, qui a envoyé des pans de vie entiers droit vers le drain...

Livres

Lu pour vous: la Lune

Rod Pyle

Objectif Lune

Éditions Multimondes

180 pages

***1/2

Objectif Lune, «beau livre» du documentariste Rod Pyle – ex-rédacteur en chef de la revue Astronautics Journal – retrace «la grande aventure scientifique» du programme Apollo, 50 ans après l’alunissage de la fusée Saturn V (de la mission Apollo 11), le 20 juillet 1969.

Mais avant que ce voyage de 400 000 km ne se conclue par la phrase désormais célèbre de Neil Armstrong «un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité», la mission aura été «le fruit de prodiges scientifiques et technologiques tout aussi extraordinaires les uns que les autres».

Et c’est à cette succession de prodiges que s’intéresse Rod Pyle, qui, peut-être parce qu’il a été consultant sur plusieurs séries télé de SF comme Star Trek et Battle Star Galactica, sait vulgariser aussi bien qu’il sait construire des récits courts et punchés. Bel exploit, car l’information est souvent pointue.

Entre 68 et 72, la NASA a envoyé neuf vaisseaux à la conquête de la lune (seulement six sont parvenus à destination). Les 180 pages d’Objectif Lune sont agrémentées de quelque 150 photos et documents d’archives, tels cet authentique rapport de mission, ces carnets de vol manuscrits datant d’Apollo 13, considéré comme un «fructueux échec», ces coupures de presse de La Pravda ou encore ces mémos «récemment déclassifiés» indiquant qu’on envisageait sérieusement, en 1959, de faire de la surface lunaire une zone de combat.

Un livre abordant la course aux étoiles ne pouvait passer sous silence la compétition entre les États-Unis et l’ex-Union soviétique, ni les efforts contemporains de la Chine, du Japon et de l’Inde pour explorer la lune. On remonte aux débuts d’une aventure qui débute plusieurs siècles plus tôt, avec les fantasmes scientifico-littéraires de Johannes Kepler, Jules Verne, Georges Meliès, H.G. Wells, et les plans de la fusée de Konstantine Tsiolkovski, publiés en 1883. Un chapitre se penche sur l’héritage du programme Apollo.

Entre autres retombées: le teflon et la navette spatiale qui remplacera les fusées. L’ouvrage, bizarrement, ne s’aventure pratiquement pas du côté de l’héritage cinématographique hollywoodien.

Le livre est préfacé par l’astrophysicien québécois Robert Lamontagne, qui explique en quoi l’exploit des moonwalkers lui a été l’étincelle d’une carrière passée à se rapprocher des étoiles, tout comme il a vraisemblablement donné la «piqûre des sciences» et donné des ailes à de nombreux enfants de son âge.

L’expérience de lecture peut être « augmentée » via l’application pour téléphones intelligents «Missions sur la lune» (disponible pour appareils Android et Apple).

Certaines pages comportent des icones interactives qu’il suffit de scanner pour accéder à de la réalité augmentée, des modèles en 3D, des vidéos de la NASA, des récits audio, et divers documents.

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Actualités

Louise Lacoursière plagiée en France?

Trois-Rivières — Le roman La Saline de l’écrivaine bien connue dans la région Louise Lacoursière a-t-il été plagié en France? C’est la question que l’écrivaine se pose sérieusement, ces jours-ci, après avoir constaté d’étranges similitudes avec un autre roman publié en France, La mélancolie du kangourou de l’auteure Laure Manel.

Dans une publication sur sa page Facebook professionnelle, Louise Lacoursière a indiqué, au cours des derniers jours, qu’elle trouvait troublantes les similitudes entre les deux histoires, des similitudes qui lui ont été rapportées par une lectrice assidue, qui est par hasard tombée sur le résumé de cet autre roman. Mme Lacoursière a par la suite pris le temps de lire le roman en question, afin d’y soulever les ressemblances et les différences, qu’elle relate en détail sur sa page Facebook.

Livres

Suggestions de lecture pour l'été

Le Droit vous suggère quelques bouquins à lire durant vos vacances d'été.

LA VIE SECRÈTE DES ÉCRIVAINS

Guillaume Musso

Calmann-Lévy, 352 pages

Guillaume Musso entremêle avec brio thriller et observations sur le monde de l’écrivain tout en tenant son lecteur en haleine, et ce jusqu’à la dernière page. 

