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Livres

Une jeune auteure de Saint-André-Avellin traduite en ouzbek

Après avoir vu son œuvre «Insoumise» être traduite et commercialisée en Russie au printemps dernier, l’Avellinoise d’origine, Mathilde Saint-Jean, franchira une fois de plus les frontières de l’Asie centrale grâce à sa plume, puisque son récit sera aussi adapté d’ici quelques semaines pour le public de l’ancienne république soviétique de l’Ouzbékistan.

La maison Bookland Press, qui se spécialise notamment dans la traduction d’oeuvres littéraires canadiennes à travers le globe, s’est entendue avec Guy Saint-Jean Éditeur – la maison d’édition qui publie les livres de Mathilde Saint-Jean – et la boîte Asian Book House afin de transposer en ouzbek, dès novembre, Insoumise : Au-delà du mur, premier volet de la trilogie de la jeune romancière parue en 2015. Il s’agira d’une première traduction d’une oeuvre francophone canadienne en langue ouzbek, clame haut et fort le trio d’éditeurs, dans un communiqué de presse signé conjointement. Les deux autres tomes devraient suivre un peu plus tard.

Arts et spectacles

La femme de personne: reine de sa destinée

Anne-Marie Desbiens s’est illustrée, l’an dernier, avec la parution de son premier roman d’époque, La jeune fille du rang, vendu à plus de 6000 exemplaires. Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour retrouver sa plume, cette fois sous le titre de La femme de personne. Sans être une suite au premier, ce nouvel ouvrage met cette fois en lumière Thérèse, la fougueuse cousine de Françoise, son héroïne de La jeune fille du rang.

« Ce roman est en effet dérivé d’un personnage secondaire de mon premier livre. Les deux peuvent se lire indépendamment, mais c’est le même univers, laisse entendre l’écrivaine. Mon éditrice m’a suggéré de reprendre le personnage de Thérèse pour en faire ma nouvelle héroïne. On l’aime tellement. Elle a deux ans de plus que Françoise, elle est très ambitieuse, elle a 35 ans, elle adore travailler, même si elle est mariée avec un enfant. Sa devise pourrait être “la fin justifie les moyens” ».

Arts

Astérix vous présente Adrénaline, la fille de Vercingétorix

PARIS — Adrénaline, une adolescente rebelle aux faux airs de Greta Thunberg, sera la vedette du prochain album d’Astérix, «La fille de Vercingétorix», qui sort le 24 octobre.

«Pourquoi Adrénaline ? Ça a sûrement un rapport avec son caractère», explique en souriant Jean-Yves Ferri le scénariste du 38e album de la série créée il y a 60 ans par René Goscinny et Albert Uderzo, au cours d’une conférence de presse au siège d’Hachette Livre près de Paris.

Adrénaline, la fille de Vercingétorix, porte une longue natte rousse. Sur la couverture de l’album, elle a le visage fermé, les bras croisés dans un air de défi devant un Obélix à l’air surpris. Devant elle, Astérix tend son bras pour tenter de calmer l’adolescente rebelle.

Une ressemblance avec la jeune égérie suédoise de la lutte contre le réchauffement climatique Greta Thunberg ? «Purement fortuite», assurent en choeur Jean-Yves Ferri et le dessinateur Didier Conrad qui explique s’être inspiré de sa fille pour créer ce personnage.

À l’exception de Zaza (dans l’album «Le cadeau de César»), il n’y avait pas eu d’adolescentes dans Astérix. «Après 37 titres, il est toujours préférable de choisir des sujets et des types de personnages peu abordés par les créateurs de la série si l’on veut trouver des idées nouvelles et apporter une certaine fraîcheur», indique M. Ferri.

L’action du nouvel album se situe quelques années après la défaite d’Alésia. Un réseau secret d’Arvernes regroupés au sein du Farc («Front Arverne de Résistanche checrète»!) continuent la lutte contre les Romains. Ces «résistants» veillent sur la fille du chef et son «torque», un collier honorifique qu’elle a reçu en héritage de son illustre père. Deux envoyés du Farc, Monolitix et Ipocalorix (qui ressemblent à De Gaulle et Churchill!), viennent mettre Adrénaline à l’abri dans le village d’Astérix et Obélix... Mais un personnage envoyé par César est prêt à tout pour s’en prendre à elle.

Imprimé à 5 millions d’exemplaires (dont 2 millions en France), l’album sera publié simultanément en 15 langues dans une trentaine de pays le 24 octobre, a précisé Céleste Surugue, directeur général des éditions Albert-René (Hachette Livre, groupe Lagardère).

Depuis sa création, les albums d’Astérix se sont écoulés à 380 millions d’exemplaires en 111 langues.

Livres

Quand les hommes s’en mêlent

La Danvilloise d’origine Amélie Dubois a ressorti sa plume pour écrire la suite des aventures des trois héroïnes de sa série « Ce qui se passe à... ». Après Québec, le Mexique et Cuba, l’auteure a donc visité la Sin City pour ce quatrième tome. Les immanquables souvenirs à demi oubliés à cause des coquetels et les fameuses machines à sous sont assurément au menu.

Vicky, Caroline et Katia s’envolent donc pour le Nevada, accompagnées pour une première fois de leurs conjoints respectifs. Les trois enseignantes visiteront les nombreuses attractions que l’endroit propose. Après un séjour harmonieux, les couples se séparent la veille de leur départ pour le Québec, afin de célébrer l’enterrement de vie de célibataire de l’un des couples. Mais alors que les filles rentrent en catimini au petit matin, elles découvrent leurs conjoints dans une scène qui présage l’infidélité. Bien que toutes trois ne soient pas des saintes de leur côté, l’un des clans devra céder et révéler la vérité. Tout au long de l’œuvre, plusieurs retours dans le temps dévoilent ce qui s’est réellement produit.

Arts et spectacles

Séjour en Crise-istan pour Véronique Grenier

Véronique Grenier a un « fantasme » de parc. Un endroit où il serait possible de se retirer chaque fois qu’une crise nous frappe, quelle que soit sa nature (amoureuse, professionnelle, affective, existentielle...). Un lieu exempt de la frénésie du quotidien, permettant de se concentrer entièrement sur la source de perturbation, afin de la résoudre… ou simplement la vivre pleinement au lieu de tenter de l’éviter.

Son nouveau livre Carnet de parc, l’écrivaine le décrit donc comme une quest poétique. Pas une quête comme la quête du héros dans un roman, le schéma actanciel, l’axe du désir, adjuvants, opposants, etc. Une quest comme dans un jeu vidéo, avec un personnage principal placé dans un monde particulier et qui, pour parvenir à en sortir, doit réussir un certain nombre de tableaux, niveaux, épreuves...

« J’ai quand même beaucoup joué aux jeux vidéos moi-même. En ce moment, c’est plutôt avec mon fils. Sans dire que Fortnite est la source d’inspiration du livre, c’est lorsque j’étais en train de faire une partie avec mon garçon que j’ai eu un flash : "Mon Dieu! c’est exactement ce que je suis en train d’écrire, en format poésie!" »

Cette analogie se détecte notamment dans la structure de ce bouquin de 100 pages, découpé en courts chapitres, lesquels peuvent être perçus comme des « tableaux », chacun abordant un ou des aspects particuliers d’une crise personnelle. C’est là où s’exprime toute la poésie de l’autrice, avec force images, symboles et allégories. 

Mais, encore une fois comme un jeu vidéo qui passe par des introductions identiques ou semblables à chaque tableau, tous les chapitres s’amorcent de la même façon : avec un extrait de journal intime et un court paragraphe (toujours le même) décrivant le parc. Sauf qu’à chaque section, le paragraphe répété est amputé de la dernière phrase, se rétrécissant jusqu’à n’en compter qu’une seule.

