Les Cibles: le «coup de colère» de Chrystine Brouillet

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Les Cibles: le «coup de colère» de Chrystine Brouillet

Dans le nouveau livre de la romancière, l’enquêtrice Maud Graham remonte la piste de la haine ordinaire.

Maud Graham est repartie pour une 19e enquête, qui prend cette fois la forme d’un « cold case qui rebondit 7 ans plus tard ». Et qui se veut une observation critique de « l’intolérance ».

Dans Les Cibles, paru le 29 juillet, l’enquêtrice de Chrystine Brouillet met son « redoutable flair » au service d’une vieille affaire survenue quelques années plus tôt : un meurtre non résolu doublé d’une disparition que la police de Québec n’avait su expliquer, faute de preuves. Jusqu’à ce que de nouveaux éléments remettent Maud Graham et ses collègues en selle sur le dossier. 

Et pendant que Maud Graham remonte la piste du ou des coupables, la romancière dresse le tableau d’une société où règne l’homogénéité... voire l’orthodoxie.

Car pour certains résidents de la bonne ville de Québec, le mépris des comportements jugés hors normes ou déviants justifie presque à eux seuls qu’on veuille faire le ménage. Dans Les Cibles, la haine de l’autre a conduit à la mort d’un homosexuel.

Le problème de la violence normative n’est pas davantage réglé au sein de la société canadienne, dénonce Chrystine Brouillet. La romancière s’en inquiète tant à travers l’intrigue de son thriller qu’à la fin de son livre, où elle fait état, chiffres récents à l’appui, de nombreux crimes haineux ayant pour motif l’orientation sexuelle.

Pas que des meurtres. Cette postface expose des « agressions homophobes », aussi violentes que gratuites... survenues non pas dans les années 1970 ou 1990, mais en 2018 et 2019, encore. 

« Le discours d’intolérance, je ne l’accepte pas », s’offusque au téléphone la romancière, en expliquant qu’elle entend trop régulièrement « des commentaires racistes ou homophobes » lorsqu’elle prend les transports en commun, elle qui « ne conduit pas ».

Et c’est précisément de cette haine ordinaire — contemporaine — que Chrystine Brouillette a voulu exposer dans Les cibles.

« Dans le monde, il y a encore 70 pays où être homosexuel est illégal et 10 autres où on les condamne par la peine de mort ! Ce n’est pas possible ! » 

« Ça faisait longtemps que j’avais envie de parler d’homophobie dans un de mes livres », avoue-t-elle. 

Elle s’attendait à ce que ce « problème s’arrange avec les années, mais non ! Il y a encore beaucoup de comportements inacceptables. D’agressions dans la rue ; et dans les cours d’école, les enfants qui continuent de se faire traiter de fifs et de tapettes. Et je ne parle pas de choses qui se sont produites il y a 50 ans, mais l’année dernière. » 

« Je suis fâchée des comportements des gens. Ce roman-là est un coup de colère ! » 

Elle comprend mal « qu’on soit aussi réfractaires et fermés à l’autre ». « On ne peut pas évoluer un peu ? Il faut en parler. Je n’ai pas envie de continuer à m’inquiéter pour mes amis homosexuels. » 

Christian Quesnel : La lumière dans la noirceur [VIDÉO]

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Christian Quesnel : La lumière dans la noirceur [VIDÉO]

Christian Quesnel l’avoue d’emblée, il n’a jamais été un fan d’Astérix ou de Tintin. Mais si on lui parle de Goldorak, alors là il s’enflamme.

La réputation du bédéiste originaire de l’Outaouais n’est plus à faire. 

Avec la publication de nombreuses bandes dessinées et de récits graphiques dont un album sur Félix Leclerc en 2019 et un projet multimédia sur Beethoven avec l’Orchestre symphonique de Gatineau en 2013, Quesnel s’est révélé auprès des amateurs du genre à travers le monde. Son style narratif et onirique ainsi que son coup de pinceau qui baigne dans l’aquarelle décrivent bien son art.

[GÉRER LA CRISE] Librairie Pantoute: environ 25 000 livres vendus en ligne pendant le confinement

Gérer la crise

[GÉRER LA CRISE] Librairie Pantoute: environ 25 000 livres vendus en ligne pendant le confinement

La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Librairie Pantoute 
  • Type d’entreprise: Librairie
  • Contact: Benoît Vanbeselaere, Responsable des communications et des évènements

Q Votre situation avant la crise?

R La Librairie Pantoute a été fondée en 1972 et elle compte aujourd’hui deux succursales à Québec, soit sur la rue Saint-Jean, dans le Vieux-Québec, et sur la rue Saint-Joseph dans le quartier Saint-Roch. Elle est membre de l’Association des libraires du Québec (ALQ). Depuis une dizaine d’années, nous offrions un service de vente en ligne en collaboration avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec qui regroupe une centaine de librairies indépendantes de la province et quelques unes hors-Québec, mais francophones. Nous avions été parmi les premiers à faire partie de la coopérative. Nous y sommes donc depuis ses débuts. Avant le début de la crise, les ventes en ligne ne représentaient qu’une petite partie de nous ventes totales. Je dirais autour de 2 à 3 %, soit peut-être une quinzaine de commandes par jour.

Q Quelles ont été les répercussions de la crise?

R Un peu avant la fermeture de nos librairies, il y a d’abord eu un petit moment de flottement pendant lequel nous voyions déjà une augmentation de nos ventes en ligne. Mais c’est vraiment une fois que l’on a fermé que les gens se sont rabattus très très rapidement sur le site Internet et que nous avons vu nos ventes exploser.

Q Vous avez reçu autour de 5 000 commandes pendant le confinement. Avez-vous été surpris de la réponse des gens?

R On s’attendait à avoir plus de commandes. C’est certain. Mais pas autant. Et pour rien ne cacher, on a un peu été pris au dépourvu dans notre organisation. Quand on prépare quotidiennement une quinzaine de commandes et que, du jour au lendemain, il faut en préparer 180 ou 200, il faut repenser les choses différemment. Ça nous a pas mal chamboulés. Et au début, nous avons forcément eu une période pendant laquelle les délais de traitement et de préparation ont été plus longs parce que nous devions nous organiser complètement autrement et composer un peu au jour le jour par rapport à ça.

Il y a donc une équipe pandémique qui s’est mise en place durant le confinement. Les personnes qui étaient affectées à tous les jours aux commandes Web ont été rejointes par des libraires ou d’autres employés qui avaient dû être mis à pied mais qui ont été rappelés pour donner un coup de main dans les différentes tâches qu’il y avait à faire. On est passé de deux employés à presque une dizaine à l’expédition des commandes. Certaines personnes ont aussi fait du télétravail pour répondre aux clients, gérer la facturation et faire les liens. Des petites équipes ont donc été mobilisées dans les deux librairies pour répondre à la demande.