Le récit se dévore comme un labyrinthe à tiroirs où l’on suit les pérégrinations d’un jeune auteur bien décidé à retrouver son écrivain fétiche retranché sur une île mystérieuse. Et quand il le déniche, le constat de l’ermite sur la vie secrète des écrivains est sans appel : « tu mènes une vie de zombie, solitaire et coupée des autres. Tu restes toute la journée en pyjama à t’abîmer les yeux devant un écran en bouffant de la pizza froide et en parlant à des personnages imaginaires qui finissent par te rendre fou. » 

Livres

Lectures d'été

Notre sélection de livres pour vos lectures estivales.

1 - Les Gratitudes

Delphine de Vigan

JC Lattès, 173 pages

Rien ne vaut l’humour pour traiter un sujet grave. Dans ce magnifique roman drôle et émouvant à la fois, Delphine de Vigan retrace la fin de vie de Michka, une dame âgée placée en maison de retraite parce qu’elle perd progressivement mémoire et langage.

Livres

Lectures d'été: bandes dessinées

Notre sélection de bandes dessinées pour vos lectures estivales.

1 - Sous la surface, Tome 1  ***1/2

Michaud; Dominici; Gihef

Éditions Kennes, 56 pages

L’éditeur de BD belge Kennes a réuni un tandem — Gihef au scénario ; Marco Dominici au dessins — pour travailler avec le Québécois Martin Michaud (auteur de la série de polars Les enquêtes de Victor Lessard) à l’adaptation de son roman Sous la surface, paru en 2013. Ce thriller de politique fiction a pour toile de fond la campagne électorale d’un jeune politicien américain en pleine gloire, Patrick Adams. En politique, ça joue dur, et tous les coups sont permis, sans qu’on sache nécessairement s’ils viennent du camp adverse ou des « amis » démocrates, potentiels rivaux. La course du sénateur Adams au leadership démocrate pourrait bien être compromise par des révélations concernant un incident de jeunesse... auquel est aussi indirectement mêlée son épouse, Léah — dont le petit ami de l’époque, Chase, a d’ailleurs disparu de la circulation, la nuit de cette tragédie.

Livres

Amin Maalouf et les naufragés du XXIe siècle

L’auteur et Académicien français Amin Maalouf était de passage dans la capitale fédérale, cette semaine, à l’invitation de l’Université d’Ottawa qui lui a remis un doctorat honorifique.

Le Droit en a profité pour s’entretenir avec l’écrivain franco-libanais et lauréat du prix Goncourt 1993 (pour Le rocher de Tanios), au sujet de son plus récent livre, Le naufrage des civilisations (Grasset).

Littérature

Une 18e aventure pour la détective Graham

Après plus de trente ans, l’histoire d’amour entre Maud Graham et les lecteurs ne faiblit pas. Chrystine Brouillet vient de lancer Dans son ombre, le dix-huitième roman mettant en vedette cette détective qui sillonne les rues de Québec.

Maud Graham vieillit avec son public. Cette femme ordinaire à qui Chrystine Brouillet fait faire des choses hors de l’ordinaire n’échappe pas aux différentes étapes de la vie. En entrevue, Chrystine Brouillet évoque même la retraite de ce célèbre personnage, qui arrivera bien un jour ou l’autre.

Actualités

La Librairie Réflexion ferme ses portes

Véritable institution depuis les années 80 dans dans la région, la Librairie Réflexion n’est plus. Le commerce a fermé ses portes de manière définitive lundi.

La directrice générale et vice-présidente de la librairie, Lynne Leach, a confirmé la nouvelle au Droit, sans fournir plus de détails. 

Une affiche d’un syndic de faillite a été installée sur la porte d’entrée du commerce. 

Il y a un an, la Librairie Réflexion avait quitté les Galeries de Hull, où elle logeait depuis 1994, entre autres en raison d’un loyer jugé trop élevé et d’une baisse d’achalandage. 

Le commerce de livres, de papeterie, de jeux et de magazines avait déménagé ses pénates sur le boulevard Saint-Joseph, à proximité des concessionnaires automobiles. 

Sur le site web de l’entreprise, on indiquait que selon les saisons, l’équipe comptait entre 40 et 60 employés. 

À noter que le fondateur de la Librairie Réflexion, Roger Vaillant, est décédé le 3 juin à l’âge de 65 ans. 