« C’est une forme qui s’est imposée de soi-même. Le paragraphe répétitif m’apparaissait comme super nécessaire au début pour comprendre clairement où l’on est. La répétition fait ressortir l’aspect circulaire et clos du lieu, et de le raccourcir ajoute l’idée d’une spirale, où des choses sont en train de s’ébrécher. Ensuite sont arrivés les Cher journal. J’aimais l’effet créé (je lis beaucoup à voix haute quand j’écris) et la coupure qu’ils apportaient avec le récit. Tout ça permet des pauses, de ne pas rester dans une densité continue. »

Condensé d’émotions

Parce qu’une fois que l’on plonge dans les méandres de ce fameux parc, on y plonge pour de vrai. Véronique Grenier y a condensé tous les éventuels doutes, dilemmes, fausses pistes, désirs d’échappatoire, pressions internes et externes, désorientations, désabusements, douleurs, colères et tristesses d’une crise personnelle. Avec l’idée d’accepter et de vivre ce moment pour ce qu’il est, d’aller jusqu’au bout, plutôt que juste « attendre que ça passe ».

« Surtout que c’est un lieu qu’on visite généralement plus d’une fois dans une vie, lors d’un deuil, une rupture, une perte d’emploi… À la différence que, dans un livre, on peut recourir à l’absurde, effacer ses souvenirs, refaire sa mémoire, essayer la vie des autres… »

Et s’apercevoir qu’il est impossible d’échapper à toutes les pressions, celles qu’on s’impose soi-même comme celles venant des autres. Le parc est d’ailleurs habité par un personnage baptisé On, qui semble vouloir autant aider qu’éprouver l’héroïne.

« C’est une sorte de guide de camp de vacances un peu sadique qui est là pour faire passer des épreuves, emmener les gens au bout d’eux-mêmes, voire au-delà. Parce qu’on ne se le cachera pas : souvent, on sait ce qu’on doit faire ou changer pour résoudre une crise. Mais on préfère faire le tour de la chose, souffrir deux ou trois fois de plus avant d’arriver au bout. »

Regard chirurgical

L’état de crise, Véronique Grenier connaît bien. Celle qui parle ouvertement de son anxiété et de sa bipolarité, qui tient même à prendre la parole justement pour déboulonner tous les mythes, a visité cette contrée sans doute plus souvent qu’elle l’aurait souhaité.

« J’ai beaucoup appris à gérer différents états, à vivre et à travailler pour ne pas être dominée par ça, à en tirer des choses, à en ressortir de moins en moins troublée. C’est probablement pour ça que j’ai un regard presque chirurgical aujourd’hui », commente l’enseignante de philosophie au Cégep de Sherbrooke, qui n’a pas la prétention d’avoir couché en poésie une analyse psychologique et universelle du processus de résolution de crise.

« Mais, du point de vue de mon expérience humaine, ça ressemble pas mal à ce que je vois autour de moi : on se revisite, on essaie de faire la part des choses entre nos émotions, nos vouloirs, nos aspirations, on identifie ce qui nous tire par en arrière. Oui, il y a probablement des gens pour qui le processus est moins long ou moins douloureux, mais je pense qu’ils sont l’exception... et on a de quoi les envier! » dit-elle en riant.

Le pouce pour le loup

Les philosophes avertis détecteront quelques références, la plus explicite étant le moment où Thomas Hobbes lève le pouce en l’air lorsque plusieurs individus trouvent le bonheur, se l’arrachent et finissent par le tuer.

Ceux qui savent que Hobbes est l’auteur du célèbre aphorisme L’homme est un loup pour l’homme saisiront rapidement. « Il y a quelques blagues de philo comme ça, des clins d’œil un peu partout dans le livre. Je suis le genre de professeure qui lasse ses étudiants à force de jokes qu’elle est la seule à rire », raconte Véronique Grenier, moqueuse d’elle-même. « Mais j’ai eu beaucoup de plaisir à faire toutes ces références, qui n’entravent pas la lecture chez ceux qui n’ont pas ces clefs », précise-t-elle.

Le récit comporte quand même sa part de critiques, comme ces gens qui s’appuient sur des phrases toutes faites, du type coach de vie, ou qui débarquent avec des solutions prétendument universelles. 

« Et qui souvent essaient de nous les vendre, qui capitalisent sur notre vulnérabilité, qui invalident le ressenti. Sans taper sur les personnes que ça aide, c’est quelque chose qui me fâche beaucoup. Je comprends la recherche de consolation. Tout le monde espère que ce soit rapide, que la douleur disparaisse grâce à une belle citation, mais 2500 ans d’histoire de philo nous disent que non. Parce que les êtres humains sont complexes. Je préfère les personnes qui nous répondent que ça va faire mal, mais qu’elles seront là pour nous aider. Nos meilleurs amis sont souvent ceux qui nous traînent dans la lucidité. » 

Arts et spectacles

Dessine-moi un canon, de Marie-Paule Villeneuve : Potton au temps de Gerald Bull

Le journalisme a longtemps occupé une grande place dans la vie de la romancière Marie-Paule Villeneuve. Faut-il alors se surprendre que son nouveau roman, intitulé Dessine-moi un canon, soit le fruit d’un mariage plutôt rare entre l’écriture journalistique et une littérature plus classique?

Avec Dessine-moi un canon, Marie-Paule Villeneuve propose au lecteur d’aller à la rencontre de Gerald Bull, un Canadien d’origine qui a longtemps œuvré dans le domaine de l’armement et dont l’assassinat en Belgique, en 1990, a été imputé par certains au Mossad, les services secrets israéliens.

La romancière connaissait le nom de Gerald Bull quand elle s’est installée, il y a neuf ans, dans le secteur de Potton, où l’homme d’affaires et inventeur a vécu pendant une partie de sa vie. Mais elle confie que l’histoire de ce personnage controversé l’a carrément « obsédée » dans les années qui ont suivi son arrivée.

« J’ai vu le potentiel de l’histoire et je me suis dit que j’allais écrire mon dernier gros livre appuyé sur de la recherche. Il y avait une omerta qui existait localement autour du personnage, mais, en même temps, je constatais un intérêt pour le sujet. J’avais le goût de creuser ça », indique Marie-Paule Villeneuve, qui a notamment travaillé à la Presse canadienne à une autre époque.

Avant de pondre l’ultime version de son nouveau roman, Marie-Paule Villeneuve en a rédigé quelques-unes qui ont finalement été rejetées. Elle avoue d’ailleurs qu’il n’a pas été simple de trouver le bon angle.

« Mon livre parle de Bull, mais celui-ci n’est pas au centre de l’histoire. Je voulais comprendre le personnage et j’admets que je ne l’ai pas parfaitement saisi malgré mes sept années de recherches. »

Marie-Paule Villeneuve a choisi de créer deux personnages vivant dans une vieille église, un peu comme elle l’a elle-même fait quand elle s’est établie à Potton. Les deux enquêtent ensemble sur la vie de ce « génie de la balistique ».

« J’ai entre autres mis la main sur le rapport de la mort de Bull grâce à une université en Belgique. Les gens vont apprendre des choses qui ne sont jamais sorties publiquement. »

Dessine-moi un canon aborde une série d’autres épisodes marquants de la vie du spécialiste en armement. Sa condamnation à la prison aux États-Unis pour vente d’armes illégales, ses liens avec l’homme d’affaires et activiste islamiste Saad Gabr ainsi que son projet de canon surdimensionné au bénéfice de l’Irak constituent autant d’éléments fouillés par la romancière-journaliste.

