Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs.

› L’île mystérieuse

1875 

Jules Verne

Livres

«Roman sagesse»: de l’apiculture à la méditation

L’auteur d’Ottawa Roger Bouchard signe avec La rencontre du maître ce qu’il appelle un «roman-sagesse» – en clin d’oeil à l’expression «roman jeunesse», explique-t-il. C’est-à dire un récit  où l’intention –  ici, l’éveil de la conscience du lecteur – importe davantage que le style littéraire.

Il s’agit de son huitième livre, mais de son deuxième roman. Sa première oeuvre de fiction, Moksha - La libération (2018), n’a toutefois été publiée qu’en Europe.

La rencontre du maître s’intéresse à un jeune homme qui fera la découverte, puis l’apprentissage, de la méditation. Il s’inscrit ainsi dans la veine de L’Alchimiste de Paulo Coelho et autres Voix du guerrier pacifique ou Prophétie des Andes, deux bibles en matière d’«ouverture de conscience», respectivement signées par Dan Millman et James Redfield – deux auteurs que l’Ottavien n’a pas lus, confessera-t-il en entrevue.

Roger Bouchard s’y met en scène dans la peau d’un jeune jardinier fraîchement débarqué en Virginie pour donner un coup de pouce à la propriétaire d’un vaste manoir bordé d’un verger paradisiaque. C’est là qu’il fera la rencontre d’un vieil apiculteur qui l’aiguillera sur le chemin de la sagesse.

Retraité de la fonction publique fédérale, Roger Bouchard est un fervent adepte de la méditation, activité qu’il dit pratiquer plusieurs fois par jour, dans une quête de profondeur, voire d’«illumination» et de «reconnection» – non pas avec son nombril mais avec l’ensemble de la planète. 

Au milieu des années 70, l’auteur a d’ailleurs passé «plusieurs années» au côté de Maharishi Mahresh Yogi, maître spirituel indien qui fut à l’origine du rayonnement de la méditation transcendantale. Au sein de groupes de centaines de disciples, il cherchait à magnifier «la radiance du silence intérieur», leurs méditations collectives étant censées provoquer des effets positifs sur la collectivité. 

Aujourd’hui plus pragmatique, la pratique méditative «fait diminuer le stress et la fatigue», dit-il. Nul doute qu’elle lui permet d’affronter plus sereinement cette période de confinement potentiellement anxiogène.  

Quête de sens

L’apiculteur de son roman, qui est appelé à enseigner les rudiments de son travail au jeune homme, va rapidement s’attacher à ce nouvel élève plus doué pour les questions philosophiques que pour celles concernant le travail des abeilles.

Leur amitié sera scellée «dès la première question» du jeune Roger, qui s’interroge sur la possibilité que l’amour puisse durer, alors que la vie est un « tourbillon de changements» et que les goûts changent au gré des saisons ou des modes.

«Et là, la conversation commence» entre le «vieux sage» et le futur disciple, expose l’auteur. 

« L’amour, c’est le miel de la vie. Pour comprendre l’amour, il faut avoir envie de le chercher dans la profondeur des événements, comme on va chercher le miel au coeur du bourdonnement de l’activité de la ruche. Il faut ouvrir le couvercle et oser pénétrer à l’intérieur» de la même façon qu’on doit creuser sous la surface pour «affiner notre compréhension» du monde et de tout ce qui nous entoure, ajoute Roger Bouchard en résumant la réponse du vieux Matthews.

«L’apiculteur va donc livrer sa sagesse, et enseigner au jeune homme la méditation». Plus précisément la méditation «profonde», terme générique utilisé par l’auteur pour ne pas la qualifier de «transcendentale», car la méditation est caractérisée par de nombreux courants et écoles de pensées, précise Roger Bouchard.

Livres

Harry Potter à la rescousse

Pendant que les enfants sont privés de classe, pourquoi ne pas renouer — ou découvrir — l’école des sorciers? L’équipe du site Wizarding World, qu’on appelait jusqu’à récemment Pottermore, a décidé de faire sa part pour offrir un peu de réconfort aux fans de Harry Potter en confinement.

Baptisé Harry Potter at Home, le rendez-vous Web offre diverses activités en lien avec le monde du célèbre magicien à lunettes : quiz, jeux, tutoriels de dessin, etc. Le site est en anglais, mais les francophones n’ont pas été oubliés pour autant.

Livres

S’isoler sans s’ennuyer

La Bibliothèque publique d’Ottawa (BPO) a enrichi son site Internet d’une nouvelle section intitulée S’isoler sans s’ennuyer.

Celle-ci propose du contenu en ligne «inspirant, ludique et éducatif », organisé autour de 10 catégories (lire, apprendre, voyager virtuellement, etc.).

On y trouve une liste de suggestions d’activités, de conseils de bien-être, de perles littéraires, d’outils éducatifs et autres ressources culturelles et artistiques.

Ce contenu gratuit sera étoffé quotidiennement.

On y accède gratuitement via biblioottawalibrary.ca/fr. Une carte de bibliothèque reste nécessaire.

Les résidents d’Ottawa peuvent obtenir une carte temporaire en appelant le 613-580-2940.

Livres

COVID-19: les bibliothèques redoublent de créativité

La demande en emprunts de livres numériques n’a jamais été si forte au Québec, depuis le début de la crise de la COVID19.

