Littérature jeunesse

Des livres à dévorer

Les croque-livres passent de moins en moins inaperçus depuis qu’ils ont fait leur apparition au Québec en 2014. Ces boîtes de partage de livres destinées aux enfants de 12 ans et moins sont néanmoins victimes de leur succès et ont besoin de nourriture littéraire.

Créés afin d’encourager la lecture tout en redonnant une seconde vie aux livres, ces petits monstres goulus d’histoires pour enfants en tout genre se vident plus rapidement qu’ils ne se remplissent.

Livres

Lecture jeunesse: le choix de nos experts

Tout le monde n’est pas fait pour être critique de littérature jeunesse. C’est un travail exigeant qui demande un esprit critique vif, une plume qui va droit au but et, bien sûr, une curiosité méga-allumée. Nous avons fouillé notre liste de collaborateurs et nous avons trouvé l’équipe qu’il nous fallait pour ce dossier hyper-important. Ils sont les fils et les filles des membres de la rédaction. Ils sont nos critiques en herbe. Voici ce qu’ils avaient à suggérer.

Les orteils n’ont pas de nom

Par Jean Leroy

Illustré par Matthieu Maudet

Éditions École des loisirs

Arts et spectacles

Marc Haentjens devient président du c.a. du SLO

Le directeur général des Éditions David, Marc Haentjens, a été nommé président du conseil d’administration du Salon du livre de l’Outaouais (SLO).

Outre M. Haenjtens, le SLO accueille plusieurs nouveaux membres au sein de son c.a., désormais composé de Marie Boulet (vice-présidente), Lise Guillemette (trésorière), Marie-Hélène Labory (secrétaire) et Michel Côté (conseiller), ainsi que France Bolduc, Francine Manseau, Micheline Manseau et Hugo Thivierge (administrateurs).

L’équipe du SLO a profité de son assemblée générale annuelle pour dresser un bilan « positif » de la 39e édition du salon, qui a attiré en mars dernier un « nombre record de visiteurs ».

Le rapport annuel de l’organisme est disponible au slo.qc.ca.

Livres

Lecture jeunesse: pour les petits bronzés

Des univers ludiques ou poétiques pour que les jeunes lecteurs traversent l’été sans s’ennuyer.

Olga — On déménage! d'Élise Gravel  (Scholastic) Les albums d’Élise Gravel nichent dans une catégorie à part. Remplis de traits d’humour, ils font la joie des jeunes lecteurs — et de leurs parents. La prolifique auteure-illustratrice ramène son attachante héroïne Olga, une scientifique en herbe tombée sous le charme de Bof, représentante unique d’une nouvelle espèce animale. La fillette a rempli son carnet de remarques de toutes sortes, mais il lui reste une énigme à résoudre : son animal de compagnie a-t-il de la famille ailleurs? Lui prend alors l’envie d’aller voir dans une galaxie près d’ici si Bof y a des semblables. Léger, drôle, divertissant, le bouquin illustré (et deuxième titre de la série) est aussi savoureux qu’un verre de limonade un jour de canicule.  

***

La tribu qui pue d'Élise Gravel et Magali La Huche (La courte échelle) On vient de l’écrire, Élise Gravel est prolifique. Et elle a le chic pour se promener d’un univers à l’autre. Elle signe l’amusante histoire de La tribu qui pue, mais c’est Magali La Huche qui a joliment mis le récit en images. Résultat: un album délicieusement original dans lequel leurs deux univers s’entremêlent avec humour, bonheur et bonne humeur. La tribu, c’est une ribambelle d’enfants libres et heureux qui vivent dans les bois, loin des bonnes manières qu’imposent les adultes. Tout va jusqu’à ce que la directrice de l’orphelinat du coin, Yvonne Carré, décide de tendre un piège à la petite bande de puants. L’astucieuse Fanette Ducoup, chef du clan des enfants, est bien résolue à sortir ses copains du pétrin savonneux dans lequel ils sont plongés. Une parfaite lecture d’été qui fera rire les enfants. Et qui, soyez prévenus, les amènera peut-être à exiger un petit congé de bain... 