Les gens de la coopérative des libraires, qui s’occupent du site Web, ont aussi dû être très présents parce qu’un tel volume de commandes impliquait énormément de travail, de la maintenance, de l’organisation, etc. Même si ce sont eux qui gèrent le site, il y a quand même une relation entre chaque librairie et la coopérative, que ça soit dans l’échange de données, de la transmission de factures, etc. Les ventes ont explosé chez nous, mais elles ont aussi explosé dans toutes les autres librairies du réseau.

Q Vous avez vendu autour de 25 000 livres via votre boutique virtuelle, dont entre 18 000 et 20 000 livres papier. Comment avez vous fait pour répondre à la demande?

R On avait la plupart des ouvrages en librairie. L’inventaire qui est sur notre site Web est celui de nos deux librairies ce qui représente environ 40 000 titres. Et au deux-tiers du confinement, nous avons aussi commencé à recevoir des livraisons de livres de commandes spéciales pour répondre à la demande.

Quarante mille titres, c’est un bon stock, mais c’est aussi à double tranchant. Ayant un tel inventaire, nous avons reçu des commandes d’un peu partout au Québec. Mais parce que nous étions peut-être une des seules librairies à avoir en stock des titres qui étaient recherchés, nous nous sommes retrouvés à envoyer des commandes un peu partout au Canada, même au Yukon.

Vendre autant de livres a cependant eu pour effet de beaucoup réduire nos inventaires. En ce moment, il y a quelques tablettes dans nos succursales qui sont moins garnies qu’à l’habitude. On prend ça avec philosophie. Ça nous permet de nous réorganiser. Et depuis la fin du confinement, les livraisons régulières ont repris. Mes collègues à la réception reçoivent beaucoup beaucoup de boîtes de livres.

Q Comment le marché a-t-il repris chez vous depuis la fin du déconfinement?

R Il y a quand même un retour des clients à la librairie. On a la même courbe que la COVID au niveau des commandes sur le site. Elle s’est aplatie. On en a à peine plus qu’avant le confinement. On est revenu à un rythme plus gérable à deux ou trois personnes. On s’attend cependant à ce que notre site Web maintienne un bon niveau d’achalandage. On avait nos habitués, mais la crise a fait que de nouveaux clients les ont rejoints. Lors de la réouverture de la librairie, nous avions uniquement un système de cueillette pour des commandes faites en ligne. Il y a donc des gens qui ont gardé ce réflexe. Ils magasinent en ligne avant de récupérer leur achat en boutique, quitte à céder à d’autres tentations en arrivant.

Appel de candidatures pour l’écrivain en résidence à Gatineau

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Appel de candidatures pour l’écrivain en résidence à Gatineau

Les auteures et auteurs de l’Outaouais sont invités à poser leur candidature dans le cadre du programme Écrivain en résidence de la Ville de Gatineau.

L’écrivain en résidence devrait se consacrer à un projet d’écriture pendant le mois d’octobre et sera appelé à échanger et discuter avec la population par l’entremise de baladodiffusion, de mentorat en ligne ou de discussion sur les réseaux sociaux. 

« Le programme Écrivain en résidence fait la promotion de la littérature régionale auprès de la population de Gatineau », est-il écrit sur le communiqué de presse émis par la Ville de Gatineau lundi.

L’an dernier, l’auteure Julie Huard avait hérité de ce titre. Auparavant, Éric Péladeau en 2018 et Paul Roux en 2017 avaient lancé le programme. Ceux et celles qui voudront leur succéder ont jusqu’au 15 juillet pour soumettre leur candidature.

Les candidats devront habiter sur le territoire de l’Outaouais, maîtriser la langue française et avoir publié au moins une œuvre chez un éditeur connu.

Soulignons également qu’un cachet de 3500 $ est relié à ce programme dont tous les critères d’admissibilité apparaissent sur le site de la Ville de Gatineau

Des classiques à lire et à relire

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Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l’identité québécoise.

La rage (1989)
Louis Hamelin

La rage est un roman de l’entre-deux référendums qui traduit, avec force et puissance, le sentiment d’aliénation d’une génération qui se sent sacrifiée, avec une grande liberté de ton. L’œuvre ressemble à un coup de tonnerre dans un ciel bleu, comme peu d’auteurs réussissent du premier coup. On peut évoquer Réjean Ducharme, cité par le narrateur : Laval des avalés. Louis Hamelin s’affirmait déjà comme l’une des plus grandes plumes du Québec — le livre couvert de dithyrambes obtient d’ailleurs le prix du Gouverneur général.

Par l’entremise de Malarmé, une des nombreuses allusions littéraires de La rage, Hamelin évoque le destin d’un Québécois dépossédé par le Canada. L’électron libre squatte les terres de Mirabel expropriées par Ottawa pour la construction de l’aéroport dans les années 1960.

L’alter ego de l’auteur a trouvé refuge dans un chalet abandonné avec comme compagnie les deux chiens du voisin, Bourgeois... Décrocheur lettré et désœuvré, il trompe son ennui en jouant à la machine à boules et au billard au Pulford Lodge. C’est là qu’il rencontre Johnny, tout aussi paumé que lui et souvent défoncé. Le No Future punk n’est pas loin…

Pendant neuf mois, Malarmé va décrire cette rage qui le ronge et se transforme en révolte et en violence. Le lecteur constate qu’Hamelin explore des thèmes qui deviendront récurrents dans les romans subséquents : l’Américanité, les grands espaces et l’amour de la nature.

Ce premier roman démontre sa maîtrise de la narration, qui va sans cesse s’affiner, le même regard aiguisé de la psyché humaine et le même esprit subtil dans le trait, que ce soit pour décrire ses personnages ou la nature sauvage dans laquelle ils évoluent.

Nous l’avons déjà écrit, mais répétons-le : la force de ce romancier brillant réside dans son souffle incomparable. Et dans sa plume agile, surtout son sens des dialogues aiguisé. Il devient presque impossible de poser le livre. Et la rage va gonfler dans les tripes du lecteur... Éric Moreault, Le Soleil

Paul Ruban décroche le Prix littéraire Trillium

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Paul Ruban décroche le Prix littéraire Trillium

L’auteur Paul Ruban a remporté mercredi le Prix littéraire Trillium 2020 pour son recueil de nouvelles Crevaison en corbillard, tandis que Véronique Sylvain a mérité le Prix de poésie Trillium, attribué pour son recueil Premier quart.

Les lauréat.e.s de ces prestigieux prix littéraires ontariens ont été divulgués mercredi 17 juin, en soirée, lors d’une cérémonie de remise de prix virtuelle organisée par Ontario Créatif. 

Cette cérémonie diffusée en direct sur les réseaux sociaux de l’organisme gouvernemental a aussi été l’occasion de décerner à Téa Mutonji et à Roxanna Bennett (poésie) les deux prix équivalents pour des oeuvres en langues anglaises.

Le grand public est invité à écouter un entretien entre les deux lauréats francophones et l’animateur Zefred. Leurs discussions feront l’objet d’une diffusion sur Facebook LIVE, le 23 juin à 12 h (HAE), sur la page de Ontario Creates.

