Ève Côté et Marie-Lyne Joncas, alias les Grandes crues.

Les Grandes crues, appellation d’origine incontrôlable

Une table, deux tabourets, une bouteille de vin. Voilà en substance le décor des Grandes crues, duo d’humoristes à la langue bien pendue, au verbe coloré et à la répartie cinglante. Et plus le vin va…

Ève Côté et Marie-Lyne Joncas adaptent ainsi la blague de comptoir au concept du 5 à 7 entre filles célibataires. Gage de leur succès naissant, leur spectacle affiche déjà complet le 20 octobre à Hammond ainsi que le 19 décembre à la Salle Odyssée. Retour sur un succès fulgurant auquel elles ne s’attendaient vraiment pas, il y a deux ans.

18 septembre 2015. Parties de Montréal à la dernière minute — « pour ne pas dire broche à foin » — les deux diplômées de l’École nationale de l’humour s’apprêtent à monter sur scène à Sainte-Anne des Monts pour leur toute première performance en public sous l’appellation des Grandes crues.

« On s’est dit, on fait ce qu’on peut, ma noire, on avait appris les textes dans l’auto. »

En sortant de scène sous les applaudissements, c’est la révélation. Ce soir-là, dans la salle, le nouveau duo féminin est repéré par une représentante du ROSEQ, le Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec. Elle les encourage à s’inscrire au concours ; le tandem franchit avec succès toutes les étapes qui le mèneront à la tournée ROSEQ d’été en 2016, puis en 2017.

Pourtant, rien ne prédestinait Ève Côté à devenir humoriste. La Gaspésienne énumère ses vies antérieures : « des études en enseignement des mathématiques au secondaire, un bac en communication publique, un certificat en gestion des ressources humaines et un an en techniques policières » avant le grand saut en humour. Son acolyte, elle, affiche un profil plus au diapason avec le milieu : études théâtrales et agente d’artistes.

C’est à l’école de l’humour que les deux comédiennes se rencontrent et développent leur amitié artistique. « La formation était intense, se souvient-elle, alors on se rencontrait souvent après la semaine, le vendredi soir, pour prendre un verre. »

Ève Côté reçoit un jour une offre de spectacle pour une performance solo d’une heure. « Mais comme je n’avais pas assez de matériel, j’ai demandé à Marie-Lyne de partager l’affiche, en lui proposant d’interpréter une demi-heure chacune. Finalement, on a fait 40 minutes de duo ! »

Pourquoi ne pas exporter leur complicité autour d’un verre de vin sur scène ? « C’est un gros 5 à 7, notre affaire ! » résume gaiement l’humoriste en ponctuant goulûment ses réponses par des « ma chère » bien décochés. La comédienne a beaucoup appris de Lise Dion, dont elle a fait, un temps, les premières parties : « C’est une femme extrêmement disciplinée qui ne compte pas ses heures de travail. » 

À l’écriture, les Grandes crues s’entourent d’un troisième auteur également rencontré à l’école de l’humour, Antoine Desjardins. 

« On se retrouve deux ou trois heures pendant un gros brainstorming, on pitche des thèmes sur lesquels on aimerait écrire et on prend des notes, raconte Ève Côté. Je rencontre ensuite Marie-Lyne pour mettre ces idées en dialogues. » 

La signature des Grandes crues ? « Ne pas être un duo traditionnel où l’une lance la prémisse et l’autre punche, répond l’humoriste. Le spectacle est vraiment basé sur notre complicité comme amies. » Les capsules vidéo postées sur le profil Facebook du duo en donnent un bel aperçu. Et pour les lecteurs curieux de les voir en spectacle, la salle Odyssée a déjà annoncé une supplémentaire… le 22 août 2018.