***

Mon frère et moi d'Yves Nadon et Jean Claverie (Éditions D’eux) C’est une histoire qui nous ramène dans les eaux rafraîchissantes de l’enfance, une histoire qui nous replonge dans l’un de ces tout petits moments où soudain, on se découvre un peu plus grand qu’avant. Ici, les mots délicats d’Yves Nadon et les douces images de Jean Claverie campent deux frères qui s’amusent dans le lac, au chalet. Le plus vieux s’élance du haut du cap rocheux avec assurance. Le plus jeune hésite. La peur de se jeter à l’eau freine son élan jusqu’à ce que, encouragé par son aîné et sous son regard bienveillant, il ose enfin plonger. Comme lui, il devient alors chat, oiseau, poisson. C’est tout simple, c’est tout tendre, et au final, c’est un vrai bel album qui évoque autant la grandeur de la complicité fraternelle que l’importance des tremplins qui nous pétrissent.  

***

Bagages, mon histoire: poèmes de jeunes immigrants, collectif (Éditions de la Bagnole) Parce que, en vacances, on a le temps de s’imprégner de la beauté des mots, c’est le moment parfait pour parcourir Bagages, mon histoire. Superbe recueil de poésie grand format, l’album rassemble les écrits de jeunes immigrants de l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont. Accompagnés par l’auteur Simon Boulerice, ceux-ci ont raconté un pan de leur histoire en poèmes. L’écrivaine Kim Thúy a assisté à l’un des ateliers créatifs et a eu la bonne idée de faire le pont entre les jeunes auteurs et l’illustrateur Rogé. Le coup de crayon délicat de ce dernier a magnifiquement esquissé les visages des uns et des autres. Tout est dans le regard, dans l’expression captée. Textes et images se fondent en un tout chargé d’histoires personnelles et d’émotions universelles. C’est le quatrième album de la série illustrée par Rogé et comme les précédents, on le lit à voix haute. Avec le cœur ouvert. 

***

Mammouth rock d'Eveline Payette et Guillaume Perreault (La courte échelle) Ce livre a remporté le Prix des libraires 2018 et on comprend vite pourquoi. La plume d’Eveline Payette est inventive, colorée, très amusante. Et elle est ici vraiment bien servie par le talent de Guillaume Perrault, qui signe l’originale mise en page calquée sur le format des cahiers d’exercices que tout écolier a dans son pupitre. Le roman graphique destiné aux enfants nous plonge dans le quotidien de la classe de Louis, alors que celui-ci amorce son exposé oral sur son improbable animal de compagnie, le mammouth. Et pas n’importe lequel: le Mammuthus rockus. Rigolotes digressions et anecdotes farfelues ponctuent son discours et captivent les copains de la classe autant que les lecteurs de la maison. Promis, il y a des fous rires en cours de parcours. Un bouquin qu’on feuillette encore et encore, sans se lasser. 

Livres

Choix de lectures pour un été sous les couvertures

Les légumes sont plantés, les plates-bandes nettoyées, la piscine est prête et le BBQ réchauffe? Si l’appel du farniente se fait fort, en ce (presque) début d’été, voici cinq listes pour vous inspirer dans vos choix de lectures, que ce soit sur le patio, sur la route, en camping ou au chalet, mais toujours entre deux couvertures!

1. LIVRES PRIMÉS: LE RATTRAPAGE

Normal de rater, parmi le flot quasi continu de publications au Québec, des titres qui se démarquent. Les prix littéraires sont un bon moyen de s’y retrouver. Voici cinq titres primés qu’on pourra (enfin!) prendre le temps de lire cet été. 

Livres

Deux rares dessins de Tintin mis aux enchères

LA HAYE — Des dessins originaux tirés de l’album de bande dessinée de Tintin «Coke en stock» seront vendus aux enchères samedi aux États-Unis lors d’une séance qui devrait rapporter des centaines de milliers de dollars.

Toutes deux tracées de la main du dessinateur belge Hergé en 1957, ces illustrations, l’une crayonnée (35,2 x 50 cm), l’autre réalisée à l’encre d’Inde (30,7 x 47,7 cm), pourraient récolter entre 936 000 $CAN et 1,25 millions $CAN, d’après Heritage Auctions, qui les met en vente à Dallas, au Texas.