Les deux lauréats francophones ont des liens étroits avec Ottawa. Paul Ruban, un réalisateur et pigiste qui collabore avec diverses sociétés de production télé de la région de Toronto, a grandi dans la capitale fédérale. 

Originaire de Kapuskasing, Véronique Sylvain est responsable de la promotion et des communications pour la maison d’édition David, à Ottawa.

Crevaison en corbillard est édité par Flammarion Québec. Premier quart est paru aux éditions Prise de parole, basées à Sudbury.

Le jury des deux prix francophones était composé de la dramaturge ottavienne Lisa L’Heureux (directrice du Théâtre Rouge Écarlate); l’auteur et poète David Ménard (Neuvaines) et l’auteur Paul Savoie (Bleu bémol).

Lucky Luke s'attaque à la ségrégation raciale

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Lucky Luke s'attaque à la ségrégation raciale

PARIS — Le prochain album de Lucky Luke, le cow-boy solitaire qui «tire plus vite que son ombre», va enfin mettre en avant les Noirs américains, a annoncé lundi à L’AFP le scénariste de la série créée il y a plus de 70 ans par le Belge Morris.

«Les histoires de Lucky Luke sont censées se dérouler durant la guerre de Sécession et au-delà, pourtant jamais les Afro-Américains ne sont représentés dans les albums, sauf de manière marginale», a expliqué Jul, scénariste français des deux précédents albums de Lucky Luke, La terre promise (2016) et Un cow-boy à Paris (2018).

Au fil des 80 albums de la série, les Noirs font des apparitions sporadiques, souvent sans parole (majordome du président dans plusieurs albums, ouvriers dans «En remontant le Mississippi»...).

L’album Un cow-boy dans le coton (48 pages, 10,95 euros [16,81 $]), dessiné comme les précédents par Achdé, sortira le 23 octobre chez Lucky Comics. «Il a été conçu bien avant le décès de George Floyd», a précisé Jul.

Deux nouveaux livre audio chez L’Interligne

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Deux nouveaux livre audio chez L’Interligne

L’Interligne a ajouté deux livres audio à son catalogue.

Des versions audio de Dévorés, roman de Charles-Étienne Ferland, ainsi que du recueil de poésie Fragments de ciels, signé Daniel Groleau Landry, seront «bientôt disponibles», tant en format numérique que sur support CD, a dévoilé lundi la maison d’édition ottavienne.

Les deux auteurs ont eux-mêmes concocté l’habillage musical de ces mises en lecture. Daniel Groleau Landry lit ses propres poèmes, tandis qu’Yvon Leblanc tient le rôle de liseur du roman de science-fiction Dévorés.

On peut en écouter des extraits sur Soundcloud, ici (Dévorés) et Fragments de ciels.

Ces deux titre s'ajoutent à On n'sait jamais à quoi s'attendre, d'Hélène Koscielniak, qui avait bénéficié de ce traitement audio l'an passé. Yvon Leblanc y tient également le rôle de liseur. 

Havre en Balado

Par ailleurs, une autre parution de L’Interligne, Havre de Mishka Lavigne, est à l’honneur d’un balado créé dans les cadre des activités de la Maison de la littérature de Québec (MLQ).

«Forcée de réinventer sa programmation», la MLQ présente en formule balado sa série Amuse-bouches. La série est constituée de lectures musicales des sept œuvres lauréates des prix du Gouverneur général 2019. 

La capsule podcast consacrée à la pièce de théâtre Havre est elle aussi disponible sur Soundcloud.

Des classiques à lire et à relire

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Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l’identité afro-américaine.

La Case de l’oncle Tom (1852)
Harriet Beecher Stowe

Publié en 1852, La case de l’oncle Tom devient rapidement un des livres fondateurs de la cause anti-esclavagisme. L’Américaine Harriet Beecher Stowe est une abolitionniste de la première heure.

Le roman — qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires — cause une véritable onde de choc. L’histoire s’articule autour d’un esclave noir, l’oncle Tom du titre. Plutôt «tolérant» de son état, patient, courageux... Tom incarne le «bon esclave». Autour de lui gravite toute une panoplie de personnages secondaires qui dessinent le portrait de la société du Sud : riches propriétaires terriens (compréhensifs ou sévères, voire carrément sadiques), domestiques (entre liberté et soumission) et esclaves (résignés ou rebelles). Sans oublier les chasseurs d’esclaves en fuite et les contremaîtres zélés.

Depuis les rives du Mississippi jusqu’aux plantations du Kentucky et de La Nouvelle-­Orléans, on suit le parcours de Tom, que ses «patrons», bienveillants, mais endettés, seront contraints de vendre malgré leur grande affection pour lui. Le chemin vers la liberté est long; la perspective d’affranchissement, plus élusive qu’inéluctable.

Pour le lecteur d’aujourd’hui, leurs aventures sont l’occasion de mieux comprendre que les préjugés contre les Noirs se retrouvaient dans les deux camps, y compris dans les États du Nord. 

Nourrie par ses valeurs chrétiennes, Stowe déroule un récit humaniste sur le Mal — l’esclavage — baigné de compassion, de discours moraux sur l’accès à l’éducation et de lectures de la Bible. Dans le Sud des États-Unis, on jugea le roman ridicule et diffamatoire. On lui reprocha son style romanesque «larmoyant»— un sentimentalisme pourtant caractéristique de la «fiction domestique», commune à l’époque. Certes, pour bien faire passer son message égalitariste à une époque ou un tel discours est avant-gardiste, l’auteure ne lésine pas sur les effets mélodramatiques. Reste que son roman fut crucial dans l’éveil des consciences. Yves Bergeras, Le Droit

J.K. Rowling fait face à des critiques pour ses propos sur les transgenres

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J.K. Rowling fait face à des critiques pour ses propos sur les transgenres

LOS ANGELES — L’autrice de Harry Potter J.K. Rowling fait face à de nombreuses critiques après avoir publié sur Twitter une série de messages sur les personnes transgenres.

J.K. Rowling a suscité l’indignation samedi sur Twitter lorsqu’elle a critiqué un article d’opinion publié par le site web Devex, qui a utilisé l’expression «les personnes qui ont leurs menstruations».

Des classiques à lire et à relire

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Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: les livres qui évoquent les livres.

Les combustibles (1994)
Amélie Nothomb

Quelle est la valeur d’un livre? Quelle importance convient-il de lui accorder, dès lors que la vie est menacée? Telle est la question explorée par Amélie Nothomb dans Les Combustibles. Cette pièce avait fait grande impression au Québec, il y a une vingtaine d’années. 

On pouvait s’imaginer à la place des protagonistes, dans une pièce dominée par une immense bibliothèque. Dehors, la guerre sévit pour un deuxième hiver. Il fait froid partout, même entre quatre murs, et l’ennemi est tout proche, comme le suggère le bruit des canons.