Folklore local

À Potton, le passé de l’homme d’affaires est relativement bien connu, puisqu’il a exploité une usine qui produisait des pièces d’armement dans ce secteur dans les années 1960 et 1970. L’entreprise a déjà employé jusqu’à 300 personnes.

L’usine en question se trouvait carrément à cheval sur la frontière entre le Canada et les États-Unis, avec une partie des travailleurs provenant du Québec, et le reste, des États-Unis. Il s’agissait d’un projet hors du commun à l’époque et tout laisse croire que jamais une telle idée ne pourrait à nouveau se matérialiser 40 ans plus tard.

« Les travailleurs devaient signer une entente de confidentialité quand ils étaient embauchés. C’était très secret comme milieu. Même aujourd’hui, des gens ont encore peur de parler de ce qui se faisait sur place et plusieurs trouvaient que j’étais un peu trop curieuse avec mes questions », affirme Marie-Paule Villeneuve, qui publie cette fois à compte d’auteur.

« Il fait encore jaser »

Maire de Potton, Jacques Marcoux raconte que Gerald Bull, son ancienne usine ainsi que le domaine que la famille possède toujours localement continuent à « faire jaser » les gens de la municipalité, principalement les ex-employés de l’entreprise, qui avait été baptisée Space. « Il y a aussi des touristes qui, parfois, s’arrêtent au bureau d’information touristique local et qui demandent où tout ça se passait », dit-il.

M. Marcoux révèle que l’histoire de l’ingénieur pourrait un jour être racontée à l’intérieur de la grange ronde existant au cœur de Mansonville, le village le plus important du canton de Potton. Ce vieux bâtiment agricole a été rénové à grands frais et on souhaite qu’il accueille des expositions dans le futur.

« Je pense que le nouveau livre de Marie-Paule Villeneuve va susciter un intérêt accru pour l’histoire de ce cet homme au passé un peu flou. Si, en plus, on a une exposition, je crois que ça peut être bénéfique pour le milieu. »

Vous voulez y aller?

Lancement de Dessine-moi un canon de Marie-Paule Villeneuve

Dimanche 13 octobre, 11 h

Maison bleue du Domaine Howard, Sherbrooke

13 octobre à 11 h

Vendredi 18 octobre, 16 h

Centre L’Élan, Magog

Réservations : 514 346-5683

Livres

Les auteurs Olga Tokarczuk et Peter Handke nobélisés

STOCKHOLM — Le prix Nobel de littérature a été décerné jeudi à deux écrivains européens : la Polonaise Olga Tokarczuk, saluée pour son «imagination narrative», pour l’édition 2018 reportée d’un an, et, pour 2019, l’Autrichien Peter Handke, qualifié d’«héritier de Goethe», mais dont les positions proserbes pendant la guerre en ex-Yougoslavie avaient suscité de violentes polémiques.

Quinzième femme seulement à recevoir le Graal des écrivains depuis sa création en 1901, Olga Tokarczuk est récompensée pour «une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, symbolise le dépassement des frontières comme forme de vie», a déclaré le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Mats Malm, à Stockholm.

«Héritier de Goethe» pour les académiciens suédois, Peter Handke est distingué pour une œuvre qui, «forte d’ingénuité linguistique, a exploré la périphérie et la singularité de l’expérience humaine».

L’écrivain, qui vit près de Paris, s’est dit «étonné» par cette récompense, une décision qu’il a qualifiée de «très courageuse», «après toutes les querelles» suscitées par son œuvre.

Auteur controversé, M. Handke avait au cours de sa carrière appelé à «supprimer» le Nobel de littérature, «une fausse canonisation» qui «n’apporte rien au lecteur».

Devant la presse jeudi, il s’est pourtant dit «ému» depuis qu’il a reçu l’appel de l’académicien Anders Olsson lui annonçant la nouvelle. «À cause des problèmes que j’ai eus il y a 20 ans, je n’aurais jamais pensé qu’ils me choisiraient», a-t-il dit.

Des voix se sont aussitôt élevées, en Bosnie et au Kosovo, pour dénoncer l’attribution du Nobel de littérature à celui qui y est vu comme un admirateur de l’ex-président serbe Slobodan Milosevic et un «négationniste» des crimes durant les guerres dans l’ex-Yougoslavie.

Les deux écrivains succèdent dans le palmarès du Nobel au romancier britannique d’origine japonaise Kazuo Ishiguro, auteur des Vestiges du jour, consacré en 2017.

Olga Tokarczuk, 57 ans, est considérée comme la plus douée des romanciers de sa génération en Pologne.

Son œuvre, qui compte une douzaine d’opus traduits dans plus de 25 langues, va d’un conte philosophique, Les Enfants verts (2016), à un roman policier écologiste engagé et métaphysique Sur les ossements des morts (2010), en passant par un roman historique de 900 pages Les livres de Jakob (2014).

«C’est un honneur et une source de fierté», a réagi la femme de lettres, jointe par l’AFP par téléphone alors qu’elle voyageait en voiture à travers l’Allemagne, où elle doit rencontrer des lecteurs dans la soirée à Bielefeld.

Engagée politiquement à gauche, écologiste et végétarienne, l’écrivaine, la tête toujours couverte de dreadlocks, n’hésite pas à critiquer la politique de l’actuel gouvernement polonais, conservateur et nationaliste.

Elle «pense maintenant à la Pologne et aux Polonais, qui vivent des moments difficiles, qui ont devant eux des élections dimanche, décisives pour la forme que prendra la démocratie, voire carrément pour la survie de la démocratie».

Prolifique et polémique

Olga Tokarczuk a aussitôt félicité Peter Handke. «Je suis contente que Peter Handke, que j’apprécie particulièrement, ait reçu ce prix en même temps que moi», rapporte le quotidien polonais Gazeta Wyborcza. «C’est formidable que l’Académie suédoise ait apprécié la littérature d’Europe centrale. Je suis contente qu’on tienne encore le coup.»

Auteur lui aussi très engagé, Peter Handke, 76 ans, qui a publié plus de 80 ouvrages, est un des écrivains de langue allemande les plus lus et les plus joués dans le monde.

Il publie son premier roman, Les frelons, en 1966, avant d’accéder à la notoriété avec L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty, en 1970, adapté au cinéma par Wim Wenders, puis Le malheur indifférent (1972), bouleversant requiem dédié à sa mère.

Selon l’académie, Handke s’est dit très heureux et a assuré qu’il viendrait chercher son prix — 9 millions de couronnes (environ 1,2 million $), une médaille et un diplôme — le 10 décembre à Stockholm.

Handke est aussi un intellectuel en lutte contre les conventions, au prix de violentes polémiques, notamment en raison de ses prises de position proserbes. En 2006, il avait provoqué un tollé en se rendant aux funérailles de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, accusé de crimes contre l’humanité et de génocide.

«Handke n’est pas un écrivain politique», a justifié le président du comité Nobel de littérature, Anders Olsson.

«Un admirateur de Milosevic, doublé d’un négationniste, reçoit le prix Nobel de littérature», titrait de son côté le quotidien du Kosovo, Koha Ditore, alors qu’en Serbie des journaux saluaient l’attribution du prix à un «ami des Serbes».

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Arts

La saga littéraire de Yamaska se poursuit

Après plus de 70 000 exemplaires vendus des romans Hélène, Julie et Réjeanne, l’auteure Anne Boyer a eu envie d’offrir un second et dernier triptyque tiré de la défunte télésérie Yamaska. Mercredi soir, elle a présenté au public de la région Alicia, Ingrid et Marie-Pier.

