Louise Sicuro, fondatrice des Journées de la culture au Québec et pdg de Culture pour tous.

L'été indien des Journées de la culture

Une initiation au cirque ou à la sculpture, des démonstrations de danse folklorique, des expositions et des conférences gratuites. Les journées de la culture, fondées il y a 20 ans exactement, accompagnent traditionnellement les derniers jours du mois de septembre.
L'initiative chapeautée par l'organisme Culture pour tous dénombrait quelque 500 activités à ses débuts. Cette année, plus de 3000 projets au Québec attendent les visiteurs du 29 septembre au 1er octobre, essaimant aussi en région. De Cantley à Chelsea, en passant par Gatineau, Val-des-Monts et Saint-André-Avellin, une soixantaine d'activités promettent de belles découvertes à qui voudra bien s'y aventurer.
« Il s'agit d'un mouvement volontaire issu de la société civile et non du gouvernement, explique Louise Sicuro, instigatrice des Journées au Québec et pdg de Culture pour tous. Chacun y va de ses capacités avec un engagement très profond de rapprocher l'art des citoyens ».
Artistes, associations et organismes artistiques soumettent leurs projets à ce programme annuel inspiré des Journées européennes du patrimoine. Mais attention : même si la thématique, cette année, concerne aussi le patrimoine culturel, l'affiche ne se cantonne pas à l'ouverture exceptionnelle d'établissements dédiés à l'art.
« Les gens pensent souvent que le patrimoine culturel fait référence au patrimoine bâti, mais notre approche est bien plus large. Elle englobe les expressions, les valeurs et les paysages artistiques ».
Démocratiser la culture 
Par décret de l'Assemblée nationale, ces Journées se déroulent le dernier vendredi de septembre et les deux jours suivants. En deux décennies, elles ont réussi à s'imposer parmi les rendez-vous annuels incontournables, et ce jusque dans les petits villages.
« Après 20 ans, on remarque qu'il y eu une réelle prise de conscience », poursuit Louise Sicuro. À tel point d'ailleurs que la présidente a tenté de revoir le décret afin que son événement ne coïncide plus systématiquement avec le congrès de la Fédération québécoise des municipalités, permettant aux maires d'être présents dans leurs municipalités. « Car ils se sont rendu compte que les activités leur offraient l'occasion de rencontrer les citoyens, surtout en période de campagne électorale ». Restent toutefois quelques irréductibles réfractaires au fait culturel, accrochés à l'impression « que la culture est une dépense de luxe qu'on pourrait leur reprocher. »
« Mais il y a eu d'énormes avancées en culture, au Québec, résume Mme Sicuro, avec une compréhension plus large des arts qui traversent nos vies. Nous connaissons un moment de transition très positif marqué par une préoccupation citoyenne et politique plus accrue. »
La question du financement de la culture reste toutefois en suspens, alors que la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, doit dévoiler la vision du gouvernement du Canada pour l'avenir de la culture et de la créativité canadiennes à l'ère du numérique, jeudi. 
« Il y a énormément de pression, les gens veulent avoir des réponses, commente Mme Sicuro. On se demande comment le gouvernement fédéral va être capable de protéger le contenu culturel. Sans création, sans contenu, il n'y a pas d'industrie culturelle. Or, ce que l'on entend en ce moment sur le refus de taxer [les géants du web] ne nous convainc pas. »