L’autre succursale, située au 405, boulevard Maloney Est, avait fermé ses portes récemment. 

Livres

Visite de l’auteur et académicien français Amin Maalouf

L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf a reçu un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa, lundi matin.

M. Maalouf a ensuite été reçu à l’ambassade de France au Canada, où il a donné une conférence de présentation son nouvel ouvrage, Le naufrage des civilisations (Grasset). 

Ce livre paru en mars en France est disponible en librairie au Québec depuis la semaine dernière. 

L’éminent écrivain, qui a été reçu à l’Académie française en 2011, a publié une quinzaine de romans et d’essais, dont Le rocher de Tanios, décoré du prix Goncourt en 1993. 

M Maalouf, un ancien journaliste, est loué non seulement pour sa maîtrise de la langue, mais aussi pour la prescience de ses analyses sur la société. 

Une entrevue avec l’auteur sera publiée samedi. 

Livres

Un nouveau roman de la série «Hunger Games» en chantier

NEW YORK — Une décennie après avoir apparemment terminé sa série «The Hunger Games», Suzanne Collins s’apprête à ramener les lecteurs à Panem. Un roman se déroulant 64 ans avant le début des événements de sa trilogie, vendue à plusieurs millions d’exemplaires, sera en librairies l’an prochain.

Le roman, actuellement sans titre, devrait sortir le 19 mai 2020. Suzanne Collins a déclaré dans un communiqué lundi qu’elle remonterait aux années qui ont suivi les soi-disant Jours sombres, l’échec de la rébellion de Panem. L’écrivaine a mis en scène sa série dans une dystopie post-apocalyptique où les jeunes doivent se battre et se tuer, en direct à la télévision.

«Avec ce livre, je voulais explorer l’état de la nature, qui nous sommes et ce que nous voyons comme nécessaire à notre survie», a-t-elle déclaré. «La période de reconstruction, dix ans après la guerre, communément appelée les Jours sombres [...] permettra aux personnages de s’attaquer à ces questions et de définir ainsi leur vision de l’humanité.»

Le livre se situe bien avant la naissance de l’héroïne de Hunger Games, Katniss Everdeen, interprétée par Jennifer Lawrence dans la franchise cinématographique ayant généré des milliards de dollars. La porte-parole des éditions Scholastic, Tracy van Straaten, a refusé de commenter le contenu du nouveau livre au-delà de ce qui a été décrit dans l’annonce de lundi.

Livres

Jean-Marc Rochette promis aux cimes, rattrapé par la BD

BRUXELLES — Aspirant guide dans sa jeunesse, stoppé net par un terrible accident de montagne, Jean-Marc Rochette, dessinateur culte du «Transperceneige», qui publie deux nouveaux albums, est devenu sur le tard une vedette de la bande dessinée.

Avec son regard bleu glacier, ses profondes pattes d’oie et sa barbe argentée, Jean-Marc Rochette, 63 ans, a de faux airs de guide de haute montagne. Mais ce destin, auquel il a voué sa jeunesse dans la région de Grenoble, s’est un jour heurté à un rocher, qui a atterri sur son visage en pleine ascension d’un sommet alpin.

Grièvement blessé, choqué, il abandonne ses rêves de montagne. Il deviendra artiste, dessinateur, auteur, comme il le raconte dans le poignant Ailefroide, album autobiographique sorti il y a un an chez Casterman.

Son franc-parler montagnard, lui, est toujours là. Une parole assurée, brute comme ses dessins. Par exemple, quand il raconte à l’AFP, lors d’une tournée de promotion à Bruxelles, la genèse de Loup, sa nouvelle BD qui décrit la lutte pour un territoire entre l’animal et un berger qui lui ressemble étrangement.

À l’origine, une rencontre dans sa vallée avec un berger victime d’une attaque de loup, qui lui décrit «les brebis agonisantes», «la charogne en putréfaction».

«Le type a dû tuer lui-même ses bêtes. C’était apocalyptique. Je me suis dit “C’est incroyable, c’est du Jack London!”» poursuit-il.

Classique immédiat

L’homme contre le loup : Rochette s’efforce d’éviter tout jugement sur ce sujet explosif. À peine concède-t-il être «plus pour la gestion du conflit que pour l’éradication» de l’animal.

Il met en avant sa «fibre écologique», dont son œuvre est empreinte.