En présence de quelques dizaines de fans de l’émission réunis à la librairie BuroPro Citation de Granby, Mme Boyer et sa complice d’écriture Dominique Drouin ont lancé ces trois nouveaux ouvrages à l’effigie de personnages féminins ayant marqué la série. Les comédiennes Audréane Carrier, Roxane Loiseau et Sarah-Jeanne Labrosse étaient d’ailleurs sur place pour partager ce moment avec le public.

Livres

Jean-François Lemoyne: cœur de militaire

Après 37 ans à servir son pays dans les Forces armées canadiennes comme artificier, Jean-François Lemoyne a remisé son uniforme pour s’adonner à l’écriture. Dans «Chroniques hu-militaires», en librairie depuis mercredi, le lieutenant-colonel à la retraite raconte son parcours, dépeint ses missions en zone de conflit tout en partageant ses états d’âme.

Au cours de ses années de service dans l’armée de terre, le militaire a été déployé à différents endroits : Norvège, Allemagne, Royaume-Uni, Yougoslavie ou encore Irak. Ce sont ses trois derniers déploiements qu’il a choisi de partager dans son premier ouvrage sous forme de récit au ton personnel.

Livres

Marie Laberge : la grande traversée de l'existence

Les auteurs sont des créatures fascinantes, dont la sensibilité capte le monde ambiant pour nous le restituer dans une nouvelle forme. «Presque tous mes romans se basent sur une sorte de question qui surgit, de l’actualité probablement, mais je ne sais pas toujours laquelle, je n’en garde pas la trace», opine Marie Laberge.

Son dernier roman, Traverser la nuit, est paru cette semaine. Il suit le destin d’Emmy, une femme à la vie difficile, abandonnée à la naissance dans un pensionnat dont elle découvrira plus tard qu’il appartenait au réseau des pensionnats autochtones. C’est à cet endroit qu’elle nouera une amitié fulgurante avec Maikaniss, une jeune innue arrachée à sa famille, dont le destin tragique rejoint, dans une étonnante synchronicité, celui des 2800 enfants autochtones décédés dans les pensionnats dont les noms ont été dévoilés cette semaine même par le Centre national pour la vérité et la réconciliation. 

Emmy n’est pas autochtone, elle est simplement dépossédée et déshéritée dès sa naissance d’une mère alcoolique et d’un père anonyme. Au moment de faire l’entrevue avec Marie Laberge, la longue liste d’enfants décédés dans les pensionnats n’avait pas encore été dévoilée. De toute façon, là comme pour le destin complet de ses personnages, Marie Laberge ne décide pas grand-chose : ce sont eux qui s’imposent. «Emmy aurait pu peut-être tomber dans une autre sorte d’orphelinat, mais c’est là qu’elle est tombée», explique-t-elle. 

Et c’est dans cette amitié, où Emmy protège Maikaniss, plus vieille mais plus frêle qu’elle, qu’est semé ce qui permettra au personnage de Traverser la nuit de survivre toutes ces années, sans trop le savoir. «Quand elle la prend dans ses bras parce qu’elle a froid, la petite, c’est elle-même qu’elle réchauffe et c’est dans ce geste-là que toutes les générosités de sa vie vont naître. Ça n’en prend pas tant que ça, de l’amour, pour le connaître et le cultiver», reprend Marie Laberge.

Ceux qu'on ne regarde jamais

Quand on rencontre Emmy Lee, en début de roman, c’est une femme de 50 ans, usée par une vie d’abus, où elle a survécu en s’entourant d’une imposante barricade émotionnelle. Elle quitte son conjoint sur un coup de tête, et s’enfuit à Joliette, où elle essaie de trouver une certaine quiétude. «Il y a des gens qu’on ne regarde jamais, dont on ne tient jamais compte. Des gens qui ne sont rien aux yeux des autres, raconte Marie Laberge. Le personnage d’Emmy m’a beaucoup étonnée. Elle a commencé à me hanter, je la voyais et je ne comprenais pas pourquoi elle était si déshéritée, comment elle pouvait avoir été autant privée de l’essentiel et ne jamais réclamer, ne jamais taper du pied, ne jamais chialer, dans une époque où tout le monde s’empresse de le faire.»

Au fil des pages, l’écrivaine tisse une délicate toile intimiste dans la mémoire d’Emmy, où s’impose d’abord le personnage de Jacky, une vieille femme opiniâtre au corps affaibli dont elle avait soin comme préposée aux bénéficiaires. Sans savoir pourquoi, Emmy s’attache à l’aînée révoltée et se met à noter dans un cahier différentes phrases lancées par Jacky et qu’elle veut méditer, comprendre. «Jacky, c’est une femme qui n’a plus de forces, mais qui intellectuellement est très solide. Et qui, dans ses émotions et dans son cœur, est très généreuse encore. Elle sait qu’elle s’en va, elle ne nie rien. C’est une femme d’une grande intégrité, d’une grande authenticité», raconte Marie Laberge. 

À travers cette relation s’infiltre aussi une certaine réflexion sur la vieillesse et le traitement réservé aux aînés. «Oui, j’ai des préoccupations par rapport à ça, mais ça ne vient pas du fait que je prends de l’âge. Ce n’est pas une angoisse privée, c’est une angoisse sociale et citoyenne, nuance Marie Laberge. J’ai toujours eu dans mes préoccupations personnelles de voir ce qu’on fait de nos enfants et de nos aînés. Pour moi, ce sont les deux franges fragiles de nos sociétés, et ça fait un portrait de qui nous sommes, de nos valeurs. Or, présentement, la façon dont on traite nos aînés, et l’espèce de rejet qu’on a de toute forme apparente d’âge, je trouve que c’est inquiétant», lance l’écrivaine. 

Le destin d’Emmy croisera aussi celui de Raymonde Pépin, qui loue des chambres dans sa grande maison, et qui aidera à sa façon toute particulière la cinquantenaire à se réapproprier sa vie. «Dans notre société, on pense que les gens ne changent jamais. Je pense que ça prend beaucoup de souffrance pour changer, mais ça arrive. Il y a des miracles et Emmy, pour moi, c’est un miracle pour l’espoir», affirme Marie Laberge.

Livres

Michèle Plomer : Terre polaire, mère solaire

La mère de l’écrivaine Michèle Plomer avait 70 ans lorsqu’elle a mis le cap vers l’étoile polaire. À l’âge où d’autres ralentissent la cadence et embrassent le bowling ou le backgammon, Monique n’avait pas d’appétit pour ce quotidien-là. Elle a cassé retraite pour filer vers un horizon neuf fait de glace et d’aurores boréales. Là, dans le Grand Nord, sous le ciel arctique de Puvirnituq et avec son petit chien Oscar comme compagnon de route, elle s’est naturellement glissée dans un poste de cadre à la Protection de la jeunesse.

Pareil virage nordique donne la mesure du tempérament de la Magogoise. 

« Depuis que je suis toute petite, je sais que ma mère est un personnage de roman. Dans ma famille, les femmes Leblanc, ce sont des raconteuses, des Acadiennes qui ont le sens de la mythologie de leur propre vie. Ma mère est la plus marginale de toutes. Elle était au cœur des histoires les plus drôles et dysfonctionnelles que racontaient mes tantes », résume Michèle Plomer.

Dans le combiné, sa voix est solaire et sa parole, imagée. Septembre s’éteint, c’est le dernier jour du mois. L’écrivaine d’Eastman se trouve à Montréal pour quelques jours, dans le même décor métropolitain qui a vu naître la première ébauche du roman Habiller le cœur, qui sera en librairie le 10 octobre. Un titre joli comme tout pour une histoire qui loge justement tout près du cœur. 

