Carrie Underwood charme Ottawa

Les grands moyens de Carrie Underwood [PHOTOS]

CRITIQUE / Malgré son titre Cry Pretty, le spectacle de Carrie Underwood a répandu beaucoup plus de sourires que de larmes au Centre Canadian Tire lundi soir. En parfaite forme, la polyvalente diva de l’Oklahoma a employé les grands moyens pour offrir une performance impeccable et un concert impressionnant, visuellement et à l’oreille.

Carrie Underwood ne le cache pas : elle a l’esprit de compétition. Le genre de compétition saine, qui lui a permis de remporter American Idol en 2005 et de se tailler une place parmi les grandes vedettes du country avec plus de 65 millions d’albums vendus en carrière. Le genre de compétition, aussi, qui la pousse à vouloir monter le « meilleur spectacle possible », qui en a laissé plus d’un en pâmoison lundi.

Au début du vidéoclip de Cry Pretty, la chanson titre de son sixième et dernier album, Carrie Underwood monte sur scène dans un tonnerre d’applaudissements. Comme une prémonition, son arrivée sur les planches du Centre Canadian Tire a déclenché le même accueil plus que chaleureux. Rappelons que la superstar s’est mariée avec Mike Fisher en 2010, alors que le hockeyeur jouait pour les Sénateurs, et que le couple a vécu à Ottawa pendant quelques années. Visiblement, le public ottavien – surtout des femmes, allez savoir pourquoi – s’était ennuyé de « sa » Carrie. « C’est un peu comme si je faisais un spectacle chez moi », a souri la blonde vedette, accueillie par une nouvelle salve de cris.

Vêtue d’une robe couverte de lattes de miroirs, l’Idol a ouvert le bal avec une série de hits récents et anciens. Southbound a laissé la place à Cowboy Casanova, puis à Good Girl et à Backsliding. Entre les séquences – et les quatre changements de costumes –, Underwood disparaissant dans l’un des éléments les plus impressionnants de son spectacle : sa scène. Le dispositif faisait s’entrecroiser trois passerelles au centre de l’aréna. Dans sa version longue, sa présente tournée s’intitule Cry Pretty Tour 360. Il fallait le voir pour comprendre ce que signifie « 360 ». Pour les spectateurs à l’est, Carrie Underwood chantait un couplet face à eux. Pour ceux à l’ouest, elle y accourait pour le refrain. Ceux aux deuxième et troisième étages ? Des plateformes propulsées par des pompes hydrauliques la soulevaient en hauteur avec ses musiciens, crachant çà et là des jets de feu ou des feux d’artifice. Au-dessus, des écrans montaient ou descendaient en projetant continuellement des animations et des séquences de film. De quoi ravir les yeux : le spectacle se regardait comme un film.

Parmi près de 12 000 spectateurs – à vue d’œil –, les néophytes du country auraient pu craindre un dépaysement complet. Mais la blonde chanteuse est à l’aise dans autant de styles que sa voix magistrale le lui permet – c’est-à-dire dans une palette à peu près infinie. Du country « dans les dents » de Church Bells, l’interprète s’est mue aisément vers le jazz enfumé de Drinking Alone, qu’elle a fait assise sur un divan de velours rouge, entourée d’un saxophoniste et d’un contrebassiste. En rock, Dream On s’est incrusté dans un pot-pourri de ses anciennes chansons qu’elle « n’a pas l’occasion de faire souvent », comme Temporary Home et See You Again. La pop s’est invitée dans End Up With You, titre dansant de Cry Pretty qu’elle a conclu avec un solo de djembé. Et le rap ? C’est un dénommé Steven, de Carleton Place, qui s’en est chargé. Résultat d’un concours, le policier a pu monter sur scène en fin de spectacle pour rapper le passage de Ludacris dans The Champion.

Ce qui ne laisse pas de côté le country, qui a composé la grande partie du répertoire de la soirée. Soulignons ses ballades, comme Jesus, Take the Wheel, que Carrie Underwood a livrées avec émotion. Enfin, un moment fort du spectacle : un medley en hommage aux grandes dames du country. Alors que le genre est souvent pointé du doigt pour la plus grande visibilité de ses hommes que de ses femmes, la chanteuse de 36 ans s’y est attaquée de front en partageant le feu des projecteurs avec cinq artistes féminines. Après avoir cassé la glace, le trio Runaway June et le duo Maddie & Tae sont revenus sur scène pour un pot-pourri d’extraits de chansons de Tammy Wynette, Patsy Cline, Dolly Parton et Shania Twain, entre autres. Une façon, a justifié Underwood, de remercier les « pionnières » du country.

Beau, impressionnant à l’oreille, le spectacle a donné raison aux fans d’Ottawa de rester fidèles au poste. En deux heures, Carrie Underwood a su rejoindre les adeptes de sa pop, de son country, ou simplement de sa voix extraordinaire, qui séduit depuis 2005.