Dans le Transperceneige, la saga qui le fait connaître au début des années 80, c’est un cataclysme climatique qui conduit pendant des décennies les passagers d’un train — toute l’humanité survivante — à un voyage sans but à travers les étendues gelées d’une terre ravagée. La lutte pour la survie y est impitoyable.

Scénarisée par Jacques Lob, l’œuvre éditée par Casterman, tout comme Loup, devient un classique immédiat de la BD d’anticipation.

La suite est plus rude. Ses albums se vendent peu. Au tournant des années 90, c’est L’Équipe, où il dessine le plus beau but et le plus bel essai de la semaine, qui le fait vivre.

Faute de succès dans la BD, il se décide, la cinquantaine approchant, «sans attaches familiales», à quitter la France dans les années 2000, pour tenter «l’aventure» à Berlin et se consacrer à la peinture.

Mais le destin le rattrape : à des milliers de kilomètres de là, dans une minuscule librairie de Séoul, le réalisateur coréen Bong Joon-ho, passionné de BD, tombe par hasard sur le Transperceneige.

Série Netflix

«J’ai tout lu d’une traite, debout dans la boutique. J’étais très jeune, mais je me suis dit: “Un jour, je l’adapterai au cinéma”», racontait le Coréen lors de la sortie du film en 2013.

La critique encense le long-métrage, tourné en anglais avec Chris Evans. Le film cartonne en Corée — 9 millions d’entrées — et relance dans le monde entier l’intérêt pour l’œuvre d’origine.

«Ça m’a sauvé», affirme Jean-Marc Rochette, ravi de le Palme d’or tout juste remportée par Bong Joon-ho pour son nouveau film Parasite.

«Sans lui, Le Transperceneige aurait été enterré. Ça a mis de la lumière sur moi et m’a permis de faire Ailefroide», déjà vendu à près de 60 000 exemplaires, un excellent chiffre pour une BD d’auteur.

Rochette partage désormais sa vie entre Paris l’hiver, où il dessine, et la région alpine de l’Oisans l’été, celle de son enfance, où il écrit. «On voit les Écrins de mon potager», sourit-il.

Et après 30 ans d’arrêt, il grimpe à nouveau, d’abord «des voies faciles», puis l’été dernier la Meije, une montagne du massif des Écrins.

Il profite aussi de cette renaissance pour sortir de nouveaux albums du Transperceneige, dont Extinctions, premier tome d’un antépisode en trois volumes, qui paraît parallèlement au Loup.

Un nouveau coup de projecteur se profile : une série adaptée de ses BD d’anticipation, avec Jennifer Connelly, est annoncée sur Netflix pour 2020.

Livres

Martin Michaud: sous la surface

Les affaires vont rondement pour l’auteur Martin Michaud. Le créateur de la populaire télésérie policière «Victor Lessard» vient de voir un autre de ses romans renaître, cette fois sous forme de bande dessinée, une première pour lui. Son éditeur européen, le Belge Dimitri Kennes, issu de l’univers de la bédé, a eu «un coup de coeur» pour «Sous la surface», paru en 2013.

«Je suis très excité par ce projet, mais je ne veux pas m’attribuer le mérite qui ne me revient pas», lance l’auteur originaire de Québec, en référence à la précieuse collaboration du dessinateur Marco Dominici et du scénariste Gihef. «J’ai eu un travail plus effacé. J’étais là comme une espèce de chien de garde.»

Livres

Légère baisse globale des ventes de livres en 2018 au Québec

MONTRÉAL — Les librairies du Québec ont maintenu leurs ventes de livres l’an dernier, mais globalement, les recettes de bouquins ont encore un peu reculé, révèle l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ).

Ce résultat s’inscrit d’ailleurs dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années, note l’ISQ.

Les librairies québécoises se sont toutefois démarquées en 2018: leurs ventes de livres neufs ont totalisé 397 millions $, ce qui représente même une légère hausse (près de 1 % ou 3,1 millions $ de plus) par rapport à l’année précédente, a calculé l’organisme.

Ce n’est par contre pas le cas des autres vendeurs de livres, qui ont connu une baisse en 2018.

Bref, en tenant compte de tous les points de vente, les recettes pour ventes de romans, de biographies, d’essais et de livres de recettes et de référence ont baissé de 1 % durant cette période, passant de 620 millions $ en 2017 à 614 millions $ en 2018.