Le maître des lieux est professeur de littérature à l’université. Son assistant, un ancien élève nommé Daniel, l’y a rejoint. Le trio sera bientôt complété par Marina, une étudiante engagée dans une relation avec Daniel. Son appartement a été détruit. Elle gèle, mais apprend que la dernière bûche achève de se consumer. Que faire, alors? Elle propose de glisser des bouquins dans le poêle en fonte. L’idée fait horreur aux deux autres, puis la réalité impose sa loi.

Il faut sacrifier des pages, ce qui crée du mauvais sang, puisque les goûts diffèrent. Des noms d’auteurs — tous inventés — sont agités tels des drapeaux. Ce qui crée le plus de frictions, cependant, c’est l’attitude du professeur. Les écrivains que ses élèves étaient obligés de lire, il ne les aimait pas, tandis que son préféré est un type qu’il a ridiculisé.

Ce que Les Combustibles évoque aussi, en filigrane, c’est le sort de tant d’assiégés, jadis à Sarajevo, aujourd’hui en Syrie. La peur constante. La claustrophobie. Le sentiment que ce supplice abrutissant ne finira jamais. Eux, par contre, n’ont pas le loisir de sacrifier des éditions de luxe pour repousser l’échéance. C’est leur âme qui brûle à petit feu. Daniel Côté, Le Quotidien

Claude Guilmain, invité de la prochaine Croisée des mots virtuelle

Arts

Claude Guilmain, invité de la prochaine Croisée des mots virtuelle

À présent virtuelle, la série littéraire La Croisée des mots se poursuit en compagnie de trois auteurs de L’Interligne, cette semaine et lundi prochain.

Les trois prochains événements, prévus les 3, 4 et 8 juin, donneront respectivement la parole à Claude Guilmain, Aristote Kavungu et Daniel Groleau Landry. Les auteurs, trois plumes franco-ontariennes, sont tous trois finalistes aux prochains Prix Trillium (pour les titres AmericanDream.ca; Mon père, Boudarel et moi et Fragments de Ciels).

Au programme de ces rencontres gratuites: lectures, entrevues et discussions virtuelles avec le public. 

Présentés à 18h, ces entretiens d’une heure seront animés par Hugues Beaudoin-Dumouchel. «On va jaser poésie, prix Trillium, etc. C’est sur Zoom, et ça sera interactif», expose le poète Daniel Groleau Landry.

Si les rencontres son gratuites, les places sont limitées. Les inscriptions préalables sont obligatoires pour obtenir le lien de connexion sur Zoom. 

On s’inscrit ici pour Claude Guilmain (le 3 juin à 18h), ici pour Aristote Kavungu (le 4 juin à 18h); et ici pour Daniel Groleau Landry.

La Croisée des mots est chapeautée par l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF). L’initiative, destinée à mettre en valeur les plumes de la francophonie canadienne, est le fruit d’une collaboration avec La Bibliothèque publique d’Ottawa, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et La Nouvelle Scène.

Le western écologique de Louis Hamelin

Arts et spectacles

Le western écologique de Louis Hamelin

Cela devait être trois courts textes sur « l’évolution des rapports de l’humanité avec la nature depuis deux siècles », confie Louis Hamelin. La forme anticipée était celle de novellas de 70 ou 80 pages, chacune portant sur un grand naturaliste de l’Amérique du Nord. D’abord John James Audubon, considéré notamment comme le premier ornithologue du Nouveau Monde. Puis Henry David Thoreau, auteur de Walden ou La vie dans les bois, dont l’histoire a été mise en musique par Richard Séguin en 2018. Finalement Grey Owl, de son vrai nom Archibald Delaney, un des précurseurs du mouvement écologique.

Mais Louis Hamelin s’est fait avoir. Son premier sujet lui a offert une « matière épique » et lui a ouvert d’autres portes sur des thèmes qui l’intéressaient au plus haut point, comme la forte présence francophone dans le centre des États-Unis jusqu’au milieu du XIXe siècle. En se concentrant uniquement sur la dernière expédition scientifique d’Audubon, celle de 1843 dans le Haut-Missouri, l’écrivain a eu besoin de 300 pages de plus que prévu. Ce qui a donné son nouveau roman, Les crépuscules de la Yellowstone.

« C’est devenu un western écologique », ajoute-t-il.

Western parce que, même s’il est question de vie animale et de recensement des espèces, on est juste avant le début de la mythique conquête de l’Ouest, alors que le territoire est essentiellement habité par les autochtones, les coureurs des bois, les trappeurs, les pêcheurs et les commerçants. Des fusils, des chevaux et des « Indiens », il y en a donc à profusion dans ce bouquin. Louis Hamelin appréhende d’ailleurs un choc pour certains lecteurs quand ils découvriront que John James Audubon, celui-là même de qui la National Audubon Society (célèbre organisation environnementale américaine) a pris son nom, accomplissait sa remarquable mission en tuant les animaux qu’il observait.

« Sa manière de se procurer les spécimens qu’il peignait et étudiait, c’était de les abattre. Il tirait sur tout ce qui bouge. C’est aussi l’époque où commence la tuerie des bisons. Alors que les biologistes nous disent que nous entrons dans une phase de raréfaction de la biodiversité, je trouvais intéressant de montrer qu’Audubon a participé au massacre généralisé. On peut dire que cette période correspond à l’arrivée du capitalisme prédateur dans l’Ouest américain, qui réduisait une bête comme le bison à un produit comme une peau de carriole. »

Mentionnons que les récits d’Audubon et de plusieurs de ses contemporains donnent quand même des impressions de ressources inépuisables, comme devaient le croire bon nombre d’humains il y a 175 ans... et comme certains semblent toujours le croire en 2020.

« Les volées prodigieuses de tourtes voyageuses et les perruches sauvages aujourd’hui disparues, les millions d’oies, de cygnes... Mais pendant que j’écrivais ce livre est sortie la nouvelle que l’Amérique du Nord avait perdu trois milliards d’oiseaux depuis 1970... »

Quand tout s’apprête à basculer

Ce crépuscule de la vie animale n’est qu’un de ceux auxquels l’écrivain fait référence dans son titre. « Un autre crépuscule, c’est celui d’Audubon lui-même. Il a 58 ans, ce qui est presque considéré comme un vieillard pour l’époque. Il reconnaît lui-même que cette expédition est sa dernière. »

Crépuscule des autochtones aussi. « Quelques décennies plus tard, un Américain découvrira de l’or dans les Black Hills, sur le territoire des Sioux, ce qui va entraîner l’arrivée de l’armée et le début des guerres de conquêtes et d’extermination. »

Finalement, le déferlement de convois de pionniers anglo-saxons annonce le déclin de la présence francophone dans cette région. Présence que Louis Hamelin tenait évidemment à raconter, à l’aide de quelques personnages originaires du Bas-Canada, le principal étant Étienne Provost, guide d’Audubon pendant son périple.

« Provost est un traiteur de fourrures qui est né à Chambly et qui, à l’âge de 20 ans, s’est engagé comme voyageur sur un canot de portage, a disparu dans l’Ouest et n’est jamais revenu. Il fait partie des remarquables oubliés de l’anthropologue Serge Bouchard, car nous n’avons pas cultivé ici la mémoire de ces hommes qui se sont exilés. Pourtant, en 30 ans, Provost est devenu un des coureurs des bois les plus réputés, celui qui connaissait le mieux les Rocheuses. On peut dire que c’est notre Daniel Boone à nous. Une ville de l’Utah porte d’ailleurs son nom [Provo]. »

Avec Audubon qui était lui aussi arrivé aux États-Unis à l’âge de 20 ans, après avoir quitté la France (son véritable prénom était Jean-Jacques), Louis Hamelin s’est beaucoup amusé à imaginer les dialogues entre les deux hommes durant les quatre mois qu’ils ont passés ensemble.

« Pour Audubon, le français que parlait Provost était une sorte de patois. C’était en fait une langue très métissée : le français des créoles de la Louisiane avait rencontré celui des voyageurs canadiens, déjà mélangé avec plusieurs langues autochtones et un peu d’espagnol aussi. »

Les toponymes d’origine française demeurent aujourd’hui les traces les plus visibles de l’activité des francophones dans la région. « On a tendance à oublier que, à l’époque où la Louisiane était encore française, ce nom ne désignait pas seulement l’État que nous connaissons aujourd’hui, mais l’immense territoire à l’ouest du Missouri. Et le français y était la langue la plus courante. Ses dernières traces sont très éparpillées, mais il reste une petite communauté qui parle le paw-paw french non loin de Saint-Louis. »

Des classiques à lire et à relire

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Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l’amitié.

Les cerfs-volants de Kaboul (2003)
Khaled Hosseini

Le décor : Kaboul, dans les années 70. Kaboul et ses parfums épicés, enivrants. Son ciel bariolé de couleurs — celles des cerfs-volants du titre, qui colonisent les hauteurs de la ville l’été, durant les vacances scolaires. Le Kaboul fantasmatique des souvenirs d’enfance.

Mais aussi Kaboul et ses tirs nocturnes. Ses explosions. L’ombre du régime taliban.

Kaboul, sa poussière et ses inégalités sociales... que le roman de Hosseini transcende à travers ses deux protagonistes, Amir et Hassan. Sensiblement du même âge, les deux gamins ont grandi dans la même maisonnée, partagé les mêmes jeux, les mêmes fous rires et les mêmes secrets. 

Ils ne sont pourtant pas frères de sang, mais «frères de lait» : Amir est le fils du chef de famille, un riche homme d’affaires; Hassan est son «serviteur». Malgré leur différence de rang social, leur complicité est à toute épreuve, rappelle Amir, qui, une fois adulte, partage ses souvenirs.

Portrait bouleversant d’une amitié profonde que le destin compliquera, Les cerfs-volants de Kaboul porte aussi les marques des grandes tragédies classiques. Tirant sur les fils de la faiblesse humaine — la bassesse et la bêtise des uns, l’orgueil, la jalousie et la lâcheté des autres — l’implacable premier roman de Khaled Hosseini, Américain francophone d’origine afghane, invite à réfléchir sur le sentiment de honte et de culpabilité. Et, comme chez Wajdi Mouawad, sur la notion de pardon et de rédemption. Yves Bergeras, Le Droit

J.K. Rowling met en ligne un conte pour les enfants confinés

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J.K. Rowling met en ligne un conte pour les enfants confinés

LONDRES — J.K. Rowling, auteur de la saga à succès Harry Potter, a annoncé mardi mettre gratuitement en ligne, sous forme de feuilleton, un roman écrit il y a dix ans, afin de distraire les «enfants confinés».

À partir de mardi et jusqu’au vendredi 10 juin, un ou plusieurs des 34 chapitres de The Ickabog, du nom du personnage fantasmatique au cœur de ce conte, seront révélés chaque jour sur un site Internet dédié. Il traite des «thèmes intemporels» que sont «la vérité et l’abus de pouvoir», selon son auteure.

La romancière Joyce Carol Oates lauréate d’un prestigieux prix

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La romancière Joyce Carol Oates lauréate d’un prestigieux prix

PARIS — L’écrivaine américaine Joyce Carol Oates, dont le nom est régulièrement cité pour le prix Nobel de littérature, a reçu le prestigieux Prix mondial Cino del Duca pour l’ensemble de son œuvre, a-t-on appris lundi auprès de l’Institut de France.

Le prix mondial Cino del Duca, l’un des grands prix des fondations de l’Institut de France, est doté de 200 000 euros (305 000 $).

Des classiques à lire et à relire

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Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l’humour noir.

Les aventures d’Augie March (1953)
Saul Bellow

«Je suis un Américain». C’est par ces mots que Saul Bellow amorce Les aventures d’Augie March, l’œuvre la plus foisonnante de sa carrière. Né à Lachine, l’écrivain a grandi à Chicago, où se déroule ce roman publié en 1953. Le personnage central, son alter ego, est d’autant plus fascinant qu’il ne cesse de se réinventer.

Né au sein d’une famille juive de condition modeste, Augie est le faire-valoir de Simon, son aîné. Plus costaud, plus ambitieux, celui-ci a le chic pour améliorer l’ordinaire du groupe complété par une mère éteinte et une grand-mère querelleuse. Le père étant absent, c’est lui, l’homme de la maison, celui qui déniche du travail, trempe dans différentes combines, en quête de sa version du rêve américain.

À première vue, Augie aussi est facile à cerner. On le sent influençable, prompt à embarquer dans des plans mort-nés. Il participe à un vol qui échoue, fait un peu de prison, se met au service d’un type qui a l’air d’en mener large (juste l’air, évidemment), avant de rebondir dans le rôle d’homme de compagnie au service d’une bourgeoise qui, soulignons-le, ne sollicite pas ses faveurs.

Les années de prospérité défilent, suivies par la Dépression, et Augie demeure constant dans son inconstance. Le voici au Mexique, amoureux d’une fille de bonne famille qui domestique un aigle dans le but de le vendre au prix fort, ce qui donne lieu à des scènes très drôles. Puis, c’est la séparation et pendant que notre héros broie du noir, on lui offre de jouer au touriste avec Trotsky en se faisant passer pour son neveu. Une idée folle pour déjouer les assassins envoyés par Staline. Bien sûr, il accepte.

C’est à petites touches que les qualités d’Augie finissent par ressortir. Sa bonté, sa curiosité, son intelligence. Semée de petites et grandes tragédies, sa quête du bonheur est relatée avec tant d’allant qu’on sourit autant qu’on réfléchit. Les réflexions de Bellow sur la marche de l’humanité jettent un éclairage pertinent sur une période trouble, annonciatrice de troubles plus grands encore. Daniel Côté, Le Quotidien

Un deuxième prix Arthur-Ellis pour Andrée A. Michaud

Arts et spectacles

Un deuxième prix Arthur-Ellis pour Andrée A. Michaud

Pour la deuxième fois de sa carrière d’écrivaine, Andrée A. Michaud a mis la main sur le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien en langue française, grâce à son plus récent suspense, Tempêtes, publié en septembre dernier chez Québec Amérique.

