Luc Langevin travaille présentement sur un spectacle exclusif en Chine. L’illusionniste a apposé sa griffe, moderne et « loin des clichés » de la magie, à plusieurs montages d’accessoires en 3D, de technologies diverses, de projections, d’éclairages et de structures, qui créent ensemble les mirages recherchés.

Les illusions de Luc Langevin en Chine

Ces temps-ci, attraper Luc Langevin en sol québécois demande un sens du timing précis. Tout juste revenu d’une tournée européenne, le physicien magicien a remis le cap sur l’Asie pour peaufiner une nouvelle création : des illusions pour le premier spectacle permanent du Cirque du Soleil en Chine.

Le Droit a discuté avec Luc Langevin fin juin, alors qu’il était sur le point de s’envoler vers Hangzhou, une importante ville touristique à deux heures de route au sud de Shanghai. Récemment, l’illusionniste a enfin pu dévoiler sur les réseaux sociaux ce sur quoi il travaille depuis les trois dernières années : des installations d’envergure, qu’il cosigne avec Stéphane Bourgoin, qui feront partie de cette percée de la compagnie montréalaise, dans un marché aussi difficile à pénétrer que la Grande Muraille de Chine.

On en sait encore peu sur ce spectacle exclusif à Hangzhou, dont le titre signifie Un monde fantastique. La grande première est prévue le 3 août. Silence radio sur les détails, sauf sur le fait que le Cirque du Soleil aura son nid au cœur d’un quartier flambant neuf, dans un théâtre futuriste construit au coût de 260 M$.

La salle abritera 1500 sièges répartis sur deux gradins mobiles qui pivoteront pour suivre 50 artistes en action sur cinq scènes. Pour reprendre les propos du vice-président exécutif du Cirque du Soleil, Jonathan Tétrault, l’édifice en question sera « probablement le théâtre le plus avancé sur la planète » sur le plan technologique. On y croit...

Ce n’est pas Luc Langevin qui brisera le secret des dieux. « C’est révolutionnaire ! C’est du calibre des spectacles du Cirque du Soleil tels qu’on les voit à Las Vegas », dit-il simplement de la création multidisciplinaire. À la demande du chef de file en arts circassiens, Langevin a apposé sa griffe, moderne et « loin des clichés » de la magie, à plusieurs montages d’accessoires en 3D, de technologies diverses, de projections, d’éclairages et de structures, qui créent ensemble les mirages recherchés. Parfois, les acrobates et les autres interprètes sont mis à contribution.

« C’est nouveau pour moi de créer des illusions que je ne vais pas faire moi-même. Je dois avouer que ça m’enlève une pression de ne pas avoir à les faire ! s’exclame-t-il. Dans la production de mes spectacles, si une illusion ne marche pas, je sors mon marteau et ma perceuse. Là, je suis consultant. Je donne mes idées et je fais le suivi de leur création. C’est un travail qui est différent de ce que je fais en spectacle, et que j’aime bien. »

Au moment de l’entrevue, le magicien y retournait deux semaines pour répéter ses numéros avec les acrobates et en finaliser les derniers détails. À son retour, un agenda déjà chargé l’attend : jusqu’en avril 2020, une tournée de supplémentaires de son spectacle Maintenant demain le fera sillonner la Belle Province.

Vers l’Hexagone

Luc Langevin ne s’en cache pas : la France, qu’il conquiert depuis 2015, est un premier pas vers une carrière internationale. Il a par ailleurs passé une bonne partie du printemps sur place, où sa renommée et l’engouement du public se sont confirmés.

« Je sens ma notoriété continuer d’augmenter là-bas, observe-t-il. Je vis un peu ce que j’ai vécu ici au Québec quand j’ai commencé à me faire connaître. C’est vraiment le fun, je m’en réjouis ! »

Sa femme et son fils l’ont suivi dans ces quelque trois mois de tournée, au cours desquels il a présenté Maintenant demain à 35 reprises en France, en Suisse et à Monaco, dont 10 en résidence au Casino de Paris. Son séjour lui a aussi servi à enregistrer d’autres épisodes de Diversion, diffusés sur une grande chaîne nationale et regardés par 3,5 millions de personnes.

Il y retournera faire d’autres tournages et ainsi qu’une deuxième série de supplémentaires, prévue fin 2020, après sa tournée québécoise. « Je suis aussi en pourparlers pour d’autres projets en France et au Québec, évoque-t-il. En plus, je suis papa, je fais des événements privés, des collectes de fonds... Mais ça, je vous épargne tout ça ! »

Et les États-Unis, sont-ils toujours sa prochaine visée ? « Oui, tranquillement, indique-t-il. Je prends mon temps. Pour l’instant, je continue de me concentrer sur la France. Mais on commence à penser comment aborder ce marché-là, qui est beaucoup plus compétitif. »

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POUR Y ALLER

Quand : Jeudi 25 juillet, 20h

Où : Salle Odyssée

Renseignements : salleodyssee.ca