Car outre les librairies, il existe une diversité de points de vente pour les livres.

Les détaillants de grande diffusion - notamment les grandes surfaces à rabais, les grands magasins, les kiosques à journaux et les pharmacies - ont vendu pour 76 millions $ de livres neufs en 2018, soit une baisse de 9,8 millions $ par rapport à l’année précédente.

Les éditeurs qui ont vendu directement aux consommateurs ont encaissé 2 millions de moins en 2018 qu’en 2017.

L’ISQ cite différentes hypothèses pour expliquer cette baisse des ventes: les Québécois dépenseraient moins qu’il y a cinq ans pour acheter des livres, ils s’en procurent une partie auprès de détaillants web situés hors Québec, comme Amazon.ca, et aussi, le prix des livres au Québec aurait baissé en moyenne.

Ces statistiques proviennent d’une enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications. L’enquête mesure la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques.

Livres

70 ans plus tard, «1984» fascine toujours

LONDRES — Soixante-dix ans après sa parution, «1984», le roman glaçant du Britannique George Orwell fascine toujours les lecteurs, en particulier les plus jeunes, férus de dystopies et immergés dans les réseaux sociaux.

«Certains étudiants sont toujours choqués par le livre [...], d’autres le trouvent fascinant», souligne Michael Callanan, professeur d’anglais au collège Parmiter à Watford, au nord-ouest de Londres. «C’est le paradoxe de ce livre, bien qu’il ait 70 ans, il a gardé sa fraîcheur», ajoute cet enseignant qui participe à l’organisation du prix Orwell de la jeunesse, destiné à inciter les jeunes à exprimer leurs opinions politiques.

Écrit en 1948 — d’où son titre inversant les deux chiffres de la décennie — et publié le 8 juin 1949, «1984» décrit un futur où le Parti règne dans un pays totalitaire sous l’œil inquisiteur de «Big Brother». Le passé a été réécrit et une nouvelle langue empêche toute pensée critique.

Pour Jean Seaton, directrice de la fondation George Orwell, qui perpétue la mémoire et les réalisations de l’écrivain, mort en 1950 à 46 ans, son chef d’œuvre était «incroyablement prescient».

Comment ne pas voir dans les «Deux minutes de la haine», rituel lors duquel la population d’Océania est incitée à détester l’Ennemi du Peuple, les «gens déversant leur haine sur les réseaux sociaux», déclare à l’AFP cette professeure d’histoire des médias à l’Université de Westminster.

Boom grâce à Trump

En sept décennies, le livre n’a jamais vraiment disparu du paysage et a même connu des hausses des ventes.

En 2017, l’utilisation par une conseillère de Donald Trump, de l’expression «faits alternatifs», terme employé dans 1984, lui avait ainsi fait une énorme publicité, provoquant de nouvelles réimpressions de l’ouvrage, qui s’était déjà écoulé à 30 millions d’exemplaires aux États-Unis depuis sa parution.

Au Royaume-Uni, le livre a connu deux récents pics de vente : en 2013, après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance étatique et en 2017 après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Cette année-là, les ventes ont grimpé de 165 % par rapport à l’année précédente, affirme la maison d’édition Penguin Books à l’AFP.

Pour Michael Callanan, qui enseigne depuis 30 ans, «ces deux dernières années, avec la montée de Trump, il y a une partie non négligeable d’étudiants qui s’inquiète beaucoup de la direction que prend le monde».

Culture populaire

Jean Seaton souligne de son côté que le livre a marqué les esprits «même de ceux qui ne l’ont pas lu» tant il a influencé la culture populaire, des films à la musique en passant par les jeux vidéos.

Les termes de «Big Brother», de «novlangue» sont entrés dans le langage courant au point qu’une nouvelle traduction de l’œuvre parue l’an dernier chez Gallimard et remplaçant certains termes et slogans — «novlangue» devenant ainsi «néoparler» — a fait sourciller certains.

Quand ils ouvrent le livre pour la première fois, les élèves de M. Callanan «reconnaissent immédiatement certaines choses comme la “doublepensée” ou la “police de la pensée”, des formules d’Orwell qui sont dans l’air du temps et que les gamins ont entendues», explique l’enseignant.

Le livre séduit d’autant plus qu’il s’inscrit dans un intérêt plus vaste du public pour les dystopies, ces fictions qui imaginent un avenir cauchemardesque, à l’image des séries à succès La servante écarlate ou Black Mirror, des films Hunger Games, et des romans Divergente ou U4.