Résidente de Saint-Sébastien-de-Frontenac, Andrée A. Michaud avait déjà mis la main sur le même prix en 2015, grâce à son roman Bondrée, lequel a remporté de multiples autres distinctions ici mais également en Europe. Citons le Prix du Gouverneur général, le prix Saint-Pacôme du roman policier, le prix Rivages des libraires et le prix SNCF du polar.

Les autres auteurs francophones sélectionnés cette année dans la même catégorie étaient Louis Carmain (Les offrandes, VLB Éditeur), Martin Michaud (Ghetto X, Libre Expression), Guillaume Morissette (Le tribunal de la rue Quirion, Guy Saint-Jean Éditeur) et Félix Ravenelle-Arcouette (Le cercle de cendres, Héliotrope).

Le prix Arthur-Ellis du meilleur roman canadien de langue anglaise est allé à Greenwood du Britanno-colombien Michael Christie, tandis que le prix hommage Grand Master a été remis à l’écrivain torontois Peter Robinson. 

Guillaume Musso, auteur le plus lu pendant le confinement

Livres

Guillaume Musso, auteur le plus lu pendant le confinement

PARIS — Le romancier Guillaume Musso dont le prochain livre, La vie est un roman, est attendu en librairie le 26 mai, a été l’auteur le plus lu durant le confinement, selon une étude réalisée par l’institut GfK pour Livres Hebdo.

«Huit semaines de confinement, les librairies fermées, le marché du livre qui s’effondre. Pourtant les livres se sont vendus, avec en tête la fiction et le format poche», relève mardi le magazine professionnel sur son site Internet.

En tête des ventes, on trouve Guillaume Musso, auteur préféré des Français depuis neuf ans, qui a cartonné avec l’édition de poche de La vie secrète des écrivains (Livre de Poche).

Musso partage le podium avec Michel Bussi qui prend la deuxième place du classement avec J’ai dû rêver trop fort et Aurélie Valognes qui se classe au troisième rang des meilleures ventes avec La cerise sur le gâteau (Livre de Poche).

Michel Bussi réussit l’exploit d’être cité trois fois dans le Top 20. Son dernier roman en grand format, Au soleil redouté (Presses de la cité), publié en février, a été le cinquième livre le plus vendu durant le confinement. L’édition de poche de Tout ce qui est sur terre doit périr (Pocket) est à la 19e place.

Aurélie Valognes est aussi présente plus d’une fois dans le classement. Son dernier roman grand format, Né sous une bonne étoile (Mazarine) se classe à la 7e place des livres les plus vendus durant le confinement.

Côté grands formats, on trouve également Leïla Slimani dont le dernier roman, Le pays des autres (Gallimard) se classe 10e.

Le livre de la lauréate du prix Goncourt est sorti quelques jours avant le confinement et Gallimard a décidé de le remettre en vente à la fin du mois.

Toujours du côté des grands formats, Pierre Lemaitre (Miroir de nos peines, Albin Michel), et Agnès Ledig (Se le dire enfin, Flammarion) ont trouvé leurs lecteurs. Leur roman se classe respectivement à la 13e et 14e place du classement.

Livre le plus vendu en France en 2019, le dernier album d’Astérix, La fille de Vercingétorix a également été beaucoup acheté durant le confinement. L’album des aventures du Gaulois créé par René Goscinny et Albert Uderzo (disparu durant le confinement) est la seule BD du classement des meilleures ventes et occupe la 20e place.

Une nouvelle plate-forme québécoise pour faciliter la lecture en ligne

Arts

Une nouvelle plate-forme québécoise pour faciliter la lecture en ligne

La plateforme numérique Quoilire.ca, a vu le jour, ce mardi 19 mai.

Ce nouvel outil en ligne vise à mieux faire bénéficier le grand public, à distance, de l’expertise des spécialistes en bibliothèques publiques durant la période de confinement. 

Le lecteur curieux pourra y trouver des suggestions de lecture personnalisées.

Afin d’ aider à trouver des livres au goût de chacun, Quoilire.ca propose trois options : des listes de lecture thématiques, des capsules vidéo, ainsi qu’un formulaire en ligne permettant au lecteur de décliner la liste de ses intérêts. 

Ce questionnaire à remplir constitue «l’élément clé de la plateforme», souligne le réseau de bibliothécaires, par voie de communiqué.

Les spécialistes des bibliothèques publiques du Québec s’engagent à envoyer, «dans un délai de trois jours ouvrables, une sélection de 3 livres» correspondant au profil de lecteur qui se dégage de ce questionnaire.

Pour les lecteurs souhaitant avoir «une présentation rapide» de suggestions, Quoilire.ca suggère de recourir aux listes thématiques, dans lesquelles des livres sont préselectionnés non seulement en fonction de leur thème, mais aussi d’autres critères, comme l’âge et le genre de lecture.

La page consacrée aux Capsules vidéo permet de découvrir «des passionnés de lecture» ravis de partager leurs propres suggestions et coups de coeur.

Lancement virtuel de <em>Poèmes de la Cité, </em>une vision poétique d'Ottawa

Arts

Lancement virtuel de Poèmes de la Cité, une vision poétique d'Ottawa

La poétesse Andrée Lacelle et les éditions David invitent le public à assister au lancement virtuel de Poèmes de la Cité, recueil réunissant les textes et œuvres visuelles de 40 poètes et artistes.

Le  lancement aura lieu jeudi 21 mai à 18h, sur la page Facebook des éditions David.

Après une présentation sommaire du livre, les comédiens Charlotte L’Orage et Alain Lauzon procéderont à une lecture de textes.

L’élaboration du recueil a été dirigée par Andrée Lacelle, qui fut la toute première poète officielle de la Ville d’Ottawa (de 2017 à 2019). C’est durant ce mandat, alors qu’Andrée Lacelle, souhait «rehausser la place qu’occupe la poésie dans la vie de la Capitale nationale», qu’est née l’idée du livre.

Elle a donc invité une quarantaine de poètes et d’artistes visuels à «exprimer, à leur façon, un point de vue personnel sur la ville qu’ils et elles habitent ou ont autrefois habitée». 

Livre collectif  constitué d’une vingtaine de textes poétiques et d’autant d’œuvres visuelles en couleur, Poèmes de la Cité souhaite «évoquer ce qui fait peut-être l’âme d’Ottawa», propose Andrée Lacelle.

« Quand j’ai entrepris l’ébauche de cette balade improbable au cœur et autour de la ville, m’est venue cette idée d’Ottawa, telle une cité mémoire : mémoire de l’eau, mémoire de la terre, mémoire du ciel, mémoire de l’esprit», retrace-t-elle.

«Depuis toujours, je porte l’espoir qu’en cette ville, capitale du pays, notre présence francophone occupe pleinement sa place historique et contemporaine. Or, que dit avant tout le poème – parole première qui se conjugue au présent de tous les temps – sinon l’élan d’être entière, entier, ici et partout», évoque la poétesse. 

