Le jeune auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau viendra présenter ses chansons dans la région.

Les 1000 mercis d’Émile

Couronné Révélation de l’année lors du gala de l’Adisq, le 29 octobre dernier, Émile Bilodeau vient partager sa bonne humeur contagieuse à Aylmer, ce vendredi.

Le spectacle se donne toutefois à guichets fermés, le Cabaret La Basoche étant trop exigu pour contenir tous les fans, de plus en plus nombreux, du jeune homme qui avait déjà été sacré Révélation en mai – cette fois par Radio-Canada.

Les fans éconduits pourront toutefois se rabattre sur la date du 24 novembre, quand Émile Bilodeau montera sur la scène du Centre national des arts. Il reste bien « quelques » billets, mais pas des liasses, indique le site du CNA, qui l’a programmé dans la Quatrième salle.

Depuis le gala de dimanche, « c’est le bonheur dans ma tête et dans mon cœur ! » éclate l’auteur-compositeur-interprète de 21 ans. Pas tant pour le Félix remporté (trophée qu’il a offert à ses parents au lendemain du gala, en guise de remerciement pour leur indéfectible soutien et pour continuer à l’héberger chez eux) que pour l’opportunité d’avoir pu jouer live, en tandem avec Patrice Michaud — incontournable coqueluche, qui allait quant à lui repartir avec deux Félix (Interprète masculin de l’année et Chanson de l’année, pour Kamikaze).

« Quelle formidable soirée, dont je vais me souvenir longtemps, probablement jusqu’à la fin de mon boutte de chemin. [...] C’est vraiment le fun de se sentir accepté comme ça » par l’industrie. 

Il était « particulièrement content » de partager la scène avec Patrice Michaud. « Je savais que ce gars-là était d’une gentillesse incomparable. » Surtout, il savait que, grâce à la réputation de son complice, « le grand public allait vite tasser tous ses [éventuels] préjugés » et pouvoir mieux apprécier tout ce qui lie les univers musicaux et poétiques des deux artistes.

Émile Bilodeau sait pertinemment que la « belle folie » (une énergie échevelée à la Philippe Brach) qu’il déploie sur disque, si elle séduit les jeunes, peut décoiffer le grand public. Que ses chansons-réflexions teintées d’humour grinçant et enrobées d’un zeste de vulgarité parfois doivent être apprivoisées par une frange de la population. Que l’enthousiasme permanent et le débit « herculéen » de ce « raconteur » formé par le théâtre d’impro, peuvent décontenancer l’auditeur. 

S’il se réjouit du fait que ce prix Révélation risque de « mettre un peu de gaz » dans son réservoir, il ne perd jamais une occasion de répéter à quel point il se sent redevable et solidaire, dans son ascension fulgurante. 

Le sympathique guitariste ne passe pas trois minutes sans remercier ou louanger quelqu’un. Ici, sa famille ; là son étiquette et son équipe de gérance (Grosse Boîte et Élie Bissonnette). Ici, ses complices de scène (Sarah Dion, Simon Veillette et Nathan Vanheuverjzin l’accompagnent en tournée, en s’occupant respectivement de la batterie, la basse et les claviers) ; là, les amis du studio (Philippe B., qui lui a fait  « l’honneur » de réaliser son premier album, Rites de passage).

Plus largement, il remercie toute la nouvelle génération d’artistes : ces Klô Pelgag, Samuele, Safia Nolin et autres Philippe Brach venus souffler leur vent de fraîcheur bizarroïde sur le paysage musical du Québec. Et à qui le gala a rendu justice, dit-il : « Cette impression de petite révolution, on la doit à l’Adisq » qui a eu le flair de laisser une place conséquente à ces confrères et consœurs « extravertis », estimera-t-il. 

Et Émile Bilodeau s’efface carrément dès qu’on aborde les noms de ses aînés gratteux de guitare ou de poésie.

Il y a d’abord ses inspirateurs, de Dédé Fortin à Bernard Adamus en passant par Louis-Philippe Gingras, ces artistes dont l’énergie brute et inventive a cristallisé la fibre artistique du jeune Bilodeau, tout en encourageant son originalité.

Il y a, surtout, les vénérables précurseurs. Ceux dont les textes ont cimenté la francophonie d’Amérique du Nord, et dans les traces desquels le jeune ciseleur de rimes espère pouvoir s’inscrire avec le temps. 

Les « grands passeurs de culture », Émile Bilodeau ne rate pas une occasion de les saluer. Richard Séguin, Richard Desjardins, Paul Piché, Robert Charlebois : depuis son essor, Émile Bilodeau multiplie les hommages, clins d’œil et collaborations, scéniques ou endisqués. Tout récemment, il était de la cinquantaine d’artistes réunis en concert multigénérationnel à Montréal pour financer la reconstruction du Théâtre de la Vieille Forge, à Petite-Vallée, emporté par un incendie.

Certes, la visibilité qu’il en tire est précieuse. Mais il n’est poussé ni par la flagornerie, ni par une vile stratégie. « Je suis très amoureux de la culture du Québec et de ses grands artistes », dira-t-il sans qu’on doute une seconde de sa sincérité.


POUR Y ALLER 

Quand ? Le 24 novembre, 20 h 30

Où ? Centre national des arts

Renseignements : 1-888-991-2787 ; www.ticketmaster.ca