Après un grand cycle à raconter la Chine qu’elle a connue de l’intérieur, la manieuse de mots avait envie d’explorer un blanc territoire, de tremper sa plume dans la neige et le vécu de sa mère. 

« Il y a beaucoup de vrai dans les pages. C’est collé sur la réalité, bien que ce soit une notion élastique. C’est la peintre Georgia O’Keeffe qui disait que rien n’est moins réaliste que la réalité. Parce qu’on choisit ce qu’on met en vitrine, on sculpte son sujet. »

Le sujet, ici, c’est Monique. Une force de la nature qui n’a jamais craint de sortir du moule. Et qui n’a pas eu peur, non plus, de remonter le fil de sa mémoire pour raconter à sa fille la vie d’avant sa naissance. Ses jeunes années à Cartierville, son travail de sténographe, les soirées dans les clubs de jazz du Golden Square Mile, sa rencontre avec le beau Geoff Plomer. Entre autres.

« Elle a été vraiment généreuse, car c’était parfois bouleversant pour elle de retourner marcher dans son passé. Je trouve que ma mère a mené une vie héroïque et j’avais besoin de ce relief pour montrer ce qu’elle a accompli, le chemin qu’elle a parcouru. » 

Actualités

Le dictionnaire Usito offert gratuitement

Usito est le premier dictionnaire électronique à décrire le français standard en usage au Québec tout en faisant le pont avec le reste de la francophonie. Le dictionnaire créé par une équipe de l’Université de Sherbrooke (UdeS) est maintenant offert gratuitement aux internautes partout dans le monde.

Usito était disponible sur abonnement depuis quelques années et était déjà utilisé par 1,2 million d’abonnés. L’UdeS a pris la décision d’offrir gratuitement Usito pour plusieurs raisons. « Rendre Usito accessible à tout le monde, c’est une manifestation de notre volonté de contribuer concrètement à la société, et, dans le cas d’Usito, à toute la francophonie », mentionne avec fierté le recteur de l’Université de Sherbrooke Pierre Cossette.

Qu’est-ce qui distingue Usito d’un autre dictionnaire francophone en ligne? « Usito est le seul dictionnaire du français qui ouvre un aussi large espace à l’usage québécois, canadien et nord-américain dans tous les domaines de la vie courante et professionnelle. Il présente les mots que nous connaissons tous, qui sont illustrés par des citations de notre patrimoine culturel, par des auteurs et par des médias d’ici. Ce sont les mots qui aident notamment les nouveaux arrivants à nous comprendre et à s’intégrer », explique Pierre Cossette.

Des exemples, en voici en voilà. Pour l’annonce jeudi midi, plusieurs affiches avaient été installées pour décrire les différences entre le français du Québec et le français d’ailleurs. « Ici, on joue au hockey avec un bâton et une rondelle, pas avec une crosse et un palet. » « Ici, on frotte les casseroles avec une laine d’acier et non une paille de fer. » « Ici on souffle des bancs de neige et non pas des gonfles. » « Ici, les enfants s’amusent à la garderie et non pas à la crèche. » « Ici, on inscrit nos enfants au camp de jour et non pas au camp aéré. » « Ici, on attend l’autobus dans un abribus et non pas dans une aubette. »

« Il y a aussi toutes sortes de mots qui sont connus ici et que les gens issus de l’immigration ne comprennent pas. Par exemple, qu’est-ce que ça veut dire, être magané? », cite en exemple M. Cossette.

Livres

Jonathan Harnois à Orléans

Cet automne, l’auteur et parolier (Dumas ; Alex Nevskyl Vincent Vallières) Jonathan Harnois donnera au MIFO (Mouvement d’implication francophone d’Orléans) une série d’ateliers d’écriture créative destinés à des participants de tout âge et de tout niveau.

Divers exercices d’écriture destinés à faciliter la «confiance dans la pratique littéraire» sont programmés au MIFO (6600, rue Carrière) les 26 et 27 octobre ainsi que les 2 et 3 novembre.

Arts

Larry Tremblay lance Le deuxième mari

C’est le monde à l’envers, se dit-on en parcourant le nouveau roman de Larry Tremblay, Le deuxième mari. Dans un pays qui n’est pas mentionné, mais où sévit la mousson, un jeune homme qui rêvait d’un mariage d’amour, tout en souhaitant s’instruire, apprend que ses parents l’ont uni à une femme qui aurait pu être sa mère. Il devient sa chose, l’objet d’une attention qui doit beaucoup à son physique avantageux, tandis que ses aspirations aboutissent sur une voie d’évitement.

La mécanique derrière cette histoire est familière. Seul le sexe des personnes en cause suscite l’étonnement et justement, telle était l’intention de l’écrivain originaire de Chicoutimi. Il a inventé un pays de toutes pièces, un lieu où les femmes ne sont sujettes à aucun interdit. Elles fument et boivent de l’alcool, tout en ayant droit de vie ou de mort sur les hommes qui, de leur point de vue, ont dérogé à la norme sociale qui les confine au rang de subalternes.

Livres

Snowden a écrit son livre avec l'aide d'un romancier

PARIS — Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden a travaillé «pendant de longs mois» avec le romancier Joshua Cohen pour écrire son livre «Mémoires vives» qui vient de paraitre dans une vingtaine de pays, a-t-on appris jeudi auprès de l'éditeur français du romancier.

«Joshua Cohen, l'auteur de David King s'occupe de tout a travaillé pendant de longs mois dans le secret absolu avec Edward Snowden pour écrire son livre Mémoires vives», ont indiqué les éditions Grasset à l'AFP confirmant ainsi une information publiée par The New Republic.

Dans son dernier numéro, le bimensuel américain a révélé que l'ancien employé de l'agence américaine de renseignement NSA a écrit ses mémoires «avec l'aide d'un romancier». Selon le magazine, l'auteur de David King s'occupe de tout a voyagé en Russie «au cours des huit derniers mois pour aider Snowden à organiser et à améliorer son récit».

Au début de son livre, Edward Snowden remercie Joshua Cohen.

Il n'est pas rare que des personnalités fassent appel à des écrivains reconnus pour les aider à tenir leur plume. «Snowden et Cohen sont tous deux obsédés par la façon dont la technologie s'est transformée et a transformé la société», explique The New Republic.

Joshua Cohen, 39 ans, a publié onze livres depuis 2005 (dont trois traduits en français). D'origine ukrainienne et hongroise, pétri d'influences européennes (Joyce, Beckett, Kafka) et de littérature juive (Bellow, Agnon, Celan, Yoel Hoffmann), Joshua Cohen fait partie des meilleurs auteurs américains de la décennie selon le magazine littéraire américain Granta.

Dans un de ses livres (non traduit en français), Book of numbers, Joshua Cohen racontait l'histoire d'un écrivain nommé Joshua Cohen chargé d'écrire l'autobiographie d'un milliardaire des nouvelles technologies nommé... Joshua Cohen.

Son dernier roman publié en français, à l'occasion de la rentrée littéraire, David King s'occupe de tout s'intéresse à la crise des subprimes, la crise du logement, le recouvrement des dettes...

Publié en français au Seuil Mémoires vives raconte l'histoire d'Edward Snowden et les raisons qui l'ont poussé en 2013 à transmettre des dizaines de milliers de documents secrets à plusieurs médias, révélant au passage l'existence d'un système de surveillance mondiale des communications et d'internet opérée par la NSA.

Inculpé aux États-Unis pour espionnage et vols de secrets d'État, privé de passeport, Edward Snowden réside en Russie où son permis de séjour a été reconduit jusqu'en 2020.