La seule journée du 17 mars dernier, plus de 10 000 ouvrages ont été empruntés via la pretnumerique.ca. Un record inégalé, constatent les administrateurs de cette plateforme utilisée par plus de 1 000 bibliothèques au Québec, dont celles de Gatineau, et à travers laquelle sont disponibles plus de 850 000 livres.

Actualités

Ados à la maison : attraper le virus... de la lecture

Pour les ados, les journées se suivent et commencent à se ressembler? Jouer en ligne, écouter la télé, cuisiner des biscuits et faire une marche, c’est bien, mais ça laisse encore pas mal de temps à combler... Jamais l’occasion n’aura été aussi propice à la lecture. Carine Paquette en est convaincue.

«Il n’y a pas d’école, il n’y a pas grand-chose à faire, pourquoi ne pas se lancer dans la lecture? Pourquoi ne pas sortir de son isolement en voyageant dans sa tête?», lance la technicienne en documentation à la bibliothèque de l’école secondaire J.-H.-Leclerc de Granby.

Livres

Le livre dans tous ses états

La crise provoquée par le coronavirus représente un véritable coup de Jarnac pour l’industrie québécoise du livre et de l’édition. Plusieurs maisons doivent revoir leur calendrier, au risque de reporter les nouveautés prévues ce printemps, avec tous les dommages collatéraux qui accompagnent cette décision crève-coeur.

«Ça ne ferait pas honneur à nos auteurs qui ont mis tellement d’énergie à créer leurs œuvres. Ils ne pourraient pas faire de lancement ni de célébration. Il y aurait eu peu de chances qu’on parle de leurs livres», mentionne au bout du fil, la déception dans la voix, la directrice générale et vice-présidente des Éditions Québec Amérique, Caroline Fortin.

Arts

Les Éditions Vents d’Ouest mettent temporairement fin à leurs activités

La dernière maison d'édition agréée de Gatineau, Vents d'Ouest, a annoncé lundi qu'elle cessait temporairement ses activités.

Sans encore mettre la clef sous la porte, la dernière maison d'édition agréée de Gatineau se donne un mois de répit, le temps de «retrouver son souffle» et de trouver «des solutions alternatives de financement ».

Cette décision a été prise la veille lors d'une assemblée générale extraordinaire de ses membres.

L'incertitude planait sur Vents d'Ouest depuis le début du mois, quand est survenu le décès de l'auteur Michel Lavoie, qui était l'un des trois directeurs littéraires de Vents d'Ouest, et l'un de ses plus important piliers.

«On cesse nos activités pour le prochain mois; certains livres qu'on était sur le point de publier sont sur la glace», a indiqué au Droit le président du conseil d'administration de Vents d'Ouest, Gilles Parent.

«On veut se donner le temps de «chercher à sortir de cette impasse, en examinant certaines possibilités comme le financement public, le socio-financement, en plus des appels à des bailleurs de fonds traditionnels comme la Ville de Gatineau», dit-il.

L'éditeur a écrit à ses auteurs, autrices et membres pour leur offrir la possibilité de récupérer, d’ici le 26 mars, des exemplaires de leurs livres que se trouveraient présentement en inventaire. Les livres seront remis sans frais, soit en personne, aux bureaux de l'éditeur (109, rue Wright), soit par courriel, en communiquant au ventsdouest@videotron.ca.  

Arts

Johanne Seymour publie Le goût de l'élégance

Avant même de se mettre à l’écriture de son nouveau roman, Johanne Seymour avait déjà le titre en tête : Le goût de l’élégance. Le contenu lui était encore inconnu, mais l’intention était claire. L’auteure avait envie de beauté et de lumière.

« Ça vient toujours de quelque chose dans ma vie, quelque chose qui me ‘‘grignote’’ l’arrière du cerveau. C’était il y a trois ans. J’avais envie d’élégance. Probablement parce que j’ai beaucoup affaire aux réseaux sociaux et aux médias. Même dans la rue, les gens sont écoeurés, on dirait. Il se passe quelque chose dans notre société. Il y a trop de misère et de noirceur », fait remarquer celle qui a fait sa marque en littérature policière.

Arts

IllustrAuteurs: la fête des élèves curieux de lire et d’écrire

Un nouvel événement littéraire verra le jour dans les écoles francophones d’Ottawa et de l’Est de l’Ontario. Festival d’une journée s’adressant aux élèves de la 7e à la 10e année, IllustrAuteurs réunira six auteurs et illustrateurs francophones, qui offriront des ateliers et des performances en milieu scolaire.

L’objectif est de faire découvrir aux jeunes les œuvres littéraires de l’Ontario français, mais aussi différents types d’écriture et de littérature, tels que le slam, la bande-dessinée et l’art mural, afin de les « encourager à écrire et lire en français ».

L’initiative est organisée par l’organisme MASC, en partenariat avec l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) et les trois conseils scolaires francophones de la région. Elle est soutenue financièrement par l’ACFO Ottawa, le Conseil des arts de l’Ontario et l’initiative Ottawa Bilingue.

Les places seront limitées à 120 participants ; la période d’inscription ouvrira en septembre.

« MASC souhaite encourager les jeunes à être curieux [...], pour ainsi motiver l’élève à manifester son engagement pour la culture francophone et augmenter sa fierté envers sa communauté franco-ontarienne », explique la directrice de la programmation francophone chez MASC, Chantal Racine, par voie de communiqué.