M. Callanan a l’habitude de dire à ses élèves que George Orwell est le «grand-père» de ces œuvres plus récentes.

1984 reste un classique que «les gens lisent quand ils sont jeunes puis relisent quand ils sont plus âgés, accédant à une compréhension différente des choses», observe Jean Seaton. «Les gens le lisent à la recherche d’indices sur ce qu’ils devraient redouter aujourd’hui.»

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Prendre la plume contre Doug Ford

Un nouveau chapitre vient de s’ouvrir dans la lutte pour défendre les acquis des francophones en Ontario. Sous la direction d’Andrée Lacelle, 37 poètes prennent la plume pour dénoncer les coupes de Doug Ford et sa francophobie dans le recueil «Poèmes de la résistance», paru en librairies cette semaine.

Lancé fin décembre, le projet d’ouvrage collectif a reçu une réponse enthousiaste et immédiate de la part de poètes franco-ontariens ou publiant en Ontario. Dès le début du mois de janvier, les ripostes enflammées de Jean Marc Dalpé, Brigitte Haentjens, Stefan Psenak et François Baril Pelletier, entre autres, étaient livrées.

Plongeant ici dans les luttes passées, posant là un regard optimiste vers l’avenir, la rage et l’espoir émanent du recueil. Le brûlot de 104 pages, accessible et souvent drôle, n’accorde aucune pitié au premier ministre ontarien.

À ceux qui perçoivent la poésie comme un art élitiste, il y a là de quoi les faire changer d’avis. « Il y en a pour tous les goûts, résume Mme Lacelle, à raison. Je suis certaine que les gens qui sont un peu rébarbatifs à la poésie vont quand même y trouver leur compte. »

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Une auteure déclenche une polémique après avoir critiqué une employée du métro

WASHINGTON - Une écrivaine américaine d’origine jordanienne a appris à ses dépens que publier la photo d’une employée du métro de Washington en train de manger à bord d’une rame et suggérer à ses patrons qu’elle soit réprimandée ne sont pas de bonnes idées.

Natasha Tynes a présenté ses excuses le lendemain. Elle a effacé ses messages sur Twitter avant de rendre son compte privé.

Mais c’était trop tard pour elle.

Son éditeur a décidé de retarder la publication de son roman et même le distributeur l’a abandonnée.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs ont déploré qu’une personne se proclamant comme «une écrivaine membre d’une minorité visible» embarasse une autre femme d’une minorité visible et puisse lui faire perdre son emploi.

Mme Tynes avait publié la photo d’une femme en uniforme en train de manger à bord d’un métro de la Washington Metropolitan Area Transit Authority. Il est interdit de manger ou de boire à bord des métros et des autobus, même si les autorités ont conseillé aux policiers de cesser de délivrer des contraventions à ce sujet.

«Quand on voyage à bord du métro et on voit un employé en UNIFORME manger. Je pensais qu’on n’avait pas le droit de manger à bord d’une rame. Cela est inacceptable. J’espère que le WMATA réagira», a-t-elle écrit.

Quant la société de transport en commun l’a contactée pour en savoir plus long, Mme Tynes a répondait en indiquant le moment, le numéro de la rame de métro et la direction vers laquelle elle se dirigeait, a indiqué le Washington Post.

«[Mme Tynes] a fait un geste vraiment horrible aujourd’hui en publiant la photo d’une employée du métro déjeunant à bord d’une rame, attirant ainsi l’attention de l’employeur de cette dernière. Les femmes noires sont souvent victimes de ce genre de comportement inapproprié. On contrôle leur moindre acte», a réagi Rare Birds Books, la maison d’édition qui devait distribuer le premier roman de l’écrivaine.

L’éditeur de Mme Tynes, California Coldblood, a aussi publié un communiqué dans lequel il affirme ne pas approuver le geste de l’écrivaine et espère qu’elle tirera une leçon de cette expérience. Selon lui, elle ne doit pas oublier que les femmes noires sont celles qui ressentent le plus les effets du racisme systémique. On doit être leurs alliés, non leur oppresseur, a ajouté California Coldblood.

La société de transport en commun n’a pas dit si l’employée avait été réprimandée.