Il a demandé la protection de plus de vingt pays, dont la France et l'Allemagne, refusée pour une raison ou une autre.

Livres

Les finalistes pour le Prix du livre d’Ottawa

La Ville d’Ottawa a dévoilé mardi les finalistes 2019 du Prix du livre d’Ottawa (PLO) et des Ottawa Book Awards (OBA).

Drame comédie, récit, biographie, essai ou poésie… les livres en lice reflètent un vaste éventail de genres littéraires. Dans la catégorie Création littéraire en français, les Finalistes du PLO sont Andrée Christensen (L’Isle aux abeilles noires; Éditions David), Michelle Deshaies (XieXie ; David); Daniel Groleau Landry (Fragments de ciels; L’Interligne), Lisa L’Heureux (Et si un soir ; Prise de parole) et Éric Mathieu (Le Goupil; La Mèche).

Livres

Nouvel outil de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français

Dans le cadre de la campagne « Le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien », l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) a mis sur pied deux outils pour célébrer les oeuvres et les auteurs francophones de la province.

Avec la collaboration des libraires indépendants, l’AAOF a établi une série de petites capsules vidéos regroupées sous la bannière « Les choix franco-ontariens de nos libraires ». Ces vidéos se retrouvent sur YouTube.

Livres

Julie Huard, écrivaine en résidence 2019

Julie Huard sera la prochaine écrivaine en résidence de la Ville de Gatineau.

Le conseil municipal de Gatineau a entériné la décision mardi soir.

Le mandat de Mme Huard débutera en octobre 2019, durant la Semaine des bibliothèques publiques du Québec.

Elle réalisera un projet de création littéraire et participera à des activités en bibliothèque.

Une série de rencontres prévue les 19, 20 et 22 octobre lui permettra d’échanger avec le grand public.

Livres

David Goudreault plongé dans l’écri(tor)ture

Ta mort à moi aurait dû être le deuxième ouvrage romanesque de David Goudreault. Une histoire totalement différente, un univers complètement autre, qui était censé l’occuper dans les mois suivant la parution de La bête à sa mère, en 2015.

 Ta mort à moi aurait dû être le deuxième ouvrage romanesque de David Goudreault. Une histoire totalement différente, un univers complètement autre, qui était censé l’occuper dans les mois suivant la parution de La bête à sa mère, en 2015.

C’était évidemment sans savoir que son antihéros, petite crapule en quête de sa génitrice, conquerrait le cœur d’un nombre inattendu de lecteurs, suffisamment pour que ces derniers réclament une suite au Sherbrookois. L’éditeur s’est joint au concert. Mais c’est quand son amie Francine Ruel a apporté sa pierre que l’écrivain a compris que la Bête vivrait plus longtemps, sur deux tomes supplémentaires, tandis que la gestation de Marie-Maude Pranesh-Lopez, nouvelle héroïne, s’étendrait sur quelques années.

Mais l’autre (beau) côté de la médaille, c’est que l’auteur etc. (comme se décrit David Goudreault sur son site internet) a eu le temps de laisser mûrir, mijoter, macérer son histoire et ses nouveaux personnages.

« Ta mort à moi représente environ deux ans et demi de travail assidu, mais étalé sur une période de quatre à cinq ans. J’avais hâte de m’y plonger dès que mon premier roman serait publié. Mais j’ai été victime d’un beau succès, rappelle-t-il en souriant. Je me souviens de ma conversation téléphonique avec Francine, qui me demande si je suis en train d’écrire la suite de la Bête. Je lui réponds que non, ce sera autre chose. "Fais-moi confiance, ti-gars : écris la suite. Ton personnage est riche et on en veut encore." En même temps, j’avais aussi besoin de réfléchir à ce que je devenais comme écrivain et à ce qu’est la littérature pour moi. »

La bête et sa cage et Abattre la bête sont donc nés en même temps que, derrière la caboche de l’auteur, la foisonnante histoire de Ta mort à moi prenait forme, doublée de l’impatience d’y retourner. Mais une fois la trilogie complétée, le succès (toujours lui!) de son spectacle est encore venu brouiller les cartes.

« J’ai eu plusieurs semaines d’écriture à temps plein, mais il y a des phrases de ce livre qui sont nées à 19 h 57 dans les coulisses d’une scène », raconte-t-il.

Livres

«Les testaments»: Margaret Atwood révèle la suite de «La Servante écarlate» [VIDÉO]

LONDRES — L’écrivaine canadienne Margaret Atwood a présenté mardi à Londres «Les testaments», suite très attendue de «La Servante écarlate», une dystopie misogyne terrifiante qui s’est érigée en véritable manifeste féministe à l’ère du mouvement #MeToo.

«C’est le genre de choses qui s’échappent du livre pour entrer dans le monde réel. L’auteur a zéro contrôle dessus», a malicieusement commenté la romancière de 79 ans lors d’une conférence de presse, sans cacher ses opinions féministes.

Pour nombre de ses admirateurs, comme Melisa Kumas, Néerlandaise de 27 ans, son oeuvre est «un avertissement» sur les violences faites aux femmes.

Margaret Atwood «me pousse à devenir plus consciente de la politique qui m’entoure, à faire plus attention à l’actualité [...] pour m’assurer que le pire n’arrive pas», a confié la jeune femme à l’AFP lors du lancement du livre dans une librairie londonienne, tout de rouge vêtue pour rappeler l’uniforme des «Servantes écarlates».

Margaret Atwood aura mis près de 35 ans à imaginer cette suite, inspirée par les questions que lui posaient ses lecteurs. Des événements ont aussi alimenté sa réflexion.

«J’y pensais dans les années 90, puis le 11 septembre [2001] a changé» la société, dit-elle. «Vous ne vous souvenez peut-être pas, mais il était une fois [un monde] où il n’y avait pas de sécurité dans les aéroports... On est devenus plus craintifs», a relevé l’écrivaine, également influencée par la crise financière de 2008 ou la victoire du président américain Donald Trump en 2016.

Ce second tome, mis en vente mardi, s’annonce déjà comme un best-seller : il a été sélectionné pour le Booker Prize 2019, la plus prestigieuse récompense littéraire britannique, et son adaptation en série est déjà en cours.

Il devrait suivre la voie du premier tome, dont la série télé à succès diffusée en 2017 a relancé les ventes, avec huit millions de copies dans le monde pour l’édition anglaise. La traduction française des «Testaments» paraîtra le 10 octobre chez Robert Laffont.

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Livres

Une auteure franco-ontarienne finaliste pour un important prix littéraire

L’auteure Aylmeroise Andrée Poulin finaliste du Prix TD de la littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse (TDLJ).

Elle se retrouve en lice au côté de quatre auteurs pour son roman «Qui va bercer Zoé?», publié par les éditions 400 coups. Ce prestigieux prix annuel s’accompagne d’une bourse de 50 000 $.

Andrée Poulin vient par ailleurs de faire paraître — chez Bayard Canada — mercredi le roman «J’avais tout prévu sauf les bélugas», qui est la suite de «La plus grosse poutine du monde», qui avait obtenu en 2014 le Prix TDLJ ainsi que le Prix littéraire Le Droit, avant de faire l’objet d’une adaptation théâtrale signée par les compagnies Vox et La Catapulte.

La suite de ce roman traite de bélugas, de chicanes de gars, de la puissance des câlins et de pitreries de babouins, en mettant en scène les mêmes personnages.

Il s’agit d’«un récit bourré de rebondissements, avec beaucoup de drame, quelques larmes et de beaux morceaux d’humour», promet Mme Poulin.