Organisme à but non lucratif dont la mission est de faciliter les initiatives artistiques dans les communautés francophones, MASC célèbre son 30e anniversaire cette année.

Renseignements : masconline.ca/fr ; 613-725-9119

Livres

Iris Boudreau joue à «vrai ou faux» ?

Les bédéistes Cathon et Iris ont adapté pour la « génération écrans » leur drôle de Liste des choses qui existent, BD parue en 2013, puis déclinée en deux tomes aujourd’hui réunis en intégrale, qu’elles avaient signée à quatre mains.

La première saison de leur websérie éponyme se décline en 13 épisodes de 2 minutes. Elle est accessible — gratuitement — sur le site Internet de Télé Québec, via sa plate-forme jeunesse Squat (squat.telequebec.tv) et sur celui de l’Office national du film (ONF.ca), partenaires à la production et à la diffusion.

Arts

Décès du dessinateur André Chéret

PARIS — Le dessinateur André Chéret, créateur avec Roger Lecureux de Rahan, l’un des héros les plus populaires de la BD française, est décédé à l’âge de 82 ans, a-t-on appris jeudi auprès de sa famille.

Rahan, héros préhistorique, a vu le jour en février 1969 dans le premier numéro du magazine jeunesse Pif Gadget. 

Ses quelque 200 aventures ont marqué toute une génération de lecteurs. 

Chéret était connu pour son trait vif et réaliste. 

Il avait un sens aigu du détail et était un maître dans l’art d’exécuter des panoramas spectaculaires. 

Arts

Décès de Michel Lavoie: les éditions Vents d’Ouest en péril

L’auteur et éditeur Michel Lavoie est décédé ce week-end.

«Pilier» des éditions Vents d’Ouest, Michel Lavoie en était le directeur littéraire des collections jeunesse. 

L’homme de 73 ans a été emporté par la maladie, à la suite d’un combat qui durait depuis plus d’un an.

Son départ laisse planer une ombre sérieuse sur la capacité de Vents d’Ouest à poursuivre ses activités d’édition. Vents d’Ouest est la seule maison d’éditions gatinoise.

À LIRE AUSSI: Merci pour tout Michel

Le beau legs de Michel Lavoie

Les Éditions Vents d'Ouest appellent à l'aide

Plume très associée à l’Outaouais et prolifique auteur, Michel Lavoie a signé plus de 65 romans au cours de sa carrière d’écrivain, entamée à l’âge de 48 ans.

Né à Hull le 18 septembre 1946, Michel Lavoie a longtemps enseigné le français à l’école secondaire Mont-Bleu. Il avait la réputation d’aborder dans ses livres des sujets parfois troublants – comme le suicide, l’immigration ou les mère porteuse – qui savaient toucher le public adolescent.

Il est notamment l’auteur des populaires séries Arianne et Anca ; il a aussi signé plusieurs titres de la série Watatatow.

«Le pilier et le cœur»

La maison d’édition a fait l’annonce de son décès sur sa page Facebook, en affichant ce message: «Michel Lavoie nous a quittés. Il était non seulement le directeur de Vents d’Ouest, il en était aussi le pilier et le cœur. Inspirateur et animateur, il a fait de la littérature jeunesse la principale vitrine de la maison, permettant à nombre d’auteurs et d’auteures, d’ici et d’ailleurs, de combler un lectorat qui a si souvent soif d’aventure, de fantaisie et d’imaginaire.»

«L’Outaouais perd un de ses auteurs les plus prolifiques. Il perd surtout un homme qui a beaucoup fait pour que le livre se porte mieux chez nous», ajoute Vents d’Ouest.

Les témoignages d’admiration et de respect, messages d’auteurs et de lecteurs, affluent sur la page Facebook de l’éditeur depuis la mise en ligne de ce message, à 10h.

«C’est vraiment un homme qui a une grande place ici. Sa maison d’édition aussi. [...] C’est un bel humain qui part. Il est important [pour la] littérature jeunesse. Sa maison d’édition a publié énormément de nos membres. Ils survivent avec peine», a pour sa part réagi la présidente de l’Association des auteurs et des auteures de l’Outaouais, Marjolaine Beauchamp. «Vent d’ouest va avoir besoin [du soutien] de la communauté», a-t-elle confié au Droit.

Longue maladie

Ce décès est survenu à la «suite d’une longue maladie» qui a nécessité trois interventions chirurgicales liées au cancer et à un problème au poumon, a précisé le président du conseil d’administration de Vents d’ouest, Gilles Parent.

Michel Lavoie a longtemps conservé son optimisme. «Il était revenu assez en forme en novembre, pour participer à une réunion du c.a... et deux semaines après, on a tous été surpris d’apprendre qu’il était à nouveau hospitalisé pour un problème au poumon», a partagé M. Parent.

«Depuis janvier dernier, sa santé n’a cessé de se détériorer. Il était sous sédation depuis deux semaines. On a [compris] qu’il n’y en avait plus pour longtemps. On continuait d’espérer, mais la situation s’est malheureusement dégradée jusqu’à sa mort, avant-hier [samedi].»

Avenir incertain

Pour Vents d’Ouest, c’est «une onde de choc assez énorme», poursuit le président du c.a., en ne cachant pas la situation financière «précaire» de cette maison d’édition gatinoise fondée en 1993, et organisme sans but lucratif.

