Si elle dit adieu à la scène, Angèle Dubeau assure qu’elle ne remisera pas son violon pour autant.

Les adieux d’Angèle

Depuis la fin septembre, Angèle Dubeau se promène aux quatre coins de la province pour une dernière fois. En début d’année, la célèbre violoniste annonçait qu’elle prenait sa retraite de la scène, non sans dire merci à son fidèle public, qu’elle gratifie d’une ultime tournée avec son orchestre La Pietà.

« J’aurais pu prendre ma décision et arrêter ça là, mais c’était important pour moi de faire cette tournée pour remercier les gens d’avoir été au rendez-vous pendant toutes ces années. Le public, c’est ma raison d’être », affirme-t-elle.

Évidemment, cette décision s’est prise « après une longue réflexion », indique la musicienne. « Pendant plus de 40 ans, ma vie a été réglée comme du papier à musique. J’ai fait le choix de bâtir ma carrière sur la tournée, à raison d’une cinquantaine de concerts par année partout sur la planète. J’ai adoré, je ne regrette rien, mais c’est un stress et une fatigue que d’être toujours sur la route. Je pense que les gens vont comprendre. Et je pense que mon violon peut continuer à résonner aujourd’hui sans la tournée. »

Elle cite en exemple son album-portrait de Ludovico Einaudi, sorti il y a deux ans et qui a récolté la plus que respectable somme de 15 millions d’écoutes dans le monde. « Il y a 40 ans, jamais je n’aurais pensé un jour rejoindre autant de monde avec ma musique », s’étonne encore l’artiste.

Cette tournée ne met donc aucunement un terme à sa carrière, assure-t-elle. « C’est un adieu à la scène, pas un adieu à la violoniste. »

Pour une dernière fois, donc, Angèle Dubeau s’imprègne de l’énergie que lui procurent ses fans dans une tournée d’une vingtaine de concerts, incluant un arrêt à Gatineau, samedi. « Chaque soirée est gorgée d’émotions. Parce que je suis sereine avec ma décision, ce sont de belles émotions. Chaque salle me rappelle énormément de bons souvenirs. »

Le public aussi est très émotif, affirme-t-elle. « Les gens se montrent très chaleureux. Les bravos se mêlent aux mercis à la fin du concert. Et ce qui me rend le plus heureuse, c’est de savoir que ma musique accompagne les gens au quotidien, dans leurs petits et leurs grands bonheurs- ou malheurs. »

Pour cet ultime rendez-vous, Angèle Dubeau a décidé de se faire plaisir et de faire plaisir à ses fans. Accompagnée de son orchestre La Pietà, elle présente des œuvres qui ont marqué les gens pour différentes raisons. « La Danse macabre de Saint-Saëns, du Vivaldi, quelques pièces de Ludovico Einaudi… énumère-t-elle. C’est un programme qui fait un beau survol de ma carrière. »

Il y aura aussi quelques extraits de son plus récent album, consacré au compositeur Max Richter, un Britannique né en Allemagne- aujourd’hui âgé de 51 ans. Lancé le 6 octobre, ce 41e disque en carrière est le cinquième de sa série Portrait. 

Carrière exceptionnelle

Angèle Dubeau a eu une carrière exceptionnelle sur les plus grandes scènes du monde. Elle est considérée comme l’artiste ayant offert le plus de concerts dans l’histoire de plusieurs salles de la province, toutes catégories confondues. 

Elle a également vendu plus de 600 000 albums et récolté au-delà de 35 millions de streams dans plus de 100 pays.

À l’aube de ses 55 ans, la musicienne souhaite ralentir la cadence et s’offrir le luxe du temps. Après le Québec, sa tournée la mènera au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. Et après ? « J’ai deux prochains albums dans ma mire, et une chose que je veux absolument faire est de trouver une façon de combler le vide dans les écoles au niveau de la musique. J’ai vu l’importance de semer une petite graine tôt chez l’enfant, et je trouve qu’il y a une grande lacune à ce sujet actuellement. Je veux m’impliquer. »


POUR Y ALLER

Quand ? Le 11 novembre, 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca