Lilies, par Mélanie de Biasio ****

CRITIQUE / De l’art de revenir à l’essentiel, de se délester du superflu, de toucher au plus profond.

L’artiste italo-belge a préféré au studio conventionnel... sa cave, où elle s’est installée avec le logiciel « Pro-Tool, un ordinateur et un micro Sure acheté à 100 euros » pour enregistrer Lilies. Prévaut l’implacable dénuement d’un monologue existentiel, tout juste habillé de quelques notes égrenées et de bruits sourds, de souffles et de murmures en nappes organiques.

Entêtantes Lilies, qui produisent une beauté spectrale autour d’une voix issue du jazz et, mais qui parle le langage universel de la soul.

La pièce-titre, translucide et térébrante, frôle une grâce quasi céleste avec son chant tout juste accompagné de piano. Peut-être un hommage au jazz des origines.

Mélanie de Biasio emporte l’affaire avec une facilité déconcertante. Radicale, sombre, tout en envoûtement. Avec un côté Arte Povera où le dépouillement le dispute à la gracilité. Addictif à souhait.