En plus d’être un des trois directeurs littéraires de Vents d’Ouest, «Michel était d’une certaine façon notre secrétaire général: il avait les mains partout». C’est notamment lui qui s’occupait de toutes les demandes de subventions, entre autres taches administratives, signale M. Parent

Sa disparition représente donc «un vide énorme à combler», rappelle-t-il.

Le gestionnaire rencontrera «cette semaine» les deux autres directeurs littéraires de Vents d’ouest – dont Jacques Michaud, lui-même cofondateur de la maison d’éditions, afin de «discuter de l’avenir».

Pour lui, ce décès «plombe un peu» la survie de la maison d’éditions.

«Est-ce que ça met en péril la continuité des choses ? On se pose la question nous-mêmes. On ne roulait pas sur l’or. On a fait [l’an dernier] une campagne de sociofinancement qui s’est bien déroulée, et un spectacle bénéfice [...] qui a très bien marché, mais on ne va pas se le cacher: on vivote», reconnaît Gilles Parents.

Vents d’Ouest est le seul éditeur en activité à Gatineau.

«C’est la dernière maison d’édition: on était les Gaulois de l’Outaouais. Et il y a de fortes chances qu’on n’arrive pas à se relever de ce coup dur. Surtout que ça arrive à une période charnière», au moment où plusieurs demandes de subventions doivent être envoyées, explique M. Parent.

Livres

Un Salon du livre « réussi », malgré la tempête

À sa première année en tant que directrice générale, Mélanie Rivet dresse un bilan « positif » de la 41e édition du Salon du livre de l’Outaouais (SLO) alors que des milliers d’amateurs de littérature se sont déplacés au Palais des congrès de Gatineau au cours du week-end pour y découvrir de nouvelles œuvres et discuter avec différents auteurs.

« Plusieurs des commentaires que je reçois de la part des gens sont par rapport à la qualité et à la diversité de la programmation, ainsi qu’à la richesse des échanges, indique Mme Rivet en entrevue avec Le Droit dimanche après-midi. On a eu le bonheur de faire des bons mixtes entre les animateurs et les auteurs pour que le contenu émerge et que l’intérêt se passe ».

Livres

Le SLO craque pour Léa Olivier

L’auteure québécoise Catherine Girard-Audet s’est rendue disponible pour les fans de sa série La vie compliquée de Léa Olivier, samedi, alors qu’elle a pris part à deux séances de dédicaces au Salon du livre de l’Outaouais (SLO).

Située au kiosque de son éditeur, Les Malins, l’écrivaine en a notamment profité pour présenter au grand public le tome zéro de sa populaire série, paru mercredi dernier.

L’auteure était également accompagnée de nulle autre que la comédienne Laurence Deschênes, qui incarne le personnage de Léa Olivier dans l’adaptation télévisuelle de la série.

Tournée en partie à Ottawa, la série adaptée par le réalisateur franco-ontarien Martin Cadotte est disponible sur Illico depuis un peu plus d’une semaine.

Livres

Salon du livre de l'Outaouais: le livre dans tous ses états [VIDÉO]

Les activités au SLO se suivent et ne se ressemblent pas. Voici quelques suggestions d’activités qui sortent des sentiers littéraires battus, présentées dans ou hors les murs du salon.

Le livre audio à l’honneur

Vues et Voix, plus important producteur de livres audio au Québec, participe pour la première fois au SLO. L’activité Soif d’audio réunira (samedi à 19 h 30) une responsable de cette entreprise d’économie sociale montréalaise, Marie-Eve Groulx, et l’autrice de polar Andrée A. Michaud (invitée d’honneur du Salon) autour du micro de Julien Morissette, de Transistor Media. Au fil d’une discussion informelle, on fera l’état des lieux lié à ces « nouveaux objets culturels » qui facilitent l’accès à la lecture des personnes en situation de handicap ou de troubles d’apprentissage ». Vues et Voix a produit plus de 20 000 livres audio, en collaborant avec de nombreux éditeurs québécois. C’est également un diffuseur radio, qui facilite l’accès à la culture des personnes ayant des difficultés de lecture.

Bordel littéraire

L’édition 2019 du poétique Bordel littéraire se déroulera à la maison Fairview, samedi à 23 h. Une dizaine d’auteurs et autrices, dont Zachary Richard, Louis-Karl Picard-Sioui et Annie Cloutier, attendent les visiteurs — qui dans la cuisine, qui dans les chambres — pour ponctuer de poèmes cette « promenade sensorielle » dans la vieille demeure patrimoniale située au 100, Rue Gamelin. 

Livres

La maman de Léa Olivier lance son tome zéro au SLO

Catherine Girard-Audet est de passage au Salon du livre de l’Outaouais (SLO), avec un tout nouveau roman : le tome zéro de sa série La vie compliquée de Léa Olivier — paru mercredi 26 février.

Ce tome « hors série » met en scène 10 personnages importants de l’univers de Léa Oliver, « quelques mois » avant le déménagement de l’adolescente à Montréal — départ qui sert de prémisse à la série.

Livres

Bien au chaud au Salon du livre de l'Outaouais

Dans le cadre de la 41e édition du Salon du livre de l’Outaouais, des personnalités artistiques se sont confiés sur leurs plaisirs de lecteurs, en répondant à des questions en rafale en lien avec le thème du SLO De quel livre tu te chauffes?

MICHEL CÔTÉ

Acteur, comédien


Quel auteur attise votre curiosité?

