Impossible de rater l’édifice du 101, Montcalm, dont les murs ont été entièrement repeints de couleurs bariolées.

Les ateliers d’artistes poussent sur Montcalm

Une dizaine d’artistes émergents ont pris possession d’un nouvel espace de création : L’Entre2, situé sur la rue Montcalm, le long du sentier culturel.

Pas un hasard, puisque L’Entre2 s’intègre au sentier que la Ville a rouvert la semaine dernière pour une troisième édition. Et que les portes du centre seront régulièrement ouvertes au public. Le centre est composé d’une poignée d’ateliers à l’étage et d’un espace d’exposition au rez-de-chaussée.

Impossible de rater l’édifice (un ex-restaurant thaïlandais) du 101, Montcalm, dont les murs ont été entièrement repeints de couleurs bariolées — par Samuelle Desjardins, l’artiste qui vient de redécorer le centre-ville de milliers de vire-vent colorés.

Fruit d’une collaboration entre la Ville, le centre AXENÉO7, Culture Outaouais et la Commission de la capitale nationale (CCN), propriétaire du terrain, l’initiative s’inscrit aussi dans les efforts de « revitalisation culturelle » du centre-ville de Gatineau.

La classe politique s’était donnée rendez-vous pour l’inauguration de L’Entre2.

Éphémère... à long terme

Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin a inauguré jeudi ces ateliers qui sont pour l’instant temporaires. Le centre devra en effet fermer ses portes à la fin de l’été ; le maire Pedneaud-Jobin s’est toutefois dit confiant que les différents partenaires de ce projet-pilote souhaiteront pérenniser le projet.

« On appelle ça des ateliers ‘éphémères’, mais pour moi, on fait vraiment quelque chose de durable. [...] On est en train de transformer profondément l’image de notre centre-ville, le sentiment qu’on en a », a-t-il martelé devant une assemblée d’artistes visuels et de journalistes.

Malgré l’habituelle lenteur administrative liée à ce genre de projets faisant appel à de multiples partenaires institutionnels, L’Entre2 a vu le jour en à peine deux mois. Le maire a d’ailleurs salué « l’agilité et la débrouillardise administrative » de ses partenaires », qui a permis l’avancée fulgurante du projet.

Les nouveaux « locataires » — tous des artistes liés à la région ; la plupart d’entre eux récemment sortis de l’Université du Québec en Outaouais, ou en passe d’en être diplômés — auront le mandat de faire « vivre » les lieux en y organisant divers événements, tout au long de l’été.

Ils seront libres d’y inviter d’autres artistes et de participer à des créations collectives ; ils pourront y organiser des expositions ou des discussions auxquelles le grand public sera convié.

La programmation de L’Entre2 sera dévoilée sous peu.

Arts visuels, plastiques, numériques, performance scénique : tout est possible, permis, encouragé... dans l’optique de favoriser, dans un esprit de partage et de coopération, une synergie créative, explique l’agente de développement de Culture Outaouais, Any-Krystel Coppet.

Des équipes de Transistor (les spécialistes de la baladodiffusion en Outaouais) et de Télé-Québec (La Fabrique culturelle) ont prévu de prendre part à certaines initiatives tenues là.

Un centre de 6 étages

L’Entre2 est une réponse immédiate à un enjeu maintes fois soulevé : la rétention des artistes dans la région.

C’est d’ailleurs pour s’attaquer à ce problème de façon plus permanente qu’un autre centre artistique — un « énorme » projet » qui comprendra « 40 à 70 ateliers d’artistes » — verra le jour « à 250 mètres de là », a confié le maire Pedneaud-Jobin, en marge de la conférence de presse.

Ce futur édifice « de six étages » sera construit « d’ici trois ans », précise la peintre Danielle Doucet, présidente des Ateliers du Ruisseau, l’organisme civil derrière ce projet.

Le centre de « 125 000 pieds carrés » verra le jour « en avant des Brasseurs du Temps », précise-t-elle.

Ce futur centre pourrait avoir sa propre galerie et accueillir une salle de conférence. Il pourrait même abriter la galerie Montcalm, que le maire envisage de déménager de son actuel emplacement, la Maison du citoyen. Le projet n’a pas encore été dévoilé, car les détails font toujours l’objet de discussions entre les intervenants et la Ville.

« On sent qu’on est vraiment en train de mettre la culture, de façon très puissante, au cœur de notre centre-ville, et dans le quotidien des gens [qui] vont pouvoir participer à cet élan artistique », s’enthousiasme le maire.

Et même si la bibliothèque centrale et une salle de spectacle se font cruellement attendre, au sein de l’axe de développement culturel du Vieux-Hull, il demeure optimiste.

« Pour la bibliothèque », comme « l’argent ne pousse pas dans les arbres », il a fallu procéder par étape : « la priorité, c’était [de construire] celle du Plateau, qui n’en avait pas ; après, c’était d’agrandir celle d’Aylmer, quatre fois trop petite par rapport à la population ; et maintenant, on se rapproche du projet de bibliothèque centrale » dans le secteur Hull, a laissé entendre le maire.

« Ce n’est pas complet, [ce pôle culturel], mais entre le désert dans lequel on se trouvait il y a quelques années et ce qu’on a maintenant, c’est un changement profond » observe-t-il en énumérant « le fond d’animation du centre-ville, qu’on a rendu permanent » ; le fait qu’« on améliore chaque année la qualité du sentier » culturel ; et l’offre culturelle sur le site de Zibi. Si on regarde « 7 à 10 ans » en arrière, « c’est pas comparable. Et c’est pas terminé ! » promet-il.