Mme Lacelle fut la première écrivaine franco- ontarienne à recevoir, en 1995, le prix Trillium en langue française pour son recueil Tant de vie s’égare (Vermillon). Elle a également dirigé le collectif Poèmes de la résistance (Prise de parole), paru en 2019.

Ce lancement s’inscrit dans le cadre de Canada en prestation, l’initiative du Centre national des arts pour diffuser du contenu artistique canadien durant la période de confinement.

Plus de détail sur ce projet coopté par la Ville d’Ottawa ici.

Des classiques à lire et à relire

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Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l'enfance.

L’avalée des avalés (1966)
Réjean Ducharme

«S’il n’y avait pas d’enfants sur la Terre, il n’y aurait rien de beau», a écrit Réjean Ducharme, une année après la parution de L’avalée des avalés. Ceci explique cela : le mystérieux auteur aura, toute son œuvre, creusé le thème de l’enfance et, plus particulièrement, celui du rejet du monde des adultes.

Les exemples abondent outre ce premier livre, publié chez Gallimard et Prix du gouverneur général en 1966, où Ducharme confie la narration à Bérénice, qui vit son adoration pour son frère Christian. Dans Le nez qui voque (1967), Mille Milles, un ado de 16 ans, raconte son destin et celui de Chateaugué, 14 ans. Ici, ils ne sont pas frère et sœur de sang, mais par osmose. Dans la pièce de théâtre Inès Pérée et Inat Tendu, chef-d’œuvre dramaturgique, liberté et désobéissance guident ces deux adolescents attardés qui parcourent un monde absurde.

Dans L’avalée des avalés, Ducharme exprime cette idée d’innocence de l’enfance, qu’il oppose à la laideur de l’adulte et ses pulsions sexuelles. Une pureté non idéalisée : Bérénice est «vénéneuse».

Dans ce roman d’apprentissage où la narratrice va évoluer au fil du temps jusqu’au début de la vingtaine, notre héroïne sème la zizanie chez ses parents, finit par lasser son oncle qui l’a accueillie et aboutira en Israël, en pleine guerre.

Dès ce premier essai lyrique, Ducharme nous happe par la puissance évocatrice de son écriture, parsemée d’éclairs de génie et de néologismes, partie intégrante et distinctive de son style. Roman remuant, L’avalée des avalés occupe une place mythique au firmament de notre littérature, mais c’est aussi une œuvre vivante et captivante. Éric Moreault, Le Soleil

Trois œuvres de L’Interligne finalistes aux prix Trillium

Arts

Trois œuvres de L’Interligne finalistes aux prix Trillium

La maison d’éditions L’Interligne a vu trois de ses titres se retrouver en lice aux prix Trillium, mardi.

Le Prix littéraire Trillium a dévoilé mardi 12 mai les titres des quatorze livres – dont sept en français – retenus en sélection finale de l’édition 2020.

L’Interligne se dit «très heureuse» de voir AmericanDream.ca, l’intégrale de la trilogie théâtrale de Claude Guilmain, Mon père, Boudarel et moi, roman d’Aristote Kavungu et Fragments de ciels, recueil de poésie de Daniel Groleau Landry retenus dans la course au «prestigieux» prix Trillium.

Le Prix littéraire Trillium en langue française devra être départagé entre Claude Guilmain, Aristote Kavungu, Jean Boisjoli (pour Moi, Sam. Elle, Janis, paru aux Éditions David, éditeur lui aussi aussi basé à Ottawa) et le Torontois Paul Ruban (pour Crevaison en corbillard; Flammarion Québec).

En ce qui concerne le Prix de poésie, Daniel Groleau Landry sera en compétition avec Véronique Sylvain, auteure de Premier quart (Éditions Prise de parole).

Considéré comme la plus haute distinction littéraire de l’Ontario, ce prix est remis par Ontario Créatif, un organisme du gouvernement provincial.

Le Goncourt du premier roman décerné à Maylis Besserie

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Le Goncourt du premier roman décerné à Maylis Besserie

PARIS — Le prix Goncourt du premier roman a été décerné lundi à Maylis Besserie, productrice de radio, pour Le tiers temps, roman imaginant les derniers jours du dramaturge et écrivain irlandais Samuel Beckett.

Le Goncourt de la nouvelle a été attribué à l’écrivaine Anne Serre pour Au cœur d’un été tout en or (Mercure de France), le Goncourt de la biographie au réalisateur et scénariste Thierry Thomas pour Hugo Pratt, trait pour trait (Grasset), et le Goncourt de la poésie au poète et essayiste Michel Deguy pour l’ensemble de son œuvre.

La bibliothèque de Gatineau connaît une forte croissance en ligne

Arts

La bibliothèque de Gatineau connaît une forte croissance en ligne

La sélection de livres numériques de la Bibliothèque de Gatineau s’est récemment enrichie de 728 nouveaux titres, a fait valoir la Ville, vendredi.

La municipalité indique que, bien que l’ensemble du réseau de bibliothèques demeure fermé au public en raison des actuels enjeux sanitaires, les ressources et services qu’elles offrent en ligne gagnent en popularité. 

L’offre numérique des bibliothèques a d’ailleurs été bonifiée dans les dernières semaines, rappelle-t-elle.

La consommation d’ouvrages numériques a «considérablement augmenté»: «7 600 prêts de livres numériques ont été enregistrés en avril», calcule la Ville. Cela constitue «une augmentation de 195 % par rapport à avril 2019». 


Cinq nouvelles ressources

Cinq nouvelles ressources – Curio, Kanopy, Medici, Naxos et Tumblebooks– sont venues étoffer l’offre en ligne de la Bibliothèque Gatineau depuis la crise de la COVID. 

Curio donne accès à des milliers de vidéos, souvent à saveur documentaire, provenant des collections de la BBC, de National Geographic et de Radio-Canada. Kanopy propose des milliers de films (cinéma canadien et international; on y trouve entre autre la collection Criterion, considéré comme le nec plus ultra des films de répertoire.

Medici et Naxos sont des outils spécialisés dans la diffusion de musique classique. Le premier permet d’accéder à des concerts (ballets, opéras, etc.) en direct ou sur demande; le second permet l’écoute d’albums (musique sacrée, instrumentale, opéra, etc.).

Tumblebooks, qui cible un public plus jeune, donne accès à des albums jeunesse, des livres audio et des romans graphiques.

Ces cinq ressources complète une offre «déjà vaste», où figure notamment la plateforme PressReader (journaux et magazines), qui croit en popularité, note la Bibliothèque de Gatineau, en mentionant que 39 682 articles ont été lus en avril, soit «une augmentation de 477 % par rapport à avril 2019».

Succès de Toutapprendre et L’Heure du conte 

Les grands favoris des derniers mois sont la plateforme Toutapprendre (on y trouve des vidéos didactiques permettant de s’initier à toutes sortes de choses, du dessin aux langues étrangères en passant par le tricot) et l’activité L’Heure du conte en ligne, mentionne la Ville.