J’ai lu beaucoup de Michel Folco. Je trouve sa façon d’écrire et de traiter un sujet très original. Comme son livre sur les bourreaux [Dieu et nous seul pouvons]; il n’y a personne qui pense à écrire là-dessus. C’est un livre historique sur des hommes qui devenaient bourreaux de père en fils, parce que les enfants étaient rejetés de la société. C’est le genre de roman que j’aime. 

Livres

Ouverture du Salon du livre de l'Outaouais [VIDÉO]

La Salon du livre de l’Outaouais (SLO) a officiellement ouvert ses portes jeudi aux lecteurs et aux lectrices de la région et promet une 41e édition chaleureuse pour lutter contre la saison froide.

C’est sous le thème De quel livre tu te chauffes ? que l’édition 2020 de l’événement a été lancée jeudi soir au palais des congrès de Gatineau.

Livres

Zachary Richard au SLO: le «cri du cœur» du poète

« La poésie, pour moi, c’est de l’incantation. Un sortilège qui peut transformer à la fois le poète et le monde », suggérait Zachary Richard dans une capsule vidéo récemment postée sur la page Facebook du Salon du livre de l’Outaouais.

L’homo sapiens a créé le langage « pour communiquer avec les esprits », retrace-t-il. 200 000 ans plus tard, « il reste une espèce de vestige de ça dans nos chromosomes », approfondit-il au téléphone.

Arts

Ces différences qui nous rassemblent: mots d’humanité

L’ex-dragonne et femme d’affaires Danièle Henkel sera de passage pour la première fois au Salon du livre de l’Outaouais, jeudi, pour partager son message humaniste qu’elle a livré dans son troisième ouvrage, Ces différences qui nous rassemblent.

Dans ce premier essai paru en octobre aux éditions Plon, la Québécoise d’adoption aborde, « en puisant dans son vécu d’immigrée, de voyageuse et d’observatrice » des sujets tels que l’immigration, la radicalisation, la famille, les jeunes ou encore l’égalité des sexes.

Livres

Salon du livre de l'Outaouais: ces livres qui font brûler d’envie 

À moins d’une semaine de la 41e édition du Salon du livre de l’Outaouais (SLO), des auteurs se prêtent au jeu de questions en rafale en lien avec le thème du SLO De quel livre tu te chauffes? et confient leurs plaisirs de lecteurs.

GUY BÉLIZAIRE

Auteur de l’Outaouais originaire de Haïti. Il a publié à l’automne son deuxième ouvrage, le roman Rue des rêves brisés aux éditions L’Interligne. 


Quel genre de livres vous allume?

Mis à part la science-fiction, je suis allumé par tous les genres littéraires, en autant que le livre soit bien écrit et que le sujet m’intéresse. Évidemment, j’ai des préférences : romans, essais et nouvelles.


Quel livre vous réchauffe le cœur ou les sens?

Difficile d’en mentionner un seul! S’il faut en citer un, ce serait Gouverneur de la rosée de Jacques Roumain.


Quel auteur brûleriez-vous de rencontrer?

J’aurais bien aimé rencontrer Romain Gary – un personnage intrigant, mystérieux et fascinant.

Arts

Le prix littéraire Jacques-Poirier décerné à Annie-Claude Thériault 

Le prix littéraire Jacques-Poirier–Outaouais 2020 a été décerné à Annie-Claude Thériault, pour son roman Les Foley.

L’autrice recevra son prix au Salon du livre de l’Outaouais, le 29 février à 17 h (scène Jacques-Poirier). Le public pourra ensuite l’entendre faire lecture de son livre à l’espace l’Apostrophe (à 19 h).

«Roman par nouvelles», Les Foley se penche sur les femmes d’une famille irlandaise immigrant au Canada au XIXe siècle, à travers «des histoires douces, mais aussi des choses cruelles et nécessaires», explique son éditeur, Marchand de feuilles.

« De génération en génération, d’époque en époque, les personnages qui prennent la parole expriment à l’unisson la grande beauté et la formidable cruauté d’un monde magnifiquement décrit par Annie-Claude Thériault», a commenté le président du jury, Jean-Nicholas Paul.

Livres

Monia Mazigh : le féminisme au fond des cuisines

Le nouveau roman de Monia Mazigh, Farida, poursuit l’approche littéraire éminemment féminine, voire «féministe» que l’auteure d’Ottawa s’est imposée dans Miroirs et mirages (2011) et Du pain et du jasmin (2015).

Ce troisième roman (sans compter Les larmes emprisonnées, récit retraçant le combat de l’auteure pour faire libérer son mari, Maher Arar, d’une geôle syrienne, puis le voir réhabilité par le gouvernement canadien) se déroule en Tunisie, entre les années 40 jusqu’à la fin des années 90. Un cadre que l’Ottavienne Monia Mazigh connaît bien, elle qui a quitté la Tunisie en 1991, pour pousser au Canada un doctorat en finances.

Livres

Mort de Claire Bretécher, la diva des «frustrés» [PHOTOS]

PARIS — Avec son humour féroce et son coup de crayon assassin, la dessinatrice française Claire Bretécher, morte lundi à 79 ans, a épinglé les tics et les modes d’une époque à travers des personnages souvent ridicules, ces «frustrés» qui ont fait d’elle la première vedette féminine de la BD.