Livres

Margaret Atwood et Salman Rushdie sélectionnés pour le Booker Prize

LONDRES — Margaret Atwood et Salman Rushdie figurent parmi les écrivains sélectionnés pour le Booker Prize 2019, prestigieuse récompense littéraire britannique, selon la liste des six finalistes publiée mardi.

La romancière et poétesse canadienne est nominée pour «Les Testaments» («The Testaments»), la suite très attendue de «La Servante écarlate» («The Handmaid’s Tale»), qui doit sortir dans les prochains jours en Grande-Bretagne (en octobre en France).

Le président du jury, Peter Florence, a qualifié «Les Testaments» de «roman sauvage et magnifique qui nous parle aujourd’hui avec conviction et puissance». «Atwood a placé la barre exceptionnellement haut. Elle s’envole», a-t-il salué.

«La Servante écarlate», dystopie publiée en 1985, est devenue une série TV à succès en 2017 qui a relancé les ventes du roman, dont l’édition anglaise a atteint huit millions de copies dans le monde entier.

Souvent citée pour le prix Nobel de littérature, Margaret Atwood, 79 ans, a déjà remporté le Booker Prize en 2000 pour son roman historique «Le Tueur Aveugle».

Lauréat du Booker Prize lui aussi, en 1981 pour «Les Enfants de minuit», Salman Rushdie, 72 ans, est sélectionné pour «Quichotte», version moderne de l’épopée picaresque du héros de Cervantès transposée en Amérique.

Les autres finalistes

- Le Nigérian Chigozie Obioma pour «L’Orchestre des minorités» («An Orchestra of Minorities»). L’auteur avait déjà été nominé en 2015. À propos d’un éleveur de poulets dans une petite ville du Nigéria, il s’agit d’»un conte aux proportions odysséennes qui fait battre le coeur», selon la membre du jury Afua Hirsch.

- L’Anglo-Nigériane Bernardine Evaristo pour «Girl, Woman, Other» (non traduit en français), chronique de la vie de familles noires en Grande-Bretagne.

- L’Américaine Lucy Ellmann pour «Ducks, Newburyport», un roman-fleuve de 1.000 pages bâti autour du monologue d’une femme au foyer de l’Ohio.

- Elif Shafak, l’écrivaine la plus lue en Turquie, pour «10 Minutes 38 Seconds in This Strange World», sur les souvenirs d’une prostituée dans les bas-fonds d’Istanbul.

Le Booker Prize, qui consacre des oeuvres de fiction en anglais, sera attribué le 14 octobre.

Arts

L’auteur Yann Moix sème la polémique en se décrivant en enfant battu

PARIS — La sortie du nouveau livre de l'écrivain français Yann Moix, habitué aux esclandres, se double d'une polémique familiale et littéraire en France.

Dans son roman Orléans, qui sort mercredi en librairie, le romancier se décrit en enfant battu, victime de maltraitances. «Pure affabulation», répond son père José.

Orléans (Grasset), le 17e livre de l'écrivain récompensé par le prix Renaudot en 2013, est présenté par l'auteur, âgé de 51 ans, comme «un roman d'humiliation». L'écrivain y raconte son enfance malheureuse de la maternelle jusqu'à la fin du lycée.

Le livre est divisé en deux parties : «Dedans» où il décrit son enfer familial et «Dehors» où il revisite les mêmes années à l'école, avec ses amis et ses premiers amours.

La première partie est effroyable. Le lecteur apprend que la mère du très jeune Yann Moix le regardait avec de «la haine et du mépris dans le regard». Il prête à sa mère des intentions criminelles. «Elle luttait sans trêve contre l'idée de me noyer dans l'eau mousseuse du bain ou de m'étouffer sous l'oreiller de mon petit lit», écrit-il.

Le pire est encore à venir et l'écrivain n'occulte aucune des raclées et des humiliations que lui font subir ses parents, notamment son père, décrit comme un cruel bourreau d'enfant. Yann Moix se souvient du contenu d'une poubelle déversé sur lui, des coups donnés avec une rallonge électrique, de sa tête plongée dans la cuvette pleine des toilettes...

L'écrivain avait déjà évoqué cette enfance terrible dans Panthéon (2006).

Ancien kinésithérapeute, le père de l'écrivain, 75 ans, a catégoriquement contesté les souvenirs de son fils. «Notre fils n'a jamais été battu», a affirmé José Moix dans un entretien accordé au quotidien La République du Centre.

«La notion d'enfant battu a évolué entre les années 1970-80 et aujourd'hui. De nos jours, une simple tape sur les fesses d'un enfant est très mal perçue. Peut-être même risque-t-on gros», concède cependant José Moix.

Il reconnaît avoir donné une correction à son fils «comme cette fois où Yann a tenté de défenestrer son frère du premier étage [...] où quand il a mis la tête d'Alexandre [son frère] dans les WC et a tiré la chasse d'eau».

«Je ne le nie pas, il a alors ramassé une bonne paire de claques. Mais il était un ado dur. Et peut-être qu'au fond, si j'avais été moins sévère, il n'en serait pas là où il est aujourd'hui, vu ses fréquentations de l'époque», a ajouté José Moix.

Tout ce qui est raconté dans le livre «n'est que pure affabulation», a-t-il dit.

Livres

La directrice générale du Salon du livre de l'Outaouais tire sa révérence

Un nouveau chapitre s’amorce pour le Salon du livre de l’Outaouais (SLO) : après dix ans comme directrice générale, Anne-Marie Trudel tire sa révérence. Celle qui a sorti le Salon d’une mauvaise posture quitte avec une grande fierté, celle « d’en avoir fait un événement reconnu à la fois par les visiteurs et le milieu du livre comme étant très innovateur, qui n’a pas peur des risques, et qui a su se transformer dans son approche événementielle avec une programmation solide. »

La poète et dramaturge Mélanie Rivet, qui a été directrice générale adjointe du SLO au cours de la dernière année, en reprend désormais les rênes, a-t-on annoncé mardi. Mme Rivet a été tour à tour gestionnaire de projets, responsable des communications, journaliste culturelle et traductrice. Elle a coordonné plusieurs événements artistiques dans des disciplines variées.

Renouveler le SLO

Avant de prendre la barre du troisième Salon du livre en importance au Québec, Anne-Marie Trudel a été directrice générale d’un organisme communautaire, puis responsable du développement économique, du tourisme et de l’emploi à la Conférence régionale des élus de l’Outaouais.

En 2009, une série de changements de direction en l’espace de quelques années avait malmené le Salon. L’équipe était en train de se renouveler, de A à Z. Et ces ballottements, en plus de la privatisation du Palais des congrès qui a fait grimper en flèche ses coûts de location, avaient creusé un fossé de 150 000 $ dans son budget — sur un total d’environ 900 000 $.

« Quand je suis arrivée en poste, on a failli ne pas faire la première édition, se souvient Mme Trudel. On a dû commencer à organiser le Salon au mois de décembre, alors qu’il faut normalement 10 mois pour le préparer. On l’a fait en dix semaines à l’époque. Les outils de communication étaient à rebâtir, la confiance avec plusieurs partenaires aussi... C’est ce qu’on a réussi à faire à travers les années. »

Moderniser l’organisation était également un besoin criant. En 2009, « on avait encore une timbreuse pour envoyer des lettres aux écoles ! illustre-t-elle en éclatant de rire. Le SLO était dans les années 2000, mais on travaillait à l’ancienne. On a transformé nos façons de travailler, ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est une machine d’organisation qui travaille avec beaucoup de rigueur et avec des outils qui nous rendent plus performants. »

En 2019, le personnel du SLO est toujours composé d’une employée permanente — la directrice générale — et de trois contractuels que l’on embauche pour six mois. L’équipe orchestre 175 activités en quatre jours. 

