Une œuvre qu'Eric Tardif avait conçu pour Recycl'art a été «jetée à terre» mardi.
Une œuvre qu'Eric Tardif avait conçu pour Recycl'art a été «jetée à terre» mardi.

Le Recycl’Art de Gatineau est la cible de vandales

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Des œuvres présentées dans le cadre de l’exposition Recycl’Art de Gatineau ont été vandalisées.

«Nous connaissons de plus en plus de problèmes avec les vols et le vandalisme», a expliqué jeudi 13 août Gaston Therrien, le président du Centre d’art contemporain de l’Outaouais (CACO), qui chapeaute le Recycl’Art de Gatineau.

Des œuvre signées Jennifer Macklem, Éric Tardic, Angèle Lux et Béla Simo, qui trônaient à l’air libre le long du ruisseau de la Brasserie, ont notamment «fait l’objet d’actes de vandalisme», indique-t-il. 

Depuis le début de l’exposition, le 4 juillet dernier, «nous nous sommes fait voler 10 lampes, 5 piquets en métal pour affichettes et deux piquets en métal pour tenir des bannières», ajoute  Gaston Therrien. 

Une statue de Jennifer Macklem avait dans un premier temps été délestée des stéthoscopes qui la composaient, illustre M. Therrien. 

Mais «les choses se sont vraiment détériorées cette semaine», précise-t-il. «Lundi dans la nuit», quelqu’un a volé l’épée et arraché une main à la sculpture Le Petit Prince, qu’avaient réalisée Angèle Lux et Béla Simo dans le cadre de cette exposition annuelle.

Pour cette 4e édition, le Recycl’art de Gatineau expose 25 œuvres faites à partir de matériaux récupérés, et réunies autour du thème Rêve ou cauchemar.

Le petit Prince d'Angèle Lux et Béla Simo a été délesté de son épée et son bras a été estropié.

Le lendemain, le «cauchemar» se poursuivait pour Recycl’Art: mardi, c’est une œuvre d’Éric Tardif qui a été «jetée par terre» tandis que des œuvres installées en bordure du boulevard Taché ont été volées en pleine heure de pointe – «entre 16 heures et 18 h15», estime Gaston Therrien, convaincu qu’il a dû y avoir des témoins. 

Le CACO ne peut relever la statue de M. Tardif sans la présence de l’artiste, qui devrait venir constater les dégâts dans les prochains jours. 

Jeudi après-midi, le CACO a fait enlever Le Petit Prince estropié, pour qu'il subisse les opérations de chirurgie – ou de sidérurgie, plutôt – lui permettant de retrouver son bras.

Sur «Le petit Prince, c’était des soudures solides; casser l’épée, ça s’est forcément fait en deux ou trois fois. Mais ‘on’ a dû revenir à plusieurs reprises et ‘on’ a fini par réussir.»


 Appel à témoins

Le président de l’organisme indique avoir fait une déposition auprès des services de polices municipaux, mais pense que s’adresser au public via les médias pourrait donner de meilleurs résultats.

Il espère ainsi que «sensibiliser les gens» pourrait l’aider, «sinon à identifier les auteurs, du moins à arrêter ce massacre». 

D’autres futurs actes de vandalisme pourraient sonner le glas de l’exposition à Gatineau, envisage-t-il. Le Recycl’art de Gatineau est censé se prolonger jusqu’au 23 août 2020.

« On a déjà vu des ‘têtes blanches’ qui brassaient des œuvres. Les gens veulent essayer de savoir si c’est solide. Il y a des limites!» s’agace le président du Centre d’art contemporain de l’Outaouais (CACO), Gaston Therrien.

Problème circonscrit à Gatineau

«Nous n’avons jamais ce problème dans les expositions en région», ajoute-t-il.

Recycl’Art  présente cette année des expositions dans différentes municipalités de l’Outaouais ainsi qu’à Hawkesbury (de juin 2020 à mai 2021). 

Après Gatineau, l’exposition devient itinérante: elle doit se déplacer à L’Ange-Gardien du 24 août au 6 septembre 2020, puis à Gracefield (et non Maniwaki tel qu’initialement prévu) du 7 au 27 septembre 2020.

 «On a fait cinq expositions à travers l’Outaouais l’an dernier, et il n’y a pas eu un seul bris, pas le moindre problème», alors qu’à Gatineau, vols et bris mineurs sont une source d’irritation récurrente.

Au fil des «éditions passées, on a eu des petits problèmes». Des vols de lumières, surtout. «Il y avait un camp de sans-abris pas loi, la police est allée là et elle a récupéré les lumières... mais le lendemain, quand on est revenus, les lumières avaient encore disparu. On a acheté un stock de lumières, on l’a donné aux itinérants et c’a réglé le problème», retrace Gaston Therrien, que l’anecdote agace semble toutefois amuser davantage que les présents actes de vandalisme.

«Chaque année, il y a un petit problème [à Gatineau] et c’est fatigant! [...] Il y a des gens qui n’ont pas l’air de» vouloir respecter l’art. 

«Et c’est pas que les jeunes, le problème! On a déjà vu des ‘têtes blanches’ qui brassaient des œuvres. Les gens veulent essayer de savoir si c’est solide, d’accord, mais il y a des limites!» s’agace-t-il.


On peut rejoindre le CACO en appelant au 819 561-6357, ou par courriel, à l’adresse echoart@videotron.ca.

Renseignements: Recycl'art

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