Quadragénaires bavards, femmes larguées, adolescentes insupportables... L’autrice a souvent pioché ses cibles dans son entourage, cette «gauche caviar» des années au pouvoir du président François Mitterrand (1981-1995), ces snobs, ces intellectuels bidons et leurs ados geignards, qu’elle côtoyait.

Claire Bretécher, c’est d’abord un don d’observation exceptionnel : «Je passe mon temps à regarder les gens. Leur tronche, leur allure». Une façon unique de repérer leurs travers et leurs manies et de les mettre en boîte. Avec un sens de la dérision que cette solitaire, qui a toujours fui les interviews télévisées, s’applique d’abord à elle-même.

Née à Nantes (ouest) le 17 avril 1940, elle voit vite dans le dessin la possibilité d’échapper à un milieu provincial étriqué qu’elle abhorre. Direction Paris, où elle place ses premières planches dans les magazines Tintin, Spirou, puis Pilote pour lequel elle crée en 1969 le personnage de Cellulite, une princesse aux grands pieds et au nez carré flanqué d’un père libidineux.

Seule femme dans le milieu alors très masculin de la BD, cette blonde longiligne impose son style et son humour. Mais le cadre est déjà trop étroit pour elle. En 1972, elle crée «L’Écho des savanes», avec Marcel Gotlib et Nicolas Mandryka, qui marque sa période la plus libre. Un an plus tard, elle publie sa première planche des «Frustrés», point de départ d’une longue collaboration avec le magazine Le Nouvel Observateur.

Livres

Guy Bélizaire a publié «Rue des rêves brisés»: Haïti, les mots du cœur

Alors que le Mois de l’histoire des Noirs a débuté il y a quelques jours, la lecture de «Rue des rêves brisés» de Guy Bélizaire s’impose d’elle-même. Ce premier roman aborde des thèmes chers à l’auteur originaire d’Haïti : le racisme, le déracinement, l’exil, l’identité culturelle, la nostalgie, le tout enveloppé d’amour et d’amitié.

Alors que son recueil de 14 nouvelles, À l’ombre des érables et des palmiers, était à peine sorti, l’auteur gatinois — qui sera présent au Salon du livre de l’Outaouais (SLO) — peaufinait déjà ce premier roman paru cet automne chez L’Interligne.

Livres

Zachary Richard et Stanley Péan invités d’honneur du SLO

Stanley Péan, Zachary Richard, Martine Delvaux et Andrée A. Michaud viennent s’ajouter à la liste des invités d’honneur de la 41e édition du Salon du livre de l’Outaouais (SLO), ont annoncé mardi les organisateurs de l’événement.

Sous la présidence de Naomi Fontaine, ils se joignent ainsi à Mishka Lavigne, Jean Boisjoli et Pierre-Yves Villeneuve, dont les noms avaient été annoncés au début du mois de décembre.

Provenant d’univers aussi vastes que variés, les huit invités d’honneur de la 41e édition du SLO – placé sous le thème De quel livre tu te chauffes ? – ont tous à cœur « de faire rayonner l’écriture engagée ». 

Stanley Péan, qui compte pas moins de 25 ouvrages à son actif, dont le récent De préférence la nuit, se réjouissait mardi d’être de retour au SLO après une dizaine d’années d’absence. 

« De quel livre tu te chauffes nous dit à quel point le rapport à la littérature peut avoir quelque chose de corporel. On se réchauffe avec les livres », a-t-il indiqué.

De son côté, Martine Delvaux qui a publié en 2019 Le boys club et qui a grandi dans en Outaouais, a affirmé que la région avait fort probablement contribué à faire d’elle la militante féministe qu’elle est devenue. 

« C’est l’Outaouais qui m’a montré de quel bois je me chauffe, de quel livre je me chauffe. On pourrait dire que c’est le féminisme dont je me chauffe », a clamé l’écrivaine et professeure de littérature à l’Université du Québec à Montréal. 

L’auteure Andrée A. Michaud, deux fois récipiendaires du Prix du Gouverneur général, et qui a signé en 2019 Tempêtes, sera également présente. 

L’auteur-compositeur-chanteur louisianais Zachary Richard prendra part à une table ronde pour (Re)découvrir l’Acadie, aux côtés de Caroline St-Louis et André Carl-Vachon. Cette table ronde s’inscrit dans une nouvelle série de clins d’œil à la littérature franco-canadienne que lance cette année le SLO. 

Comme chaque année, l’Ambassade de France au Canada convie un auteur français au salon. Cette année, c’est le dramaturge et romancier Hugo Paviot. 

Pléthore d’auteurs

Près de 500 auteurs, dont Biz, Nicole Bordeleau, Serge Bouchard, André Cédilot, Louise Dupré, Rawi Hage, Danièle Henkel, Gabriel Nadeau-Dubois, Catherine Perrin, Podz, ou encore Léa Stréliski, participeront au salon — et à diverses activités hors les murs.

Les accrocs de polars ou de récits historiques auront l’occasion de rencontrer entre autres, Patrick Senécal, Chrystine Brouillet, Daniel Lessard, Pauline Gill et Claire Ménard-Roussy.

Du côté du volet jeunesse, Alex A., Daniel Coutu, Valérie Fontaine, Mélou, Claudia Larochelle, Andrée Poulin, Olivier Simard et Catherine Trudeau rencontreront les jeunes lecteurs.

De retour

Pour une seconde année consécutive, l’Espace littéraire des Premières Nations sera de retour au SLO. 