La société de vente aux enchères diffusera également l’événement en direct depuis son siège néerlandais près d’Utrecht (centre).

Les deux esquisses représentent la page 58 des aventures du célèbre reporter à la houppette blonde dans le 19e album d’Hergé, publié en 1958.

Au début de cette planche découpée en douze cases, on voit Tintin, le capitaine Haddock, son fidèle compagnon Milou et le pilote estonien Piotr Szut, bandeau noir sur l’oeil, regardant vers la mer.

Sous leurs pieds, dans les profondeurs de l’océan, un plongeur tente d’accrocher une mine au navire, avant d’être assommé par une ancre. Puis, la tête bandée, le plongeur est soigné dans un sous-marin tandis qu’à la dernière case, la mine, gobée par un requin victime de hoquets, explose à l’horizon sous le regard ébahi de Tintin et du capitaine Haddock.

Ces planches «sont des exemples excellents de la technique de dessin de la ligne claire», le style graphique rigoureux dans lequel excellait Hergé, a souligné l’expert belge en arts de bande dessinée Eric Verhoest.

«Mais ce ne sont pas seulement les dessins, c’est aussi la manière dont il fait avancer l’histoire. Hergé était un maître en la matière», a expliqué M. Verhoest à l’AFP.

«C’est avec une grande ingéniosité que Hergé organise l’espace en fonction de l’endroit», à bord du bateau, sous l’eau et dans le sous-marin, a ajouté Heritage Auctions.

Il est rare que des dessins originaux d’Hergé soient mis sur le marché, car l’artiste ne les offrait qu’occasionnellement à des amis proches en guise de cadeau, a-t-elle précisé dans un communiqué.

La planche mise en vente samedi avait été offerte par le Belge à un «ami scandinave» dans les années 1970 qui l’a ensuite vendue à un acheteur «dans une région germanophone d’Europe», a précisé M. Verhoest.

Plus tôt ce mois-ci, une rare aquarelle de 1939 de l’album Le sceptre d’Ottokar s’est vendue pour plus de 908 900 $CAN chez Christie’s à Paris.

Tintin est une star incontestée des enchères. Un dessin à l’encre de Chine pour les pages de garde des albums de Tintin publiés de 1937 à 1958 a été adjugé pour plus de 4 millions $CAN par Artcurial en 2014. Un record mondial.

Livres

Les finalistes aux prix Trillium sont...

Quatre auteurs d’Ottawa, Blaise Ndala, Maurice Henrie, Alain Bernard Marchand et Christian Milat, sont finalistes aux Prix littéraires Trillium.


MM. Ndala, Henrie et Marchand sont respectivement en lice pour «Sans capote ni kalachnikov» (Mémoire d’encrier), «Le poids du temps» (Les Presses de l’Université d’Ottawa) et «Sept vies, dix-sept morts (Les Herbes rouge) pour le Prix littéraire Trillium en langue française. Christian Milat est quant à lui retenu dans la catégorie poésie, pour le recueil Si je connaissais… (Éditions David).

Livres

L’écrivain de Winnipeg Michael Kaan remporte le Prix du premier roman d’Amazon

TORONTO - L’écrivain Michael Kaan, de Winnipeg, a remporté le Prix du premier roman 2018 d’Amazon.ca et une bourse de 40 000 $ pour «The Water Beetles».

The Water Beetles, vaguement inspiré des journaux intimes du propre père de Michael Kaan, raconte l’histoire d’une famille qui tente de survivre à l’invasion japonaise de Hong Kong en 1941.

L’histoire est racontée du point de vue d’un enfant qui s’échappe à la campagne avec ses frères et soeurs pour éviter les Japonais.

Publié par les éditions Goose Lane, The Water Beetles a également été finaliste pour le Prix littéraire du Gouverneur général de 2017 dans la catégorie fiction.

Le livre de Michael Kaan a été choisi parmi six finalistes, dont The Boat People de Sharon Bala (McClelland & Stewart), The Bone Mother de David Demchuk (Publications ChiZine), American War d’Omar El Akkad (McClelland & Stewart), Dazzle Patterns d’Alison Watt (Freehand Books) et The Black Peacock de Rachel Manley (Cormorant Books).