« Nous avons tous hâte que les bibliothèques puissent rouvrir leurs portes. Mais en attendant, pourquoi ne pas en profiter pour explorer les collections numériques? Brisez l’isolement en découvrant de nouveaux personnages et de nouveaux univers!» a suggéré vendredi la présidente de la Commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine, Isabelle Miron.

Pour les résidents n’ayant pas de carte Accès Gatineau, il est possible de se procurer une carte temporaire à l’adresse gatineau.ca/abonnementbibliotheq.

La liste des ressources municipales en ligne se trouve ici.

L'Heure du conte en ligne est ici.

Prix des libraires : Marie-Ève Thuot et Anne-Marie Desmeules récompensées

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Prix des libraires : Marie-Ève Thuot et Anne-Marie Desmeules récompensées

Ce n’est pas la COVID-19 qui allait empêcher l’Association des libraires du Québec de célébrer la littérature. Récompensant entre autres la romancière Marie-Ève Thuot et la poète Anne-Marie Desmeules, les Prix des libraires ont été remis jeudi lors d’un gala virtuel animé par Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques.

Pour son premier roman, La trajectoire des confettis (Les Herbes rouges), Marie-Ève Thuot a retenu l’attention parmi les romans, nouvelles ou récits québécois. Anne-Marie Desmeules s’est de son côté démarquée pour le recueil Le tendon et l’os (l’Hexagone), qui lui avait plus tôt cette année valu un prix littéraire du Gouverneur général.

Une version gratuite d’<em>Harry Potter</em> lue par Daniel Radcliffe

Arts

Une version gratuite d’Harry Potter lue par Daniel Radcliffe

NEW YORK – Spotify va mettre en ligne gratuitement une version audio du premier tome de la série littéraire Harry Potter, lue par des célébrités, notamment l’acteur Daniel Radcliffe, qui a incarné le sorcier à lunettes au cinéma.

La plateforme de musique et de contenu audio a mis en ligne mardi le premier chapitre, lu par le comédien britannique qui a joué dans les huit volets cinématographiques d’Harry Potter, de 2001 à 2011.

Suivra, chaque semaine, un autre chapitre, lu par des célébrités comme l’ancien footballeur professionnel David Beckham, l’acteur Eddie Redmayne ou la comédienne Dakota Fanning.

La version audio sera accessible aux abonnés à la formule gratuite de Spotify ainsi qu’à la formule payante.

Des vidéos des enregistrements seront mises en ligne sur le site wizardingworld.com, portail officiel de la saga Harry Potter et de l'univers des Animaux fantastiques.

Plus de 500 millions de livres de la saga Harry Potter ont été vendus dans le monde.

Selon Wizarding World, le premier tome, publié en 1997, demeure le plus vendu de tous.

Le Salon du livre de Sudbury passe en mode virtuel

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Le Salon du livre de Sudbury passe en mode virtuel

Le site internet du Salon du livre du Grand Sudbury (SLGB) s’apprête à faire peau neuve, de façon à pouvoir présenter sa première édition entièrement virtuelle, adaptée aux exigences sanitaires liée à la crise du coronavirus.

La 9e édition du SLGB se déroulera du 7 au 10 mai. Plusieurs auteurs de la région d’Ottawa-Gatineau y participent, à commencer par le poète gatinois Stefan Psenak, qui en est le président d’honneur, cette année. 

Les trois invités d’honneurs de cette édition sont la poétesse innue Joséphine Bacon, l’auteur jeunesse Pierre-Yves Villeneuve et l’auteur et critique Nicholas Giguère.

Plus d’une quarantaine d’auteur.e.s se prêtent au jeu de cette programmation virtuelle.

Le public aura l’occasion d’entendre et de «rencontrer» à distance ces auteurs des quatre coins de la francophonie canadienne, à travers de multiples tables rondes, vidéos, animations, blogues, et autres fragments de poésie à croquer.

L’Interligne

Les éditions L’Interligne d’Ottawa y seront particulièrement bien représentées, avec entre autres la participation des auteurs Blaise Ndala, Mishka Lavigne, Lisa L’Heureux et José Claer.

David Ménard, Sylvie Bérard, Nicholas Giguère, José Claer et Marie Darsigny participeront à une conférence sur le thème de la diversité sexuelle dans la littérature (vendredi 8 mai à 12h). 

Blaise Ndala sera au centre d’un entretien littéraire, le lendemain, à 13 h.

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs.

› La nouvelle rêvée (1926)
Arthur Schnitzler

Comment ne pas confondre le rêve et la réalité lorsqu’on habite à Vienne au début du 20e siècle? Dans la ville dont Freud est un citoyen éminent, bien que nimbé d’une aura sulfureuse? L’écrivain Arthur Schnitzler, médecin de son état, ne pouvait échapper à cette douce obsession.

Dans La nouvelle rêvée, un ouvrage publié à partir de 1925, le maître vieillissant montre que son esprit demeure en prise avec l’époque. Le ton est résolument moderne, en ce sens que l’histoire racontée se prête à tous les décodages. Réalité, rêve ou fantasme?

Pas étonnant qu’à la fin de sa vie, Stanley Kubrick n’ait pu résister à l’envie de livrer son interprétation dans le film Eyes Wide Shut (Les yeux grand fermés). Il y a de la matière à l’infini dans cette nouvelle qui se déroule à l’intérieur d’une poignée de jours. Tant de confessions, de rencontres improbables, de pulsions mortifères, ne pouvaient laisser le cinéaste indifférent.

Schnitzler met en scène un couple encore jeune, au bonheur apparemment inaltérable. Il donne l’impression de s’aimer et vit confortablement. Fridolin et Albertine ont ceci de particulier qu’ils se racontent tout, y compris des souvenirs susceptibles de troubler l’autre. C’est ce qu’ils font à la suite d’un bal costumé, en explorant un peu trop hardiment le registre des désirs dissimulés.

Tout ce qu’il convient d’ajouter, c’est que dans la Vienne du tournant du siècle, où la pulsion de mort a provoqué maints duels, suicides, crimes en tous genres, ces péripéties coulent de source.

Malgré sa trame narrative d’une rare densité, La nouvelle rêvée se lit toute seule, de préférence à la tombée de la nuit. Et soyez prévenus, elle a le pouvoir de rouler longtemps dans votre tête. Daniel Côté (Le Quotidien)

Décès du romancier Georges-Jean Arnaud

Arts et spectacles

Décès du romancier Georges-Jean Arnaud

PARIS — Le romancier français Georges-Jean Arnaud, auteur de plus de 400 titres dont la gigantesque saga de science-fiction La compagnie des glaces est mort dimanche à l’âge de 91 ans, a-t-on appris mercredi auprès de son éditrice.

«Il s’est éteint dimanche. C’est une grande perte pour la littérature populaire française, non seulement pour la SF mais aussi pour ses policiers, ses romans d’espionnage et grands romans», a confié à l’AFP Nathalie Carpentier, fondatrice et directrice des éditions French Pulp.