Anthony Kavanagh avait envie de montrer autre chose lorsqu’il a élaboré son spectacle Showman.

L’hymne à la vie d’Anthony Kavanagh

Après avoir connu des problèmes de santé qui l’ont contraint de reporter plusieurs spectacles, l’humoriste Anthony Kavanagh, remis sur pied, sera de passage ce lundi à la salle Odyssée pour parler de la vie, de SA vie, entre rire et larmes.

« Ça va très bien ! En pleine forme, la vie est belle. J’ai eu une deuxième chance », lance un brin reconnaissant Anthony Kavanagh à l’autre bout du fil, quelques mois après avoir été victime, entre autres, d’une embolie pulmonaire en décembre dernier alors qu’il était en Nouvelle-Calédonie.

Dans son spectacle Showman – Il était une fois Anthony Kavanagh, l’humoriste partage avec le public son expérience de la vie tout en jouant sur la gamme des émotions.

« Le but n’était pas la course à la blague. Je souhaitais qu’il y ait une palette d’émotions, comme dans la vie. Je voulais réussir le grand écart entre faire rire et émouvoir, explique-t-il. Et on en ressort, je pense, avec un enthousiasme pour la vie. Mais je fais rire cinq minutes pour avoir le droit d’être sérieux 30 secondes. »

L’humoriste de 48 ans, qui a près de 30 ans de métier derrière lui, ressentait le besoin de montrer autre chose. « L’homme avait besoin de s’exprimer sur scène, et l’artiste dans la vie, précise celui qui fait sur scène “un striptease virtuel et émotionnel”. Je voulais que les gens aient autre chose en tête qu’uniquement le rire. »

Comble de l’ironie, le spectacle débute alors qu’il feint sa mort sur scène et qu’il se retrouve dans une salle d’attente face à des âmes qui sont sur le point de s’incarner pour la première fois. « On arrive dans le monde et on doit tout apprendre. Mais ç’aurait été bien que quelqu’un nous explique un peu les règles avant », estime Anthony Kavanagh. Alors l’humoriste se prête au jeu et raconte pendant près de deux heures son histoire aux futurs humains.

S’il s’est inspiré de sa propre vie pour écrire ce spectacle – bien avant ses ennuis de santé –, celui-ci a résonné comme un écho quand il a été malade. « Tout ce que je dis dans le spectacle, c’est moi qui ai besoin de l’entendre en fait. Et, c’est ce qui m’est venu en tête quand tout ça m’est arrivé », avoue Anthony Kavanagh.

S’adapter au public

Après être monté plus de 200 fois sur les planches en Europe pour présenter son spectacle, l’humoriste a dû l’adapter à son public québécois. « La trame est la même, mais il y a des blagues que je ne fais pas ici. Et vice et versa. Le sens de l’humour n’est pas le même ici que là-bas. On peut être plus caustique en Europe qu’ici, à moins d’avoir commencé dès le début et d’avoir maintenu le cap, comme Mike Ward », souligne l’humoriste.

Pour Anthony Kavanagh, qui a pendant plus de 20 ans fait rire sur les planches en France, le public québécois est plus sensible. « Au Québec, on est devenu trop politiquement correct », a constaté l’humoriste natif de Longueuil, qui lors des rodages de son spectacle teste les limites du public.

Anthony Kavanagh fait par ailleurs remarquer que le public québécois est disposé à rire d’emblée lorsqu’il va voir un spectacle, à la différence du public français qui est un peu plus sur sa réserve au départ. « Le public québécois vient pour rigoler. Et la majorité du temps, il n’a pas besoin d’être réchauffé. Il voit beaucoup de spectacles d’humour, parce que l’offre est exceptionnelle, alors il sait ce qu’il aime ou n’aime pas », explique l’humoriste.

Si plusieurs dates de Showman sont à l’affiche jusqu’en octobre partout au Québec, Anthony Kavanagh pense déjà son prochain projet : ses vacances. « Je vais prendre un mois et profiter de mes enfants, de ma femme et de l’été au Québec », confie-t-il. Un projet qui semble bien mérité après l’année mouvementée qu’il a vécue, entre ses problèmes de santé et son déménagement au Québec.

POUR Y ALLER

Quand ? lundi 9 avril à 20 h

Où ? Salle Odyssée (855, boulevard de la Gappe)

Renseignements : salleodysee.ca ; 819-243-2525