Idem pour l’initiative Livres comme l’air, qui encourage des auteurs d’ici à témoigner, par une relation épistolaire, de leur solidarité envers les écrivains et les journalistes emprisonnés dans le monde. 

Une troisième édition du Bordel littéraire consécutive aura lieu à la Maison Fairview. 

Hors les murs

Le SLO se permet d’étendre chaque année ses activités hors du Palais des congrès. Ainsi, les amateurs de poésie pourront assister à l’enregistrement — pour la balado du Cabaret des variétés littéraires — de la Soirée de poésie Prise de parole. 

Pour enrichir sa 41e édition, le SLO accueillera une exposition autour de l’œuvre de Réjean Ducharme. 

De plus, l’œuvre de l’artiste Caroline Monnet, IKWÉ, sera projetée sur les murs d’un édifice du Vieux-Hull. 

Programmation complète : slo.qc.ca

Arts

L'auteur d'Ottawa Pierre-Luc Bélanger reçoit un prix Champlain

Le Prix Champlain 2020 a été décerné à la Torontoise Isabelle Kirouac Massicotte, pour son essai Des mines littéraires (Éditions Prise de parole), tandis que l’Ottavien Pierre-Luc Bélanger remporte le prix dans la catégorie jeunesse, pour son roman L’Odyssée des neiges (Éditions David).

L’Ottavien était également finaliste du Prix du livre d’enfant Trillium 2019 pour ce même titre. En 2016, son roman Ski, Blanche et avalanche avait reçu le Prix littéraires LeDroit catégorie jeunesse.

Les membres du jury ont salué « la qualité et l’originalité» du roman de Pierre-Luc Bélanger, et ont souligné «la profondeur des thèmes abordés et des émotions suscitées» par ce récit «universel, qui brille par la richesse des personnages».

Les prix Champlain, qui soulignent l’excellence littéraire au sein de la francophonie canadienne, seront remis aux deux lauréats par la ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, dimanche 22 mars à Toronto.

Ils sont dotés d’une bourse de 3 000 $.

Chaque auteur sera invité à participer aux Rendez-vous littéraires du Centre de la francophonie des Amériques. M. Bélanger sera invité à participer à une tournée scolaire.

Pour la première fois cette année, les prix Champlain couronnaient deux auteurs, rompant avec une tradition d’alternance entre le volet jeunesse et le volet adulte.

Renseignements: refc.ca/initiatives/prix-champlain

Livres

Mauvaise passe pour le dessin de presse

PARIS — Cinq ans après la tuerie à «Charlie Hebdo» en France et malgré la vague de soutien à la liberté d’expression qui s’en est suivie, le dessin de presse reste un genre menacé dans le monde, entre des journaux de plus en plus frileux et des réseaux sociaux prompts à l’indignation.

«Partout, un vent mauvais souffle sur la satire et le dessin de presse en général, et 2019 aura été une année noire dans ce domaine», déplorent Claire Carrard, directrice de la rédaction de Courrier international, et Kak, président de l’association Cartooning for Peace.

Le coup de tonnerre de 2019 est venu du prestigieux New York Times, qui a décidé en juin d’arrêter toute publication de dessins de presse dans les pages de son édition internationale, après une polémique liée à une caricature jugée antisémite.

Bien qu’il n’en soit pas l’auteur, le dessinateur historique du journal, le Suisse Patrick Chappatte, se retrouve sur la touche.

«Nous vivons dans un monde où la horde moralisatrice se rassemble sur les médias sociaux et s’abat comme un orage subit sur les rédactions. Cela oblige les éditeurs à prendre des contre-mesures immédiates, paralyse toute réflexion, bloque toute discussion», déplore-t-il dans une longue tribune.

Au sein de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, où la publication de caricatures a été payée au prix fort il y a cinq ans avec une attaque qui a fait 12 morts, on se demande si «le dessin satirique est une forme de la liberté d’expression en voie de disparition», dans un récent hors série Caricature, mode d’emploi.

«On a l’impression que le dessin est de moins en moins toléré, que c’est une forme d’expression qui même au sein des médias est encombrante. Un peu trop atypique, un peu trop libre...» explique à l’AFP le directeur de rédaction Riss. «Même dans les grands journaux, les dessins deviennent extrêmement consensuels, il n’y a pas beaucoup de prise de risque éditoriale.»

L’hebdomadaire était devenu la cible des islamistes après avoir publié plusieurs caricatures de Mahomet, en 2012, 2011 et en 2006, où il reproduit, comme plusieurs journaux européens, celles du quotidien danois Jyllands-Posten.

Les republierait-il aujourd’hui? «On pourrait le faire, mais quel sens ça aurait?» se demande Riss.

«Aujourd’hui, la notion de blasphème a dépassé le cadre des simples caricatures. Beaucoup de choses sont ressenties comme du blasphème ou de l’agression», juge celui qui doit régulièrement défendre l’esprit satirique du journal, comme en décembre face à l’armée française après des dessins sur la mort de 13 militaires au Mali.

Comme plusieurs confrères, il pointe le rôle amplificateur des réseaux sociaux.

«La pression des réseaux intimide les médias traditionnels. (...) C’est la panique. Ce qu’on oublie, c’est que Twitter n’est pas notre lectorat. C’est un amplificateur de colère», analyse Patrick Chappatte dans Courrier International.

