L’humoriste Marie-Lyne Joncas et l’homme d’affaires gatinois Olivier Benloulou coaniment l’émission Les génies de la vitesse, sur Z Télé.
L’humoriste Marie-Lyne Joncas et l’homme d’affaires gatinois Olivier Benloulou coaniment l’émission Les génies de la vitesse, sur Z Télé.

Les génies de la vitesse: bolides exotiques contre voitures modifiées

Marie-Lyne Joncas, l’avoue: elle n’est «vraiment pas une tripeuse de chars». L’humoriste ne cache pas être du genre à préférer les coupes de vin – pas forcément celles qu’elle fait mine d’imbiber sur scène, durant les spectacles des Grandes Crues – aux bolides.

C’est pourtant elle qui a été choisie pour co-animer Les génies de la vitesse, la nouvelle émission de chars que proposera Z télé à partir du 11 mai (à 21h30).

Cette émission présentera, à raison de huit épisodes de 22 minutes, une série de courses «pleines d’adrénaline» entre deux bolides. Et pas n’importe lesquels: ceux de la collection de l’homme d’affaires gatinois Olivier Benloulou, richissime propriétaire de OB Prestige Auto et speed racer d’enviable réputation.

M. Benloulou (Rapides et millionnaires) se retrouve donc au volant de huit (ou plutôt neuf, car il y a une course surprise) de ses voitures de luxe, le temps d’une série de courses compétitives le mettant aux prises avec des fanas de vitesse venus des quatre coins du Québec. Ceux-ci pilotent quant à eux des véhicules presque usuels – Acura Integra, Ford Mustang, Dodge Magnum, etc. – évidemment modifiés pour tenir la (haute) vitesse. L’un d’eux se présente même avec une voiture électrique...

Ces concurrents – des gens normaux, inconnus – tentent donc de faire de l’ombre aux Lamborghini, Ferrari, Pagani, McLaren Senna et autres modèles de Porsche et Mercedes conçus pour mettre la gomme, et pas seulement rutiler.

La McLaren Senna P-15 2019 d'Olivier Benloulou

Et certains pilotes y sont parvenus, assure Mrie-Lyne Joncas – sans dire évidemment quels pilotes émérites ni quelles bagnoles ont réussi l’exploit de damer le pion aux joujoux «exotiques» d’Olivier Benloulou.

L’enjeu ? Aucun ? La coupe ? Virtuelle! Tout cela pour le seul «plaisir de la comparaison» entre maniaques de voitures sportives.

Un show de chars «différent»

Emballé par le projet que lui avait soumis la boîte de production montréalaise Anémone Films, Z télé souhaitait toutefois voir une fille à l’animation. Le nom de Marie-Lyne Joncas est sorti.

«Quand ils m’ont approchée, ma première réaction, ç’a été: ‘Pourquoi ? Je ne connais rien aux voitures, qu’est-ce que je vais faire là? Je vais juste aller me ridiculiser!» a d’abord estimé celle qu’on peut voir régulièrement tonifier La semaine des 4 Julie de sa présence.

Mais c’est précisément sa grande ignorance de tout ce qui est mécanique qui donne sa saveur particulière et son tonus aux Génies de la vitesse.

«C’est drôle, c’est léger, c’est vraiment différent des autres shows de voitures», d’habitude animés par «des gens super calés dans le domaine», au point que le téléspectateur moyen n’y «comprend rien».

Enfilant ses grosses lunettes à verres orange stylées Grand Prix de F1, Marie-Lyne Joncas sert ici de lien entre les spécialistes et monsieur et madame Tout-le-Monde. Voire d’interprète, quand le jargon mécanique ou technique se fait trop intense.

Un des concurrents de l'émission possède 14 chihuahuas. Olivier Benloulou possède quant à lui... toute une collection de voitures!

Selon elle, «les passionnés d’autos vont capoter!» Les incultes et les béotiens y trouveront aussi leur compte.

Courses de voitures, au féminin

Bien que le milieu des sports mécaniques soit essentiellement masculin.... pas question de se contenter de testostérone. L’émission s’est fait un point d’honneur d’inviter deux filles à la compétition. L’une débarque dès le premier épisode, histoire de commencer sur les chapeaux de roues.

«Les deux filles de la compétition sont complètement différentes», note l’animatrice. L’une, ingénieure mécanique et gérante d’un garage, déplace de l’air: elle est «arrivée à l’émission comme un truck». La seconde, qui travaille dans un garage, a eu un parcours «plus difficile» dans ce milieu masculin où, confiera-t-elle à Marie-Lyne Joncas (et à la caméra), «c’est parfois difficile de ne pas se faire regarder de haut». «Elle a été un peu victime d’intimidation» avant d’arriver à faire ses preuves.

«C’était important qu’il y ait des filles [parmi les concurrents]. Et aussi des jeunes et des plus vieux . C’est super diversifié, et tous les candidats sont très attachants.

Candidats «attachants»

Si les courses (qui se sont déroulées sur la piste d’atterrissage d’Arnprior, dans l’ouest d’Ottawa) sont bien le moteur de chaque épisode – et le clou: elles sont d’ailleurs filmées de façon dynamique, avec l’aide de drones qui offrent des prises de vues aériennes – elle ne constituent pas l’essence de l’émission.

Le téléspectateur passe surtout du temps en compagnie des concurrents, dont on découvre le parcours de vie en même temps que la passion. Certes, les caméras en profitent au passage pour flirter avec les voitures de luxe de M. Benloulou – on doit avouer qu’elles aguichent l’œil, même pour qui ne s’intéresse guère aux chars.

«J’ai été impressionnée par le dévouement de ces gens. Et leur entêtement, parfois», confie l’animatrice en mentionnant ce concurrent «qui fait tout pour que sa voiture soit ultra-légère, pour qu’elle soit plus performante». Il peut aller jusqu’à échanger des boulons pour de plus légers, afin de perdre un ou deux grammes. «Et lui-même [cherche à] perdre du poids, pour les courses.»

Entre ce concurrent qui possède 14 chihuahuas et ce jeune homme qui, à 19 ans, a complètement rénové une voiture à partir d’une carcasse, entre ceux qui réinjectent le peu d’argent qu’ils ont dans ce coûteux loisir et ceux dont la passion automobile pèse lourd sur la vie de couple, Marie-Lyne Joncas dit avoir été émue par le grain de folie des «être humains en arrière de ces bolides ».

Olivier Benloulou ne se contente pas de conduire: il co-anime. «Il m’en a beaucoup appris. Il m’a tellement transmis sa passion que je suis devenue passionnée... pas de voitures, mais de gens passionnés.»

La Versa, plutôt que la Mini Cooper

Marie-Lyne Joncas se contente de rouler en «Versa de base en location», même si elle avoue avoir été tentée d’acheter, chez Benloulou, «une Mini Cooper bleu bébé, avec le volant à droite». L’homme d’affaires l’a freinée, en lui rappelant que ce n’était pas une bagnole conçue pour affronter les hivers québécois, rigole-t-elle.

Elle a remis son achat automobile à «l’année prochaine», et continue d’user ses vieux pneus.

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À voir sur Z télé tous les lundis, à 21h30, du 11 mai au 29 juin.