Selon le syndicat des employés de la société, l’employée prenait une pause pour manger pendant qu’elle se dirigeait vers une autre tâche.

Quant à Mme Tynes, elle a refusé dimanche de commenter la situation.

Livres

Boucar Diouf remercie les mères pour leurs... microbes

Boucar Diouf ne peut pas expliquer les lois de la loterie cosmique qui jumelle les enfants à leur maman, mais il lui est infiniment reconnaissant. Dans son livre «Pour l’amour de ma mère», l’océanographe, biologiste, humoriste, conteur et chroniqueur rend hommage d’abord à sa maman Déo, puis à toutes les mères, pour leur amour, leur dévouement, et leurs... microbes. Questions à un amoureux de la mer(e), dans toute son homonymie.

Le Droit : Ce sera la fête des Mères ce dimanche. Célébrez-vous la fête des Mères ?

Arts

Une héroïne jeunesse sourde

Des héroïnes sourdes dans des albums jeunesse ? Il y en a très peu voire pas du tout. En fait, il y en a au moins une depuis deux semaines, soit depuis la sortie en librairie du tome 3 de la série Les Zoulis.

Ces albums illustrés destinés aux enfants de 4 à 8 ans sont le fruit de l’expérience professionnelle et de la passion pour l’écriture de la Bromontoise Monique Loubert. Cette dernière a œuvré plusieurs années à titre d’orthophoniste auprès d’enfants sourds de la Polyvalente de Charlesbourg, à Québec, avant de poursuivre sa carrière à l’Institut Raymond-Dewar, à Montréal. Mentionner qu’elle parle le langage des signes (la langue des signes québécoise, LSQ) est presque inutile.

Arts et spectacles

Lancement de la revue Hier encore

Le Centre régional d’archives de l’Outaouais (CRAO) lance le onzième numéro de la revue «Hier encore», dédiée au patrimoine archivistique et historique de l’Outaouais.

Plusieurs auteurs ayant contribué à cette parution participeront à ce dévoilement public qui se tiendra à la Maison de la culture de Gatineau (Salle 211), lundi 29 avril à 19 h.

Les invités partageront certaines découvertes contenues dans leurs reportages.

Le magazine consacre quelques pages à «un personnage coloré qui a marqué l’histoire de la radio en Outaouais» ainsi qu’au premier maître de poste de Gatineau.

L’historien Raymond Ouimet en est le rédacteur en chef.

RSVP avant le 26 avril auprès du CRAO: 819 243-2345, poste 3205 ou frederic.laniel@banq.qc.ca.

Arts

Tintin et des maîtres de la BD aux enchères [PHOTOS]

PARIS - Un crayonné d’une planche de «Coke en stock», une lithographie signée par Hergé et tous les astronautes américains ayant marché sur la Lune et des originaux d’Enki Bilal, Morris ou encore Franquin seront proposés aux enchères samedi à Paris par la maison Artcurial.

Cette vente sera également l’occasion de se plonger dans l’univers de «Martine», une des vedettes de la littérature enfantine des années 1950/1960, imaginée par l’illustrateur Marcel Martier.

Un total de 27 dessins originaux (des gouaches sur papier) provenant des différentes aventures de «Martine»  («Martine à la foire», «à la montagne», «à la mer»...) seront mis à l’encan pour des prix estimés entre 4.000 et 7.000 euros (6000 et 10 500 $CAN).

Mais le clou de la vente devrait être une planche originale d’Hergé: le crayonné de la planche 56 de l’album «Coke en stock» réalisé en 1955 par le créateur de Tintin.

La planche (55 x 36,40 cm) où l’on voit une torpille éviter de peu le cargo à bord duquel se trouvent Tintin et Haddock est dédicacée et signée par Hergé avec la date juin 1972. Elle est estimée entre 100.000 et 130.000 euros.

Parmi les autres oeuvres d’Hergé proposées à la vente, il y a une lithographie en couleur (101,90 x 71,20 cm) tirée de l’album «On a marché sur la Lune». Signée par Hergé, cette lithographie est dédicacée par un des astronautes de chacune des missions lunaires du programme Apollo.

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Livres

Deux provinces, deux réalités

La seule maison d’édition agréée de l’Outaouais, Vents d’Ouest, est en mode survie. Sa dure réalité serait bien différente si elle avait pignon sur rue quelques kilomètres au sud, à Ottawa, croit son coordonnateur Michel Lavoie.