Maintenant dans sa 42e année, le Prix du premier roman a souvent lancé la carrière de romanciers canadiens. Les gagnants précédents incluent Michael Ondaatje, W.P. Kinsella, Nino Ricci, David Bezmozgis, André Alexis et Madeleine Thien.

Le prix est présenté conjointement par Amazon et la Fondation Walrus.

Le jury de cette année était composé des écrivains Irene Gammel, Dimitri Nasrallah et Donna Bailey Nurse.

Livres

La boule de cristal de Viveca Sten

On pourrait presque croire que Viveca Sten avait une boule de cristal quand elle a écrit «Retour sur l’île» dans sa langue originale, en suédois, en 2013. On était encore loin du mouvement #moiaussi et la montée de l’extrême droite un peu partout dans le monde n’était encore qu’un bruit de fond. Et pourtant, en paraissant en 2018 ici, en français, le roman ne pourrait être plus d’actualité.

«Avant ce tome-là, je n’avais jamais écrit un livre avec un thème si politique», raconte Viveca Sten. L’auteure suédoise, de passage au Québec cette semaine dans le cadre d’une première tournée canadienne, s’exprime dans un très bon français, qu’elle a appris comme une troisième langue, lors d’une session d’études à Grenoble, endroit choisi… pour faire du ski! 

Dans Retour sur l’île, on suit le duo signature de Viveca Sten, l’inspecteur Thomas Andreasson et son amie juriste Nora Linde. Le premier devra s’occuper d’enquêter sur la mort suspecte de ­Jeanette Thiels, journaliste de guerre retrouvée gelée sur la plage de l’île de Sandhamn au lendemain de Noël. La seconde, en parallèle, se trouve empêtrée dans une transaction louche à la banque où elle travaille, et sera confrontée à des agissements douteux de la part de ses patrons. 

«L’histoire, c’est qu’en 2010, pour la première fois, un parti d’extrême droite a obtenu une place au parlement suédois. Ç’a été un très grand choc pour moi. Je ne pouvais pas croire que dans mon pays, la Suède, qui a accueilli beaucoup de réfugiés, dans ma Suède démocratique et égalitaire, que c’était vraiment possible», détaille-t-elle. 

De là l’impulsion d’en faire un des thèmes de ce livre, qui se passe, comme toujours, dans sa petite île fétiche de Sandhamn, aux confins de l’archipel de ­Stockholm. Les policiers découvrent en effet rapidement que Jeanette Thiels, journaliste aguerrie, avait monté un important dossier sur Suède Nouvelle, un parti (fictif) d’extrême droite. 

En parallèle, Viveca Sten a aussi développé le nouveau personnage d’Aram, membre de l’équipe du poste de Nacka. Arrivé d’Irak dans son enfance, il a été marqué par les stigmates de la guerre et de l’immigration. Un personnage inspiré par l’histoire d’une jeune femme originaire du Kurdistan que l’auteure a rencontrée. «J’ai réalisé que dans mes autres livres, tout le monde était tellement suédois. Il n’y avait que des personnages aux cheveux blonds et aux yeux bleus, le stéréotype suédois quoi! Et je me suis dit: ce n’est plus ça, la Suède! Il y a maintenant un million de Suédois sur 10 millions qui ne sont pas nés en Suède ou dont les parents ne sont pas nés en Suède. Je voulais avoir un nouveau personnage qui reflétait cela», explique l’auteure.

Arts et spectacles

Gatineau veut servir de modèle

La deuxième édition gatinoise de Ville lecture se déroulera du 28 avril au 6 mai, au rythme d’ateliers et d’initiatives musicales animés par des artistes d’ici ou d’ailleurs, de rencontres d’auteurs, de poèmes et de sentiers littéraires. Bref, Gatineau devrait vibrera au rythme des mots.

Le festival Ville lecture s’appuie sur des municipalités désireuses de servir de modèles, en tant que villes favorisant la lecture. « L’objectif est de mettre de l’avant le goût et l’intérêt de la lecture », a résumé jeudi le maire Maxime Pedneaud-Jobin, soucieux que la ville qu’il représente fasse figure de modèle, en tant que « société de lecteurs ».