Censure 

«La survie économique reste un problème, et les hordes numériques qui manipulent le politiquement correct pour faire triompher leur intolérance et leur fermeture d’esprit représentent aussi un danger contre lequel il faut lutter», abonde son confrère du Nicaragua Pedro Molina, aujourd’hui en exil.

Genre prisé aux XIXe et XXe siècle, la caricature pâtirait en outre d’une image vieillotte.

«Quand on dit que c’est un genre en désuétude, c’est comme si on disait que la liberté d’expression est un genre en désuétude», rétorque Juin, jeune dessinateur chez Charlie Hebdo, rappelant que «c’est un genre qui a toujours été menacé», notamment par la censure politique au siècle dernier.

Une censure qui persiste aujourd’hui dans de nombreux pays, où des dessinateurs sont menacés, licenciés, poursuivis en justice voire emprisonnés.

Cartooning for Peace, avec l’appui d’organisations comme Human Rights Watch ou Reporters sans frontières, milite pour la reconnaissance du dessin de presse comme un droit fondamental par l’UNESCO.

Riss n’est pas convaincu par la démarche : «Je pense que la liberté d’expression est déjà une valeur fondamentale suffisante.»

«Ce genre a de l’avenir si les dessinateurs ont le courage de donner à leur dessin de la force. Si c’est juste pour faire des dessins gentils qui ne dérangent personne, autant ne rien dessiner du tout», tranche le directeur de Charlie.

Arts

Affaire Matzneff: une enquête ouverte pour viols sur mineur

PARIS — L’affaire Gabriel Matzneff a pris vendredi une tournure judiciaire avec l’ouverture en France d’une enquête préliminaire pour «viols» contre l’écrivain de 83 ans, mis en cause pour ses relations avec des mineurs dans un livre de l’éditrice Vanessa Springora.

Cette enquête pour «viols commis sur mineur» de moins de 15 ans a été confiée à l’Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP), a annoncé le procureur de la République de Paris Rémy Heitz.

«Au-delà des faits décrits par Vanessa Springora», elle s’attachera «à identifier toutes autres victimes éventuelles ayant pu subir des infractions de même nature sur le territoire national ou à l’étranger», a précisé M. Heitz.

L’ouverture de cette enquête survient 24 heures après la sortie du livre accusateur de Vanessa Springora, directrice des Éditions Julliard. Cette dernière a fait savoir par son éditeur qu’elle ne souhaitait pas réagir «à ce stade» à cette annonce.

Dans son roman autobiographique intitulé Le consentement (Grasset), cette femme de 47 ans raconte comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff alors qu’elle n’avait même pas 14 ans, ainsi que le poids de cette histoire sur son existence.

«À quatorze ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de 50 ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposé vivre à l’hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter», raconte Vanessa Springora dans cet ouvrage.

«Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un monsieur de trente-six ans son aîné ? [...] Ce n’est pas mon attirance à moi qu’il fallait interroger, mais la sienne», ajoute l’écrivaine, qui assure avoir été sous emprise lors de sa relation.

Vanessa Springora a indiqué dans un entretien au Parisien qu’elle n’envisageait pas de porter plainte. Mais le parquet de Paris a décidé de se saisir de l’affaire dans le cadre d’une «enquête d’initiative».

Vanessa Springora est la première à témoigner parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, auteur longtemps fêté par le milieu littéraire français et récompensé par le prix Renaudot essai en 2013.

Délai de prescription

Dans un communiqué, les secrétaires d’État à l’égalité femmes-hommes et à la Protection de l’enfance, Marlène Schiappa et Adrien Taquet, ont appelé «toutes les personnes ayant connaissance d’actes pédocriminels commis dans cette affaire ou dans d’autres à se manifester auprès de la justice pour que les victimes puissent être reconnues comme telles».

De nouveaux témoignages pourraient permettre de résoudre le problème de prescription auquel la justice risque de se heurter s’agissant des faits relatés par Vanessa Springora.

La loi d’août 2018 contre les violences sexuelles a allongé de vingt à trente ans le délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur les mineurs, à compter de leur majorité, afin de faciliter la répression de ces actes.

Mais cette loi n’a pas instauré d’âge minimal de consentement à un acte sexuel et, surtout, elle n’est pas rétroactive pour les faits relatés par Vanessa Springora, qui remontent à la seconde moitié des années 1980.

Le goût de l’écrivain pour les «moins de 16 ans» et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu’il a raconté dans de nombreux ouvrages, avait jusqu’ici très peu fait ciller.

Mais la sortie du livre Le consentement est en train de changer la donne, dans un contexte de dénonciation des violences sexuelles marquées par les récentes accusations de l’actrice Adèle Haenel à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia.

Gabriel Matzneff a estimé jeudi dans une lettre ne pas mériter «l’affreux portrait» publié par Vanessa Springora. Par le passé, Il a été convoqué par la Brigade des mineurs à la suite de lettres anonymes, sans toutefois être inquiété.

Une information judiciaire avait été ouverte en 2014 après une plainte contre X pour «provocation à la commission d’une infraction» déposée par l’association Innocence en Danger, après l’attribution à l’écrivain du prix Renaudot.

Mais le juge d’instruction avait rendu un non-lieu, considérant que l’infraction dont étaient notamment accusés les membres du jury Renaudot n’était pas caractérisée.

«Ce prix était maladroit», a reconnu vendredi l’écrivain Frédéric Beigbeder, membre du Renaudot.