Dans la dernière décennie, la maison a vu ses ventes chuter. Et ses subventions, qui représentaient 60 % de son budget total, ont fondu d’environ 40 %.

Livres

Le roman «Notre-Dame de Paris» au sommet des ventes sur le Web

PARIS — Le roman de Victor Hugo «Notre-Dame de Paris» est devenu le numéro un des ventes sur Internet et de nombreuses librairies sont en rupture de stock depuis le terrible incendie qui a partiellement détruit lundi soir la cathédrale parisienne mondialement connue.

Après les attentats ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, le même phénomène avait été observé. Le livre Paris est une fête de l’Américain Ernest Hemingway était subitement devenu très populaire dans les librairies.

Face à cette demande, les éditeurs du roman en format de poche ont décidé de lancer de nouveaux tirages et de reverser les bénéfices au fonds de souscription lancé pour financer la reconstruction de l’édifice.

Rédigé en 1831, Notre-Dame de Paris, du poète et romancier français Victor Hugo, se situe en 1482 au moment du règne de Louis XI. Le roman a été maintes fois adapté au cinéma.

Un passage du roman attire particulièrement l’attention aujourd’hui. «Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée», écrit Victor Hugo.

Autour des personnages comme la bohémienne Esmeralda, le «monstre» Quasimodo, Frollo ou Phoebus, Hugo fait de la cathédrale la véritable héroïne de son roman. L’objectif du romancier est de réhabiliter un monument tombé en décrépitude.

«Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris», écrit-il dans le chapitre intitulé Notre-Dame.

«Mais, ajoute-t-il, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière.»

La publication du livre, qui connut un grand succès public, attira l’attention générale sur l’état «inadmissible» du monument.

Le mouvement d’opinion aboutira à la décision d’établir des concours auxquels participèrent de nombreux architectes, dont Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc, dont le projet de réhabilitation du monument fut retenu en 1844.

Le roman Notre-Dame de Paris est également accessible gratuitement et légalement sur Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.

Livres

Notre-Dame valait bien un roman

PARIS — La cathédrale parisienne frappée lundi par un vaste incendie, est aussi connue dans le monde entier grâce au chef-d’œuvre de Victor Hugo, «Notre-Dame de Paris», roman maintes fois adapté au cinéma notamment par les studios Disney ou en comédie musicale, notamment par Luc Plamondon.

C’est pour sauver le monument, fort dégradé, que l’écrivain indigné entreprit, en 1831, l’écriture de cet ouvrage.

Dans le chapitre intitulé Notre-Dame, Hugo écrit : «Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris».

Mais, ajoute-t-il, «si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-­Auguste qui en avait posé la dernière».

Dans la préface de son roman, Hugo se plaignait sans ambages du sort réservé «depuis tantôt 200 ans avec les merveilleuses églises du Moyen Âge». «Les mutilations leur viennent de toutes parts, du dedans comme du dehors», déplorait-il.

«L’église elle-même s’effacera bientôt peut-être de la terre», prophétisait l’écrivain.

La publication du livre attira l’attention générale sur l’état «inadmissible» du monument.

Le mouvement d’opinion aboutit à la décision d’établir un concours auquel participèrent de nombreux architectes, dont Lassus et Viollet-le-Duc dont le projet de réhabilitation du monument fut retenu en 1844.

En juillet 1845, une loi fut votée pour la restauration de la cathédrale.

Le but de Victor Hugo était enfin atteint.

Arts Magazine

Messmer: sur les traces de l’hypnose

L’hypnose a fasciné Éric Normandin bien avant qu’il ne devienne le grand Messmer sur les planches du Québec et de l’Europe. Dans son autobiographie Comment l’hypnose a changé ma vie, qui sort en librairie la semaine prochaine, il nous raconte son parcours pour le moins singulier et invite le lecteur à découvrir cette science dans laquelle il baigne depuis maintenant 47 ans.

L’idée d’écrire son histoire est née « de discussions autour d’une table », laisse savoir le fascinateur. « En tournée, je raconte toujours plein d’anecdotes à mon équipe, et ils sont plusieurs à me répéter ‘tu pourrais en faire un livre’ depuis longtemps. En même temps, je me suis dit que ça pourrait aider quelques personnes à comprendre le pouvoir de l’hypnose et l’importance de suivre les signes que nous envoient l’univers et notre petite voix intérieure. »