Depuis le SLO de 2018, cette même équipe s’est mise à livrer une série de rendez-vous « hors les murs », des événements tenus à longueur d’année. Questionnée à savoir si elle avait des regrets, Mme Trudel concède n’en avoir qu’un seul : que ce volet n’ait pas pris son envol plus vite. « Le défi de vraiment avoir une programmation à l’année reste quelque chose sur quoi il y a encore beaucoup de travail à faire, indique-t-elle. Ça commence finalement à être au rendez-vous. Mais ce virage-là fait que le SLO, qui était perçu comme un événement, est devenu un médiateur culturel, plus que jamais. »

Nouveaux défis

Officiellement, Mme Trudel a terminé son mandat jeudi dernier. Elle met actuellement sur pied sa propre boîte de consultation en stratégie en service-conseil et en accompagnement. Son premier client ? Un visage connu : le SLO, pour qui elle travaillera à bonifier et promouvoir son outil numérique du Carnet du visiteur.

« Je suis à un moment de ma vie où j’ai envie de nouveaux défis. Oui, le Salon en soi est un défi ; et le défi de le développer, c’est sain que quelqu’un d’autre le fasse, conclut-elle. En ce moment, il y a une effervescence culturelle dans la région, et j’ai envie de participer à ça. J’ai autant d’énergie qu’avant, et surtout autant d’enthousiasme ! Ça va simplement être utilisé autrement. J’ouvre la porte à tout. »

Livres

Des esquisses du Petit Prince retrouvées dans une vieille maison en Suisse

GENÈVE — Des esquisses du Petit Prince réalisées par Antoine de Saint-Exupéry ont été retrouvées dans une vieille bâtisse du nord de la Suisse, où elles avaient été stockées par un magnat de l’immobilier au milieu de dizaines de milliers d’oeuvres d’art.

Acquis il y a plus de 30 ans dans une vente aux enchères en Suisse, les croquis étaient conservés dans un dossier cartonné et «sont dans un très bon état», a raconté jeudi à l’AFP Elisabeth Grossmann, conservatrice de la Fondation pour l’art, la culture et l’histoire de Winterthour (canton de Zürich).

«En revanche, beaucoup d’autres oeuvres sont en mauvais état», a-t-elle ajouté, précisant que la collection était entreposée dans plusieurs endroits de la ville.

Le carton renfermait trois dessins liés au Petit Prince — le buveur sur sa planète, le boa qui digère un éléphant accompagné d’annotations manuscrites, et le Petit Prince et le renard — ainsi qu’un poème illustré d’un petit dessin et une lettre d’amour adressée à sa femme Consuelo.

Comme l’a révélé jeudi le journal local Landbote, les esquisses, qui ne sont pas datées, ont été réalisées sur du papier de la poste aérienne à l’encre de Chine et à l’aquarelle.

Le collectionneur zurichois Bruno Stefanini, mort en décembre 2018 à 94 ans, les avait achetées à une vente aux enchères en 1986 à Bevaix (ouest). Propriétaire de l’une des plus grandes collections d’art de Suisse, il avait créé en 1980 cette Fondation à Winterthour afin qu’elle gère son patrimoine.

Le Petit Prince, écrit à New York par Antoine de Saint Exupéry pendant la guerre, et illustré avec ses propres aquarelles, a été publié en 1943 à New York, puis en 1946 en France, après la disparition de l’aviateur le 31 juillet 1944 au large de Marseille.

L’écrivain avait vécu deux ans en Suisse, de 1915 à 1917, dans un pensionnat religieux de Fribourg (centre).

Les illustrations originales de son livre sont conservées à la Morgan Library à New York.

Mme Grossmann a dit au journal Landbote que la Fondation allait prendre contact avec la Morgan Library pour les informer de cette «trouvaille».

Livres

Dany Laferrière fera paraître en novembre un nouveau «roman dessiné»

MONTRÉAL — Dany Laferrière fera paraître en novembre un nouveau «roman dessiné», après «Autoportrait de Paris avec chat», publié l'an dernier.

Dans Vers d'autres rives, l'écrivain poursuivra son «autobiographie américaine», selon les Éditions du Boréal.

L'académicien y racontera cette fois sa «période Miami», au début des années 1990, après son premier séjour montréalais. Installé dans le quartier de Little Havana, il laisse par contre «ses souvenirs le ramener à Petit-Goâve, où la cuisine de Da lui donne de précieuses leçons dont il tirera profit tout au long de sa carrière d'écrivain».

«J'ai toujours rêvé d'une biographie qui exclurait les dates et les lieux pour ne tenir compte que des émotions ou des sensations même fugaces, écrit Laferrière. La première fois que j'ai vu une libellule. La fois que je suis entré dans la mer en ignorant qu'il fallait savoir nager. La fois que j'ai assisté à l'exécution d'un prisonnier politique près du cimetière de Port-au-Prince. Le dernier regard de ma mère en me voyant partir en exil.»

Alors que dans Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière rendait hommage «aux artistes de tous les temps qui ont trouvé asile à Paris», avec texte et petits dessins de l'auteur, le nouveau roman dessiné sera cette fois «un hommage vibrant et coloré» aux poètes et aux peintres de son Haïti natal.

Vers d'autres rives doit sortir en librairie le 12 novembre.

Livres

Suggestions bouquines

Parce qu’on n’a jamais trop de suggestions bouquines, et parce que ce lundi, 12 août, c’est la journée J’achète un livre québécois, on a demandé à différentes personnalités quelles étaient leurs suggestions du moment au chapitre de la littérature québécoise. Leurs recommandations nous transportent dans différents univers et autant de genres littéraires. Une liste à apporter avec soi pour s’inspirer dans les rayons de la librairie le 12 août... et tout le reste de l’année!

MARYSE DUBUC
coauteure de la série de bande dessinée Les Nombrils 

« La série Les héros de ma classe, de Jocelyn Boisvert, un auteur originaire de Sherbrooke. C’est publié chez Fou lire et chaque tome s’arrête sur un des élèves, chaque épisode a une saveur différente. Comme quoi la diversité, c’est beau, et chacun a droit à son heure de gloire! »

Livres

Histoires de vin

Doux, amer, avec de la gueule ou du coffre ; au flair de l’auteur et vigneron Laurent Fadanni, la personnalité d’un vin est une personnalité, point. Vingt bouteilles et leurs caractères se transforment en vingt personnages dans Visages dionysiaques, son premier recueil de nouvelles récemment paru en librairie.

La maison d’édition ottavienne L’Interligne sert cette nouvelle cuvée de son « auteur maison », qui y a auparavant publié trois recueils de poésie.

Livres

La tueuse de rêves: un roman jeunesse sur les inondations à Gatineau

Mariette Théberge aurait souhaité que son troisième livre jeunesse colle moins à l’actualité. Mais le hasard fait parfois drôlement les choses. Alors que la région se remet d’un deuxième printemps d’inondations, les éditions Vents d’Ouest publient La tueuse de rêves, un roman pour adolescents sur la crue de 2017 qui illustre son dur impact sur la famille d’une jeune fille de Gatineau.

Tout a commencé pour Mariette Théberge par une fracture de l’humérus. En attente d’une opération, la professeure en éducation à l’Université d’Ottawa a dû ralentir ses activités professionnelles et s’est retrouvée avec plus de temps que prévu entre les mains. C’était au printemps 2017, au moment où des quartiers de Gatineau étaient submergés sous la rivière des Outaouais en crue. Des maisons, des comptes épargne, des projets y ont passé. Une catastrophe, qui a envoyé des pans de vie entiers droit vers le drain...